Du blâme à la peine
Sur l'axe: La responsabilité morale · la peine méritée
Si nul ne mérite au fond, la rétribution s'effondre, mais faut-il la pleurer ? Protéger, dissuader et réparer suffisent peut-être à fonder la peine, sans jamais parler de dette.
Justification
La peine est exigée par la justice elle-même, comme rétribution proportionnée du crime (loi du talion juridique), jamais comme simple moyen d'utilité sociale : punir quelqu'un pour dissuader les autres serait le traiter comme un moyen. C'est le rétributivisme classique.
Métaphysique des mœurs, Doctrine du droit, §49 E
Justification
La peine est en elle-même un mal, une douleur, et ne se justifie que par l'utilité qu'elle produit : toute peine est en elle-même un mal ; selon le principe d'utilité, si elle doit être admise, ce n'est que dans la mesure où elle promet d'écarter quelque mal plus grand. Sa fin première est la prévention des délits, surtout par la dissuasion, et accessoirement par l'amendement du coupable ; Bentham récuse explicitement la rétribution et le talion comme un mal ajouté à un mal, sans profit.
Toute peine est en elle-même un mal. Selon le principe d'utilité, si elle doit être admise, ce n'est que dans la mesure où elle promet d'écarter quelque mal plus grand.Introduction aux principes de la morale et de la législation, ch. XIII, §2
Introduction aux principes de la morale et de la législation, ch. XIII-XIV (les peines, leurs fins et leur mesure)
mène à: Sens de la peine (Mérite-t-on sa peine ?)