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Descriptif

Le mal contre Dieu

Sur l'axe: Existence de Dieu · le mal dans le monde

Un Dieu à la fois tout-puissant et bon laisserait-il souffrir l'innocent, ou le mal du monde est-il compatible avec son existence ?

Positions de philosophes

Épicure

Majeur
−0.3
Agnosticisme (Huxley)
Justification

Épicure part de la prénotion commune des dieux comme êtres bienheureux et incorruptibles, et la prend au sérieux jusqu'au bout : un être parfaitement heureux ne connaît ni colère ni faveur, car le souci et l'effort de gouverner un monde trahiraient un besoin, donc une imperfection. Il s'ensuit que les dieux, relégués dans les intermondes, n'exercent aucune et ne distribuent ni récompense ni châtiment : la piété populaire, qui les imagine jaloux et vengeurs, est la véritable impiété. Cette théologie n'est donc pas un athéisme honteux, dont on l'accusa, mais une stratégie thérapeutique, le premier remède du qui retire à la peur des dieux son fondement.

L'être bienheureux et incorruptible n'a pas de soucis lui-même et n'en cause pas à autrui ; il n'est donc accessible ni à la colère ni à la faveur.Maximes capitales, I

Lettre à Ménécée, 123-124 (les dieux bienheureux, sans souci des hommes) · Maximes capitales, I (l'être bienheureux et incorruptible ne connaît ni trouble ni colère)

inférable
0
0
5
95
Justification

Le dilemme dit épicurien, transmis par Lactance, conclut qu'un Dieu à la fois bon et tout-puissant est incompatible avec l'existence du mal : ou il veut l'empêcher sans le pouvoir, ou il le peut sans le vouloir. Chez Épicure, les dieux bienheureux ne se mêlent pas du monde.

Lactance, De la colère de Dieu, 13 (dilemme attribué) ; Lettre à Ménécée

Leibniz

Majeur
−0.9
Agnosticisme (Huxley)
Justification

Dieu est la substance suprême, nécessaire et personnelle, cause de l'harmonie préétablie et auteur du choix du meilleur monde. Leibniz le prouve par plusieurs voies : la raison suffisante de l'univers contingent doit être hors de lui ; les vérités éternelles supposent un entendement divin ; il reprend et corrige l'argument ontologique. C'est un théisme au sens plein, providentiel et créateur, et non le Dieu impersonnel de , qu'il combat.

Monadologie, §38-45 (Dieu, raison suffisante, source des vérités éternelles) · Essais de théodicée, §7-8 (Dieu, cause du meilleur monde)

Majeur
100
0
0
0
Justification

Le mal n'est pas une réalité positive que Dieu aurait produite, mais une privation, une limitation inhérente à toute créature finie (mal métaphysique), dont découlent la souffrance (mal physique) et la faute (mal moral). Dieu ne veut pas le mal, il le permet seulement lorsqu'il est la condition d'un bien plus grand dans l'économie du tout. C'est la théodicée, mot que Leibniz forge pour justifier Dieu face à l'argument du mal : il transforme l'objection en montrant qu'un monde sans aucun mal serait moins parfait que le nôtre, et donc indigne d'un créateur sage. La position est résolument justificatrice plutôt que tragique ou révoltée.

Essais de théodicée

Repères: Épicure · Leibniz

mène à: Le problème du mal (L'énigme d'Épicure)