Vivre de fictions
Sur l'axe: Valeur de la vérité · une fiction qu'on sait fausse
Un idéal, une œuvre, un « comme si » qu'on sait fictifs ne trompent personne : ces fictions assumées font-elles le travail vital qu'on prête aux illusions, sans le prix du faux, ou ne sont-elles qu'une illusion qui s'ignore ?
Justification
Le premier, il retourne la question : d'où vient que nous voulions le vrai plutôt que l'illusion, et si cette volonté de vérité était elle-même une foi héritée, le dernier avatar de l'idéal ascétique ? La vie exige des perspectives, des fictions, de l'art ; non que Nietzsche prêche le mensonge confortable : sa probité est impitoyable, mais elle s'exerce au service de la vie, qui reste l'instance qui évalue.
Nous avons l'art pour ne pas périr de la vérité.Fragments posthumes, printemps 1888, 16 [40]
Par-delà bien et mal, §1 (1886) · Généalogie de la morale, III (1887)
Justification
Ce n'est qu'en tant que phénomène esthétique que l'existence et le monde sont justifiés à jamais : la thèse de la subordonne le sens de la vie au registre esthétique plutôt que moral. L'art, et non la morale, est l'activité proprement métaphysique de l'homme.
Ce n'est qu'en tant que phénomène esthétique que l'existence et le monde apparaissent comme justifiés à jamais.La Naissance de la tragédie, §5
La Naissance de la tragédie, §5 et §24 · La Naissance de la tragédie, « Essai d'autocritique », §5
Repères: Nietzsche · Vaihinger
mène à: Le beau dans la vie (La beauté sauve-t-elle ?)