Cohérent, mais faux ?
Sur l'axe: Justification de la croyance · un système cohérent
Un ensemble de croyances peut être parfaitement cohérent et pourtant entièrement détaché du réel : un conte bien construit, un délire systématique, une théorie du complot qui explique tout et absorbe chaque objection. Si la cohérence ne suffit pas à toucher le monde, ne faut-il pas que les croyances répondent aussi à quelque chose du dehors, à l'expérience qui les dément ?
Justification
Si toute connaissance du monde vient de l'expérience, il faut qu'il y ait des que l'on n'infère pas : Russell les appelle les données dures, ce qui résiste au maximum d'effort de doute, et il en construit par tout le reste, objets, autres esprits, passé. La difficulté est que ces données sont privées et instantanées, si bien que le monde public doit être reconstruit à grands frais. Russell l'admet et recule : en 1912 il tenait les données pour indubitables, tandis que (1948) leur accorde une base seulement probable, ce qui affaiblit d'autant la fondation.
Notre connaissance du monde extérieur (1914), leçons III-IV · La Connaissance humaine (1948), partie II
Repères: Russell · Schlick