Discours ou manière de vivre
Sur l'axe: Le but de la philosophie · la philosophie elle-même
La philosophie est-elle un corps de doctrines, ou d'abord une manière de vivre faite d'exercices qui transforment celui qui les pratique, et qu'on aurait réduite à de la théorie ?
Justification
Nietzsche raille aussi bien le bonheur-plaisir des utilitaristes que la morale du devoir : le bien n'est ni la jouissance ni la vertu désintéressée. Il est l'élévation de la vie, l'épanouissement de la puissance et le dépassement de soi, la grande santé de qui ose se créer et dire oui à l'existence. Un eudémonisme transvalué, où la réussite se mesure à la force et à la grandeur, non au confort.
L'homme ne tend pas au bonheur : seul l'Anglais le fait.Crépuscule des idoles, Maximes et traits, 12
Crépuscule des idoles, Maximes et traits · Le Gai Savoir, IV-V · Ainsi parlait Zarathoustra
Justification
La philosophie stoïcienne est un exercice (askêsis) plus qu'un savoir : une discipline quotidienne du jugement, du désir et de l'action, dont la matière est la vie même de celui qui la pratique. La physique et la logique y gardent leur place, mais au service de l'art de vivre : connaître l'ordre du monde, c'est apprendre à y consentir.
La matière de l'art de vivre, c'est la vie de chacun.Entretiens, I, 15, 2
Épictète, Entretiens, I, 15 · Sénèque, Lettres à Lucilius, 16
Justification
Le bien, soutiennent les stoïciens, doit être ce qui profite toujours et ne nuit jamais ; or santé, richesse ou plaisir peuvent être mal employés : ce ne sont pas des biens mais des , tout au plus « préférables ». Seule la vertu, droit usage de la raison, satisfait le critère, d'où la thèse la plus disputée de l'école, contre : elle , et le sage demeure heureux jusque dans les tourments.
Sénèque, Lettres à Lucilius · Cicéron, Des fins des biens et des maux, livre III
Repères: Hadot · Nietzsche · les stoïciens
mène à: Souverain bien