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- DescriptifÂme immortelle ou résurrection ?
La survie tient-elle à la nature de l'âme, ou à un acte de Dieu qui rétablit la personne entière, corps compris ? Athènes et Jérusalem divergent ici, et le corps re-créé pose une énigme : serait-il le même, ou une copie parfaite ?
la personne ressuscitéeAprès la mort - DescriptifCroire ce qu'on espère ?
La survie est ce que nous avons le plus de raisons de désirer et le moins de moyens de vérifier : la croyance qui console est-elle par là suspecte, ou l'origine d'un espoir ne dit-elle rien de sa vérité ?
la croyance en la survieAprès la mort - DescriptifPenser sans cerveau ?
L'esprit naît, mûrit et défaille avec le corps, s'enivre avec lui, s'éteint sous un choc : ces liaisons prouvent-elles que la pensée meurt avec la chair, ou seulement que l'instrument conditionne l'usage sans être le musicien ?
l'esprit et le cerveauAprès la mort - DescriptifRenaître sans âme ?
Si aucun soi substantiel ne voyage de vie en vie, qu'est-ce qui renaît, et en quel sens mes actes présents concernent-ils celui qui en héritera le fruit ? La flamme qui en allume une autre est-elle la même ou une autre ?
ce qui renaîtAprès la mort - Descriptif QuestionSerait-ce encore moi ?
Une âme sans mémoire, un corps re-créé, un flux qui renaît sous une autre forme : à quelles conditions le survivant serait-il moi, et non un autre qui me ressemble ou me continue ?
le survivantAprès la mort - DescriptifSurvivre dans ses œuvres ?
Les œuvres, les enfants, la mémoire prolongent un nom, non une conscience : cette immortalité par procuration mérite-t-elle le mot de survie, ou n'est-elle qu'une consolation qui en détourne le sens ?
les traces laisséesAprès la mort - PrescriptifExistentielleL'attention captée
Quand des dispositifs entiers sont conçus pour capter chaque minute disponible, se divertir est-il encore un choix qu'on assume, ou faut-il défendre son attention comme un bien rare, la diversion cessant d'être un art dès qu'elle est administrée ?
les dispositifs de captationAttention et divertissement - DescriptifPourquoi ne supportons-nous pas le repos ?
« Tout le malheur des hommes vient d'une seule chose, qui est de ne savoir pas demeurer en repos dans une chambre » : si nous fuyons le calme, est-ce la misère de notre condition qui remonte dès que le bruit cesse, comme le diagnostique Pascal, ou l'esprit est-il simplement fait pour le mouvement plus que pour le face-à-face avec soi ?
l'homme au reposAttention et divertissement - PratiqueExistentielleReprendre son attention
Face à des dispositifs conçus pour la capter, peut-on vraiment se réapproprier son attention en s'y exerçant, se retirer, jeûner du flux, revenir au présent, ou ces techniques ne font-elles que colmater un mal qui nous dépasse ?
l'exercice de l'attentionAttention et divertissement - PrescriptifMoraleBien-être ou droits
Admettre que les animaux comptent, est-ce mettre leurs intérêts dans la balance du plus grand bien, quitte à les sacrifier s'il le faut, ou leur reconnaître des droits inviolables parce qu'ils sont eux aussi les sujets d'une vie ?
le traitement d'un animalCercle moral - PrescriptifMoraleFaut-il cesser d'exploiter les animaux ?
Si les animaux sensibles comptent vraiment, l'élevage industriel, l'abattage et l'expérimentation deviennent-ils des maux qu'il faut cesser, jusqu'à changer nos vies et nos assiettes, ou peut-on leur devoir des égards sans renoncer à s'en servir ?
l'élevage et l'abattageCercle moral - PrescriptifMoraleL'individu ou le tout
L'écologie valorise l'intégrité de la communauté biotique, quitte à abattre les animaux d'une espèce envahissante pour préserver l'ensemble : la valeur est-elle dans le tout, ou dans chaque individu sensible que cette gestion sacrifie ?
la communauté biotiqueCercle moral - PrescriptifMoraleLa révérence pour la vie
Faut-il, pour compter, être capable de souffrir, ou suffit-il d'être vivant ? Un arbre, un insecte poursuivent leur propre bien : méritent-ils à ce titre notre respect, ou le vivant sans sensibilité ne nous oblige-t-il à rien ?
une plante, un insecteCercle moral - PrescriptifMoraleLa souffrance des animaux sauvages
Si la souffrance des animaux nous oblige, celle qu'ils s'infligent entre eux nous oblige-t-elle aussi ? Devrions-nous intervenir contre la prédation et les maux de la nature que nous n'avons pas causés, ou est-ce présumer que nous avons à les corriger ?
la prédation dans la natureCercle moral - DescriptifLa vie intérieure des bêtes
Tout le débat suppose que les animaux ressentent quelque chose : mais peut-on le savoir ? Descartes voyait en eux des machines sans conscience ; comment être sûr qu'il y a « un effet que cela fait » d'être une chauve-souris ?
la vie mentale d'un animalCercle moral - PrescriptifMoraleLe critère du statut moral
Qu'est-ce qui donne à un être une valeur morale : la raison, comme le pensait Kant, ou la simple capacité de souffrir, comme le demandait Bentham ? Selon le seuil retenu, le cercle des êtres qui comptent s'ouvre ou se referme.
un être vivantCercle moral - PrescriptifMoraleLe privilège de l'espèce
Préférer les siens parce qu'ils sont de notre espèce, est-ce un devoir naturel ou un préjugé arbitraire, comparable au racisme ? Et si des nourrissons ou des humains très diminués comptent sans posséder la raison, l'espèce peut-elle encore servir de critère ?
un animal non humainCercle moral - PrescriptifMoraleUne machine peut-elle compter moralement ?
Si une intelligence artificielle disait souffrir, faudrait-il étendre jusqu'à elle le critère de la sensibilité, ou la considération morale s'arrête-t-elle au vivant, une souffrance simulée n'obligeant à rien ?
une intelligence artificielleCercle moral - DescriptifD'où la morale tire-t-elle son autorité ?
Qu'est-ce qui rend un critère moral obligatoire pour nous : la raison, la nature, un sentiment partagé, la société, ou Dieu ? Et si rien ne le fonde, la morale a-t-elle encore prise ?
la moraleCritère du juste - PrescriptifMoraleÊtre bon ou bien agir
La morale est-elle affaire d'actes à juger un par un selon des règles, ou d'abord du caractère d'une personne, de qui l'on est et de la façon dont on a appris à voir les situations ?
l'agentCritère du juste - PrescriptifMoraleLa part de la chance
On juge plus durement le chauffard qui a renversé un enfant que celui, tout aussi imprudent, qui a eu la chance de n'en croiser aucun : la valeur morale d'un acte dépend-elle de résultats que l'on ne maîtrise pas ?
l'acteCritère du juste - PrescriptifMoraleLa règle ou la situation
Bien agir, est-ce appliquer des principes valables d'avance, ou juger chaque situation dans sa singularité, au risque que la règle et le cas ne coïncident jamais tout à fait ?
le jugement moralCritère du juste - PrescriptifMoraleLe point de vue moral est-il impartial ?
Juger moralement, est-ce s'élever à des principes qui valent pour tous sans considération de personne, ou l'attention concrète portée à ceux qui nous sont proches est-elle le cœur même de la morale ?
le point de vue moralCritère du juste - PrescriptifMorale Expérience de penséeLes conséquences ou l'interdit
Faut-il juger un acte à ses seules conséquences, quitte à en sacrifier un pour en sauver cinq, ou certains actes restent-ils interdits quoi qu'il en coûte ?
un acteCritère du juste - PratiquePeut-on apprendre à être bon ?
La bonté s'enseigne-t-elle, comme un savoir, ou s'acquiert-elle par l'habitude ? Et comment se fait-il qu'on connaisse parfois le bien sans parvenir à le faire ?
l'agentCritère du juste - PrescriptifMoraleRivales ou complémentaires
Conséquences, devoir, vertu, sollicitude : sont-ce des théories rivales dont une seule peut être vraie, ou les facettes d'une même morale que rien n'oblige à unifier ?
le critère moralCritère du juste - PrescriptifMorale Expérience de penséeSauver un proche plutôt qu'un inconnu
On sauve l'être aimé sans hésiter ; mais ce qui rend ce geste bon est-il un calcul, une règle qui l'autorise, un bon caractère, ou le lien lui-même, dont aucune morale ne devrait exiger qu'on le justifie ?
un geste pour un procheCritère du juste - PrescriptifMoraleUne morale trop exigeante ?
Si seul compte le plus grand bien, la morale semble exiger de tout sacrifier pour les autres, sans limite : peut-elle vraiment réclamer cela, ou doit-elle laisser une place à nos vies propres ?
l'exigence moraleCritère du juste - PrescriptifMoraleY a-t-il des actes absolument interdits ?
Certains actes, comme mentir ou faire périr un innocent, restent-ils défendus même lorsqu'ils éviteraient un désastre, ou tout cède-t-il devant l'ampleur des conséquences ?
l'acteCritère du juste - Descriptif Expérience de pensée« C'est ma nature » : vérité ou excuse ?
Invoquer sa nature, « je suis comme ça, je ne peux pas changer », est-ce reconnaître honnêtement ce qu'on est, ou se donner une excuse pour fuir ce dont on reste responsable ?
une personne qui invoque sa natureEssence et existence - DescriptifD'où vient l'essence des choses ?
Si les choses ont une essence, d'où la tiennent-elles : d'un plan qui les conçoit avant qu'elles soient, de la nature elle-même, d'une convention de notre esprit, ou de rien ?
l'essence des chosesEssence et existence - DescriptifGenre, race : nature ou construction ?
Les grandes catégories d'identité, le genre, la race, sont-elles ancrées dans une nature, ou des constructions historiques qu'on prend pour des natures ?
les catégories d'identitéEssence et existence - DescriptifSe trouver, ou s'inventer ?
L'injonction « sois toi-même » est elle-même partagée : se réaliser, est-ce mettre au jour un soi déjà là, ou s'inventer librement ? La formule « deviens ce que tu es » tente de tenir les deux.
se réaliserEssence et existence - DescriptifUne nature qui oblige ?
À supposer que nous ayons une nature, nous dit-elle comment vivre ? Connaître ce que nous sommes suffit-il à fixer ce que nous devons devenir, ou y a-t-il un saut de l'un à l'autre ?
une nature humaineEssence et existence - DescriptifY a-t-il une nature humaine ?
Nos conduites s'expliquent-elles d'abord par une nature humaine partagée, ou par la culture qui nous façonne ?
la nature humaineEssence et existence - DescriptifCe qu'un être humain peut porter
Une exigence qui dépasse nos forces produit-elle du découragement et de l'hypocrisie, ou l'idéal doit-il précisément excéder ce que nous sommes pour nous tirer vers le haut ? Ce que la morale peut demander dépend de ce que l'homme peut donner.
la nature humaineExigence morale - PrescriptifMoraleEntre adultes consentants
Si personne n'est lésé sans son accord, la morale n'a-t-elle plus rien à dire ? Mill lui-même refuse qu'on se vende comme esclave : le consentement suffit-il à tout permettre, ou existe-t-il des torts qu'on se fait à soi-même ?
l'acte consentiExigence morale - PrescriptifMoraleFaire et laisser faire
Laisser mourir quand on pourrait sauver est-il aussi grave que tuer ? Si la différence s'efface, le devoir de ne pas nuire enfle jusqu'à englober tout le mal que nous n'empêchons pas.
l'omissionExigence morale - PrescriptifMorale Mise en situationL'enfant qui se noie, l'enfant qui a faim
Chacun accorde qu'il faut sauver l'enfant qui se noie sous nos yeux, fût-ce en ruinant ses vêtements ; mais si la distance ne change rien au devoir, comme le soutient Singer, pourquoi ne s'étend-il pas à tous ceux qu'un don suffirait à sauver ?
le secoursExigence morale - PrescriptifPolitique et droitLa charité ou la justice
Si la misère lointaine tient à des institutions injustes dont nous profitons, donner ne suffit plus : il faudrait réparer et transformer l'ordre, non faire l'aumône. Le don individuel est-il un devoir, ou l'alibi d'une injustice qui continue ?
l'ordre économique mondialExigence morale - PrescriptifMoraleLes saints et les héros
L'acte héroïque est admiré, jamais exigé : il y aurait un au-delà du devoir. Mais si tout le bien qu'on peut faire est dû, ces actes qui dépassent le devoir ne sont-ils que des devoirs dont nous nous dispensons ?
les saints et les hérosExigence morale - PrescriptifMoraleUne vie à soi
S'il faut donner tant qu'un malheur reste à soulager, que reste-t-il de légitime pour mes projets, mes proches, mes goûts ? Une morale qui absorbe toute la vie exige-t-elle trop, ou est-ce notre confort qui se cherche des excuses ?
une vie entièreExigence morale - DescriptifCroire un miracle
Un témoignage peut-il rendre croyable un événement qui contredit le cours régulier de la nature, ou est-il toujours plus probable que le témoin se trompe ?
un miracleExistence de Dieu - DescriptifDieu, projection de l'homme ?
Si la croyance en Dieu s'explique par des besoins humains, peur, désir, ordre social, faut-il en conclure qu'il n'existe pas, ou expliquer pourquoi l'on croit ne dit-il rien de la vérité de la croyance ?
la croyance en DieuExistence de Dieu - PrescriptifÉpistémiqueFaut-il des preuves pour croire ?
N'a-t-on le droit de croire que sur preuves, ou la foi est-elle un pari légitime qui n'a pas à se justifier devant le tribunal des preuves ?
croireExistence de Dieu - DescriptifL'expérience du divin
Croire en Dieu, est-ce le conclure d'arguments, ou s'en remettre à une expérience intérieure tenue pour une rencontre directe, qui se passerait de preuve ?
DieuExistence de Dieu - Descriptif Expérience de penséeL'ordre du monde a-t-il un auteur ?
L'ordre, la complexité et le réglage si précis du monde réclament-ils un auteur, ou peuvent-ils naître de processus aveugles comme la sélection naturelle ?
l'ordre du mondeExistence de Dieu - PrescriptifMoraleLa morale a-t-elle besoin de Dieu ?
Le bien tient-il sa valeur de la volonté de Dieu, ou est-il bon indépendamment de lui ? Si Dieu n'existait pas, tout serait-il permis ?
la moraleExistence de Dieu - DescriptifLe Dieu des philosophes
« Dieu d'Abraham, Dieu d'Isaac, Dieu de Jacob, non des philosophes et des savants » : le Dieu dont la raison démontre l'existence, premier moteur, fondement ou substance, est-il encore celui que l'on prie, ou la preuve n'atteint-elle jamais qu'un principe impersonnel ?
DieuExistence de Dieu - DescriptifLe mal contre Dieu
Un Dieu à la fois tout-puissant et bon laisserait-il souffrir l'innocent, ou le mal du monde est-il compatible avec son existence ?
le mal dans le mondeExistence de Dieu - Pratique Expérience de penséeLe pari de la croyance
Même sans preuve, n'a-t-on pas intérêt à croire, puisqu'on aurait tout à gagner si Dieu existe et peu à perdre sinon ? Mais peut-on décider de croire par calcul ?
croireExistence de Dieu - PrescriptifExistentielleLe sens a-t-il besoin de Dieu ?
Sans Dieu, la vie perd-elle tout sens, ou un sens peut-il se construire entièrement à hauteur d'homme ?
une vieExistence de Dieu - DescriptifLe silence de Dieu
Si Dieu existait et nous aimait, se laisserait-il chercher en vain par ceux qui le cherchent sincèrement, ou son silence est-il un signe de plus contre son existence ?
Dieu et ceux qui le cherchentExistence de Dieu - Descriptif QuestionPourquoi y a-t-il quelque chose plutôt que rien ?
Le monde existe sans avoir à exister : faut-il, pour rendre raison de cette contingence, un être nécessaire qui ne dépende de rien, ou le monde est-il simplement là, fait brut sans explication ?
le mondeExistence de Dieu - DescriptifProuver Dieu par l'idée seule
Peut-on, à partir de la seule idée d'un être parfait, conclure qu'il existe nécessairement, ou l'existence ne se déduit-elle jamais d'un concept ?
DieuExistence de Dieu - DescriptifUn Dieu au-delà des mots
Si Dieu excède tout concept, peut-on seulement affirmer ou nier son existence, ou la question suppose-t-elle à tort qu'il est un objet parmi d'autres ?
DieuExistence de Dieu - DescriptifUne première cause, ou une régression sans fin ?
La série des causes doit-elle avoir un premier terme qui ne dépend de rien, et pourquoi ce terme échapperait-il à la question qu'on pose à tout le reste ?
la série des causesExistence de Dieu - PrescriptifMoraleFaire naître, ou ne pas nuire ?
Avons-nous le devoir de faire naître des gens à venir, ou seulement, s'ils doivent exister, de ne pas leur nuire ? Rien ne semble nous obliger à créer des êtres heureux, tandis que créer des êtres misérables serait un tort ; et vouloir maximiser le bonheur total conduit à préférer une multitude de vies à peine bonnes à une petite humanité épanouie.
la population à venirGénérations futures - PrescriptifMorale Expérience de penséeLe monde d'après
Nos choix appauvrissent le monde lointain, mais décident aussi qui y naîtra : ces gens n'existeraient pas sous une autre politique. Peut-on leur nuire, si aucun d'eux n'est plus mal loti qu'il ne l'aurait été, faute d'avoir jamais existé autrement ?
les gens du futurGénérations futures - PrescriptifPolitique et droitLe partage entre les âges
Admettons qu'on doive quelque chose au futur : quel est le juste partage des ressources et des charges entre les générations, combien chaque âge doit-il épargner, et qui paie le coût d'éviter un mal lointain, comme le fardeau climatique ?
les ressources entre générationsGénérations futures - PrescriptifPolitique et droitUn bien lointain vaut-il moins ?
Un bien ou un mal fait à des gens du futur doit-il compter pour moins du seul fait de sa distance dans le temps, comme le fait le calcul économique qui escompte l'avenir, ou cette préférence pour le présent est-elle une faute morale, un simple manque d'imagination ? Un très faible taux annuel suffit à rendre une catastrophe lointaine presque sans poids aujourd'hui.
un bénéfice futurGénérations futures - DescriptifUn droit sans sujet ?
Un droit semble exiger un titulaire qui existe ; les êtres futurs n'existent pas encore, ne réclament rien, ne peuvent rien pour nous. Peut-il y avoir une obligation sans réciprocité, sans personne pour la porter, ou notre devoir envers eux repose-t-il sur tout autre chose qu'un droit ?
un être encore à naîtreGénérations futures - PrescriptifExistentielleQue faire de son attention ?
Examiner sa vie comme agir demandent une ressource que tout dispute : l'attention. Ce qu'on regarde, et ce dont on se détourne, dessine déjà une existence ; reste à savoir quelle part peut aller à la diversion.
son attentionIntériorité - PrescriptifPolitique et droitÀ chacun selon quoi ?
Faut-il répartir selon les besoins, selon le mérite, ou également entre tous ? Trois critères du juste partage qui dessinent trois sociétés différentes.
la part de chacunJustice distributive - PrescriptifPolitique et droit Expérience de penséeChoisir sans connaître sa place
Quels principes de partage choisirions-nous si nous ignorions la place que nous occuperons, riches ou pauvres, doués ou non ? Ce voile garantit-il l'impartialité, ou la fausse-t-il ?
les principes de la sociétéJustice distributive - PrescriptifPolitique et droitÉgalité de parts ou de rapports ?
L'égalité est-elle affaire de parts à répartir, ou d'abord une certaine relation entre les personnes, sans domination ni hiérarchie, où nul ne se trouve au-dessus d'autrui ?
les rapports sociauxJustice distributive - PrescriptifPolitique et droitJuste assez ?
La justice est-elle satisfaite dès que chacun a de quoi mener une vie décente ? Reste à savoir ce que signifie avoir assez, et au nom de quoi l'on juge un seuil suffisant.
le seuil de suffisanceJustice distributive - PrescriptifPolitique et droitL'égalité contre la liberté ?
Toute redistribution restreint-elle la liberté de ceux que l'on taxe, ou la liberté réelle suppose-t-elle déjà une certaine égalité des moyens ?
l'ordre politiqueJustice distributive - PrescriptifPolitique et droitL'égalité de quoi ?
Pour répartir équitablement, faut-il égaliser les revenus, les ressources, le bien-être ou les capacités réelles d'agir ? On ne peut être juste sans dire d'abord de quel avantage on parle.
l'avantage à répartirJustice distributive - PrescriptifPolitique et droitLa justice s'arrête-t-elle aux frontières ?
Devons-nous la même justice distributive à l'humanité entière, ou nos obligations de partage s'arrêtent-elles aux membres de notre communauté politique ?
les frontièresJustice distributive - PrescriptifMoraleMérite ou loterie naturelle ?
Méritons-nous les fruits de talents et d'efforts dont nous ne sommes pas les auteurs ultimes ? Si nos dons tiennent à une loterie naturelle, la méritocratie est-elle juste ?
le mériteJustice distributive - PrescriptifMoralePropriétaire de soi-même
Si je m'appartiens et possède les fruits de mon travail, prélever l'impôt sur mes gains est-il une forme de travail forcé, ou la propriété suppose-t-elle déjà un ordre social qui la rend possible ?
soi-même et son travailJustice distributive - PrescriptifPolitique et droit Expérience de penséeUn résultat juste, ou des échanges justes ?
Une répartition est-elle juste selon le résultat qu'elle produit, un certain partage des richesses, ou selon la manière dont chacun a légitimement acquis ce qu'il détient, par le travail et l'échange libre ?
une répartitionJustice distributive - PrescriptifÉpistémiqueA-t-on le droit de croire ?
Au-delà de ce qui rend une croyance justifiée, est-il permis de croire sans preuve suffisante, ou est-ce une faute, envers soi comme envers les autres ? La question de la garantie prolonge celle du devoir de croire.
l'acte de croireJustification de la croyance - DescriptifCohérent, mais faux ?
Un ensemble de croyances peut être parfaitement cohérent et pourtant entièrement détaché du réel : un conte bien construit, un délire systématique, une théorie du complot qui explique tout et absorbe chaque objection. Si la cohérence ne suffit pas à toucher le monde, ne faut-il pas que les croyances répondent aussi à quelque chose du dehors, à l'expérience qui les dément ?
un système cohérentJustification de la croyance - Descriptif Mise en situationFaut-il le croire ?
Face à une affirmation qu'on ne peut vérifier soi-même, qu'est-ce qui rendrait justifié d'y croire : de pouvoir la relier à une évidence de première main, sa cohérence avec tout ce qu'on sait déjà, ou la fiabilité de la source d'où elle vient ?
une affirmation reçueJustification de la croyance - DescriptifFaut-il pouvoir se justifier ?
Pour être justifié, faut-il pouvoir donner ses raisons, ou suffit-il que la croyance ait été bien produite ? Un expert « sent » le bon diagnostic sans savoir l'expliquer ; à l'inverse, on hésiterait à dire qu'il sait, celui dont les intuitions tombent juste par un pouvoir qu'il ignore. La justification est-elle dans les raisons qu'on peut donner, ou dans la fiabilité du processus, même invisible à celui qui l'exerce ?
une croyance bien forméeJustification de la croyance - DescriptifL'ère de la post-vérité
Toute la question de la justification suppose qu'il y ait un vrai à atteindre. Mais quand les « faits alternatifs » et l'indifférence au vrai s'installent, est-ce la vérité elle-même qui vacille, ou seulement notre honnêteté à la chercher ?
le vrai comme viséeJustification de la croyance - DescriptifLa chaîne des raisons
Toute croyance s'appuie sur une raison, qui s'appuie sur une autre : ou bien la chaîne s'arrête sur des croyances qui se justifient d'elles-mêmes, ou bien elle se referme en cercle où chacune soutient les autres, ou bien elle se perd à l'infini. Ces trois issues sont exactement les trois manières de répondre à « qu'est-ce qui justifie une croyance ? ».
la chaîne des raisonsJustification de la croyance - DescriptifVrai par chance
La définition classique tient le savoir pour une croyance à la fois vraie et justifiée. Or on peut croire une chose pour de bonnes raisons, et qu'elle soit vraie, sans savoir pour autant : l'horloge arrêtée qu'on regarde juste à l'heure qu'elle indique encore, le rocher qu'on prend de loin pour un mouton alors qu'un vrai broute derrière. La croyance est vraie et justifiée, mais elle tombe juste par accident. Faut-il alors redéfinir ce qu'est le savoir, ou durcir ce qu'on est en droit d'exiger d'une justification, jusqu'à ce qu'elle relie la croyance au vrai autrement que par chance ?
une croyance vraie par chanceJustification de la croyance - DescriptifY a-t-il des évidences premières ?
Le fondationnalisme suppose des croyances qui se justifient d'elles-mêmes, une perception ou une évidence si immédiate qu'elle n'a besoin d'aucune autre. Mais perçoit-on jamais rien de pur ? Même « je vois du rouge » mobilise déjà des concepts, une mémoire, un apprentissage : s'il n'existe aucun donné vraiment premier, sur quoi tout l'édifice repose-t-il ?
une croyance de baseJustification de la croyance - DescriptifInjuste selon qui ?
Une loi n'arrive jamais étiquetée injuste : quelqu'un en juge. Si chaque conscience décide des lois qui l'obligent, que reste-t-il de la loi commune ; et si nulle ne le peut, comment l'injustice se dénoncerait-elle jamais ?
le jugement d'injusticeLa loi et la conscience - PrescriptifPolitique et droitJusqu'où résister ?
De la grève au sabotage, du refus de l'impôt à la lutte armée : la désobéissance juste a-t-elle des limites internes, la publicité, la non-violence, ou l'oppression extrême lève-t-elle toutes les bornes ?
les moyens de la résistanceLa loi et la conscience - PrescriptifPolitique et droitLes lois non écrites
Antigone enterre son frère contre le décret de la cité, au nom de lois que nul n'a écrites : s'il existe un droit au-dessus des lois, une loi qui le viole est-elle encore une loi, ou seulement un ordre ?
les lois non écritesLa loi et la conscience - PrescriptifPolitique et droit QuestionPersuader ou obéir
Condamné à tort, Socrate refuse l'évasion : les Lois l'ont élevé, il a toute sa vie accepté leurs bienfaits, et il peut les persuader mais non les trahir. L'injustice d'un verdict autorise-t-elle à rompre avec ce qui nous a faits ?
la dette envers les loisLa loi et la conscience - DescriptifPourquoi obéir, au fond ?
Nul n'a signé de contrat, et rester dans un pays n'est pas consentir : autant dire, avec Hume, qu'on consent au capitaine en restant à bord en pleine mer. Si ni le consentement, ni l'équité, ni l'utilité ne fondent un devoir général d'obéir, l'obligation politique est-elle une illusion ?
le fondement de l'obligationLa loi et la conscience - PratiqueExistentielle QuestionApprivoiser la peur
Les sages ont proposé des exercices pour vivre sans en être hanté, y songer chaque jour ou n'y plus penser : la philosophie peut-elle vraiment nous guérir de cette peur, ou nous tient-elle trop fort pour céder ?
la pensée de la mortLa mort - PrescriptifExistentielleAvant la naissance, après la mort
Nous ne pleurons pas le néant qui précédait notre naissance : pourquoi redouter celui qui suivra notre mort ? Et comment la mort serait-elle un mal, s'il n'y a plus personne pour en pâtir ?
celui qui meurtLa mort - PrescriptifMoraleChoisir sa mort
Devant une vie devenue insupportable, mettre fin à ses jours est-il l'ultime liberté, la « porte ouverte » des stoïciens, ou une faute envers soi et envers les autres ?
mettre fin à sa vieLa mort - PrescriptifExistentielle Expérience de penséeLa finitude, un bien ?
Une vie sans terme finirait-elle par se vider de sa saveur, passions émoussées, tout déjà vécu ? Si oui, ce n'est pas malgré la mort mais grâce à elle que nos jours comptent.
une vie entièreLa mort - PrescriptifExistentielleLa mort des autres
La mort nous atteint d'abord dans celle de ceux que nous aimons : ce deuil n'est-il « rien », ou nous apprend-il, mieux que toute théorie, ce que mourir veut dire ?
la mort d'un procheLa mort - PrescriptifExistentielleMa mort, ou la mort ?
Ma mort est-elle ma possibilité la plus propre, celle qui m'individualise et me rend à moi-même, ou une limite absurde venue du dehors, qui met fin à mes possibles sans rien me révéler ?
ma propre mortLa mort - DescriptifQuelque chose survit-il ?
L'âme, ou quelque chose de nous, échappe-t-il à la dissolution du corps, ou la conscience s'éteint-elle avec lui : et si une part survivait, serait-ce encore vraiment nous ?
l'âmeLa mort - PrescriptifExistentielleSurvivre dans ses œuvres
À défaut d'une survie de l'âme, se prolonger dans ce qu'on laisse, des enfants, une œuvre, une trace dans les mémoires : vraie victoire sur la mort, ou consolation qui ne nous concerne plus une fois disparus ?
ce qui nous survitLa mort - DescriptifTout finit : est-ce vain ?
Puisque la mort efface tout, ce que nous faisons a-t-il encore un sens, ou une chose peut-elle valoir pleinement sans durer toujours ?
le cours d'une vieLa mort - PrescriptifExistentielleVaincre la mort ?
Et si la mort n'était plus une fatalité mais une maladie à guérir : devons-nous repousser sans fin nos limites par la technique, ou y a-t-il une sagesse à consentir à notre condition mortelle ?
la condition mortelleLa mort - PrescriptifPolitique et droitDu blâme à la peine
Si nul ne mérite au fond, la rétribution s'effondre, mais faut-il la pleurer ? Protéger, dissuader et réparer suffisent peut-être à fonder la peine, sans jamais parler de dette.
la peine méritéeLa responsabilité morale - Descriptif QuestionLa loterie du mérite
Deux chauffards identiques, un enfant traverse devant un seul : le hasard fait l'un meurtrier et l'autre chanceux. Et ce que nous louons, talents, caractère, n'a pas été choisi davantage : si la chance imprègne tout, que reste-t-il du mérite propre ?
la part de chance dans le mériteLa responsabilité morale - DescriptifMérite réel ou pratique nécessaire ?
Attribuer des torts suppose-t-il un mérite fondé en métaphysique, ou la pratique se porte-t-elle elle-même, aucune découverte sur le déterminisme ne pouvant nous faire traiter les personnes en objets ?
le fondement de l'attributionLa responsabilité morale - PrescriptifMoralePeut-on renoncer au ressentiment ?
Un monde guéri du ressentiment serait-il plus doux ou moins humain ? Renoncer à en vouloir, est-ce une sagesse accessible, ou la fin des relations de personne à personne ?
le ressentimentLa responsabilité morale - DescriptifResponsable de son caractère ?
L'homme ivre ne se contrôle plus, mais il s'est rendu tel, verre après verre : pour Aristote, on impute la disposition qu'on a laissée croître. Mais pour être comptable de son caractère, ne faudrait-il pas l'avoir choisi, et ainsi à l'infini ?
la disposition acquiseLa responsabilité morale - DescriptifTout comprendre, est-ce tout excuser ?
Si chaque acte a ses causes, l'excuse valable pour l'un, la tumeur, la contrainte, devrait valoir pour tous, et plus personne ne serait blâmable. À moins que l'excuse ne distingue précisément entre des causes, et que comprendre ne soit pas excuser.
l'excuse universelleLa responsabilité morale - DescriptifExpliquer la morale, est-ce la détruire ?
Si l'on peut raconter comment nos valeurs ont été fabriquées (histoire, évolution, ressentiment), leur prétention à l'absolu s'effondre-t-elle, ou l'origine d'une norme ne dit-elle rien de sa validité ?
l'histoire de la moraleLa source de la morale - DescriptifLa force de la coutume
Une règle qui ne tient qu'à notre accord peut-elle obliger celui qui s'en retire ? La coutume oblige tant qu'on la partage, mais le réformateur qui la conteste semble en appeler à autre chose qu'elle.
la coutumeLa source de la morale - DescriptifLa toute-puissance et le bien
Si Dieu est tout-puissant, le bien dépend-il de sa volonté au point qu'il aurait pu commander autre chose ? Descartes l'ose pour les vérités éternelles, Ockham pour certains préceptes de la loi morale, et l'arbitraire menace.
la volonté de DieuLa source de la morale - Descriptif QuestionLe dilemme d'Euthyphron
Le bien est-il bien parce que Dieu le veut, ou Dieu le veut-il parce qu'il est bien ? Une branche rend la morale arbitraire, l'autre semble la rendre indépendante de Dieu ; les théologiens cherchent depuis une voie entre les deux.
le rapport de Dieu au bienLa source de la morale - Descriptif QuestionSans Dieu, tout est permis ?
Si aucun garant transcendant ne soutient nos devoirs, gardent-ils leur force d'obliger, ou deviennent-ils des choix qu'on peut toujours défaire ? Les sociétés sécularisées mettent la formule à l'épreuve chaque jour.
la morale sans garantLa source de la morale - DescriptifUn sentiment peut-il obliger ?
Constater que la nature nous a faits compatissants décrit un fait ; en conclure que nous devons l'être franchit le pas de l'être au devoir. Si la morale n'est qu'un sentiment, que répondre à celui qui ne le ressent pas ?
l'autorité d'un sentimentLa source de la morale - PrescriptifEsthétiqueBeauté des sens ou de l'esprit
La vie esthétique tient-elle d'abord aux plaisirs des sens, et tombe alors sous la même suspicion qu'eux, ou d'une forme qui les dépasse ?
les plaisirs esthétiquesLe beau dans la vie - DescriptifD'où vient la valeur du beau
Le beau est-il une perfection réelle des choses, ou seulement un plaisir de goût ? Si tout est affaire de goût, sa prétention à compter dans une vie réussie s'affaiblit.
une belle choseLe beau dans la vie - PrescriptifEsthétiqueJouir du beau ou le créer
La vie esthétique, est-ce recueillir en connaisseur les belles expériences, ou se façonner soi-même comme une œuvre en donnant du style à son existence ?
une vieLe beau dans la vie - PrescriptifExistentielleLa beauté sauve-t-elle ?
Le beau n'est-il qu'un ornement, ou ce qui rachète une existence par ailleurs absurde ou souffrante et la rend supportable ?
l'existence tout entièreLe beau dans la vie - PrescriptifEsthétique Expérience de penséeLa vie comme œuvre
Faire de sa vie une œuvre, viser l'intensité des belles sensations : une telle vie se suffit-elle, ou finit-elle par se vider, indifférente au bien comme au mal et guettée par l'ennui ?
une vie tout entièreLe beau dans la vie - PrescriptifEsthétiqueLe beau et le bien
Le beau et le bien ne font-ils qu'un, ou sont-ils rivaux : la beauté élève-t-elle l'âme vers le bien, ou séduit-elle en flattant les apparences contre le devoir ?
une belle actionLe beau dans la vie - PrescriptifExistentielleÀ quoi bon ?
L'inutilité de la philosophie est-elle sa dignité même, le seul savoir libre qu'on ne poursuit pour rien d'autre, ou un vrai défaut au regard des sciences et de l'action, comme Thalès qui tombe dans un puits en observant les astres, sous le rire de la servante thrace ?
l'activité philosophiqueLe but de la philosophie - PrescriptifPolitique et droitComprendre ou transformer
La philosophie peut-elle se contenter de comprendre, ou toute contemplation est-elle déjà complice, arrivant trop tard comme la chouette de Minerve, quand toute pensée prend en fait parti pour ou contre un ordre ?
la pensée et le mondeLe but de la philosophie - PrescriptifExistentielleDiscours ou manière de vivre
La philosophie est-elle un corps de doctrines, ou d'abord une manière de vivre faite d'exercices qui transforment celui qui les pratique, et qu'on aurait réduite à de la théorie ?
la philosophie elle-mêmeLe but de la philosophie - DescriptifLa philosophie avance-t-elle ?
Après des siècles, la philosophie n'a pas de résultats acquis comme les sciences et les mêmes questions reviennent : échec à dissoudre de faux problèmes, ou marque de questions qu'on n'est pas censé résoudre une fois pour toutes ?
la discipline elle-mêmeLe but de la philosophie - DescriptifLa philosophie et les sciences
La philosophie est-elle une proto-science que les sciences détrônent à mesure qu'elles mûrissent, ou pose-t-elle des questions, sur les valeurs, le sens, ses propres présupposés, qu'aucune science ne peut trancher ?
philosophie et sciencesLe but de la philosophie - PrescriptifExistentiellePour tous ou pour quelques-uns
La philosophie est-elle l'examen que chacun doit à sa vie, sur l'agora avec Socrate et sous le mot d'ordre « ose savoir », ou reste-t-elle, par sa difficulté et le loisir qu'elle demande, l'affaire de quelques-uns ?
le philosophe, chacunLe but de la philosophie - DescriptifVrais problèmes ou confusions
Les grands problèmes philosophiques sont-ils de vraies questions, ou des nœuds de langage à dissoudre plutôt qu'à résoudre, au risque de jeter avec l'eau du bain les questions qui comptent ?
les problèmes philosophiquesLe but de la philosophie - DescriptifEt si Dieu ne pouvait pas tout ?
On peut sauver la bonté de Dieu en lui ôtant la toute-puissance : un Dieu qui se retire et se limite, ou face auquel le mal serait un principe rival qu'il ne crée pas.
la nature de DieuLe problème du mal - PrescriptifMoraleJustifier le mal ?
Chercher une raison au malheur de l'innocent, n'est-ce pas déjà une faute, une insulte à sa douleur, et la seule attitude juste devant certains maux n'est-elle pas la révolte ou le silence ?
l'acte de justifier le malLe problème du mal - Descriptif QuestionL'énigme d'Épicure
Dieu peut-il empêcher le mal sans le vouloir, ou le veut-il sans le pouvoir ? Une des trois choses, sa puissance, sa bonté, ou la réalité du mal, doit céder : laquelle ?
le mal et les attributs de DieuLe problème du mal - DescriptifL'épreuve qui élève
Peut-être le mal est-il permis pour que les âmes mûrissent, le monde étant « une vallée où se font les âmes » plutôt qu'un paradis tout donné.
une âme qui mûritLe problème du mal - DescriptifLe mal de trop
Même sans contradiction stricte, la masse de souffrances apparemment inutiles, un faon agonisant seul dans un feu de forêt, ne rend-elle pas hautement improbable un Dieu bon qui veillerait sur tout ?
la masse des souffrancesLe problème du mal - DescriptifLe mal sans coupable
Le libre arbitre excuse le mal que font les hommes ; mais le séisme, la maladie, la douleur des bêtes ne sont la faute de personne : que reste-t-il alors pour disculper le créateur ?
une catastrophe naturelleLe problème du mal - DescriptifLe silence de Dieu
À côté du mal, une autre absence accuse : celle d'un Dieu qui, s'il existait et nous aimait, ne se laisserait pas chercher en vain.
Dieu et ceux qui le cherchentLe problème du mal - DescriptifLes raisons cachées de Dieu
Et si les fins qui justifient le mal excédaient tout entendement humain ? À Job qui réclame des comptes, Dieu ne répond pas par des raisons, mais par la seule immensité de sa création.
l'homme qui demande des comptes à DieuLe problème du mal - DescriptifBonheur ou sens
Une vie réussie est-elle forcément heureuse, ou peut-elle valoir par son sens tout en étant difficile, exigeante, parfois malheureuse ?
une vieLe sens de la vie - DescriptifEt si rien n'avait de sens ?
Quand s'effacent les cadres qui donnaient sens, Dieu, l'Histoire, le progrès, reste-t-il un sens possible, ou s'ouvre le vertige où plus rien ne vaut rien ?
les cadres du sensLe sens de la vie - DescriptifFaut-il que ça dure ?
Si tout finit, par la mort puis l'effacement de toute trace, ce que nous faisons est-il vain, ou une chose peut-elle avoir pleinement un sens sans durer toujours ?
le temps d'une vieLe sens de la vie - Descriptif Expérience de penséeLe rocher de Sisyphe
Quand notre soif de sens se heurte au silence du monde, où loger une réponse : dans une fin qui nous dépasse, dans le sens qu'on se donne, ou dans la seule révolte lucide d'une vie sans réponse ?
une existenceLe sens de la vie - DescriptifN'importe quel sens fait-il l'affaire ?
Une vie peut-elle être pleine de sens si elle se voue à quelque chose d'insignifiant, voire de mauvais, ou le sens exige-t-il que la chose en vaille objectivement la peine ?
une vie vouée à quelque choseLe sens de la vie - DescriptifUn sens à la vie, ou dans la vie ?
La vie a-t-elle un sens d'ensemble, une réponse à « pourquoi tout cela ? », ou seulement des sens locaux, ceux qu'on trouve dans un amour, une œuvre, un engagement, même si le tout n'en a aucun ?
une vieLe sens de la vie - DescriptifUn sens est-il inscrit dans les choses ?
Le monde porte-t-il un ordre ou un dessein qui nous précède, comme l'affirment stoïciens et providentialismes, ou est-il muet ? Construire son sens, se révolter ou renoncer partagent le même constat de départ : rien n'est donné.
l'ordre des chosesLe sens de la vie - DescriptifUn sens sans Dieu ?
Le sens de l'existence suppose-t-il un ordre divin qui nous dépasse, ou peut-il tenir entièrement sans Dieu, sur des bases tout humaines ?
l'ordre du mondeLe sens de la vie - Descriptif Mise en situationAurais-je pu agir autrement ?
On reproche à cet homme un délit qu'il reconnaît, mais son histoire et son cerveau l'y ont poussé : pouvait-il vraiment agir autrement, et si non, en est-il responsable ?
un choixLiberté de la volonté - DescriptifDéterminisme ou fatalisme ?
Si tout a une cause, mes efforts sont-ils vains, puisque l'issue serait de toute façon écrite, ou comptent-ils au contraire, étant eux-mêmes des causes parmi les autres ?
mes effortsLiberté de la volonté - DescriptifÉchapper aux causes, ou les comprendre ?
Être libre, est-ce ne dépendre d'aucune cause, ou comprendre ce qui nous détermine, au point d'agir en accord avec cette nécessité plutôt que de la subir ?
l'ordre des causesLiberté de la volonté - DescriptifFaire ce qu'on veut, ou se gouverner soi-même ?
Être libre, est-ce faire ce dont on a envie sur le moment, ou se gouverner soi-même, au risque que celui qui suit tous ses désirs en devienne l'esclave ?
la loi qu'on se donneLiberté de la volonté - DescriptifLe choix dans l'ordre des causes
Un choix est un événement du monde physique : s'inscrit-il dans la même chaîne de causes que tout le reste, au point d'être en principe prévisible ?
un choixLiberté de la volonté - PrescriptifPolitique et droitLiberté intérieure ou liberté extérieure ?
Qu'est-ce qui décide le plus de notre liberté : nos dispositions intérieures, ou les contraintes extérieures du pouvoir et de la société ? Et l'une rend-elle l'autre possible : peut-on être libre en esprit sous l'oppression, ou libre au-dehors sans l'être au-dedans ?
l'ordre socialLiberté de la volonté - DescriptifLibre sans pouvoir faire autrement ?
Même si je ne pouvais pas faire autrement, suis-je libre quand mon acte vient de mes propres désirs et de mes raisons, sans rien qui me force contre moi-même ?
un acteLiberté de la volonté - DescriptifNécessité ou hasard
Si nos choix ne sont pas déterminés, en sont-ils plus libres, ou seulement livrés au hasard ? La liberté se réduit-elle à l'absence de cause ?
un choixLiberté de la volonté - DescriptifQui décide en moi ?
Suis-je transparent à moi-même quand je choisis, ou des forces que j'ignore décident-elles à ma place sous l'apparence d'un choix libre ?
le moiLiberté de la volonté - DescriptifTout décidé, et pourtant libre ?
Certaines religions affirment à la fois que tout est entre les mains de Dieu, prédestination ou destin, et que nous restons libres et responsables : ces deux croyances peuvent-elles tenir ensemble, ou l'une ruine-t-elle l'autre ?
la providenceLiberté de la volonté - DescriptifUn sujet qui s'initie lui-même
Y a-t-il en nous un pouvoir capable d'amorcer une action sans être lui-même entièrement causé, ou tout pouvoir d'agir n'est-il qu'un maillon dans la chaîne des causes ?
la volontéLiberté de la volonté - Descriptif Mise en situationUne cause qui disculpe
Quand une cause précise, ici une tumeur au cerveau, est à l'origine d'un acte, on hésite à tenir l'auteur pour responsable : mais cette cause diffère-t-elle vraiment des mille autres, hérédité, histoire, chimie, qui pèsent sur chacun de nos choix ?
un acteLiberté de la volonté - DescriptifUne raison est-elle une cause ?
Quand j'agis pour une raison, cette raison explique-t-elle mon acte comme le ferait une cause, ou y a-t-il deux manières irréductibles de rendre compte d'une action ?
un motifLiberté de la volonté - DescriptifLa liberté sur le papier
La loi n'interdit à personne de voyager, d'étudier ou d'entreprendre ; mais sans argent, sans santé, sans relations, rien de tout cela n'est à portée. Celui qui n'a rien est-il privé de liberté, ou seulement de moyens ? Et dire que la pauvreté est un manque de liberté, est-ce préciser l'idée de liberté ou la dissoudre ?
les droits sur le papierLiberté politique - PrescriptifPolitique et droit Mise en situationLes limites de la parole
Une parole qui rabaisse sans porter de coup : une société libre doit-elle la protéger au nom de la liberté elle-même, ou la restreindre au nom de la liberté de ceux qu'elle vise ?
la parole publiqueLiberté politique - PrescriptifPolitique et droitLibéré malgré soi
De la ceinture de sécurité à l'école obligatoire, jusqu'au toxicomane qu'on sèvre contre son gré : la contrainte peut-elle rendre libre ? Et si l'on peut invoquer ma volonté « véritable » contre celle que j'exprime, qui décide laquelle est la mienne ?
la contrainte bienveillanteLiberté politique - PrescriptifPolitique et droitLibre dans les fers ?
Si la liberté se conquiert au-dedans, un esprit lucide peut être libre même sous un tyran. Ce refuge intérieur est-il ce qu'aucun pouvoir ne peut confisquer, ou une consolation qui apprend aux opprimés à supporter leurs chaînes ?
la liberté intérieureLiberté politique - DescriptifLibre de la loi, ou libre par la loi ?
Chaque loi retranche quelque chose à ce que je peux faire ; là où les lois se taisent, je fais ce qui me plaît. Mais sans loi, les faibles sont à la merci des forts, et un peuple se donne des lois précisément pour être libre. La loi limite-t-elle la liberté, la protège-t-elle, ou la constitue-t-elle ?
la loiLiberté politique - DescriptifParticiper, ou être laissé en paix
Un âge a placé la liberté dans le partage du pouvoir public, un autre dans la jouissance paisible de la vie privée. Si les modernes désertent l'assemblée pour cultiver leur indépendance, n'abandonnent-ils pas la garantie même de cette indépendance ?
la citéLiberté politique - DescriptifDe l'observé à l'inobservé
Une loi générale étend à tous les cas ce qu'on n'a constaté que sur quelques-uns : que le soleil se soit toujours levé ne prouve pas qu'il se lèvera demain, car rien ne garantit que l'inobservé se conduira comme l'observé, ni l'avenir comme le passé. Ce saut, aucune accumulation de preuves ne le comble : c'est le défi que chaque méthode doit relever à sa façon.
l'inférence de l'observé à l'inobservéMéthode scientifique - DescriptifLa mesure et ses instruments
Un instrument n'enregistre pas un fait nu : un thermomètre présuppose toute une théorie de la chaleur, un appareil suppose des hypothèses sur ce qu'il capte, et chaque étalonnage s'appuie sur d'autres mesures, elles-mêmes faillibles. La précision affichée peut ainsi reconduire en silence des théories discutables, et l'exactitude devenir une prétention plus qu'un fait. Jusqu'où une mesure constate-t-elle le réel, plutôt qu'elle ne le met déjà en forme ?
l'instrument de mesureMéthode scientifique - DescriptifLa science telle qu'elle se fait
La logique des philosophes décrit-elle ce que font vraiment les laboratoires, la discussion, le consensus, la revue par les pairs, la construction de modèles et les simulations ? Ou la méthode réelle est-elle d'abord une pratique sociale, que la reconstruction logique idéalise après coup ?
le travail réel des laboratoiresMéthode scientifique - Descriptif Expérience de penséeLe cygne noir
Aucun nombre de cygnes blancs ne prouve que tous le sont, mais un seul cygne noir suffit à le démentir : comment, dès lors, établir une loi générale, en accumulant les cas, en cherchant le contre-exemple, ou en pesant les probabilités ?
une loi universelleMéthode scientifique - DescriptifQu'est-ce qui confirme une hypothèse ?
« Tous les corbeaux sont noirs » équivaut à « tout ce qui n'est pas noir n'est pas un corbeau », que confirmerait alors une pomme verte, sans qu'on ait vu le moindre corbeau. Et les mêmes observations passées appuient aussi bien des prédictions incompatibles. Qu'est-ce, au juste, qu'une preuve confirme, et de combien ?
le lien entre preuve et hypothèseMéthode scientifique - DescriptifQue peut une preuve ?
Aucune accumulation de preuves ne prouve une loi universelle ; un seul contre-exemple, en revanche, semble suffire à la réfuter : la preuve ne vaudrait donc que par sa force à démentir, jamais à établir. Mais réfute-t-elle même vraiment ? Quand un résultat contredit une théorie, ce n'est jamais elle seule qui est en jeu, mais tout un faisceau d'hypothèses auxiliaires, et l'on peut toujours en sacrifier une pour la sauver. Prouver, réfuter, ou seulement rendre plus ou moins probable : que peut au juste une preuve ?
une preuve, une expérience de testMéthode scientifique - DescriptifScience ou pseudo-science ?
Qu'est-ce qui sépare une science d'une doctrine qui en prend les airs, l'astrologie, une théorie que rien ne pourrait démentir ? La question de la démarcation prolonge celle de la méthode.
une doctrine qui se dit scientifiqueMéthode scientifique - DescriptifUne seule méthode, ou plusieurs ?
La méthode qui éprouve les lois de la nature vaut-elle pour l'histoire, la société, l'esprit ? Expliquer par des causes, comme en physique, ou comprendre du dedans des significations, comme le veulent Dilthey et Weber : les sciences humaines ont-elles leur logique propre, ou une seule méthode gouverne-t-elle tout savoir ?
les sciences de l'esprit et de la sociétéMéthode scientifique - DescriptifY a-t-il des faits bruts ?
La science est censée partir des faits, neutres et donnés. Mais observe-t-on jamais un fait pur ? Ce qu'on remarque, ce qu'on tient pour un résultat, dépend déjà des attentes, des instruments et de la théorie qu'on a en tête : deux savants devant le même ciel n'y voient pas la même chose. Si l'observation est toujours orientée, sur quoi la science prend-elle appui ?
l'observationMéthode scientifique - DescriptifY a-t-il une méthode ?
Et s'il n'existait aucune règle universelle du bon raisonnement scientifique ? Feyerabend soutient que les grandes découvertes ont souvent enfreint les canons de la méthode, et qu'en science « tout est bon » : la logique qu'on reconstruit après coup ne serait pas ce qui fait avancer le savoir.
la règle méthodique elle-mêmeMéthode scientifique - Descriptif QuestionAimer se décide-t-il ?
L'amour est-il une promesse que la volonté peut tenir dans la durée, comme l'engagement voulu par Kierkegaard, ou une passion qui nous saisit et nous quitte sans nous consulter, comme chez Proust et Schopenhauer ?
aimerNature de l'amour - DescriptifLe moi ou le corps ?
Suis-je une chose pensante qui se distingue de son corps, ou suis-je ce corps même, de sorte que mon identité tiendrait d'abord à lui ?
le moi et le corpsNature du moi - DescriptifLe moi se fait-il seul ?
Devient-on soi par la seule introspection, comme un sujet qui se suffit, ou à travers le regard et la reconnaissance d'autrui, sans qui le « je » ne se formerait pas ?
le moi et autruiNature du moi - Descriptif Expérience de penséeLe téléporteur
Si l'on vous scanne ici, qu'on détruit votre corps et qu'on reconstruit sur Mars une copie exacte avec tous vos souvenirs, est-ce vous qui arrivez, ou êtes-vous mort, remplacé par un double qui se croit vous ?
une personneNature du moi - DescriptifSe déprendre du moi
Le « je » est-il une fiction commode, qu'on prend à tort pour une chose ? Et s'en libérer serait-il une perte, ou au contraire une délivrance ?
le moiNature du moi - DescriptifUn moi donné ou à faire ?
Ai-je une nature qui me précède et que j'aurais à découvrir, ou est-ce que je deviens ce que je choisis d'être, sans modèle fixé d'avance ?
le moiNature du moi - DescriptifUn moi ou plusieurs ?
Suis-je un sujet unifié qui dit « je », ou un assemblage de voix et de forces parfois en conflit, dont une part m'échappe et agit sans que je le sache ?
l'unité du moiNature du moi - PrescriptifExistentielleLe poids de l'héritage
Nous sommes des héritiers : la fidélité aux racines, aux dettes, aux morts fait-elle la profondeur d'une vie, ou une chaîne qui enferme les vivants dans un passé révolu ? Car trop de mémoire, aussi, peut paralyser.
ce que nous avons reçuOrientation temporelle - PrescriptifExistentielleLe regret et la nostalgie
On peut vivre tourné vers un passé perdu : le regret de ce qui fut, la nostalgie d'un âge d'or. Est-ce honorer ce qui nous a faits, ou déserter le présent pour un pays qui n'existe plus ?
son propre passéOrientation temporelle - PrescriptifExistentiellePour qui bâtir après soi ?
Planter un arbre dont on ne verra pas l'ombre : devons-nous quelque chose à ceux qui viendront, qui n'ont rien fait pour nous ? La transmission tourne le présent vers un avenir qui nous dépasse.
ceux qui viendrontOrientation temporelle - PrescriptifExistentielleVivre, ou se préparer à vivre
On remet sans cesse de vivre à un avenir qui, souvent, ne vient pas : la vie s'écoule pendant qu'on la prépare. Mais à ne plus rien projeter, à renoncer à tout but, ne perd-on pas ce qui donne à l'existence une direction et un élan ?
le temps d'une vieOrientation temporelle - PrescriptifExistentielle Expérience de penséeVoudriez-vous la revivre ?
Un démon vous propose de revivre votre vie, identique, à l'infini : la voudriez-vous ? Le test révèle si vous habitez vraiment votre temps, plutôt que de le suspendre à demain ou de le pleurer d'hier.
le temps d'une vieOrientation temporelle - DescriptifY a-t-il un présent où se tenir ?
L'instant est un fil de rasoir : le passé n'est plus, l'avenir pas encore, et le présent lui-même n'a aucune durée. « Cueille le jour » repose-t-il alors sur une illusion, ou le temps vécu est-il un flux continu qui porte sans cesse le passé dans le présent ?
l'instant présentOrientation temporelle - PrescriptifMoraleDéfaire l'irréparable
Ce qui est fait ne peut être défait : le pardon est-il le seul pouvoir qui nous délivre de l'irréversible, en nous libérant du poids de ce qui a eu lieu ?
l'irréversiblePardon - PrescriptifMoraleJustice ou miséricorde
Pardonner, est-ce renoncer à la justice et laisser le mal impuni, ou la justice et le pardon visent-ils deux choses différentes, qui peuvent coexister ?
la peine méritéePardon - PrescriptifMoraleLa personne et l'acte
Pardonner, est-ce distinguer le coupable de sa faute pour l'accueillir par-delà ce qu'il a commis, ou est-ce excuser l'acte lui-même et trahir ceux qui en ont souffert ?
le coupablePardon - PrescriptifPolitique et droitLe pardon des peuples
Une nation peut-elle pardonner, par l'amnistie ou la réconciliation, les crimes commis en son sein, ou le pardon n'a-t-il de sens qu'entre les personnes qui ont vécu le tort ?
la communautéPardon - PrescriptifMorale Expérience de penséePardonner à la place des victimes ?
A-t-on le droit de pardonner un tort fait à un autre, ou seule la victime peut-elle pardonner, de sorte que pardonner en son nom serait une usurpation ?
le pardonPardon - PrescriptifMoralePardonner, excuser, oublier
Le pardon se distingue d'excuser, d'oublier ou de tolérer : en reste-t-il un une fois qu'on a retiré tout ce qui n'est qu'effacement de la faute ?
le pardonPardon - PrescriptifMoraleSe pardonner à soi-même ?
Peut-on, et doit-on, se pardonner à soi-même, ou n'est-ce qu'une manière de s'excuser et d'échapper à la culpabilité qu'on mérite ?
soi-mêmePardon - PrescriptifMoraleUn devoir ou un surcroît ?
Doit-on le pardon, comme une obligation envers qui se repent, ou est-il un don gratuit, au-delà du devoir, qu'on ne saurait exiger de personne ?
le pardonPardon - PrescriptifMorale QuestionY a-t-il de l'impardonnable ?
Certaines fautes, certains crimes sont-ils trop grands pour être un jour pardonnés, ou rien n'est-il par principe au-delà du pardon ?
la fautePardon - PrescriptifMoraleDes devoirs nés des liens
Mes devoirs envers mes enfants ou mes amis naissent-ils du lien lui-même, qui oblige par sa seule existence, ou sont-ils la part qui me revient d'un souci dû également à tous, parce que chacun veille mieux sur les siens ?
les liensPartialité - PrescriptifPolitique et droitDes proches aux compatriotes
Les compatriotes sont des inconnus : le patriotisme prolonge-t-il pourtant envers eux la loyauté due aux proches, comme une famille élargie, ou est-ce un tout autre attachement ? À qui l'on appartient d'abord fait l'objet d'un axe à part.
la nationPartialité - DescriptifLe cercle de la sympathie
Notre souci des autres faiblit à mesure qu'ils s'éloignent de nous, dans l'espace, le sang ou la ressemblance : la morale doit-elle bâtir sur cette pente naturelle, ou la corriger comme un préjugé de naissance ?
la sympathie humainePartialité - PrescriptifPolitique et droitLe conflit d'intérêts
Fidèle en amitié, dévoué aux siens : ce qui est vertu dans la vie privée devient favoritisme et corruption dès qu'on exerce une charge ; où passe la ligne entre aimer les siens et être injuste envers tous les autres ?
la charge publiquePartialité - PrescriptifMorale Mise en situationLe proche ou l'inconnu
Deux vies sont en péril et une seule peut être sauvée ; si toutes comptent également, qu'un des deux soit un être aimé ne devrait rien changer : le lien est-il une raison morale de sauver d'abord les siens, ou une préférence que la morale exige de surmonter ?
le sauvetagePartialité - PrescriptifMorale Mise en situationAccepter, ou se résigner ?
Où passe la frontière entre la sérénité devant l'inévitable et la passivité, voire l'excuse commode, devant un tort qu'un effort pourrait redresser ?
un tort subiPérimètre d'action - PrescriptifExistentielleEspérer, est-ce sage ?
L'espérance, qui nous lie à des choses hors de notre pouvoir, est-elle une faiblesse qui trouble l'âme, ou le ressort même qui pousse à transformer ce qui peut l'être ?
l'espérancePérimètre d'action - PrescriptifExistentielleFaire la paix avec ce qui fut
Le passé est ce qui ne dépend plus de nous par excellence : faut-il l'accepter pleinement, jusqu'à vouloir qu'il ait été, ou en rester prisonnier par le regret ?
le passéPérimètre d'action - DescriptifMon pouvoir, ou notre pouvoir ?
Ce qui ne dépend pas de moi seul, la maladie, l'injustice, le cours du monde, dépend peut-être de nous ensemble : à chercher le pouvoir dans le seul for intérieur, la dichotomie ignore-t-elle l'action collective qui déplace les limites du possible ?
le pouvoir collectifPérimètre d'action - PrescriptifExistentielleSérénité, ou accomplissement ?
Le bien d'une vie est-il la paix de l'âme que rien ne trouble, ou l'accomplissement actif de qui transforme le monde et y laisse sa marque ?
une vie bonnePérimètre d'action - DescriptifVraiment maître de nos jugements ?
Le stoïcisme range nos jugements du côté de ce qui dépend de nous, mais les choisissons-nous vraiment, ou nos opinions, nos émotions et nos désirs nous sont-ils dictés par le corps, l'histoire et les causes qui nous font ? Si même le dedans nous échappe, la dichotomie tient-elle encore ?
nos jugementsPérimètre d'action - DescriptifFaut-il suivre la nature ?
La nature est-elle un ordre sage qu'il faut imiter et respecter, ou une puissance aveugle qui broie et affame sans égard pour le bien ? Dire d'une chose qu'elle est naturelle nous apprend-il quoi que ce soit sur sa valeur ?
l'ordre naturelPlace de l'homme dans la nature - PrescriptifVitaleLa domination de la nature
Commander à la nature en la comprenant a fait reculer la faim et la maladie ; mais la volonté de la dominer ne se retourne-t-elle pas en domination de l'homme, réduisant le monde à un simple stock disponible ? La maîtrise émancipe-t-elle, ou appauvrit-elle à la fois la nature et nous ?
la nature comme ressourcePlace de l'homme dans la nature - PrescriptifMorale Expérience de penséeLe dernier homme
Si le dernier être humain pouvait, en mourant, anéantir sans témoin toute vie restante, commettrait-il une faute ? La nature n'a-t-elle de valeur que pour nous, ou vaut-elle par elle-même, indépendamment de tout regard humain ?
le monde vivantPlace de l'homme dans la nature - PrescriptifEsthétiqueSanctuaire ou jardin
Faut-il laisser la nature sauvage et intacte, préserver la part que nous n'avons pas faite, ou l'idéal est-il une nature soignée et jardinée, que le soin humain achève au lieu de la violer ? Et reste-t-il seulement une nature « intacte » à sauver ?
une nature sauvagePlace de l'homme dans la nature - DescriptifUne créature à part ?
L'homme est-il un être à part, tenu par la raison et l'esprit au-dessus de la nature et porteur d'une dignité singulière, ou un vivant issu d'elle, continu avec l'animal et soumis comme lui à ses lois ? La posture qu'on adopte en dépend.
l'être humainPlace de l'homme dans la nature - Descriptif Expérience de penséeCe que seule l'expérience vécue donne
Le savoir objectif, en troisième personne, saisit-il ce que c'est que de voir un rouge, de souffrir, d'aimer ? La science présuppose un monde vécu qu'elle-même ne décrit pas, et l'intuition atteint une durée que la mesure laisse échapper.
ce qui est vécuPlace de la science - DescriptifExpliquer, ou comprendre ?
Étudier l'homme, l'histoire, une société, est-ce chercher des causes comme en physique, ou comprendre de l'intérieur un sens et des intentions ? Une seule méthode pour tous les objets, ou d'autres savoirs pour ce qui ne se réduit pas à un mécanisme ?
les affaires humainesPlace de la science - DescriptifFoi et raison
La foi religieuse, l'expérience mystique donnent-elles un accès au réel que la science ne saurait juger, ou relèvent-elles d'une croyance qui n'a rien d'un savoir ?
la foi, l'expérience mystiquePlace de la science - DescriptifL'art dit-il le vrai ?
La tragédie, le roman, le poème découvrent-ils, sur la condition humaine, des vérités qu'aucun énoncé scientifique ne saurait formuler, ou n'offrent-ils qu'un agrément sans valeur de connaissance ?
l'œuvre d'artPlace de la science - DescriptifLe reste, après la science
La science dit le comment, jamais le pourquoi ni ce qui vaut : elle pourrait répondre à toutes ses questions possibles sans avoir même effleuré ce qui donne son sens à une vie. Reste-t-il des vérités, sur le sens ou sur le bien, hors de sa portée ?
les questions de la viePlace de la science - DescriptifLe scientisme se réfute-t-il lui-même ?
« Seule la science donne du savoir » : mais cet énoncé n'est lui-même pas scientifique, c'est une thèse philosophique sur la science. En prétendant tout fonder sur elle, ne se scie-t-il pas la branche ?
la thèse scientiste elle-mêmePlace de la science - DescriptifLe vrai, ou l'utile ?
Les théories scientifiques décrivent-elles la réalité telle qu'elle est, jusqu'aux entités qu'on ne voit pas, ou ne sont-elles que des instruments commodes pour prévoir et agir ?
une théorie scientifiquePlace de la science - DescriptifQu'est-ce qui fait une science ?
Qu'est-ce qui sépare une science d'une croyance qui s'en donne les apparences, l'astrologie ou une doctrine que rien ne pourrait démentir ? Sa capacité à s'exposer au démenti des faits, ou faut-il un autre critère, à supposer même qu'une frontière nette existe ?
une théoriePlace de la science - DescriptifDemain ressemblera-t-il à hier ?
Le soleil s'est toujours levé, mais qu'est-ce qui garantit qu'il se lèvera demain ? Aucune accumulation d'observations ne prouve une loi : notre confiance dans l'avenir tient-elle à la raison, ou à la seule habitude ?
une loi tirée de l'expérienceRapport à la certitude - DescriptifJustifier, jusqu'où ?
Toute raison s'appuie sur une autre raison : la chaîne s'arrête-t-elle sur un fondement, tourne-t-elle en cercle, ou se perd-elle à l'infini ? C'est le levier du sceptique.
la chaîne des raisonsRapport à la certitude - PrescriptifÉpistémiqueLe désaccord d'un égal
Quand quelqu'un d'aussi informé et rigoureux que moi conclut l'inverse, dois-je tempérer ma confiance, comme le sceptique qui érige l'isosthénie en règle, ou puis-je tenir bon au nom de l'examen que j'ai moi-même conduit ?
le jugement d'un pairRapport à la certitude - DescriptifLe monde, ou nos représentations ?
À supposer même que nos perceptions soient cohérentes, atteignent-elles les choses telles qu'elles sont, ou seulement nos représentations, sans moyen de comparer les deux ?
le monde extérieurRapport à la certitude - DescriptifLes mathématiques, hors de doute ?
Longtemps modèle même de la certitude, les mathématiques échappent-elles à tout doute, ou le choix des axiomes et les limites révélées par les théorèmes d'incomplétude montrent-ils que, même là, la certitude a un horizon ?
un système d'axiomesRapport à la certitude - Descriptif Expérience de penséeQu'est-ce qui résiste au doute ?
En poussant le doute jusqu'au bout, rêve, illusion, un trompeur possible, reste-t-il quelque chose qui résiste, ou faut-il admettre qu'aucune certitude ne tient ?
celui qui douteRapport à la certitude - Descriptif Mise en situationSeul à voir clair ?
Quand tous pensent le contraire de moi, est-ce le signe que je me trompe, ou le lucide est-il parfois seul contre la foule : jusqu'où s'en remettre au jugement des autres ?
ma conviction face aux autresRapport à la certitude - Descriptif Mise en situationSûr de soi, sûr du vrai ?
Une conviction affichée avec aplomb, sans preuve, doit-elle emporter l'adhésion, ou faut-il exiger des raisons avant de croire, fût-ce au prix de l'inconfort de suspendre son jugement ?
une affirmationRapport à la certitude - PratiqueVivre sans certitude
Si rien n'est certain, peut-on encore agir et choisir, ou suspendre son jugement rend-il la vie impossible : le faillibilisme, agir sur ses meilleures raisons en restant révisable, est-il l'issue ?
agir et jugerRapport à la certitude - PrescriptifPolitique et droitChoisir ses techniques
Nul n'a voté pour le smartphone ni pour l'intelligence artificielle, qui réorganisent pourtant nos vies : l'adoption d'une technique peut-elle être une décision commune, ou est-ce une force qui s'impose et qu'on ne discute qu'après coup ?
l'adoption des techniquesRapport à la technique - Descriptif QuestionL'outil est-il neutre ?
Un outil ne serait ni bon ni mauvais, tout dépendrait de l'usage ; mais une arme, ou un fil d'actualité conçu pour capter le regard, n'ont-ils vraiment aucune pente propre ?
l'outilRapport à la technique - PrescriptifVitaleLa maîtrise de la nature
Depuis Bacon et Descartes, la technique promet de nous rendre « comme maîtres et possesseurs de la nature » ; elle a fait reculer la faim et la maladie, mais déchaîne aussi des forces que nul ne gouverne : cette maîtrise à moitié tenue est-elle en chemin, ou contradictoire dans son principe ?
la natureRapport à la technique - DescriptifLa puissance et la sagesse
Les moyens techniques s'accumulent : chaque génération hérite des machines et des savoirs de toutes les précédentes ; la sagesse d'en user, elle, ne se stocke pas et doit être reconquise par chacun. Ce fossé entre la puissance et le discernement est-il un retard qu'une éducation pourrait combler, ou se creuse-t-il par nature ?
la civilisation technicienneRapport à la technique - PrescriptifExistentielleLe remède et le poison
Platon craignait déjà que l'écriture n'affaiblisse la mémoire qu'elle prétendait servir ; chaque outil qui nous prolonge nous décharge d'une capacité, jusqu'à l'assistant qui pense à notre place : où finit le service, où commence la dépossession ?
nos facultésRapport à la technique - PrescriptifMoraleRéparer ou augmenter l'humain
Quand la technique ne transforme plus le monde mais son auteur, soigner glisse vers augmenter : ce seuil est une question à part entière.
le corps humainRapport à la technique - PrescriptifVitaleLa hiérarchie des désirs
Y a-t-il des désirs supérieurs et d'autres inférieurs, qu'une part de nous devrait gouverner, ou ce classement n'est-il qu'une morale qu'on plaque sur une vie qui n'en demande pas ?
l'ordre des désirsRapport au désir - PrescriptifVitaleLa nature insatiable des désirs
Chaque désir comblé renaît ou cède la place à un autre, et le plaisir retombe aussitôt : assouvir ses désirs peut-il jamais nous combler, ou le désir n'a-t-il pas de terme, et faut-il alors en sortir ?
assouvir un désirRapport au désir - PratiqueVitale Mise en situationLe désir qui nous détruit
Un désir qu'on sait nuisible revient malgré toutes nos décisions : faut-il l'affirmer comme une part de soi, le congédier comme un égarement, ou reconnaître qu'on ne gouverne pas vraiment ses désirs ?
un désir nuisibleRapport au désir - DescriptifManque ou puissance
Désirer, est-ce manquer de ce qu'on n'a pas, donc souffrir d'un vide à combler, ou est-ce l'expression d'une puissance qui déborde et crée ? Selon la réponse, le désir est à apaiser ou à intensifier.
le désirRapport au désir - DescriptifMes désirs sont-ils les miens ?
Mes désirs naissent-ils de moi, ou est-ce que je désire ce que désirent les autres, ce que la société fabrique pour moi ? S'ils ne sont pas les miens, les affirmer ou les trier change de sens.
l'origine du désirRapport au désir - PrescriptifPolitique et droitChâtiment ou vengeance
La peine rendue par l'institution est-elle une justice impartiale et mesurée, distincte par nature de la vengeance, ou n'est-elle que la vengeance rendue publique, ordonnée et différée ?
la justice pénaleSens de la peine - PrescriptifPolitique et droitD'où vient le droit de punir ?
Qu'est-ce qui autorise l'État à infliger à une personne ce qu'aucun particulier ne pourrait lui faire : un pouvoir cédé par le contrat social, ou l'ordre moral lui-même ?
l'ÉtatSens de la peine - PrescriptifMoraleFaire d'un coupable un exemple
Punir pour dissuader, c'est se servir d'un homme pour en effrayer d'autres : seule la peine méritée pour ce qu'il a fait le traite-t-elle comme une personne responsable, et non comme un moyen ?
le coupableSens de la peine - PrescriptifPolitique et droitFaut-il des prisons ?
L'enfermement amende-t-il vraiment le coupable, ou tout l'appareil pénal ne fait-il guère que produire et gérer la délinquance, au service d'un ordre et d'un pouvoir ?
l'appareil pénalSens de la peine - PrescriptifPolitique et droitJustice ou pardon
Faut-il toujours infliger la peine méritée, ou la clémence, la grâce, le pardon peuvent-ils légitimement y faire renoncer sans trahir la justice ?
la peine méritéeSens de la peine - PrescriptifPolitique et droitLa juste mesure de la peine
Le rétributivisme mesure la peine à la gravité du tort (œil pour œil), la dissuasion à ce qu'il faut pour décourager : deux mesures qui peuvent exiger bien plus, ou bien moins, l'une que l'autre.
la peineSens de la peine - PrescriptifPolitique et droitLa peine de mort
Tuer le criminel est-il la seule peine à la mesure des pires crimes (Kant), ou un châtiment qui ne dissuade pas plus qu'un autre, ferme tout retour possible et abaisse la société qui l'inflige (Beccaria, Camus) ?
la peine capitaleSens de la peine - PrescriptifMoraleMérite-t-on sa peine ?
Punir comme mérité suppose que le coupable aurait pu agir autrement ; si son acte découle de ses causes, de sa nature et de ses circonstances, l'idée même de mérite tient-elle encore ?
le coupableSens de la peine - PrescriptifMorale Expérience de penséePunir un innocent pour sauver la paix ?
Si la peine ne vaut que par ses effets, sacrifier un innocent pour éviter un plus grand mal semble parfois s'imposer : mais condamner qui n'a rien fait, est-ce encore punir, ou la négation même de la justice ?
punir un innocentSens de la peine - PrescriptifMoraleSoigner ou punir
Traiter le crime comme une maladie à guérir paraît plus humain que faire souffrir ; mais refaçonner quelqu'un « pour son bien », sans limite ni son accord, le respecte-t-il moins qu'une peine méritée ?
le coupableSens de la peine - PrescriptifMoraleSolder la dette ou réparer le lien
Le crime est-il une dette envers l'ordre, qu'on solde en faisant souffrir le coupable, ou une rupture entre des personnes, qu'on ne répare qu'en reconnaissant la victime et en rétablissant le lien ? Et comment une souffrance ajoutée paierait-elle un tort ?
le crimeSens de la peine - PrescriptifVitaleEn finir avec la souffrance
Faut-il viser l'abolition de toute souffrance, par la cessation spirituelle du désir qui l'engendre ou par une ingénierie qui l'effacerait de nos corps ? Une vie sans nulle douleur serait-elle encore humaine, encore désirable ?
l'existence sensibleSens de la souffrance - PrescriptifExistentielleEspérer par-delà la souffrance
Traverser la douleur en espérant un après, une guérison, un salut : est-ce la réponse la plus juste au malheur, ou une évasion qui nous détourne de le regarder en face ?
celui qui souffreSens de la souffrance - PrescriptifExistentielle Mise en situationL'épreuve qui approfondit
Une épreuve traversée mûrit-elle, approfondit-elle, « ce qui ne me tue pas me rend plus fort » ? Ou n'est-ce là qu'une consolation, tant de douleurs ne faisant qu'écraser, aigrir, détruire ?
une épreuve traverséeSens de la souffrance - PrescriptifMoraleLa pitié naît-elle de la douleur ?
Un monde sans souffrance serait-il un monde sans compassion, sans courage, sans solidarité ? La pitié suppose le malheur d'autrui : faut-il pour autant garder le mal pour ses fruits, ou peut-on cueillir les fruits sans l'arbre ?
le lien à autrui souffrantSens de la souffrance - PrescriptifMoraleLa souffrance inutile
Il est une douleur, celle de l'innocent, de l'enfant, que rien ne rachète et qu'aucun sens ne récupère : prétendre la justifier, n'est-ce pas déjà l'insulter ?
la douleur de l'innocentSens de la souffrance - PrescriptifExistentielleNi bien ni mal : l'indifférent
Ce ne sont peut-être pas les choses qui nous troublent, mais nos jugements sur elles : la souffrance ne déciderait pas de notre bonheur, seule le ferait la fermeté avec laquelle on la traverse. Sagesse, ou déni d'un mal bien réel ?
l'épreuve et notre jugementSens de la souffrance - DescriptifUn sens trouvé, ou prêté ?
La souffrance porte-t-elle un sens, inscrite dans un ordre qui lui fait une place, ou lui en prêtons-nous un après coup, pour la rendre supportable ?
la place de la souffrance dans un ordreSens de la souffrance - DescriptifD'où vient l'idée de cause ?
L'empirisme veut ramener toute idée à une impression des sens. Mais quand une bille en pousse une autre, nous ne voyons que deux mouvements qui se suivent, jamais la force ni le lien nécessaire entre eux : d'où nous vient alors l'idée de cause ?
l'idée de causeSource de la connaissance - Descriptif Expérience de penséeInné ou appris ?
Naissons-nous l'esprit vide, une page blanche que les sens remplissent, ou possédons-nous déjà, avant toute expérience, des idées ou des structures que l'expérience ne fait que réveiller ?
une idée innéeSource de la connaissance - DescriptifL'esprit met-il en forme l'expérience ?
Et si l'esprit ne recevait pas seulement le monde mais le mettait en forme ? L'espace, le temps, la causalité seraient alors moins des choses observées que des cadres que nous imposons à toute expérience possible.
les cadres de l'expérienceSource de la connaissance - DescriptifLe savoir par intuition
Certaines connaissances semblent venir d'un seul coup, ni par un raisonnement ni par les sens : l'évidence d'un principe, la saisie soudaine d'une essence, la certitude du cœur. Est-ce une forme supérieure de raison, une sorte d'expérience, ou une illusion qui se pare du nom de savoir ?
la saisie immédiateSource de la connaissance - DescriptifLes émotions, une source de savoir ?
Au-delà des sens et de la raison, nos émotions nous font-elles connaître quelque chose du monde et de nous-mêmes, ou ne font-elles qu'obscurcir le jugement ?
une émotionSource de la connaissance - DescriptifLes sens nous trompent-ils ?
Si les sens peuvent nous tromper jusqu'à la racine, comme dans le rêve, peut-on encore faire reposer sur eux un savoir solide ?
la perception sensibleSource de la connaissance - PrescriptifAgir ou être comblé
Le bonheur est-il une activité, une manière de déployer son âme jour après jour, ou l'état de qui possède tout pour être heureux, quoi qu'il fasse ?
l'activité de l'âme, la satisfaction des désirsSouverain bien - PrescriptifExistentielleBonheur et sens
Une vie bonne est-elle forcément heureuse, ou peut-elle être pleine de sens tout en étant difficile, exigeante, parfois malheureuse ?
une vieSouverain bien - PrescriptifVitaleCe qu'on veut ou ce qui est bon
Le bien-être dépend-il entièrement de ce que chacun désire ou ressent, ou certaines choses, comme la santé, l'amitié ou la connaissance, sont-elles bonnes pour nous que nous les voulions ou non ?
le bien-êtreSouverain bien - DescriptifConnaître ou imaginer le bonheur
Savons-nous vraiment ce qui nous rendrait heureux, ou le bonheur est-il un idéal mouvant de l'imagination, si indéterminé qu'on ne peut en faire une règle sûre ?
une vieSouverain bien - PrescriptifVitaleDésirer ou ressentir
Le bien-être, est-ce ce que l'on ressent, ou l'accomplissement de ce que l'on veut vraiment, même quand on n'en éprouve jamais la satisfaction, comme un enfant qui prospère après notre mort ?
une vieSouverain bien - PrescriptifVitaleJouissance ou tranquillité
Le souverain bien est-il de jouir le plus possible, ou de se libérer du trouble et de la douleur, quitte à ne désirer que le nécessaire ?
une vieSouverain bien - PrescriptifExistentielleL'imbécile heureux
Un bonheur bâti sur l'ignorance compte-t-il encore comme une vie réussie, ou manque-t-il au bien un de ses ingrédients ?
une vieSouverain bien - PrescriptifExistentielleL'instant ou la vie entière
Une vie vaut-elle par la somme de ses bons moments, ou par sa forme d'ensemble, de sorte qu'une vie qui s'élève vaudrait mieux qu'une vie qui décline, à plaisir total égal ?
le cours d'une vieSouverain bien - PrescriptifMorale Expérience de penséeLa vertu face au malheur
Sa vie fut-elle, malgré tout, une vie bonne ? Autrement dit : le bonheur est-il à l'abri de l'infortune, ou peut-il nous être arraché ?
une vieSouverain bien - PrescriptifEsthétiqueLe beau comme bien suprême
Et si le bien suprême était le beau : faire de sa vie une œuvre, viser l'intensité des belles formes plutôt que le plaisir, la vertu ou la sérénité ?
une vieSouverain bien - PrescriptifVitale Expérience de penséeLe bonheur sans la réalité
Une vie de plaisir parfait mais entièrement simulée serait-elle le souverain bien, ou la vie la plus haute exige-t-elle le contact avec le réel, et non le seul sentiment du bonheur ?
une vieSouverain bien - PrescriptifLes trois vies
Entre la vie de plaisir, la vie active tournée vers la cité et la vie contemplative, laquelle mérite le nom de vie la plus haute ?
une vieSouverain bien - DescriptifVitalePeut-on mesurer le bonheur ?
Plaisirs et peines se laissent-ils additionner et comparer, comme le voulait le calcul des plaisirs, ou y a-t-il dans le bien-être quelque chose qui échappe à toute mesure commune ?
le bien-êtreSouverain bien - PrescriptifVitaleQuantité ou qualité des plaisirs
Une vie bonne se mesure-t-elle à la somme des plaisirs, ou certains plaisirs valent-ils plus que d'autres, indépendamment de leur intensité ?
une vieSouverain bien - PrescriptifMorale QuestionRéussir sans la droiture
Imaginez quelqu'un d'habile et sans scrupule : il a menti, trahi, écrasé ses rivaux, sans jamais être inquiété. Riche, admiré, entouré, il meurt vieux et content, sans le moindre remords.
une vieSouverain bien - PrescriptifSeul ou avec les autres
L'épanouissement se suffit-il à lui-même, ou réclame-t-il des amis et une cité, au point qu'on ne saurait être pleinement heureux à l'écart des autres ?
la cité, les liensSouverain bien - PrescriptifSacréeUn bien hors de ce monde ?
Le bien suprême est-il accessible ici-bas, ou réside-t-il ailleurs : l'union à Dieu, le salut, une béatitude que ni le plaisir ni la vertu terrestres ne donnent ?
une vieSouverain bien - PrescriptifUn bien ou plusieurs ?
Existe-t-il un bien suprême qui ordonne tous les autres, ou des biens pluriels et incommensurables qui peuvent entrer en conflit sans mesure commune ?
une vieSouverain bien - PrescriptifExistentielleVocation ou invention de soi
La vie bonne est-elle d'accomplir une nature ou une fonction qui nous est donnée, ou n'y a-t-il aucune nature fixe, chacun ayant à inventer ce qui, pour lui, fait une vie bonne ?
une vieSouverain bien - DescriptifL'émotion est-elle un jugement ?
La peur qui me saisit est-elle une pensée qui évalue un danger, comme le soutiennent les stoïciens puis le cognitivisme contemporain, ou le sentiment d'un changement du corps déclenché par la perception, comme le veut William James ? Ce qui juge peut être discuté et corrigé ; ce qui secoue ne peut être qu'apprivoisé.
une émotionStatut des émotions - Descriptif Expérience de penséeChacun ses coutumes ?
Des peuples s'horrifient mutuellement de leurs usages, chacun tenant le sien pour évident. Ce désaccord profond prouve-t-il qu'aucune morale n'est vraie, ou peut-on encore juger que certaines valent mieux que d'autres ?
les coutumes des autres peuplesStatut des normes (métaéthique) - DescriptifLes droits : naturels ou institués ?
Les droits de l'homme sont-ils découverts, inscrits dans notre nature avant toute loi, ou institués par des conventions qu'on pourrait défaire ?
les droitsStatut des normes (métaéthique) - DescriptifPour qui les normes valent-elles ?
Des normes universelles, mais universelles pour qui ? La question du statut des règles rejoint celle des êtres qu'elles obligent et protègent : où s'arrête le cercle de ceux qui comptent ?
le cercle des êtres qui comptentStatut des normes (métaéthique) - PrescriptifMoraleQuelle morale ?
Savoir si une morale peut être objective ne dit pas encore laquelle : le juste se mesure-t-il aux conséquences, au devoir, aux vertus, ou au soin porté aux proches ?
le critère du justeStatut des normes (métaéthique) - DescriptifTolérer, jusqu'où ?
Si toutes les morales se valent, au nom de quoi condamner l'esclavage ou la cruauté ailleurs ? Et « il faut respecter les autres cultures » n'est-il pas lui-même une règle qu'on prétend valable pour tous ?
la critique d'une autre cultureStatut des normes (métaéthique) - DescriptifTrouvée, imposée, ou construite ?
Une norme est-elle inscrite dans la nature des choses, n'est-elle que la loi du plus fort déguisée en justice, ou la fabriquons-nous par une procédure équitable ? Et une règle seulement construite peut-elle encore obliger ?
la règle moraleStatut des normes (métaéthique) - DescriptifY a-t-il des vérités morales ?
Quand je dis « c'est mal », est-ce que je décris quelque chose de réel, une propriété des actes, ou seulement mes préférences ? Rien dans les faits ne contient un « il faut » : d'où viendrait alors la vérité d'un jugement moral ?
un fait moralStatut des normes (métaéthique) - PrescriptifPolitique et droitCe qui dure est-il bon ?
La durée d'une institution prouve-t-elle sa valeur, ce qui a tenu ayant fait ses preuves, ou « ça a toujours été ainsi » couvre-t-il aussi des injustices qui ont duré tout autant ?
une traditionTradition et transformation - DescriptifL'histoire va-t-elle vers le mieux ?
Le progressisme suppose que le changement tend vers le meilleur, mais l'histoire a-t-elle une direction, ou « progrès » est-il parfois un autre nom pour une perte ?
le cours de l'histoireTradition et transformation - Descriptif Expérience de penséeLa sagesse des siècles, ou la raison ?
L'ordre hérité condense-t-il un savoir qu'aucune raison individuelle ne peut égaler, imposant la prudence, ou la raison peut-elle examiner les institutions et corriger ce qui s'y est glissé d'injuste ?
l'ordre héritéTradition et transformation - PrescriptifPolitique et droitLe progrès, choisi ou subi ?
La technique transforme la société qu'on le veuille ou non : le « progrès » est-il alors une décision politique, ou une force qui nous emporte sans qu'on l'ait votée ?
la transformation techniqueTradition et transformation - PrescriptifPolitique et droitLes vivants, ou l'héritage ?
Les vivants ont-ils le droit de réécrire ce que les morts ont bâti, « la terre appartient aux vivants », ou sommes-nous les dépositaires d'un legs que nous devons transmettre aux générations à venir ?
les générationsTradition et transformation - PrescriptifPolitique et droitRéformer ou refonder ?
Même quand le changement s'impose, faut-il réformer pas à pas, au risque de la lenteur qui laisse durer l'injustice, ou refonder d'un coup, au risque de défaire des équilibres qu'on ne comprenait pas ?
le changement socialTradition et transformation - Descriptif Expérience de penséeLa chambre chinoise
Enfermé dans une pièce, on répond parfaitement en chinois en suivant un manuel, sans comprendre un mot : exécuter un programme, est-ce jamais comprendre, ou seulement en donner tous les signes ?
un esprit qui comprendUne machine peut-elle penser - Descriptif Expérience de penséeLe jeu de l'imitation
Si, dans une conversation à l'aveugle, rien ne distingue la machine d'une personne, faut-il lui accorder la pensée, ou réussir à passer pour un esprit ne prouve-t-il jamais qu'il y en a un ?
une conversationUne machine peut-elle penser - PrescriptifMoraleLui devrait-on quelque chose ?
Si une machine pensait, aurait-elle des intérêts, une dignité, des droits, ou resterait-elle une chose dont on dispose sans lui rien devoir ?
une machine pensanteUne machine peut-elle penser - DescriptifPenser, ou ressentir
Raisonner est une chose, éprouver en est une autre : une machine pourrait tout calculer sans que « cela fasse quelque chose » d'être elle, la pensée sans la moindre conscience.
le ressenti d'une machineUne machine peut-elle penser - DescriptifPeu importe le support ?
Si l'organisation exacte de votre cerveau était reproduite par tout un peuple s'échangeant des messages, cet attroupement penserait-il vraiment, ou certaines matières seules donnent-elles un esprit ?
le support de la penséeUne machine peut-elle penser - DescriptifUne intelligence sans corps
Un programme traite des signes hors de tout monde ; mais comprendre une situation, agir avec à-propos, suppose peut-être un corps vivant qui l'habite, que la machine désincarnée n'a pas.
une intelligence désincarnéeUne machine peut-elle penser - PrescriptifVitaleDétourner le regard
Ne plus fixer une vérité qui ne donne aucune prise n'est pas la nier ; mais où passe la ligne entre cette sagesse de l'attention et le déni, si c'est l'inconfort qui décide de ce qu'on regarde ?
une vérité déjà connueValeur de la vérité - PrescriptifExistentielleL'espoir, une illusion ?
Espérer n'est pas croire faux : l'avenir n'étant pas joué, l'espoir échappe peut-être au partage de la lucidité et de l'illusion, à moins qu'il n'en soit la forme la plus discrète.
l'avenir espéréValeur de la vérité - PrescriptifMoraleL'illusion pour autrui
Taire un diagnostic, embellir une situation : décider qu'un autre vivra mieux sans une vérité, c'est juger à sa place de ce qu'elle vaut pour lui ; qui a ce droit ?
la vérité due à autruiValeur de la vérité - PrescriptifExistentielleL'imbécile heureux
Vaut-il mieux une vie lucide, même troublée par ce qu'elle découvre, qu'une vie heureuse dans l'ignorance ? La vérité est-elle une composante du bien-vivre, ou un instrument qui ne vaut que ce qu'il apporte ?
une vieValeur de la vérité - PrescriptifPolitique et droitLa cité et le mensonge
Bien des ordres communs reposent sur des récits invérifiables, du mythe fondateur à la fiction officielle : une société doit-elle le vrai à ses membres, ou peut-elle vivre de mythes partagés ?
l'ordre communValeur de la vérité - PrescriptifExistentielle Mise en situationLe droit de ne pas savoir
Quand une vérité ne peut ni guider ni changer quoi que ce soit, refuser de la connaître est-il une sagesse ou une démission devant le réel ?
un savoir sur soiValeur de la vérité - DescriptifSe mentir à soi-même
Choisir ses illusions supposerait qu'on puisse croire à volonté ; or peut-on vraiment croire ce qu'on sait faux, ou seulement s'arranger pour ne pas regarder ?
ses propres croyancesValeur de la vérité - PrescriptifVitaleVivre de fictions
Un idéal, une œuvre, un « comme si » qu'on sait fictifs ne trompent personne : ces fictions assumées font-elles le travail vital qu'on prête aux illusions, sans le prix du faux, ou ne sont-elles qu'une illusion qui s'ignore ?
une fiction qu'on sait fausseValeur de la vérité - DescriptifD'où vient le mal en l'homme ?
Si l'homme fait le mal, ce penchant est-il en lui dès l'origine, comme une pulsion ou une nature déchue, ou naît-il du dehors, de la comparaison sociale et des inégalités ? Selon la réponse, la méchanceté est notre fond ou notre produit.
la source de nos actes mauvaisVision de l'homme - Descriptif Expérience scientifiqueDes gens ordinaires, un ordre à exécuter
Que des gens ordinaires infligent le pire sur un simple ordre : est-ce une méchanceté latente qui se réveille, ou la preuve que ce sont les circonstances, non la nature, qui décident de nos actes ?
l'homme ordinaire sous l'autoritéVision de l'homme - PrescriptifPolitique et droitDes institutions pour des anges, ou pour des démons ?
Faut-il concevoir les lois en comptant sur la vertu des citoyens, ou les bâtir de sorte que « même un peuple de démons » soit contraint d'agir bien ? La vision qu'on a de l'homme commande le type d'institutions qu'on juge nécessaire.
les institutionsVision de l'homme - DescriptifJusqu'où peut-on changer l'homme ?
Le pari de l'éducation suppose qu'on peut refaire l'homme, l'adoucir, le rendre meilleur. Mais y a-t-il des travers immuables, un « bois tordu » qu'aucune éducation ne redresse jamais ?
la capacité humaine de changerVision de l'homme - DescriptifL'altruisme existe-t-il vraiment ?
Nos actions les plus généreuses cachent-elles toujours un intérêt, un besoin d'être aimé, une vanité ? S'il n'existe aucun acte vraiment désintéressé, parler de bonté perd son sens.
nos meilleures actionsVision de l'homme - DescriptifMi-ange, mi-bête
L'homme est-il un être partagé, capable en même temps du plus haut et du plus bas, grand par cela même qui le rend misérable, ou cette image dramatique n'est-elle qu'une façon d'ennoblir un simple animal en le disant déchu ?
l'être humain partagéVision de l'homme - DescriptifY a-t-il une nature humaine ?
Demander si l'homme est bon ou mauvais suppose qu'il a une nature. Mais peut-être n'y a-t-il pas d'essence donnée : l'homme se ferait alors lui-même, sans modèle reçu.
une nature humaineVision de l'homme