Une première cause, ou une régression sans fin ?
Sur l'axe: Existence de Dieu · la série des causes
La série des causes doit-elle avoir un premier terme qui ne dépend de rien, et pourquoi ce terme échapperait-il à la question qu'on pose à tout le reste ?
Justification
Thomas refuse à la fois le fidéisme, qui tiendrait l'existence de Dieu pour une simple affaire de foi, et l'argument ontologique d', qui prétendait la déduire du seul concept : pour un esprit fini, l'existence de Dieu n'est pas évidente par soi, elle se démontre à partir des effets. De là les , qui partent toutes d'un fait d'expérience (le mouvement, la causalité, le contingent, les degrés de perfection, l'ordre des fins) et remontent, pour éviter une régression à l'infini, jusqu'à un premier terme : moteur immobile, cause incausée, être nécessaire. Le théisme est donc tenu pour rationnellement établi, et non pas seulement cru.
Tout ce qui est mû est mû par un autre ; il faut donc en venir à un premier moteur qui ne soit mû par rien, et c'est lui que tous appellent Dieu.Somme théologique, Ia, q. 2, a. 3 (la première voie)
Somme théologique, Ia, q. 2, a. 3 (les cinq voies) · Somme contre les Gentils, I, 13
Justification
Dans les Dialogues sur la religion naturelle, Hume démonte l'argument du dessein : l'ordre du monde n'autorise aucune inférence sûre vers un créateur infini, sage et bon, surtout face au mal. Sans professer un athéisme ferme (il maintient une vague cause ou des causes de l'ordre), il vide le théisme de tout contenu déterminé : la position penche nettement du côté de l'agnosticisme et de l'athéisme.
Dialogues sur la religion naturelle (notamment parties V, VIII et XI) · Histoire naturelle de la religion
Repères: Thomas d'Aquin · Hume · Russell