Un résultat juste, ou des échanges justes ?
Sur l'axe: Justice distributive · une répartition
Une répartition est-elle juste selon le résultat qu'elle produit, un certain partage des richesses, ou selon la manière dont chacun a légitimement acquis ce qu'il détient, par le travail et l'échange libre ?
Ce problème est mis en évidence par l'expérience de pensée Wilt Chamberlain, la liberté contre l'égalité :
Partons d'une société où les richesses sont réparties exactement comme vous la jugez juste, à parts égales si vous voulez. Un joueur de basket très admiré, Wilt Chamberlain, propose ses matchs ; un million de spectateurs, ravis, glissent chacun de leur plein gré une petite pièce pour le voir jouer. À la fin de la saison, il est devenu bien plus riche que tous les autres. Personne n'a été lésé, chacun a donné ce qu'il voulait, et pourtant la belle égalité du départ a disparu.
Nozick, Anarchie, État et utopie (1974)
Cette nouvelle inégalité est-elle injuste ? Et pour la corriger, faudrait-il interdire à des gens d'utiliser librement ce qui leur appartient ?
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Justification
Si la terre est donnée en commun à tous, comment un bien peut-il devenir mien sans le consentement de chacun ? La réponse de Locke part d'un titre antérieur à tout pacte : chacun est propriétaire de sa propre personne, donc du travail de son corps. En mêlant ce travail à une chose commune, j'y incorpore quelque chose qui est déjà mien et l'en retire légitimement, sans devoir l'accord d'autrui. La propriété est ainsi un droit naturel fondé sur le travail, antérieur à l'État, ce qui place Locke du côté de l'axe. Mais la fameuse clause lockéenne, en laisser « assez et d'aussi bon pour les autres », y inscrit d'emblée une limite morale à l'appropriation.
Le travail de son corps et l'ouvrage de ses mains sont proprement à lui : ce qu'il a tiré de l'état où la nature l'avait laissé, il y a joint son travail, et y a ajouté quelque chose qui est à lui.Traités du gouvernement civil, II, ch. 5, §27
Traités du gouvernement civil, II, ch. 5 (« De la propriété », travail et clause lockéenne)
Repères: Nozick · Locke · Rawls