Rapport à soi· Existernoyaudifficulté
Après la mort
Quelque chose de nous survit-il à la mort ?
C'est peut-être la plus ancienne question humaine : les tombes sont plus vieilles que l'écriture. Si une âme survit, si quelque chose renaît, et la vie présente devient préparation, épreuve ou passage ; si rien ne survit, tout ce qui compte doit tenir entre la naissance et la fin. Se positionner, c'est dire ce que la mort termine vraiment, et ce qu'on peut, sans se payer de mots, espérer lui voir échapper.
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: une âme, un principe spirituel, qui poursuit son existence après la dissolution du corps. La mort n'est alors pas une fin mais une séparation ; ce que nous avons de plus propre est précisément ce qui ne peut pas mourir.
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Arguments et objections (3)
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La mort n'est pas une fin mais un relais : quelque chose se poursuit de vie en vie, héritant des actes accomplis. Nul créateur n'est requis pour que cette loi opère, la mémoire n'accompagne généralement pas le passage, et ce qui renaît n'est pas forcément une âme : la vie présente hérite des précédentes et prépare les suivantes.
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La personne finit avec le corps : . Ce qui demeure n'est pas elle : des œuvres, des enfants, une mémoire chez d'autres, des traces qui durent tant qu'on les porte. La seule éternité disponible est celle des choses faites, non de celui qui les a faites.
Explorer cette position →Russellexplicite
L'argument est direct et empirique : tout ce que nous savons du caractère et de la mémoire les montre liés à l'organisation du cerveau, qui se défait à la mort ; rien n'autorise donc à penser que ce qui dépend ainsi d'une structure lui survive. Russell ne prétend pas démontrer l'impossibilité de la survie : il déplace la charge de la preuve, puis diagnostique le motif de la croyance contraire, qui n'est pas crue parce qu'on a des raisons de la croire mais parce que la mort fait peur, et l'explication d'un désir n'est pas une preuve. Ce qui disparaît est à ses yeux la personne elle-même, et l'admettre est la condition d'une vie sans mensonge.
« Survivons-nous à la mort ? » (1936) · Pourquoi je ne suis pas chrétien (1927)
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- Descriptif QuestionSerait-ce encore moi ?
Une âme sans mémoire, un corps re-créé, un flux qui renaît sous une autre forme : à quelles conditions le survivant serait-il moi, et non un autre qui me ressemble ou me continue ?
le survivant
Sous-problèmes creuser la discussion de cet axe
- DescriptifÂme immortelle ou résurrection ?
La survie tient-elle à la nature de l'âme, ou à un acte de Dieu qui rétablit la personne entière, corps compris ? Athènes et Jérusalem divergent ici, et le corps re-créé pose une énigme : serait-il le même, ou une copie parfaite ?
la personne ressuscitée - DescriptifRenaître sans âme ?
Si aucun soi substantiel ne voyage de vie en vie, qu'est-ce qui renaît, et en quel sens mes actes présents concernent-ils celui qui en héritera le fruit ? La flamme qui en allume une autre est-elle la même ou une autre ?
ce qui renaît - DescriptifPenser sans cerveau ?
L'esprit naît, mûrit et défaille avec le corps, s'enivre avec lui, s'éteint sous un choc : ces liaisons prouvent-elles que la pensée meurt avec la chair, ou seulement que l'instrument conditionne l'usage sans être le musicien ?
l'esprit et le cerveau - DescriptifCroire ce qu'on espère ?
La survie est ce que nous avons le plus de raisons de désirer et le moins de moyens de vérifier : la croyance qui console est-elle par là suspecte, ou l'origine d'un espoir ne dit-elle rien de sa vérité ?
la croyance en la survie - DescriptifSurvivre dans ses œuvres ?
Les œuvres, les enfants, la mémoire prolongent un nom, non une conscience : cette immortalité par procuration mérite-t-elle le mot de survie, ou n'est-elle qu'une consolation qui en détourne le sens ?
les traces laissées
Problèmes liés élargir vers d'autres axes
- DescriptifL'instrument ou la source
Un verre de vin, une lésion, l'âge : le corps altère la pensée jusqu'au caractère. Cette dépendance prouve-t-elle que l'esprit est corporel de part en part, ou seulement que son instrument est abîmé, comme un musicien devant un violon cassé ?
la dépendance de l'esprit au corpsL'énigme de la conscience - DescriptifQuelque chose survit-il ?
L'âme, ou quelque chose de nous, échappe-t-il à la dissolution du corps, ou la conscience s'éteint-elle avec lui : et si une part survivait, serait-ce encore vraiment nous ?
l'âmeLa mort