Le dernier homme
Sur l'axe: Place de l'homme dans la nature · le monde vivant
Si le dernier être humain pouvait, en mourant, anéantir sans témoin toute vie restante, commettrait-il une faute ? La nature n'a-t-elle de valeur que pour nous, ou vaut-elle par elle-même, indépendamment de tout regard humain ?
Ce problème est mis en évidence par l'expérience de pensée Le dernier homme :
Imaginez que vous soyez le tout dernier être humain. Une catastrophe a emporté tous les autres, et vous-même allez mourir dans quelques instants, sans descendance ni témoin à venir. Devant vous, un dispositif permettrait d'anéantir d'un coup, et sans la moindre douleur, tout ce qui reste de vivant sur la planète : les forêts, les océans, les animaux. Aucun être humain n'existera plus jamais pour s'en réjouir ou en pâtir. Rien de ce que vous ferez ne pourra donc nuire à personne. Poser la main sur ce dispositif, serait-ce commettre une faute, ou un geste indifférent ?
Richard Routley (Sylvan), Faut-il une nouvelle éthique, une éthique de l'environnement ? (1973)
Dernier être humain, vous pouvez anéantir sans douleur tout ce qui reste de vie. Est-ce un mal ?
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Justification
Contre le programme de et , l'homme « maître et possesseur de la nature », le courant refuse la comme rapport premier au monde naturel. Il se partage entre deux réponses : l'homme d'une communauté du vivant, sans position privilégiée, chez et ; ou responsable que sa puissance même oblige, chez .
Næss, Écologie, communauté et style de vie (1976) · Jonas, Le Principe responsabilité (1979)
Justification
Le geste fondateur du courant est d'élargir le au-delà des seuls humains, contre l' de la tradition. Où tracer la nouvelle frontière divise la famille : à tout être capable de souffrir pour , à tout être pour , aux eux-mêmes pour et . Toutes récusent l'idée que seul l'homme compte.
Singer, La Libération animale (1975) · Leopold, Almanach d'un comté des sables (1949)
Repères: Routley (Sylvan) · Næss · éthique de l'environnement
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