Vraiment maître de nos jugements ?
Sur l'axe: Périmètre d'action · nos jugements
Le stoïcisme range nos jugements du côté de ce qui dépend de nous, mais les choisissons-nous vraiment, ou nos opinions, nos émotions et nos désirs nous sont-ils dictés par le corps, l'histoire et les causes qui nous font ? Si même le dedans nous échappe, la dichotomie tient-elle encore ?
Justification
Le tort de tout malheur, soutient Épictète, est d'attendre son bonheur de choses qui ne sont pas en notre pouvoir. De là le geste premier, qui ouvre le : trier nos affaires en deux classes selon le seul critère de la maîtrise, ce qui relève entièrement de nous (jugements, désirs, aversions) et ce qui n'en relève pas (corps, biens, réputation). La n'est pas une thèse parmi d'autres mais l'opération qui conditionne toute la suite : tout trouble naît d'avoir réclamé une prise sur ce qui nous échappe. Là où les anciens stoïciens parlaient surtout du destin cosmique, Épictète ramène le partage à l'usage concret, ici et maintenant, de ce qui m'appartient en propre.
Parmi les choses qui existent, les unes dépendent de nous, les autres ne dépendent pas de nous.Manuel, §1
Manuel, §1 · Entretiens, I, 1