Penser sans cerveau ?
Sur l'axe: Après la mort · l'esprit et le cerveau
L'esprit naît, mûrit et défaille avec le corps, s'enivre avec lui, s'éteint sous un choc : ces liaisons prouvent-elles que la pensée meurt avec la chair, ou seulement que l'instrument conditionne l'usage sans être le musicien ?
Justification
L'argument repose sur un principe : ce que je conçois clairement et distinctement comme pouvant exister à part existe réellement à part, Dieu pouvant le créer ainsi. Or je puis concevoir mon esprit, pure chose pensante (res cogitans), sans rien lui attribuer de corporel, et le corps, pure étendue (res extensa), sans pensée. Mon essence est donc de penser, et l'esprit est réellement distinct du corps, une substance d'une autre nature que le cerveau. Ce dualisme des substances rompt avec l'âme aristotélicienne, forme d'un corps, et libère du même coup la matière pour une physique purement mécaniste ; mais il lègue le problème, que Descartes peinera à résoudre, de leur union et de leur interaction.
Méditations métaphysiques, VI
mène à: L'énigme de la conscience