Les questions

Rapport au monde· Philosophie de la religionnoyaudifficulté

Existence de Dieu

Dieu existe-t-il ?

De la réponse dépendent l'origine du monde, l'existence d'une justice au-delà des tribunaux humains, le fondement de nos valeurs et ce qui nous attend après la mort. Peu de questions engagent à ce point la forme entière qu'on donne à sa vie, et aucune n'admet de preuve qui clôt le débat.

ThéismeAthéismeAgnosticisme(Huxley)
Les pôles, et qui les tient

Théisme

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Il existe un Dieu, créateur ou fondement du monde, personnel ou non, dont la réalité donne sens à l'existence. Cette conviction peut s'appuyer sur la foi, sur l'expérience ou sur des arguments rationnels.

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Figures associées: Thomas d'Aquin · Anselme · Leibniz
Qui se tient ici
Thomas d'Aquinexplicite

Thomas refuse à la fois le fidéisme, qui tiendrait l'existence de Dieu pour une simple affaire de foi, et l'argument ontologique d', qui prétendait la déduire du seul concept : pour un esprit fini, l'existence de Dieu n'est pas évidente par soi, elle se démontre à partir des effets. De là les , qui partent toutes d'un fait d'expérience (le mouvement, la causalité, le contingent, les degrés de perfection, l'ordre des fins) et remontent, pour éviter une régression à l'infini, jusqu'à un premier terme : moteur immobile, cause incausée, être nécessaire. Le théisme est donc tenu pour rationnellement établi, et non pas seulement cru.

Somme théologique, Ia, q. 2, a. 3 (les cinq voies) · Somme contre les Gentils, I, 13

George Berkeleyexplicite

L'immatérialisme rend Dieu indispensable, et Berkeley en fait une preuve nouvelle de son existence. Mes idées sensibles ne dépendent pas de ma volonté : je n'ouvre pas les yeux sans voir ce qui s'impose à moi, dans un ordre constant que je n'ai pas fait. Si exister, pour les choses, c'est être perçues, et si elles persistent quand nul homme ne les perçoit, il faut un esprit infini qui les perçoit toutes et les maintient : Dieu. Le monde devient le langage que Dieu nous parle, ses idées imprimées en nous selon des lois régulières. Théisme donc très appuyé, et d'un genre rare, où Dieu n'est pas seulement créateur mais percevant continuel, garant de l'existence et de l'ordre du réel.

Principes de la connaissance humaine, §§25-33 et §§146-149 · Trois dialogues entre Hylas et Philonous, II

Leibnizexplicite

Dieu est la substance suprême, nécessaire et personnelle, cause de l'harmonie préétablie et auteur du choix du meilleur monde. Leibniz le prouve par plusieurs voies : la raison suffisante de l'univers contingent doit être hors de lui ; les vérités éternelles supposent un entendement divin ; il reprend et corrige l'argument ontologique. C'est un théisme au sens plein, providentiel et créateur, et non le Dieu impersonnel de , qu'il combat.

Monadologie, §38-45 (Dieu, raison suffisante, source des vérités éternelles) · Essais de théodicée, §7-8 (Dieu, cause du meilleur monde)

Descartesexplicite

Le cogito n'assure d'abord que ma propre existence : tant qu'un malin génie pourrait me tromper jusque dans mes évidences, le doute n'est pas vaincu. Prouver Dieu devient donc la pièce maîtresse du système. Descartes en donne deux preuves : l'idée d'infini présente en moi, qui ne peut venir d'un être fini, exige une cause infinie (Méditation III) ; et l'existence appartient à l'essence de l'être parfait comme l'égalité des angles à celle du triangle, preuve ontologique (Méditation V). Or un Dieu parfait ne saurait être trompeur, la tromperie marquant un défaut : sa véracité garantit donc que ce que je conçois clairement et distinctement est vrai. Loin du simple théisme reçu, la position est la clé de voûte qui lève le doute et fonde toute la science.

Méditations métaphysiques, III et V · Discours de la méthode, IV

Rationalismeexplicite

Dieu n'est pas reçu de la foi mais exigé par la raison : sans lui, la déduction ne tiendrait pas. en a besoin pour franchir le cogito et garantir que nos idées claires ne sont pas l'œuvre d'un trompeur, et il en donne des preuves dans la troisième et la cinquième . l'identifie à la substance unique et nécessaire dont tout découle (), le déduit du comme ce qui rend raison de l'existence du monde et fonde l'harmonie préétablie. La doctrine n'est pas uniforme : le Dieu personnel créateur de Descartes, le Dieu immanent de Spinoza et le Dieu parfaitement rationnel de Leibniz diffèrent profondément. Ce qu'ils partagent tient d'un air de famille : un principe divin que la raison établit et qui garantit l'intelligibilité du monde, plutôt qu'un Dieu d'abord personnel et révélé.

Descartes, Méditations métaphysiques, V · Spinoza, Éthique, I, propositions 11 et 14 · Leibniz, Monadologie, §§ 36-45

Épictèteexplicite

Épictète affirme constamment l'existence d'un dieu providentiel, raison immanente du monde, qu'il célèbre dans un véritable hymne de gratitude. Ce théisme est panthéiste et cosmique plutôt que personnel, ce qui retient d'un score extrême.

Entretiens, I, 16 · Entretiens, I, 6

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Lockeexplicite

Locke tient l'existence de Dieu pour l'une des rares vérités démontrables : à partir de notre propre existence, il infère, par la causalité, un être éternel, tout-puissant et intelligent. Ce théisme chrétien sous-tend sa morale (la loi naturelle est volonté divine) et sa politique (les droits naturels nous viennent du Créateur).

Essai sur l'entendement humain, IV, ch. 10 (la démonstration de l'existence de Dieu)

Marc Aurèleexplicite

Marc Aurèle affirme des dieux providentiels identifiés à la immanente du cosmos, théisme panthéiste plutôt que personnel. L'hypothèse « ou bien des atomes », qu'il garde toujours ouverte, ne renverse pas cette conviction mais lui ôte toute prétention dogmatique : il croit la sans pouvoir la prouver.

Pensées pour moi-même, II, 11 · Pensées pour moi-même, XII, 28 · Pensées pour moi-même, VI, 44

Platonexplicite

Le présente un Démiurge, dieu artisan et bon, qui ordonne le monde en regardant les Idées comme des modèles ; les affirment l'existence des dieux et la providence contre l'athéisme. Ce théisme rationnel et impersonnel, sans création ex nihilo ni dieu unique au sens monothéiste, retient d'un score extrême.

Timée, 28a-30c · Lois, X, 885b-907d

Plotinexplicite

Toute la métaphysique de Plotin culmine dans un principe unique et absolu, l', source de tout ce qui est et terme du retour de l'âme : il y a bien un divin premier, et l'athéisme est sans objet. Mais ce principe n'est pas le Dieu personnel et créateur du monothéisme : il est impersonnel, « par delà l'être », ne connaît pas, ne veut pas, ne crée pas par décision mais déborde par nécessité de sa surabondance. Ce théisme métaphysique sans providence personnelle ni création ex nihilo retient d'un score extrême, tout en restant nettement du côté de l'affirmation d'un absolu divin.

Ennéades, VI, 9 · Ennéades, V, 1 (Des trois hypostases principielles)

Sénèqueexplicite

Dieu n'est pas un être personnel séparé du monde mais la raison immanente qui ordonne le tout, identifiable au destin, à la et à la nature. C'est un théisme panthéiste stoïcien, qui affirme une divinité providentielle tout en la confondant avec l'ordre du monde.

Questions naturelles, II, 45 (les noms de Dieu : destin, providence, nature) · Lettres à Lucilius, XLI (Dieu est près de toi, en toi)

Śaṅkaraexplicite

Śaṅkara distingue deux niveaux de l'absolu : un Dieu personnel, créateur et objet de dévotion (saguṇa brahman, Īśvara), réel au plan empirique, et, au plan ultime, un sans attributs (), au-delà de toute personne et de toute relation. Au regard de notre axe, ce n'est pas un athéisme : l'absolu est bien le fondement de tout. Mais ce n'est pas non plus le théisme d'un créateur souverain distinct du monde, car le Dieu personnel est lui-même une figure conventionnelle que la connaissance ultime traverse. La tension entre dévotion et savoir libérateur est ainsi désamorcée par la hiérarchie des deux vérités : Dieu pour qui chemine, l'impersonnel pour qui sait, d'où une position théiste mais retenue.

Commentaire sur les Brahma Sūtra, I, 1 · Commentaire sur la Bhagavad Gītā

Socrateexplicite

Accusé d'impiété, Socrate répond qu'il croit aux dieux plus que ses accusateurs, et invoque le , ce signe divin qui le détourne d'agir mal. Mais sa piété réforme la religion civique : un dieu, étant bon, ne peut être l'auteur d'aucun mal, ce qui condamne les récits homériques de dieux querelleurs et trompeurs. Théisme donc, mais moralisé et rationnel, assez éloigné du culte ordinaire pour qu'on l'ait pris pour de l'incroyance.

Platon, Apologie, 26b-28a, 35d (la croyance aux dieux) · Platon, Euthyphron, 6a-c (critique des mythes immoraux)

Spinozaexplicite

Dieu existe nécessairement, mais ce n'est pas le Dieu personnel et transcendant du théisme classique : c'est la substance unique, infinie, identique à la Nature (panthéisme). Sans providence ni volonté anthropomorphe, ce Dieu est si éloigné du théisme courant que Spinoza fut accusé d'athéisme ; d'où une valeur intermédiaire du côté du théisme, qui marque l'affirmation d'un Dieu tout en signalant sa nature impersonnelle.

Éthique, I, prop. 11 (Dieu existe nécessairement) · Éthique, I, prop. 15 et 14 (substance unique)

Kantexplicite

Puisque toute connaissance est bornée aux phénomènes, Dieu, qui n'en est pas un, échappe à la preuve : Kant démonte une à une les preuves de l'existence de Dieu (ontologique, cosmologique, physico-théologique), la première ratant le passage du concept à l'existence. Mais ce qui est interdit au savoir est requis par la morale : sans Dieu ni immortalité, l'accord de la vertu et du bonheur (le souverain bien) resterait impensable. Dieu revient donc comme postulat de la raison pratique, objet d'une foi rationnelle et non d'un savoir, ce qui justifie un théisme modéré plutôt qu'affirmé.

Critique de la raison pure, « Idéal transcendantal » · Critique de la raison pratique, Dialectique

Lucrèceexplicite

Lucrèce ne nie pas l'existence des dieux : faits d'atomes subtils, ils mènent une vie immortelle et parfaitement paisible dans les , sans nul souci du nôtre. Mais il en tire une conséquence radicale : un être bienheureux n'a ni colère ni faveur, donc nulle ne gouverne le monde, nul dieu ne le fit ni ne récompense ou châtie. La preuve en est le spectacle même de la nature, trop pleine de défauts pour être l'ouvrage d'une puissance divine. Cette position n'est donc pas un athéisme, dont on l'accusa, mais une théologie sans : les dieux ne créent ni ne gouvernent rien, et la pointe en est polémique : tant la religion put conseiller de crimes, c'est elle, non l'impiété, qui est le véritable mal à combattre.

De la nature des choses, I, 62-101 (la religion source de crimes, le sacrifice d'Iphigénie) · De la nature des choses, V, 146-234 (les dieux des intermondes ; le monde trop défectueux pour être divin)

Épicureexplicite

Épicure part de la prénotion commune des dieux comme êtres bienheureux et incorruptibles, et la prend au sérieux jusqu'au bout : un être parfaitement heureux ne connaît ni colère ni faveur, car le souci et l'effort de gouverner un monde trahiraient un besoin, donc une imperfection. Il s'ensuit que les dieux, relégués dans les intermondes, n'exercent aucune et ne distribuent ni récompense ni châtiment : la piété populaire, qui les imagine jaloux et vengeurs, est la véritable impiété. Cette théologie n'est donc pas un athéisme honteux, dont on l'accusa, mais une stratégie thérapeutique, le premier remède du qui retire à la peur des dieux son fondement.

Lettre à Ménécée, 123-124 (les dieux bienheureux, sans souci des hommes) · Maximes capitales, I (l'être bienheureux et incorruptible ne connaît ni trouble ni colère)

Platonismeinférable

Le platonisme pose un principe divin ordonnateur : le Démiurge (l'artisan divin du Timée qui ordonne le monde sur le modèle des Idées) du Timée façonne le monde sur le modèle des Idées, et l'Un de Plotin est la source d'où tout procède. Cette orientation théiste, sans être celle d'un dieu personnel chez Platon, prépare la théologie chrétienne d'Augustin.

Platon, Timée, 28a-30c, le Démiurge · Plotin, Ennéades, V, 1-2 ; Augustin, Confessions, VII

Baconexplicite

Bacon professe une foi chrétienne sincère et tient l'existence de Dieu pour assurée : c'est, soutient-il, la philosophie superficielle qui incline à l'athéisme, tandis qu'une connaissance plus profonde de la nature ramène l'esprit à la religion, car l'ordre du monde renvoie à son auteur. Le théisme n'est jamais mis en question, même si Bacon le laisse hors du champ de l'enquête scientifique.

Essais, « De l'athéisme »

Stoïcismeexplicite

Le stoïcisme est théiste, mais d'un théisme panthéiste : dieu n'est pas une personne transcendante, il s'identifie au , raison séminale et qui imprègne et anime le cosmos tout entier. Zénon et Cléanthe, dans l'Hymne à Zeus, célèbrent cette divinité immanente qui ordonne toute chose.

Cléanthe, Hymne à Zeus · Cicéron, De la nature des dieux, livre II

Aristotélismeexplicite

L'aristotélisme affirme un principe divin, le , cause finale du mouvement de l'univers qu'il meut comme l'aimé meut l'amant. Mais ce dieu d'Aristote est impersonnel : pure pensée se pensant elle-même, il n'est ni créateur ni providence et ne se soucie pas du monde. D'où une position théiste nettement non extrême, qui marque cette impersonnalité, avant que la scolastique ne l'identifie, non sans tension, au Dieu personnel et providentiel.

Aristote, Métaphysique, Λ (livre XII), 7 et 9

Aristoteexplicite

Aristote démontre l'existence d'un , acte pur et cause finale qui meut le monde comme l'aimé meut l'amant, sans être mû. C'est une forme de théisme, mais d'un dieu impersonnel qui ne crée pas, ne gouverne pas la providence et ne connaît pas les particuliers, d'où une valeur retenue loin de l'extrême.

Métaphysique, Λ (XII), 7 et 9 · Physique, VIII, 6

Rousseauexplicite

La Profession de foi du vicaire savoyard affirme un Dieu, auteur d'un ordre du monde que le cœur reconnaît, et l'immortalité de l'âme. Mais ce théisme est celui d'une religion naturelle, ou : Rousseau récuse les preuves de la théologie comme les dogmes révélés, et se sépare nettement de l'athéisme matérialiste d'un .

Rousseau, Émile, Profession de foi du vicaire savoyard

Le romantismeinférable

Le romantisme ne nie pas le divin, il le déplace : contre le Dieu lointain et le mécanisme des Lumières, il le retrouve immanent dans la nature vivante, l'infini et le sentiment. De la renaissance de Spinoza à la Naturphilosophie de Schelling et à la nature divinisée de Wordsworth, le sacré imprègne le monde plus qu'il ne le surplombe : un panthéisme diffus plus qu'un théisme orthodoxe ou un athéisme.

Schelling, Idées pour une philosophie de la nature · Wordsworth, Le Prélude

Vedānta (Advaita)inférable

Un absolu qui est conscience-être-félicité sans seconde ne peut, à la rigueur, recevoir aucune détermination : le qualifier (« créateur », « bon », « personnel »), c'est l'opposer à autre chose, donc le limiter. L'Advaita en tire la distinction décisive de deux registres : sur le plan ultime (pāramārthika), l'absolu est sans attributs (nirguṇa ), au-delà de toute qualification ; sur le plan conventionnel (vyāvahārika), ce même absolu, vu à travers la , se présente comme un Dieu personnel et créateur (saguṇa brahman, Īśvara), objet légitime de dévotion. Ce n'est donc ni l'athéisme, qui nierait l'absolu, ni le théisme personnel classique, qui en ferait le terme dernier : contre Rāmānuja et les écoles dévotionnelles, l'Advaita subordonne le Dieu personnel à un absolu impersonnel dont il n'est que la figure conventionnelle.

Śaṅkara, Commentaire des Brahma-Sūtra (Brahma-Sūtra-Bhāṣya), I, 1 · Māṇḍūkya Upaniṣad

Hegelinférable

Hegel affirme Dieu, mais comme qui se sait, non comme le créateur transcendant et personnel du théisme classique : la religion et la philosophie en ont le même contenu, que la première se représente et que la seconde pense. Ce Dieu ainsi repensé fut lu aussi bien comme le Dieu chrétien (hégéliens de droite) que comme l'humanité divinisée (hégéliens de gauche, dont et ) : le débat sur son théisme reste ouvert.

Encyclopédie des sciences philosophiques, §1 et §573 · Leçons sur la philosophie de la religion (Leçons)

Michel de Montaigneinférable

Catholique sincère et soumis à l'Église, Montaigne ne met jamais en doute l'existence de Dieu et meurt dans la foi de ses pères. Mais ce théisme déclaré s'accompagne d'un aveu d'impuissance de la raison : nous ne pouvons rien savoir de Dieu, ni le prouver, ni le concevoir, et ce que nous en disons relève de l'usage et de la révélation, non de la connaissance. D'où un théisme tenu par la foi et la plus que par la preuve, ce qui retient d'un score extrême du côté de l'affirmation.

Essais, II, 12, « Apologie de Raimond Sebond »

Charles Sanders Peirceinférable

Dans Un argument négligé en faveur de la réalité de Dieu, Peirce soutient que la libre rêverie de l'esprit, le musement, conduit naturellement à l'hypothèse de Dieu comme à la plus belle des , hypothèse féconde plutôt que dogme démontré. Le Dieu de Peirce est moins le Dieu personnel des religions qu'une réalité ordonnatrice corrélée à son cosmos en croissance, d'où un théisme réel mais retenu, sans extrême.

Un argument négligé en faveur de la réalité de Dieu (1908)

Épicurismeexplicite

Le raisonnement part de la notion commune que tous les hommes se font du divin, la prénotion (prolēpsis) d'un être bienheureux et incorruptible. Or qui est parfaitement heureux n'a ni besoins ni soucis : un tel être ne saurait connaître ni colère ni faveur, car colère et bienveillance sont des marques de faiblesse. Gouverner le monde, écouter les prières, punir les fautes seraient autant de troubles indignes de la béatitude : les dieux existent donc, faits d'atomes et logés dans les intermondes, mais entièrement détachés de nous. Épicure retourne ainsi la piété ordinaire, qui craint les dieux et les flatte, et coupe court à la stoïcienne : il maintient le théisme tout en le vidant de toute intervention, ce qui ôte la première des peurs.

Épicure, Lettre à Ménécée, 123-124 · Épicure, Maximes capitales, I

Arguments et objections (3)
ArgumentL'argument de la contingenceChaque chose tient son existence d'une autre et aucune ne se suffit ; pour rendre raison de ce qu'il y ait quelque chose plutôt que rien, il faut un être nécessaire, hors de la série des causes. Voir la page
ObjectionAttaque la positionLe mal contre DieuSi Dieu peut empêcher le mal et veut l'empêcher, pourquoi le mal existe-t-il ? Ou il ne peut pas, ou il ne veut pas, ou il n'est pas : la souffrance de l'innocent pèse contre le Dieu tout-puissant et bon. Voir la page
Argument Expérience de penséeLa montre et l'horlogerL'ordre ajusté du monde, comme une montre trouvée sur la lande, évoque une main qui l'a conçu : l'apparence de dessein plaide pour un auteur intelligent. Voir la page

Agnosticisme (Huxley)

milieu nommé2

On ne peut ni prouver que Dieu existe, ni prouver qu'il n'existe pas : la question excède ce que nous pouvons savoir. Plutôt que d'affirmer ou de nier, l'agnostique suspend son jugement et tient pour plus honnête de dire « je ne sais pas » que de trancher faute de preuve.

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Sextus Empiricusexplicite

Sextus aligne les arguments des dogmatiques pour et contre l'existence des dieux, montre qu'ils s'équilibrent, et conclut à la suspension : on ne peut établir ni que les dieux existent ni qu'ils n'existent pas. Plus radical que l'agnosticisme ordinaire, qui affirme l'indécidabilité comme une thèse, il ne tranche même pas pour l'inconnaissable. En pratique pourtant, suivant la coutume, il dit des dieux qu'ils existent, les honore et les tient pour prévoyants, sans dogme. C'est cette suspension vécue, et non un agnosticisme doctrinal, que vise ici la position médiane.

Esquisses pyrrhoniennes, III, 2-12 (sur les dieux) · Contre les savants, IX, 13-194

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Pyrrhoninférable

L'indétermination de toutes choses s'étend au divin : ni l'existence ni l'inexistence des dieux n'étant établissable, le sage ne tranche pas. Cette suspension est plus radicale que l'agnosticisme, qui affirme l'indécidabilité comme une thèse, puisque Pyrrhon ne pose même pas que le divin est inconnaissable. En pratique, suivant la coutume de sa cité, il honore les dieux comme les autres, sans y attacher de croyance dogmatique. C'est cette suspension vécue, et non une position d'équilibre entre foi et athéisme, que marque ici la valeur médiane.

Diogène Laërce, Vies des philosophes, IX, 64 et 108 · Sextus Empiricus, Esquisses pyrrhoniennes, III, 2 (sur les dieux)

Arguments et objections (2)
ArgumentNi prouver, ni réfuterLes preuves de l'existence comme de l'inexistence de Dieu ont toutes été contestées ; or il n'est pas droit d'affirmer plus que la preuve ne permet. Suspendre son jugement n'est pas de l'indifférence : c'est la mesure exacte de ce que la raison peut. Voir la page
ObjectionAttaque la position Expérience de penséeLe pari de PascalL'incertitude ne justifie pas la neutralité : vivre engage déjà une mise, et devant des enjeux aussi dissymétriques, la suspension du jugement est elle-même un pari, le plus mauvais. Voir la page

Athéisme

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Dieu n'existe pas : aucune réalité divine, personnelle ou impersonnelle, ne fonde le monde, et l'idée de Dieu s'explique par des causes humaines, psychologiques ou sociales. Le sens de la vie est à construire sans recours au divin.

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Figures associées: Feuerbach · Nietzsche · Russell
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Beauvoirexplicite

Beauvoir est athée : élevée dans un catholicisme fervent, elle rompt avec la foi à l'adolescence et n'y reviendra pas. Son existentialisme part d'un monde sans Dieu où l'humain, n'ayant aucune valeur garantie d'en haut, doit faire surgir lui-même le sens et fonder sa morale sur sa seule liberté.

Mémoires d'une jeune fille rangée (1958), la perte de la foi · Pour une morale de l'ambiguïté (1947), une morale sans Dieu

Marxexplicite

La religion est une production humaine et une illusion, l'opium du peuple, à la fois protestation contre la misère réelle et consolation qui la perpétue. La critique de la religion, achevée par puis ramenée par Marx à ses racines sociales, est le présupposé de toute critique : un assumé, qui veut dissiper le ciel pour transformer la terre.

Contribution à la critique de la philosophie du droit de Hegel, introduction (1844)

Sartreexplicite

Sartre est résolument athée : son se définit comme la tentative de tirer toutes les conséquences d'une position athée cohérente. Si Dieu n'existe pas, il n'y a aucun artisan divin pour avoir conçu une essence de l'homme, et donc aucune valeur inscrite dans un ciel intelligible : tout est à inventer. L'absence de Dieu n'est pas regrettée, elle est le point de départ assumé.

L'existentialisme est un humanisme (existentialisme athée) · L'Être et le Néant, conclusion (l'idée de Dieu, en-soi-pour-soi, est contradictoire)

Nietzscheexplicite

Nietzsche ne démontre pas l'inexistence de Dieu : il constate que la foi au Dieu moral est devenue intenable dans notre propre culture, minée par l'exigence de vérité qu'elle avait nourrie, et que nous l'avons tué. Il en tire la conséquence qu'on n'ose pas regarder : privées de leur socle, nos valeurs suprêmes vacillent, c'est le nihilisme, à la fois danger et chance d'une création de valeurs nouvelles.

Le Gai Savoir, §125 · L'Antéchrist

Schopenhauerexplicite

Athéisme explicite et argumenté : un monde dont la souffrance fait la teneur ne peut être l'œuvre d'un Dieu bon, et le vouloir qui le fonde est aveugle, sans sagesse ni fin. Il salue dans le une haute religion sans Dieu, et tient le panthéisme pour « une manière polie de congédier Dieu », divinisation indue d'un monde misérable.

Parerga et Paralipomena, t. II, « Sur la religion, un dialogue »

Meursaultexplicite

Meursault déclare simplement ne pas croire en Dieu et tient la question pour sans importance. Sa vie entière se déroule sans la moindre référence religieuse, et il décline, avec constance mais sans hostilité, les consolations de la foi qu'on cherche à lui imposer.

Partie II : sa réponse sans détour à ceux qui l'exhortent à croire · Partie II, chapitre 5 : son refus constant des consolations religieuses

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Camusexplicite

Camus pense résolument un monde sans Dieu : suppose précisément qu'aucune ne vient garantir le sens. Son athéisme reste cependant sans militant, attentif au scandale du mal plus qu'à une démonstration métaphysique, d'où un score fort mais non absolu.

Le Mythe de Sisyphe (1942) · La Peste (1947), le sermon de Paneloux

Marxismeexplicite

L'athéisme de Marx ne s'arrête pas à nier Dieu : il demande pourquoi les hommes en ont besoin. La religion n'est ni une simple erreur ni une imposture de prêtres, mais à la fois l'expression d'une détresse réelle et la protestation contre elle, une consolation imaginaire qui soulage la souffrance tout en la rendant supportable, donc durable. D'où le déplacement décisif : critiquer le ciel ne sert de rien si l'on ne critique pas la terre, c'est-à-dire les rapports sociaux qui rendent la religion nécessaire. Supprimer l'illusion suppose de supprimer les conditions qui l'appellent, ce qui range le marxisme du côté du matérialisme athée.

Marx, Critique de la philosophie du droit de Hegel, introduction (1844)

Benthaminférable

La morale de Bentham est entièrement séculière : le bien et le mal se règlent sur le seul calcul des plaisirs et des peines, sans recours à une volonté divine. Sous le pseudonyme de Philip Beauchamp, il publie une critique de l'utilité de la religion naturelle, et l'analyse du principe d'antipathie théologique rejette la sanction religieuse comme fondement moral. La pente est nettement antireligieuse et critique, sans athéisme métaphysique explicitement systématisé.

Analysis of the Influence of Natural Religion on the Temporal Happiness of Mankind (sous le nom de Philip Beauchamp) · Introduction aux principes de la morale et de la législation, ch. II (le principe théologique réductible aux autres)

Nāgārjunainférable

Héritier du , Nāgārjuna ne reconnaît aucun Dieu créateur : sa critique de toute production par une cause à sape d'avance l'idée d'un premier principe qui se poserait lui-même. La libération ne vient d'aucune grâce mais de la compréhension de la . C'est un non-théisme, tenu sans polémique militante contre la croyance.

Mūlamadhyamakakārikā (Stances du milieu par excellence), ch. I (l'examen des conditions, contre une cause auto-suffisante)

Bouddhismeinférable

Un être lui-même soumis au devenir et à la souffrance ne saurait être la source du salut : c'est pourquoi le bouddhisme est non-théiste. Les divinités (devas) peuplent bien la cosmologie, mais elles sont prises dans le cycle des renaissances, donc impuissantes à libérer, et un Dieu créateur n'expliquerait pas la souffrance qu'il aurait fait naître. Contre le théisme brahmanique, la libération ne dépend alors d'aucune grâce mais de l'effort et de la compréhension propres ; cette absence de créateur est tenue avec sérénité, sans polémique militante contre la croyance.

Brahmajāla Sutta (le discours du filet de Brahmā) · Aggañña Sutta (le discours sur les origines)

Humeinférable

Dans les Dialogues sur la religion naturelle, Hume démonte l'argument du dessein : l'ordre du monde n'autorise aucune inférence sûre vers un créateur infini, sage et bon, surtout face au mal. Sans professer un athéisme ferme (il maintient une vague cause ou des causes de l'ordre), il vide le théisme de tout contenu déterminé : la position penche nettement du côté de l'agnosticisme et de l'athéisme.

Dialogues sur la religion naturelle (notamment parties V, VIII et XI) · Histoire naturelle de la religion

Utilitarismeinférable

Le fondement de la morale est entièrement séculier : l'utilité, non la volonté divine, mesure le bien. , franchement irréligieux, critique l'ascétisme d'origine religieuse, et conserve un agnosticisme prudent. Le courant déplace la source de l'obligation morale du ciel vers le bien-être terrestre, sans poser l'athéisme en dogme.

Bentham, Introduction aux principes de morale et de législation, chapitre 2 · Mill, Trois essais sur la religion

Diogène de Sinopeinférable

Diogène ne professe pas un athéisme théorique mais une irréligion pratique : il raille les rites, les mystères et les oracles, et tient pour vaines les croyances et les peurs religieuses de la cité. Voyant les offrandes des rescapés d'un naufrage, il observait qu'elles seraient bien plus nombreuses si l'on comptait aussi ceux qui ont péri. Indifférent aux dieux du culte, il ramène le divin à la nature et à la vertu, ce qui l'éloigne du théisme sans en faire un athée militant.

Diogène Laërce, Vies, VI, 24, 42 et 59

Millinférable

Élevé sans religion, Mill examine la question de Dieu en termes de preuve empirique : l'argument du dessein rend tout au plus probable un créateur de puissance et de bonté limitées, jamais un Dieu tout-puissant compatible avec le mal du monde. Cet agnosticisme, qui n'admet qu'un faible espoir d'au-delà, le situe légèrement du côté de l'incroyance.

Trois essais sur la religion (posthume, 1874), Théisme

Cynismeinférable

Les cyniques ne professent pas un athéisme théorique, mais une irréligion pratique : Diogène raille les rites, les mystères et les oracles, et tient pour vaines les croyances et les peurs religieuses de la cité. Indifférents aux dieux du culte, ils ramènent le divin à la vertu et à la nature, ce qui les éloigne nettement du théisme sans en faire des athées militants.

Diogène Laërce, Vies, VI

Arguments et objections (2)
ArgumentDieu, projection de l'hommeLes attributs de Dieu sont nos qualités portées à l'infini, et la croyance s'explique tout entière par des causes humaines, peur, désir, besoin de consolation ; une hypothèse dont on rend compte sans la supposer vraie n'a pas besoin d'un objet réel. Voir la page
ObjectionAttaque le raisonnementL'origine ne juge pas la véritéL'argument de la projection conclut de l'origine humaine de la croyance à la fausseté de son objet ; mais origine et vérité sont deux questions distinctes, et confondre l'une avec l'autre est un sophisme. Voir la page
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Problèmes

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  • Descriptif Question
    Pourquoi y a-t-il quelque chose plutôt que rien ?

    Le monde existe sans avoir à exister : faut-il, pour rendre raison de cette contingence, un être nécessaire qui ne dépende de rien, ou le monde est-il simplement là, fait brut sans explication ?

    le monde
  • Descriptif Expérience de pensée
    L'ordre du monde a-t-il un auteur ?

    L'ordre, la complexité et le réglage si précis du monde réclament-ils un auteur, ou peuvent-ils naître de processus aveugles comme la sélection naturelle ?

    l'ordre du monde
  • Pratique Expérience de pensée
    Le pari de la croyance

    Même sans preuve, n'a-t-on pas intérêt à croire, puisqu'on aurait tout à gagner si Dieu existe et peu à perdre sinon ? Mais peut-on décider de croire par calcul ?

    croire
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Sous-problèmes creuser la discussion de cet axe

  • Descriptif
    Prouver Dieu par l'idée seule

    Peut-on, à partir de la seule idée d'un être parfait, conclure qu'il existe nécessairement, ou l'existence ne se déduit-elle jamais d'un concept ?

    Dieu
  • Descriptif
    L'expérience du divin

    Croire en Dieu, est-ce le conclure d'arguments, ou s'en remettre à une expérience intérieure tenue pour une rencontre directe, qui se passerait de preuve ?

    Dieu
  • Descriptif
    Une première cause, ou une régression sans fin ?

    La série des causes doit-elle avoir un premier terme qui ne dépend de rien, et pourquoi ce terme échapperait-il à la question qu'on pose à tout le reste ?

    la série des causes
  • Descriptif
    Le Dieu des philosophes

    « Dieu d'Abraham, Dieu d'Isaac, Dieu de Jacob, non des philosophes et des savants » : le Dieu dont la raison démontre l'existence, premier moteur, fondement ou substance, est-il encore celui que l'on prie, ou la preuve n'atteint-elle jamais qu'un principe impersonnel ?

    Dieu
  • Descriptif
    Le silence de Dieu

    Si Dieu existait et nous aimait, se laisserait-il chercher en vain par ceux qui le cherchent sincèrement, ou son silence est-il un signe de plus contre son existence ?

    Dieu et ceux qui le cherchent
  • Descriptif
    Dieu, projection de l'homme ?

    Si la croyance en Dieu s'explique par des besoins humains, peur, désir, ordre social, faut-il en conclure qu'il n'existe pas, ou expliquer pourquoi l'on croit ne dit-il rien de la vérité de la croyance ?

    la croyance en Dieu

Problèmes liés élargir vers d'autres axes

  • Descriptif
    Un Dieu au-delà des mots

    Si Dieu excède tout concept, peut-on seulement affirmer ou nier son existence, ou la question suppose-t-elle à tort qu'il est un objet parmi d'autres ?

    Dieu
  • Descriptif
    Croire un miracle

    Un témoignage peut-il rendre croyable un événement qui contredit le cours régulier de la nature, ou est-il toujours plus probable que le témoin se trompe ?

    un miracle
  • Descriptif
    Le mal contre Dieu

    Un Dieu à la fois tout-puissant et bon laisserait-il souffrir l'innocent, ou le mal du monde est-il compatible avec son existence ?

    le mal dans le monde
  • PrescriptifÉpistémique
    Faut-il des preuves pour croire ?

    N'a-t-on le droit de croire que sur preuves, ou la foi est-elle un pari légitime qui n'a pas à se justifier devant le tribunal des preuves ?

    croire
  • PrescriptifExistentielle
    Le sens a-t-il besoin de Dieu ?

    Sans Dieu, la vie perd-elle tout sens, ou un sens peut-il se construire entièrement à hauteur d'homme ?

    une vie
  • PrescriptifMorale
    La morale a-t-elle besoin de Dieu ?

    Le bien tient-il sa valeur de la volonté de Dieu, ou est-il bon indépendamment de lui ? Si Dieu n'existait pas, tout serait-il permis ?

    la morale
  • Descriptif
    Âme immortelle ou résurrection ?

    La survie tient-elle à la nature de l'âme, ou à un acte de Dieu qui rétablit la personne entière, corps compris ? Athènes et Jérusalem divergent ici, et le corps re-créé pose une énigme : serait-il le même, ou une copie parfaite ?

    la personne ressuscitéeAprès la mort
  • Descriptif
    Croire ce qu'on espère ?

    La survie est ce que nous avons le plus de raisons de désirer et le moins de moyens de vérifier : la croyance qui console est-elle par là suspecte, ou l'origine d'un espoir ne dit-elle rien de sa vérité ?

    la croyance en la survieAprès la mort
  • Descriptif
    Quelque chose survit-il ?

    L'âme, ou quelque chose de nous, échappe-t-il à la dissolution du corps, ou la conscience s'éteint-elle avec lui : et si une part survivait, serait-ce encore vraiment nous ?

    l'âmeLa mort
  • Descriptif
    D'où la morale tire-t-elle son autorité ?

    Qu'est-ce qui rend un critère moral obligatoire pour nous : la raison, la nature, un sentiment partagé, la société, ou Dieu ? Et si rien ne le fonde, la morale a-t-elle encore prise ?

    la moraleCritère du juste
  • Descriptif
    Un sens sans Dieu ?

    Le sens de l'existence suppose-t-il un ordre divin qui nous dépasse, ou peut-il tenir entièrement sans Dieu, sur des bases tout humaines ?

    l'ordre du mondeLe sens de la vie
  • Descriptif Question
    Le dilemme d'Euthyphron

    Le bien est-il bien parce que Dieu le veut, ou Dieu le veut-il parce qu'il est bien ? Une branche rend la morale arbitraire, l'autre semble la rendre indépendante de Dieu ; les théologiens cherchent depuis une voie entre les deux.

    le rapport de Dieu au bienLa source de la morale
  • Descriptif Question
    Sans Dieu, tout est permis ?

    Si aucun garant transcendant ne soutient nos devoirs, gardent-ils leur force d'obliger, ou deviennent-ils des choix qu'on peut toujours défaire ? Les sociétés sécularisées mettent la formule à l'épreuve chaque jour.

    la morale sans garantLa source de la morale
  • Descriptif
    La toute-puissance et le bien

    Si Dieu est tout-puissant, le bien dépend-il de sa volonté au point qu'il aurait pu commander autre chose ? Descartes l'ose pour les vérités éternelles, Ockham pour certains préceptes de la loi morale, et l'arbitraire menace.

    la volonté de DieuLa source de la morale
  • Descriptif
    Le silence de Dieu

    À côté du mal, une autre absence accuse : celle d'un Dieu qui, s'il existait et nous aimait, ne se laisserait pas chercher en vain.

    Dieu et ceux qui le cherchentLe problème du mal

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Citations
Dieu est mort ! Dieu reste mort ! Et c'est nous qui l'avons tué !
Nietzsche · Le Gai Savoir, §125

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L'être bienheureux et incorruptible n'a pas de soucis lui-même et n'en cause pas à autrui ; il n'est donc accessible ni à la colère ni à la faveur.
Épicure · Maximes capitales, I

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L'existentialisme n'est pas autre chose qu'un effort pour tirer toutes les conséquences d'une position athée cohérente.
Sartre · L'existentialisme est un humanisme

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La pensée se pense elle-même en saisissant l'intelligible, et son acte de pensée est pensée de la pensée.
Aristote · Métaphysique, Λ (XII), 9 (1074b)

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La religion est le soupir de la créature accablée, l'âme d'un monde sans cœur, l'esprit d'une époque sans esprit. Elle est l'opium du peuple.
Marx · Critique de la philosophie du droit de Hegel, 1844

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Tout ce qui est, est en Dieu, et rien ne peut sans Dieu être ni être conçu.
Spinoza · Éthique, I, prop. 15

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Tout ce qui est mû est mû par un autre ; il faut donc en venir à un premier moteur qui ne soit mû par rien, et c'est lui que tous appellent Dieu.
Thomas d'Aquin · Somme théologique, Ia, q. 2, a. 3 (la première voie)

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Un peu de philosophie incline l'esprit à l'athéisme, mais la profondeur en philosophie ramène les esprits à la religion.
Bacon · Essais, « De l'athéisme »

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Veux-tu l'appeler destin ? tu ne te tromperas pas. Veux-tu l'appeler providence ? tu parleras juste. Veux-tu l'appeler nature ? tu ne pécheras pas.
Sénèque · Questions naturelles, II, 45

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