← Tous les problèmes

PrescriptifExistentielle

Vivre, ou se préparer à vivre

Sur l'axe: Orientation temporelle · le temps d'une vie

On remet sans cesse de vivre à un avenir qui, souvent, ne vient pas : la vie s'écoule pendant qu'on la prépare. Mais à ne plus rien projeter, à renoncer à tout but, ne perd-on pas ce qui donne à l'existence une direction et un élan ?

Positions de philosophes

Sénèque

Majeur
85
10
5
Justification

La plainte courante sur la brièveté de la vie repose, selon le , sur une erreur de comptable : nous n'avons pas reçu peu de temps, nous en perdons beaucoup. L'argument déplace le problème du destin vers l'usage : les affairés, esclaves de mille occupations, n'ont jamais vécu, car ils renvoient sans cesse leur vie à plus tard. Seul le présent nous appartient en propre, le passé étant fixé et l'avenir incertain ; revendiquer son temps comme on défend un bien, c'est cesser de le brader et commencer enfin à vivre.

Ce n'est pas que nous ayons peu de temps, c'est que nous en perdons beaucoup.De la brièveté de la vie, I

De la brièveté de la vie, I-III et XIV (nous gaspillons le temps) · Lettres à Lucilius, I (revendique pour toi ton propre temps)

Sartre

inférable
15
80
5
Justification

Le pour-soi est tendu vers l'avenir : il se définit par le projet, ce vers-quoi il se jette en avant, et n'est jamais figé dans son passé, qu'il a toujours à reprendre et à resignifier. Vivre, c'est se pro-jeter ; le présent lui-même n'a sens que rapporté à ce que l'on se fait être. L'orientation est donc résolument celle du projet, non de la mémoire ni du pur instant.

L'Être et le Néant, 2e partie, ch. 2 (la temporalité, l'ekstase du futur)

Repères: Sénèque · Pascal · Sartre

mène à: Attention et divertissement