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PrescriptifPolitique et droit Mise en situation

Les limites de la parole

Sur l'axe: Liberté politique · la parole publique

Une parole qui rabaisse sans porter de coup : une société libre doit-elle la protéger au nom de la liberté elle-même, ou la restreindre au nom de la liberté de ceux qu'elle vise ?

Vous siégez au conseil d'un centre culturel. Il y a plusieurs mois, le centre a invité un essayiste connu dont le dernier livre, disent beaucoup, rabaisse tout un groupe de personnes : il les tourne en dérision et met en doute leurs capacités, mais n'appelle à aucune violence. Une pétition exige l'annulation de la conférence ; pour ses signataires, l'accueillir n'est pas débattre, c'est nuire. D'autres répondent qu'annuler trahirait tout ce pour quoi le centre existe. La décision vous revient.

Réponses possibles

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Positions de philosophes

Mill

Majeur
80
10
0
10
Justification

Le principe de De la liberté est négatif : le seul motif légitime de contraindre un individu est d'empêcher qu'il ne nuise à autrui. Sur lui-même, sur son corps et son esprit, chacun est souverain. La liberté se mesure à l'espace soustrait à l'interférence.

De la liberté, ch. I

Majeur
+0.5
Justification

Mill juge un régime à deux titres : ce qu'il fait des affaires publiques et ce qu'il fait des citoyens. La démocratie représentative l'emporte parce qu'elle développe le mieux ceux qui y prennent part, mais cette même participation expose à l'incompétence et à la tyrannie de la majorité. Sa réponse cherche à concilier les deux exigences : un vote plural qui n'exclut personne du suffrage mais pondère les voix selon l'instruction, afin que le nombre ne fasse pas taire la compétence, ce qui l'incline vers l'.

Considérations sur le gouvernement représentatif (1861), ch. 8 (le vote plural) · Considérations sur le gouvernement représentatif, ch. 3 (supériorité du gouvernement représentatif)

Platon

Majeur
+0.9
Justification

L'argument procède par analogie avec les technai, les arts : on ne confie pas le gouvernail au nombre mais au pilote qui sait, et l'on jugerait fou un navire où l'équipage choisirait son capitaine à la voix. Gouverner est de même un savoir, celui du Bien et de la justice, qui ne s'acquiert qu'au terme d'une longue éducation. Platon en déduit, contre la athénienne qui a condamné , que l'autorité doit revenir à la compétence et non à l'opinion du plus grand nombre. La thèse est d'autant plus tranchante qu'elle s'attaque au régime dominant de sa cité.

République, V, 473c-e · République, VI, 488a-489d (métaphore du navire)

Repères: Mill · Spinoza · Platon · Popper

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