La nature insatiable des désirs
Sur l'axe: Rapport au désir · assouvir un désir
Chaque désir comblé renaît ou cède la place à un autre, et le plaisir retombe aussitôt : assouvir ses désirs peut-il jamais nous combler, ou le désir n'a-t-il pas de terme, et faut-il alors en sortir ?
Justification
Les appétits forment la partie la plus basse de l'âme et doivent être maîtrisés et réduits sous la conduite de la raison, car l'âme livrée à ses désirs devient « un tonneau percé » que rien ne comble. Platon ne prône pas l'extinction du désir mais sa réorientation : l'éros sublimé devient l'élan qui porte l'âme vers le Beau et le Bien.
Gorgias, 493a-494a · République, IX, 571a-580a
Justification
Vouloir, c'est manquer : tout désir naît d'une privation douloureuse, et sa satisfaction, purement négative, retombe aussitôt dans un nouveau désir ou dans l', qui découvre le vide de l'existence dès que rien ne l'occupe. La roue d' ne s'arrête un instant que dans la contemplation désintéressée, et ne se brise que dans la négation du vouloir ; à qui ne peut renoncer, les Aphorismes ne concèdent qu'une économie prudente du désir.
Ainsi la vie oscille, comme un pendule, de droite à gauche, de la souffrance à l'ennui.Le Monde comme volonté et comme représentation, §57
Le Monde comme volonté et comme représentation, §57
Repères: Platon · Schopenhauer