Entre adultes consentants
Sur l'axe: Exigence morale · l'acte consenti
Si personne n'est lésé sans son accord, la morale n'a-t-elle plus rien à dire ? Mill lui-même refuse qu'on se vende comme esclave : le consentement suffit-il à tout permettre, ou existe-t-il des torts qu'on se fait à soi-même ?
Justification
Maximiser le bonheur général expose à une exigence morale potentiellement très lourde, puisque toute action peut être pesée à l'aune du plus grand bien. Mill tempère pourtant ce maximalisme : la conduite quotidienne se règle sur des règles secondaires éprouvées, et il n'attend pas de chacun le mobile constant du bien universel, mais seulement qu'il ne nuise pas et contribue à l'occasion.
L'Utilitarisme, ch. 2 (les règles secondaires et le mobile des actions)
Justification
Le principe de De la liberté est négatif : le seul motif légitime de contraindre un individu est d'empêcher qu'il ne nuise à autrui. Sur lui-même, sur son corps et son esprit, chacun est souverain. La liberté se mesure à l'espace soustrait à l'interférence.
De la liberté, ch. I
Justification
L'exigence morale est élevée : agir toujours par devoir et non par simple conformité, soumettre toutes ses maximes à la loi universelle. Kant tempère toutefois en distinguant les devoirs parfaits, stricts et sans exception, des devoirs imparfaits comme la bienfaisance ou le développement de ses talents, qui laissent une latitude au jugement, ce qui retient d'un maximalisme extrême.
Fondements de la métaphysique des mœurs, section II · Métaphysique des mœurs, Doctrine de la vertu
Repères: Mill · Ruwen Ogien · Kant
mène à: Liberté politique (Libéré malgré soi)