Jouissance ou tranquillité
Sur l'axe: Souverain bien · une vie
Le souverain bien est-il de jouir le plus possible, ou de se libérer du trouble et de la douleur, quitte à ne désirer que le nécessaire ?
Justification
Le critère est tiré de la nature même du vivant : dès la naissance, tout être recherche le et fuit la douleur, sans qu'aucun raisonnement l'en persuade, ce qui prouve que le plaisir est le bien premier et connaturel. Mais Épicure redéfinit ce que vaut ce plaisir : son sommet n'est pas la jouissance en mouvement, qui ne fait que combler un manque, c'est l'état stable où, le manque une fois comblé, plus rien ne reste à ajouter, l' de l'âme et l'aponie du corps. Le plaisir a donc une limite, l'absence de toute douleur, ce qui le rend pleinement accessible et retourne l'objection que le plaisir serait insatiable. C'est là sa rupture avec le plaisir vulgaire et avec l'eudémonisme intellectualiste de et d'.
Le plaisir est le commencement et la fin de la vie bienheureuse.Lettre à Ménécée, 128
Lettre à Ménécée, 128-129 · Maximes capitales, III et XVIII (limites du plaisir)
Justification
Le malheur vient de désirs qu'on ne peut combler ou dont la satisfaction n'apaise rien : la thérapie consiste donc à trier les désirs selon qu'ils sont fondés en nature et nécessaires au bonheur. Les désirs naturels et nécessaires, peu nombreux, sont faciles à satisfaire ; les désirs vains, nés d'une opinion sans limite comme la gloire ou la richesse, sont insatiables et n'apportent que trouble. La sagesse ne réprime donc pas le désir en bloc, contre l'ascèse cynique, ni ne l'affranchit de toute borne : elle l'instruit, en bornant ce qu'il faut vouloir à ce que la nature réclame et qu'elle rend aisé. C'est une qui rend le bonheur à la portée de tous.
Parmi les désirs, les uns sont naturels et nécessaires, les autres naturels et non nécessaires, les autres ni naturels ni nécessaires, mais nés d'une opinion vide.Maximes capitales, XXIX
Lettre à Ménécée, 127-130 · Maximes capitales, XXIX et XXX (classification des désirs)
Justification
Le bien, soutiennent les stoïciens, doit être ce qui profite toujours et ne nuit jamais ; or santé, richesse ou plaisir peuvent être mal employés : ce ne sont pas des biens mais des , tout au plus « préférables ». Seule la vertu, droit usage de la raison, satisfait le critère, d'où la thèse la plus disputée de l'école, contre : elle , et le sage demeure heureux jusque dans les tourments.
Sénèque, Lettres à Lucilius · Cicéron, Des fins des biens et des maux, livre III
Justification
La discipline du désir exige de ne désirer que ce qui et de consentir au reste : il faut suspendre, voire éteindre, les désirs portant sur les choses extérieures. Épictète recommande de ne pas demander que les choses arrivent comme l'on veut, mais de les vouloir comme elles arrivent.
Ne cherche pas à ce que les choses arrivent comme tu veux, mais veuille que les choses arrivent comme elles arrivent, et ta vie s'écoulera heureuse.Manuel, §8
Épictète, Manuel, §8
Repères: Épicure · les stoïciens
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