Être bon ou bien agir
Sur l'axe: Critère du juste · l'agent
La morale est-elle affaire d'actes à juger un par un selon des règles, ou d'abord du caractère d'une personne, de qui l'on est et de la façon dont on a appris à voir les situations ?
Justification
Contre l'intellectualisme socratique, pour qui nul ne fait le mal volontairement et la vertu se réduit à un savoir, Aristote observe que connaître le bien ne suffit pas à l'accomplir : la vertu n'est pas une science mais une disposition (hexis) du caractère, acquise par la répétition d'actes justes comme on devient citharède en jouant de la cithare. La bonne action ne se déduit donc d'aucune règle générale : elle consiste à viser, en chaque situation, le relatif à nous entre l'excès et le défaut, déterminé par la de l'homme avisé. D'où une morale réglée ni sur les conséquences ni sur une loi, mais sur le type d'homme que l'on devient.
Éthique à Nicomaque, II, 1 et 6
Repères: Aristote · Anscombe