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Descriptif Expérience de pensée

« C'est ma nature » : vérité ou excuse ?

Sur l'axe: Essence et existence · une personne qui invoque sa nature

Invoquer sa nature, « je suis comme ça, je ne peux pas changer », est-ce reconnaître honnêtement ce qu'on est, ou se donner une excuse pour fuir ce dont on reste responsable ?

Ce problème est mis en évidence par l'expérience de pensée « Je suis comme ça » :

Quelqu'un que vous connaissez bien recommence sans cesse : il fuit dès que les choses se compliquent, laisse tomber ceux qui comptaient sur lui, puis disparaît. Un jour, vous le lui dites. Il ne se défend même pas. Il répond, presque avec douceur : « Je sais. Mais je suis comme ça, je l'ai toujours été. On ne change pas sa nature. » Ce n'est pas une excuse qu'il vous oppose, c'est un fait qu'il constate sur lui-même, comme on constaterait la couleur de ses yeux. Reste à savoir ce que vaut ce qu'il dit là.

Sartre, L'existentialisme est un humanisme (1946)

Quand quelqu'un dit « c'est ma nature, je ne peux pas changer », qu'est-ce que cela vaut ?

Réponses possibles

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Positions de philosophes

Sartre

Majeur
+1.0
Justification

Pour un objet fabriqué, le coupe-papier, l'essence (le concept de l'artisan) précède l'existence ; la tradition pensait l'homme de même, créé selon une nature humaine conçue par Dieu. Ôtez le créateur, et l'ordre s'inverse pour l'homme seul : il existe d'abord, sans définition préalable, et c'est de n'être d'abord rien qu'il tire l'entière responsabilité de se faire.

L'homme existe d'abord, se rencontre, surgit dans le monde, et qu'il se définit après. L'homme, tel que le conçoit l'existentialiste, s'il n'est pas définissable, c'est qu'il n'est d'abord rien. Il ne sera qu'ensuite, et il sera tel qu'il se sera fait.L'existentialisme est un humanisme

L'existentialisme est un humanisme (1946) · L'Être et le Néant, Introduction et 1re partie (le pour-soi)

Beauvoir

Majeur
+1.0
Justification

Beauvoir reprend la thèse existentialiste selon laquelle, pour l'humain, l'existence précède l'essence : aucune nature ne définit d'avance ce qu'il doit être. Sa formule on ne naît pas femme : on le devient en est l'application la plus célèbre : le féminin n'est pas une essence donnée mais un devenir façonné par la culture, que chacune a pourtant à reprendre dans un projet libre.

On ne naît pas femme : on le devient. Aucun destin biologique, psychique, économique ne définit la figure que revêt au sein de la société la femelle humaine.Le Deuxième Sexe, t. II

Le Deuxième Sexe (1949), t. II, ouverture ("on ne naît pas femme") · Pour une morale de l'ambiguïté (1947)

Repères: Sartre · Beauvoir