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Rapport au monde· Nature et vivantdifficulté

Place de l'homme dans la nature

Quelle place l'être humain doit-il occuper dans la nature : maître, gardien ou simple membre ?

Sommes-nous les propriétaires d'une nature à exploiter, les gardiens responsables d'un jardin confié, ou une espèce parmi d'autres sans droit particulier ? Selon la réponse, n'a plus les mêmes limites. Se positionner, c'est fixer ce que la nature peut légitimement attendre de nous.

MaîtriseGardiennageMembre parmid'autres
Les pôles, et qui les tient

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Par la connaissance et la technique, l'être humain a vocation à se rendre comme , pour soulager sa condition et améliorer la vie. La nature est une ressource à comprendre et à transformer au service de l'humanité.

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Figures associées: Descartes · Bacon
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Baconexplicite

La chute, pour Bacon, a fait perdre à l'homme son empire sur la création, et la science a pour tâche de le restaurer : commander à la nature pour le soulagement de la condition humaine. Mais cette maîtrise repose sur un paradoxe qui la distingue de toute domination naïve : on ne commande à la nature qu'en lui obéissant, en se pliant à ses lois pour la fléchir. Connaître d'abord, contraindre ensuite, et seulement dans le sens de ses propres causes. La nature reste une ressource à transformer au service de l'humanité, mais une ressource qui n'obéit qu'à qui l'a d'abord comprise.

Novum Organum, I, §3 et §129

Descartesexplicite

Dès lors que la nature matérielle n'est plus qu'étendue régie par les lois du mouvement, connaître les forces des corps comme on connaît un mécanisme permet de les appliquer à tous les usages, médecine en tête. Descartes substitue à la philosophie spéculative de l'École, qui contemple les essences, une philosophie pratique qui transforme : la fin du savoir n'est plus de comprendre un ordre donné mais de l'asservir. La nature cesse d'être une communauté ou une mère pour devenir un domaine à posséder, un programme qui inaugure le rapport technicien moderne au monde.

Discours de la méthode, VI

Marxexplicite

Chez Marx, le travail transforme la nature tout en développant les capacités humaines : la nature est le « corps inorganique » de l'homme, et cette activité reste un échange matériel dont il dépend. La maîtrise collective de cet échange ne donne pourtant aucun droit de propriété absolu sur la terre : même une société entière n'en est que l'usufruitière, et doit la léguer améliorée aux générations suivantes. La critique de l'agriculture capitaliste montre ainsi que le développement productif devient destructeur lorsqu'il épuise à la fois le travailleur et le sol.

Manuscrits de 1844, premier manuscrit, « Le travail aliéné » · Le Capital, I, « Machinisme et grande industrie », §10 · Le Capital, III, ch. 46

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Hegelinférable

Hegel comprend la nature comme l'Idée sous la forme de l'être-autre : non comme une réalité dépourvue de sens avant l'intervention humaine, mais comme une manifestation de la raison qui n'est pas encore libre. Dans le rapport pratique, il reconnaît à la personne le droit absolu de s'approprier les choses extérieures et d'y mettre sa volonté, la chose n'ayant pas de fin en elle-même. L'analyse du travail montre comment la conscience servile, en formant l'objet, acquiert un rapport nouveau à elle-même. Ces textes favorisent la maîtrise, et n'établissent aucune mission de conservation de la nature.

Encyclopédie des sciences philosophiques, §247-251 · Principes de la philosophie du droit, §44 · Phénoménologie de l'esprit, IV, A (« Domination et servitude »)

Lockeexplicite

Dieu a donné la terre aux hommes pour leur subsistance et leur commodité, « à l'usage des industrieux et des raisonnables », et Locke justifie son appropriation par le travail, qui en multiplie la valeur économique : une terre laissée inculte ne rapporte presque rien. Son argument privilégie donc l'amélioration productive de la nature, non sa conservation pour elle-même. Les restrictions initiales protègent les autres hommes, en interdisant de laisser se perdre ce qu'on s'approprie et en exigeant d'en laisser « assez, et d'aussi bonne qualité » ; l'introduction de la monnaie permet ensuite des possessions inégales qui dépassent les besoins immédiats.

Second traité du gouvernement civil, ch. V, §26-37 · Second traité du gouvernement civil, ch. V, §40-43 et §46-50

Transhumanismeinférable

Prolongeant le projet cartésien de se rendre « maître et possesseur de la nature », dont il abandonne jusqu'au prudent « comme », le transhumanisme étend cette maîtrise à la nature humaine elle-même. L'humain n'est ni un simple membre de l'ordre naturel auquel se conformer, ni seulement son gardien, mais l'agent appelé à le reconfigurer et à diriger consciemment sa propre évolution : la nature n'a pas de normativité, elle est matière à transformer.

Descartes, Discours de la méthode, VI · More, « A Letter to Mother Nature »

Aristoteexplicite

La nature ne fait rien en vain et a tout disposé pour une fin : les plantes pour les animaux, les animaux pour l'homme. Cette téléologie hiérarchique ordonne le vivant à l'usage humain, d'où une orientation nette vers la maîtrise anthropocentrique de la nature.

Politique, I, 8 (1256b) ; Physique, II, 8

Kantinférable

Dans la téléologie kantienne, l'homme peut être regardé comme la « fin dernière » de la nature, parce qu'il se propose des fins et se sert des autres êtres comme de moyens ; la culture développe cette aptitude à poursuivre des fins en général, sans suffire à le moraliser. Seul l'homme comme sujet de la loi morale est un but final, qui ne dépend d'aucune autre fin. Kant condamne aussi la destruction gratuite des beautés de la nature, mais comme un manquement envers soi-même : elle affaiblit la disposition à aimer quelque chose sans intérêt, qui prépare la moralité, et ne viole aucun devoir envers la nature.

Critique de la faculté de juger, §83-84 · Métaphysique des mœurs, Doctrine de la vertu, §17 (AA VI, 443)

Les Lumièresexplicite

Dans le sillage de et de , le courant tient la nature pour un champ à connaître afin de la maîtriser et de la mettre au service de l'homme : savoir, c'est pouvoir, et le progrès des sciences vaut par les maux qu'il soulage. Cet anthropocentrisme conquérant n'est pourtant pas sans contrepoint : conteste déjà l'idée que les arts et la domestication du monde nous aient rendus meilleurs, amorçant une critique qui ne mûrira que plus tard.

Bacon, Novum Organum, livre I · Buffon, Histoire naturelle

Aristotélismeexplicite

L'ordre naturel est pour l'aristotélisme hiérarchique et finalisé : rien dans la nature n'est vain, et les plantes existent en vue des animaux, les animaux en vue de l'homme. Cet anthropocentrisme téléologique, où le reste de la nature est ordonné à l'usage humain, incline nettement vers la maîtrise, sans nier pour autant que l'homme demeure lui-même un vivant inscrit dans cet ordre.

Aristote, Politique, I, 8

Thomas d'Aquininférable

De l'ordre des créatures à l'homme découle une vision où la nature est confiée à son usage, mais cet usage est encadré : l'homme n'est pas propriétaire absolu, il administre une création qui reste l'œuvre de Dieu et qui porte partout sa trace. La position incline vers la maîtrise, mais une maîtrise responsable, plus proche de la gérance que de l'exploitation prométhéenne que la modernité revendiquera.

Somme contre les Gentils, III, 112 ; Somme théologique, Ia, q. 96

Millinférable

Dans « La Nature », Mill récuse l'idée que l'ordre naturel fournisse une norme morale : l'action utile consiste précisément à en corriger le cours spontané, et la nature commet chaque jour ce que nous punirions chez les hommes. Il ne fait pourtant pas de la transformation productive une fin sans limites : cultiver toute terre susceptible de nourrir les hommes, labourer chaque friche fleurie ou pâture naturelle, exterminer les oiseaux et quadrupèdes non domestiqués comme concurrents pour la nourriture, ce serait sacrifier la beauté et la solitude nécessaires à l'épanouissement humain. Sa défense de l'« état stationnaire » associe ainsi amélioration de la nature et préservation d'espaces sauvages, sans poser d'égalité morale entre toutes les formes de vie.

Trois essais sur la religion, « La Nature » (posthume, 1874) · Principes d'économie politique, IV, ch. 6, §2

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La puissance technique de l'humanité lui confère une responsabilité inédite : préserver la nature et les conditions d'une vie authentiquement humaine. L'homme n'est ni propriétaire ni simple élément du monde, mais son gardien.

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Figures associées: Jonas
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Jonasexplicite

pose expressément la question que l'éthique ancienne ne pouvait se poser : la biosphère, devenue vulnérable à notre action, est-elle désormais confiée à notre garde ? Sa réponse fait de l'homme le gardien, non le propriétaire, de la nature : la puissance qui la menace est la seule qui puisse la préserver. Cette garde ne fait pas de lui un vivant parmi d'autres, puisqu'il est le seul être capable de responsabilité et que l'impératif premier reste qu'il y ait une humanité. Le pôle du gardiennage est, pour une large part, sa position même.

Le Principe responsabilité, ch. I

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Ellulexplicite

Lisant la Genèse, refuse d'y trouver un mandat d'exploitation : l'homme est appelé à représenter Dieu dans la création, et donc à exercer sa « domination » comme Dieu l'exerce, non pour la puissance mais « en tant que représentant de l'amour de Dieu ». Adam ne soumet pas les animaux, il les nomme. Sa sociologie donne l'autre versant : en voulant maîtriser la nature, l'homme s'est enfermé dans un milieu technique plus contraignant que celui qu'il fuyait, le .

« Le rapport de l'homme à la création selon la Bible » · Le Système technicien (1977), Ire partie

Heideggerinférable

Dans , les mortels habitent en « sauvant » la terre, ce que précise : la laisser à son être propre, la ménager, non s'en rendre maître ni se l'assujettir, ce qui n'est qu'un pas vers l'exploitation sans limite. La lui retire de même le rang de maître de l'étant pour lui assigner une garde, celle de l'être. Cette garde n'est pas la responsabilité morale d'une gestion écologique : c'est un rapport de laisser-être opposé à la technique, que les lectures écologiques de Heidegger ont reprise sous ce nom. Elle ne fait pas de l'homme un vivant parmi d'autres, puisqu'il maintient un abîme entre l'existence humaine et l'animal « pauvre en monde ».

Bâtir habiter penser (conférence 1951, publ. 1954) · Lettre sur l'humanisme (écrite 1946, publ. 1947) · Les Concepts fondamentaux de la métaphysique (cours 1929-1930), §42-63

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L'être humain n'occupe aucune position privilégiée dans la nature : il est un vivant parmi d'autres, inséré dans un réseau d'interdépendances. Toutes les formes de vie ont une valeur propre, indépendante de leur utilité pour nous.

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Figures associées: Næss
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Taoïsmeexplicite

Toute chose, jusqu'au ciel et à la terre, prend modèle sur plus originaire qu'elle, et au terme de la série le ne prend modèle que sur la : l'homme n'occupe donc aucune place de surplomb, il est un être parmi les êtres, suspendu au même ordre. La place juste n'est pas de soumettre la nature mais de s'y conformer comme on suit une pente : prétendre la corriger, c'est se croire plus sage que ce qui nous a faits. Le taoïsme renverse ainsi l'anthropocentrisme implicite des écoles qui font de l'ordre humain, des rites et du gouvernement le sommet du réel.

Laozi, Dao De Jing, ch. 25 · Zhuangzi, ch. 17 (Les crues d'automne)

Zhuangziexplicite

L'homme n'a ni à maîtriser la nature ni à la gérer en intendant : il lui faut « laisser les choses être ce qu'elles sont » et accorder son agir au leur. Le bonheur des poissons que Zhuangzi prétend connaître en les regardant nager, sa polémique avec à ce sujet, disent une continuité vécue entre l'homme et le vivant qui rend vaine toute position de surplomb. Suivre le naturel, ce n'est pas exploiter ni protéger, c'est se savoir membre du même flux, exactement à l'opposé du prométhéisme.

Zhuangzi, ch. 17 (le bonheur des poissons) · Zhuangzi, ch. 7 (le maître ne s'oppose à rien)

Laoziexplicite

« L'homme prend modèle sur la terre, la terre sur le ciel, le ciel sur le Dao, et le Dao sur ce qui est ainsi de soi-même » : loin de dominer la nature, l'homme s'insère dans un emboîtement où il prend rang après elle. Il n'est ni maître ni gardien chargé d'une mission, mais un être parmi d'autres appelé à suivre le du vivant. Cette inscription humble dans l'ordre naturel le rapproche de l'écologie profonde de Næss.

Dao De Jing, ch. 25 · Dao De Jing, ch. 51 et 64

Le romantismeexplicite

L'homme n'est pas le maître et possesseur d'une nature-objet, mais une voix dans le grand tout vivant : il s'y enracine et y communie, et c'est dans le sentiment de cette appartenance, non dans la domination, qu'il se découvre. Contre le projet baconien et cartésien de soumettre la nature, le promeneur romantique y cherche un miroir de l'âme et la présence de l'infini ; y voit un même esprit qui dort dans la pierre et s'éveille en nous.

Wordsworth, Tintern Abbey · Schelling, Idées pour une philosophie de la nature

Éthique environnementaleexplicite

Contre le programme de et , l'homme « maître et possesseur de la nature », le courant refuse la comme rapport premier au monde naturel. Il se partage entre deux réponses : l'homme d'une communauté du vivant, sans position privilégiée, chez et ; ou responsable que sa puissance même oblige, chez .

Næss, Écologie, communauté et style de vie (1976) · Jonas, Le Principe responsabilité (1979)

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Michel de Montaigneinférable

« La présomption est notre maladie naturelle et originelle. » Dans l'« Apologie », Montaigne attaque l'orgueil par lequel l'homme s'attribue un rang supérieur et distribue à son gré leurs facultés aux autres animaux : ses comparaisons avec les bêtes mettent en défaut les preuves de notre exception, plutôt qu'elles n'établissent une zoologie. Dans « De la cruauté », il reconnaît des obligations envers les autres créatures, tout en distinguant la justice due aux hommes de « la grâce et la bénignité » dues aux bêtes : « il y a quelque commerce entre elles et nous, et quelque obligation mutuelle ». Ce décentrement le rapproche du « membre parmi d'autres », sans établir d'égalité morale de tous les vivants.

Essais, II, 12 (« Apologie de Raymond Sebond ») · Essais, II, 11 (« De la cruauté »)

Schopenhauerinférable

Le même vouloir s'objective par degrés dans la gravitation, le cristal, la plante, l'animal et l'homme : notre place dans la nature n'est pas celle d'un maître mais d'un degré parmi d'autres d'une seule et même énergie aveugle. Cette parenté métaphysique fonde des devoirs directs envers l'animal et récuse l'idée que l'homme serait le propriétaire souverain du vivant.

De la volonté dans la nature ; Le Fondement de la morale, §19

Marc Aurèleinférable

L'homme n'est pas un empire dans un empire mais une partie du tout cosmique, apparenté à tous les êtres qui en procèdent : étant une partie, dit-il, je ne me plaindrai d'aucune part qui m'est assignée par le tout. Plus que maître ou gardien du monde, Marc Aurèle se voit membre parmi d'autres d'un seul grand vivant.

Pensées pour moi-même, X, 6 · Pensées pour moi-même, IX, 9 · Pensées pour moi-même, IV, 40

Simondoninférable

n'a pas écrit d'éthique de la nature ; sa position se déduit de son ontologie. Rien n'y existe comme un individu achevé posé face à un monde : tout être s' au sein d'un milieu avec lequel il forme un système. L'homme ne fait pas exception, puisque son individuation psychique et collective prolonge l'individuation vitale. La technique obéit à la même logique. L'objet technique concret forme avec son milieu un couplage, le , à la fois technique et géographique : la turbine Guimbal est entraînée par l'eau du fleuve, qui la refroidit en même temps. Cette vision systémique ne supprime pas l'action transformatrice, puisque l'homme agit sur le milieu qu'il exploite et aménage, mais elle en fait une part mineure : Simondon dénonce le schème du maître et de l'esclave appliqué aux machines. D'où un partage où domine l'appartenance à un réseau, avec une part de gardiennage et une part mineure de maîtrise. L'appartenance traduit l'insertion de l'homme dans un réseau d'interdépendances, non une doctrine de la valeur propre des vivants, qu'il ne développe pas. La part de gardiennage traduit le rôle singulier qu'il garde, celui d'organisateur et d'interprète des ensembles techniques, qui doit en comprendre et en régler les relations : une responsabilité de compréhension plus qu'une éthique de préservation. La position est une reconstruction : elle tire d'une ontologie de l'individuation une place de l'homme que Simondon ne formule pas en termes moraux.

Du mode d'existence des objets techniques (1958), introduction et Ire partie (le milieu associé, la turbine Guimbal) · L'Individuation à la lumière des notions de forme et d'information (thèse 1958, publ. 2005), introduction

Rousseauinférable

Contre le projet baconien de se rendre maître et possesseur de la nature, Rousseau oppose l'harmonie de l'homme avec un ordre naturel dont l'éloignement fait son malheur. La nature n'est pas un matériau à exploiter mais un modèle et un refuge ; l'homme y est d'abord un vivant parmi d'autres, non un souverain.

Rousseau, Discours sur l'origine de l'inégalité · Rousseau, Les Rêveries du promeneur solitaire

Vousvous n'avez pas encore pris position sur cet axe.Situez-vous →25 figures · 6 courants cartographiés
Problèmes

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  • PrescriptifMorale Expérience de pensée
    Le dernier homme

    Si le dernier être humain pouvait, en mourant, anéantir sans témoin toute vie restante, commettrait-il une faute ? La nature n'a-t-elle de valeur que pour nous, ou vaut-elle par elle-même, indépendamment de tout regard humain ?

    le monde vivant
Aller plus loin

Sous-problèmes creuser la discussion de cet axe

  • Descriptif
    Une créature à part ?

    L'homme est-il un être à part, tenu par la raison et l'esprit au-dessus de la nature et porteur d'une dignité singulière, ou un vivant issu d'elle, continu avec l'animal et soumis comme lui à ses lois ? La posture qu'on adopte en dépend.

    l'être humain
  • PrescriptifVitale
    La domination de la nature

    Commander à la nature en la comprenant a fait reculer la faim et la maladie ; mais la volonté de la dominer ne se retourne-t-elle pas en domination de l'homme, réduisant le monde à un simple stock disponible ? La maîtrise émancipe-t-elle, ou appauvrit-elle à la fois la nature et nous ?

    la nature comme ressource
  • PrescriptifEsthétique
    Sanctuaire ou jardin

    Faut-il laisser la nature sauvage et intacte, préserver la part que nous n'avons pas faite, ou l'idéal est-il une nature soignée et jardinée, que le soin humain achève au lieu de la violer ? Et reste-t-il seulement une nature « intacte » à sauver ?

    une nature sauvage
  • Descriptif
    Faut-il suivre la nature ?

    La nature est-elle un ordre sage qu'il faut imiter et respecter, ou une puissance aveugle qui broie et affame sans égard pour le bien ? Dire d'une chose qu'elle est naturelle nous apprend-il quoi que ce soit sur sa valeur ?

    l'ordre naturel

Problèmes liés élargir vers d'autres axes

  • PrescriptifMorale
    La souffrance des animaux sauvages

    Si la souffrance des animaux nous oblige, celle qu'ils s'infligent entre eux nous oblige-t-elle aussi ? Devrions-nous intervenir contre la prédation et les maux de la nature que nous n'avons pas causés, ou est-ce présumer que nous avons à les corriger ?

    la prédation dans la natureCercle moral
  • PrescriptifMorale
    L'individu ou le tout

    L'écologie valorise l'intégrité de la communauté biotique, quitte à abattre les animaux d'une espèce envahissante pour préserver l'ensemble : la valeur est-elle dans le tout, ou dans chaque individu sensible que cette gestion sacrifie ?

    la communauté biotiqueCercle moral
  • PrescriptifVitale
    La maîtrise de la nature

    Depuis Bacon et Descartes, la technique promet de nous rendre « comme maîtres et possesseurs de la nature » ; elle a fait reculer la faim et la maladie, mais déchaîne aussi des forces que nul ne gouverne : cette maîtrise à moitié tenue est-elle en chemin, ou contradictoire dans son principe ?

    la natureRapport à la technique

Tous les problèmes →

Citations
Au lieu de cette philosophie spéculative qu'on enseigne dans les écoles, on en peut trouver une pratique […] et ainsi nous rendre comme maîtres et possesseurs de la nature.
Descartes · Discours de la méthode, VI

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L'homme n'est pas le maître de l'étant. L'homme est le berger de l'être.
Heidegger · Lettre sur l'humanisme (1946)

Voir dans les citations

L'homme prend modèle sur la terre, la terre sur le ciel, le ciel sur le Dao, et le Dao sur lui-même.
Laozi · Dao De Jing, ch. 25

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On ne commande à la nature qu'en lui obéissant.
Bacon · Novum Organum, livre I, aphorisme 3

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Vois comme les poissons sortent et folâtrent à leur aise : voilà le bonheur des poissons !
Zhuangzi · ch. 17 (Les crues d'automne)

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