Rapport aux autres· Moralenoyaudifficulté
Cercle moral
Envers qui avons-nous des devoirs moraux ?
Là où l'on trace le cercle, on décide qui l'on peut utiliser sans scrupule et qui l'on doit épargner : trop étroit, il autorise la cruauté ; trop large, il rend la vie ordinaire impossible. Se positionner, c'est dire qui compte vraiment, et jusqu'où s'étend ce que nous devons aux autres êtres.
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Seuls les êtres humains ont une valeur morale propre, en raison de leur raison, de leur conscience ou de leur dignité. Les animaux et la nature peuvent mériter des égards, mais seulement de façon indirecte, par les effets que notre conduite envers eux a sur les humains.
Explorer cette position →Descartesexplicite
Privés de pensée et donc d'âme, les animaux ne sont chez Descartes que des automates, la fameuse bête-machine : ils ne sentent ni ne souffrent au sens propre, leurs cris n'étant que des effets mécaniques. La considération morale se restreint dès lors aux seuls êtres pensants, un anthropocentrisme strict.
Discours de la méthode, V · Lettre au marquis de Newcastle, 23 novembre 1646
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Lockeinférable
Locke condamne la cruauté envers les animaux parce que l'habitude de les faire souffrir endurcit les enfants et prépare leur brutalité envers les hommes. Cette interdiction s'inscrit dans une conception où les animaux sont donnés à l'usage humain, dans les limites de la loi naturelle. Le motif explicitement donné est donc indirect : préserver la compassion humaine, plutôt que fonder l'interdiction sur une valeur propre reconnue à l'animal.
Quelques pensées sur l'éducation, §116 · Second traité du gouvernement civil, §26
Marc Aurèleinférable
Marc Aurèle fonde la communauté morale et politique universelle sur la raison commune aux hommes : si l'intelligence nous est commune, la loi l'est aussi, et le monde est comme une cité. Il distingue nettement les relations avec les êtres raisonnables, qui relèvent de la vie sociale, de l'usage des animaux et des choses, auquel il recommande seulement grandeur d'âme et libéralité. Cette douceur prescrite ne fait pas de la sensibilité animale le fondement d'une valeur morale.
Pensées, IV, 4 · Pensées, VI, 23
Sénèqueinférable
Sénèque distingue les mouvements des animaux des passions proprement humaines, qui supposent l'assentiment de la raison : l'animal n'a ni colère ni vertu au sens propre. Il rapporte pourtant les raisons que lui enseigna Sotion pour s'abstenir de viande, dont la crainte d'habituer l'homme à la cruauté, et dit avoir suivi ce régime un an avant de l'abandonner sur le conseil de son père, dans un climat de suspicion envers les cultes étrangers. Ce témoignage atteste une réflexion morale sur l'alimentation, non une doctrine faisant de la sensibilité animale le fondement d'un statut moral.
De la colère, I, 3 · Lettres à Lucilius, 108, 17-22
Thomas d'Aquinexplicite
Thomas reprend la hiérarchie aristotélicienne des vivants, les créatures inférieures étant ordonnées à l'usage de l'homme, seul fait à l'image de Dieu et doté d'une âme raisonnable immortelle. La charité s'adresse aux personnes, non aux bêtes, et la cruauté envers les animaux n'est blâmable qu'indirectement, parce qu'elle endurcit le cœur. C'est un anthropocentrisme marqué, tempéré par l'idée que toute créature, en tant qu'elle est, est bonne et reflète son Créateur.
Somme contre les Gentils, III, 112
Aristoteexplicite
L'anthropocentrisme est explicite : les plantes existent pour les animaux et les animaux pour l'homme. Une hiérarchie des âmes (végétative, sensitive, rationnelle) place l'homme au sommet, les autres vivants étant ordonnés à son usage.
Politique, I, 8 (1256b)
Confuciusinférable
Les écuries ayant brûlé, le maître demanda si quelqu'un était blessé, sans s'enquérir des chevaux : selon la lecture traditionnelle, la sollicitude pour les personnes passe avant tout le reste. Les Entretiens situent d'abord le dans les relations humaines : le disciple Youzi présente la piété filiale et le respect des aînés comme la racine de sa pratique. Cette priorité n'exclut pas une retenue envers les bêtes : le maître pêchait à la ligne et non au filet, et ne tirait pas sur les oiseaux au repos.
Entretiens, X (l'incendie des écuries ; numérotation variable selon les éditions) · Entretiens, I, 2 ; VII, 27
Aristotélismeexplicite
La considération morale est réservée aux êtres doués de raison : la justice et l'amitié, au sens propre, ne peuvent exister qu'entre humains, car les animaux, dépourvus de , ne participent pas à la communauté politique. Cet anthropocentrisme moral, prolongé par la scolastique, situe résolument l'aristotélisme au premier pôle, les animaux n'entrant dans le cercle que de façon marginale.
Aristote, Politique, I, 8 ; Éthique à Nicomaque, VIII, 11
Rick Deckardinférable
Au départ, Deckard tue sur ordre des êtres qui ont peur et qui souffrent, sans se demander ce qu'il leur doit : seuls les humains comptent, en pratique, dans son métier. Ses actes le font glisser vers le , sans l'atteindre : son égard va d'abord à une réplicante particulière et à celui qui l'a épargné, non à tout être capable de souffrir. Ses propos du début, inférés ici plutôt qu'énoncés comme un principe, le plaçaient du côté opposé.
La poursuite de Zhora · Le toit · La dernière scène
Humeinférable
Hume reconnaît aux animaux des capacités d'apprentissage et de raisonnement par l'expérience, et leur accorde les égards que prescrivent les « lois de l'humanité ». Il distingue pourtant ces devoirs de douceur des obligations de justice : imaginant des créatures raisonnables mais entièrement incapables de nous résister, il leur accorde les égards de l'humanité sans les placer sous la protection de la justice. C'est leur incapacité à nous contraindre, et non une absence de sensibilité, qui explique cette exclusion. La bienveillance dépasse donc l'espèce humaine sans aller jusqu'à une égale considération de tous les êtres sensibles.
Traité de la nature humaine, I, III, 16 · Enquête sur les principes de la morale, III, 1
Arguments et objections (4)
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compte moralement. La question n'est pas « peuvent-ils raisonner ? » mais « peuvent-ils souffrir ? » : les animaux sensibles entrent donc dans le cercle moral, et leurs intérêts méritent une considération égale, à intérêts comparables.
Explorer cette position →Benthamexplicite
Si le seul titre à entrer dans le calcul est de pouvoir éprouver plaisir et douleur, alors la frontière de la considération morale doit suivre la sensibilité, et non la raison ni le langage. Bentham retourne ainsi l'argument cartésien de l'animal-machine et celui qui excluait l'esclave : ce ne sont pas la faculté de raisonner ou de parler qui ouvrent droit à la considération, mais la capacité à pâtir. La conclusion suit par cohérence du critère utilitariste lui-même : la considération s'étend à tout être sensible, ce qui le situe au pathocentrisme et fait de lui un précurseur de la cause animale.
Introduction aux principes de la morale et de la législation, ch. XVII, §1, note (la souffrance des animaux)
Utilitarismeexplicite
Puisque le bien est le plaisir et le mal la souffrance, ce qui ouvre droit à la considération morale ne peut être ni la raison ni le langage, mais la seule capacité à souffrir : tout être qui a des intérêts à ce que sa douleur cesse compte dans le calcul. tire de ce critère une conséquence que les morales rationalistes refusaient, l'inclusion des animaux ; y voit le principe d'égale considération des intérêts et dénonce le spécisme comme un préjugé de même structure que le racisme. Le cercle moral s'élargit ainsi à tout le vivant sensible, par cohérence interne et non par sentiment.
Bentham, Introduction aux principes de morale et de législation, chapitre 17 · Singer, La Libération animale
Schopenhauerexplicite
Le cercle moral s'étend à tout ce qui souffre : les animaux, manifestations du même vouloir que nous, sont l'objet direct de la , et il reproche au christianisme comme à d'avoir fait des bêtes de simples choses à notre usage, doctrine qu'il juge « révoltante et abominable ». La frontière morale passe à la sensibilité, non à la raison ; l'arrière-plan reste métaphysique, le même vouloir dans toute la nature, d'où une teinte biocentrique.
Le Fondement de la morale, §19
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Roy Battyinférable
Batty affirme que des êtres fabriqués comptent : lui, les siens, leur peur et leurs morts. Son égard va d'abord aux siens, et il tue les humains qui se trouvent sur son chemin. Le critère qui se dégage de ses actes n'est pas l'origine mais la capacité de souffrir et de craindre. Le est le pôle le plus proche ; l'étendre à tout être sensible, au-delà des personnes humaines ou fabriquées, serait une extrapolation.
La rencontre avec Tyrell · Le toit
Le Bouddhaexplicite
La non-violence (ahiṃsā) et le premier précepte, s'abstenir de nuire au vivant, étendent la considération morale à tous les êtres sensibles, capables de souffrir, et non aux seuls humains. Tous craignent le bâton, tous chérissent la vie : la compassion vise expressément l'ensemble des vivants pris dans le cycle des renaissances, ce qui range l'enseignement du côté du pathocentrisme.
Dhammapada, ch. X (le bâton), 129-130 · Karaṇīya Mettā Sutta, Sutta Nipāta 1.8 (que tous les êtres soient heureux)
Bouddhismeexplicite
La non-violence (ahiṃsā) et la première règle de discipline étendent la considération morale à tous les êtres sensibles, capables de souffrir, et non aux seuls humains. La compassion vise expressément l'ensemble des vivants pris dans le cycle des renaissances, ce qui place le bouddhisme du côté du pathocentrisme.
Karaṇīya Mettā Sutta (le discours sur l'amour bienveillant) · Dhammapada, ch. X (le bâton)
Millexplicite
Puisque le critère moral est le plaisir et la peine, le cercle de la considération morale s'étend à tous les êtres sensibles capables de souffrir, et non aux seuls humains : c'est un pathocentrisme. Mill compte explicitement le bonheur des animaux dans le calcul utilitariste et soutient les premières législations contre la cruauté envers eux.
L'Utilitarisme, ch. 2 (le bonheur de toutes les créatures sensibles) · Whewell on Moral Philosophy (1852), sur la prise en compte des animaux
Rousseauinférable
Rousseau distingue la capacité de connaître la loi naturelle de celle d'en recevoir la protection : les bêtes n'ont pas la première, mais, sensibles comme nous, elles « doivent participer au droit naturel ». Si nous devons ne pas faire de mal à autrui, c'est moins parce qu'il est raisonnable que parce qu'il est sensible. Le devoir de ne pas maltraiter inutilement les animaux procède ainsi de la , non de leur part à la raison : une extension directe de la considération morale, qui dépasse l'anthropocentrisme strict sans établir d'égalité entre intérêts humains et animaux.
Discours sur l'origine de l'inégalité, Préface · Émile, II
Michel de Montaigneexplicite
Contre l'orgueil qui place l'homme au sommet de la création, Montaigne rapproche les bêtes de nous : « quand je me joue à ma chatte, qui sait si elle ne se passe de moi plus que je ne fais d'elle ? ». Elles ont leur intelligence, leurs affections, une communication. De ce voisinage il tire un devoir : nous devons « justice » aux hommes, mais « grâce et bénignité » aux autres créatures, et la cruauté envers les bêtes lui fait horreur. La considération morale déborde ainsi l'humanité vers tout ce qui peut souffrir, sans aller jusqu'à une égalité de tous les vivants.
Essais, II, 12, « Apologie de Raimond Sebond » et II, 11, « De la cruauté »
Arguments et objections (3)
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Tout être vivant, sensible ou non, possède une valeur propre : plantes, insectes, micro-organismes compris. L'éthique repose sur le respect de la vie en tant que telle, chaque organisme poursuivant son propre bien à sa manière.
Explorer cette position →Voir les positions implicites (1)
Jonasinférable
juge « au moins pas dénué de sens » de demander si l'état de la nature extra-humaine a un droit moral sur nous, « non seulement pour notre bien, mais pour son propre bien ». Sa réponse ne passe pas par la souffrance, mais par la finalité : dans tout vivant qui poursuit sa fin, l'être dit oui à lui-même, et ce oui est un bien en soi. C'est un fondement biocentrique, non pathocentrique. L'homme garde une priorité, celle du seul sujet de responsabilité, mais elle ne lui réserve pas la valeur propre.
Le Principe responsabilité, ch. I · Le Principe responsabilité, ch. III-IV
Arguments et objections (3)
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La valeur morale s'attache aux ensembles écologiques eux-mêmes : espèces, écosystèmes, communauté biotique dans son ensemble. Une action est juste quand elle préserve l'intégrité, la stabilité et la beauté de ces touts, dont les individus, humains compris, ne sont que des membres.
Explorer cette position →Éthique environnementaleexplicite
Le geste fondateur du courant est d'élargir le au-delà des seuls humains, contre l' de la tradition. Où tracer la nouvelle frontière divise la famille : à tout être capable de souffrir pour , à tout être pour , aux eux-mêmes pour et . Toutes récusent l'idée que seul l'homme compte.
Singer, La Libération animale (1975) · Leopold, Almanach d'un comté des sables (1949)
Voir plus (1)
Zhuangziinférable
Placer l'homme au sommet d'une échelle des êtres est pour Zhuangzi une illusion de perspective : du point de vue du , le pilier et le fétu, le laid et le beau, l'homme et le ver sont également des modes de la transformation, et nul n'a de privilège. Cette décentration anthropologique retire à l'humain toute mesure de toutes choses et l'inscrit comme un être parmi des myriades, frère du papillon qu'il a peut-être rêvé d'être. La pente est nettement écocentrique, même si Zhuangzi ne formule pas, comme un écologue moderne, le devoir de protéger un tout.
Zhuangzi, ch. 2 (Discours sur l'égalité des choses) · Zhuangzi, ch. 17 (Les crues d'automne)
Arguments et objections (3)
Voir la carte des problèmes dans l'Atlas →
Sous-problèmes creuser la discussion de cet axe
- PrescriptifMoraleLe critère du statut moral
Qu'est-ce qui donne à un être une valeur morale : la raison, comme le pensait Kant, ou la simple capacité de souffrir, comme le demandait Bentham ? Selon le seuil retenu, le cercle des êtres qui comptent s'ouvre ou se referme.
un être vivant - PrescriptifMoraleLe privilège de l'espèce
Préférer les siens parce qu'ils sont de notre espèce, est-ce un devoir naturel ou un préjugé arbitraire, comparable au racisme ? Et si des nourrissons ou des humains très diminués comptent sans posséder la raison, l'espèce peut-elle encore servir de critère ?
un animal non humain - PrescriptifMoraleLa révérence pour la vie
Faut-il, pour compter, être capable de souffrir, ou suffit-il d'être vivant ? Un arbre, un insecte poursuivent leur propre bien : méritent-ils à ce titre notre respect, ou le vivant sans sensibilité ne nous oblige-t-il à rien ?
une plante, un insecte - DescriptifLa vie intérieure des bêtes
Tout le débat suppose que les animaux ressentent quelque chose : mais peut-on le savoir ? Descartes voyait en eux des machines sans conscience ; comment être sûr qu'il y a « un effet que cela fait » d'être une chauve-souris ?
la vie mentale d'un animal - PrescriptifMoraleUne machine peut-elle compter moralement ?
Si une intelligence artificielle disait souffrir, faudrait-il étendre jusqu'à elle le critère de la sensibilité, ou la considération morale s'arrête-t-elle au vivant, une souffrance simulée n'obligeant à rien ?
une intelligence artificielle - PrescriptifMoraleBien-être ou droits
Admettre que les animaux comptent, est-ce mettre leurs intérêts dans la balance du plus grand bien, quitte à les sacrifier s'il le faut, ou leur reconnaître des droits inviolables parce qu'ils sont eux aussi les sujets d'une vie ?
le traitement d'un animal - PrescriptifMoraleLa souffrance des animaux sauvages
Si la souffrance des animaux nous oblige, celle qu'ils s'infligent entre eux nous oblige-t-elle aussi ? Devrions-nous intervenir contre la prédation et les maux de la nature que nous n'avons pas causés, ou est-ce présumer que nous avons à les corriger ?
la prédation dans la nature - PrescriptifMoraleFaut-il cesser d'exploiter les animaux ?
Si les animaux sensibles comptent vraiment, l'élevage industriel, l'abattage et l'expérimentation deviennent-ils des maux qu'il faut cesser, jusqu'à changer nos vies et nos assiettes, ou peut-on leur devoir des égards sans renoncer à s'en servir ?
l'élevage et l'abattage - PrescriptifMoraleL'individu ou le tout
L'écologie valorise l'intégrité de la communauté biotique, quitte à abattre les animaux d'une espèce envahissante pour préserver l'ensemble : la valeur est-elle dans le tout, ou dans chaque individu sensible que cette gestion sacrifie ?
la communauté biotique
Problèmes liés élargir vers d'autres axes
- DescriptifD'autres consciences que la mienne
Je ne perçois jamais l'expérience d'autrui, seulement des corps qui se comportent : comment savoir qu'il y a quelqu'un derrière ? La seule conscience dont j'aie un témoignage direct est la mienne.
l'accès à l'expérience d'autruiL'énigme de la conscience - DescriptifOù commence la conscience ?
Un chien souffre-t-il comme moi ? Et un poisson, une huître, un embryon, une plante, un thermostat ? Entre ce qui vit quelque chose et ce qui ne vit rien, y a-t-il un seuil net, une pente continue, ou la question est-elle mal posée ? Qui refuse de généraliser le vécu à toute la matière doit un critère, et le quantifier est une manière de payer cette dette.
la distribution de la conscience dans la natureL'énigme de la conscience - PrescriptifMorale Expérience de penséeLe dernier homme
Si le dernier être humain pouvait, en mourant, anéantir sans témoin toute vie restante, commettrait-il une faute ? La nature n'a-t-elle de valeur que pour nous, ou vaut-elle par elle-même, indépendamment de tout regard humain ?
le monde vivantPlace de l'homme dans la nature - PrescriptifEsthétiqueSanctuaire ou jardin
Faut-il laisser la nature sauvage et intacte, préserver la part que nous n'avons pas faite, ou l'idéal est-il une nature soignée et jardinée, que le soin humain achève au lieu de la violer ? Et reste-t-il seulement une nature « intacte » à sauver ?
une nature sauvagePlace de l'homme dans la nature - PrescriptifMoraleLui devrait-on quelque chose ?
Si une machine pensait, aurait-elle des intérêts, une dignité, des droits, ou resterait-elle une chose dont on dispose sans lui rien devoir ?
une machine pensanteUne machine peut-elle penser - DescriptifPour qui les normes valent-elles ?
Des normes universelles, mais universelles pour qui ? La question du statut des règles rejoint celle des êtres qu'elles obligent et protègent : où s'arrête le cercle de ceux qui comptent ?
le cercle des êtres qui comptentStatut des normes (métaéthique) - DescriptifLe cercle de la sympathie
Notre souci des autres faiblit à mesure qu'ils s'éloignent de nous, dans l'espace, le sang ou la ressemblance : la morale doit-elle bâtir sur cette pente naturelle, ou la corriger comme un préjugé de naissance ?
la sympathie humainePartialité
La compassion pour les animaux est si étroitement liée à la bonté du caractère qu'on peut affirmer avec assurance que qui est cruel envers les animaux ne saurait être un homme bon.Schopenhauer · Le Fondement de la morale, §19
La question n'est pas : peuvent-ils raisonner ? ni : peuvent-ils parler ? mais : peuvent-ils souffrir ?Bentham · Introduction aux principes de la morale et de la législation, ch. XVII
Tous tremblent devant le bâton, tous craignent la mort. Se mettant à la place des autres, qu'on ne tue ni ne fasse tuer.Le Bouddha · Dhammapada, X, 129