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Descriptif

Ce que la physique laisse en blanc

Sur l'axe: L'énigme de la conscience · l'étoffe du monde matériel

La physique décrit la matière par ce qu'elle fait : une masse résiste, une charge attire. Chaque terme renvoie à un autre et jamais à ce que la chose est en elle-même. Cette place vide attend-elle une réponse, ou la question de l'étoffe du monde est-elle un faux besoin ?

Positions de philosophes

Russell

Majeur
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Justification

Russell refuse les deux camps hérités : ni la matière ni l'esprit ne sont fondamentaux, tous deux sont construits à partir d'une même étoffe neutre, faite d'événements que l'on peut grouper selon les lois de la physique ou selon celles de la psychologie. Il y ajoute une remarque qui a fait fortune : la physique ne nous livre que la structure des choses, jamais leur nature intrinsèque, et la seule portion du monde que nous connaissions autrement que par sa structure est notre propre expérience, qui est justement ce qui se passe dans un cerveau. On appelle depuis la famille de positions qui logent le vécu dans cette place laissée vide, au prix d'un glissement : Russell, qui adopte le monisme neutre en 1921 après l'avoir longtemps combattu, tient l'étoffe pour neutre, c'est-à-dire pour ni mentale ni physique, là où plusieurs de ses héritiers la peuplent de propriétés expérientielles qu'il refusait.

L'Analyse de l'esprit (1921) · L'Analyse de la matière (1927)

Majeur
−0.8
Rationalisme critique
Justification

La thèse est posée comme une limite, non comme un éloge : ce que la science ne peut découvrir, l'humanité ne peut pas le savoir, ce qui ne signifie pas que la science réponde à tout, mais qu'aucune autre voie ne donne de connaissance. Russell réserve aussitôt un domaine entier : les questions de valeur, qui ne relèvent ni du vrai ni du faux et sur lesquelles la science n'a rien à dire, ce qui le distingue d'un scientisme complet. La religion n'est pas écartée parce qu'elle consolerait mal, mais parce qu'elle prétend au savoir sans en avoir les moyens.

Toute connaissance accessible doit être atteinte par des méthodes scientifiques ; et ce que la science ne peut découvrir, l'humanité ne peut le savoir.Science et religion (1935)

Science et religion (1935), ch. IX « Science et éthique » · L'Impact de la science sur la société (1952)

Strawson

Majeur
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Justification

Strawson part d'une certitude qu'il juge plus solide qu'aucune théorie : l'expérience existe, elle est ce dont nous sommes le plus sûrs. Il refuse ensuite l'émergence brute : qu'une matière absolument dépourvue d'intériorité produise du vécu par simple complexification lui paraît non pas mystérieux, mais inintelligible. Si l'on tient par ailleurs que tout est physique, il ne reste qu'une issue : le physique comporte déjà, à son niveau fondamental, quelque chose d'expérientiel. Il présente donc son comme un physicalisme réel, non comme l'ajout d'un esprit à une matière par ailleurs inerte.

« Realistic Monism — Why Physicalism Entails Panpsychism » (2006)

Repères: Russell · Eddington · Strawson

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