Le cercle de la sympathie
Sur l'axe: Partialité · la sympathie humaine
Notre souci des autres faiblit à mesure qu'ils s'éloignent de nous, dans l'espace, le sang ou la ressemblance : la morale doit-elle bâtir sur cette pente naturelle, ou la corriger comme un préjugé de naissance ?
Justification
La sympathie, source de l'approbation morale, est par nature inégale : nous compatissons plus vivement aux proches qu'aux lointains. Hume reconnaît cette sympathie limitée comme un fait premier de la nature humaine ; les règles de justice et les institutions servent précisément à corriger les effets de cette partialité, sans l'abolir. La pente est donc partialiste, tempérée par un correctif artificiel.
Traité de la nature humaine, III, partie II, sect. 1-2 (l'origine de la justice, la sympathie limitée)
Justification
Hume reconnaît aux animaux des capacités d'apprentissage et de raisonnement par l'expérience, et leur accorde les égards que prescrivent les « lois de l'humanité ». Il distingue pourtant ces devoirs de douceur des obligations de justice : imaginant des créatures raisonnables mais entièrement incapables de nous résister, il leur accorde les égards de l'humanité sans les placer sous la protection de la justice. C'est leur incapacité à nous contraindre, et non une absence de sensibilité, qui explique cette exclusion. La bienveillance dépasse donc l'espèce humaine sans aller jusqu'à une égale considération de tous les êtres sensibles.
Traité de la nature humaine, I, III, 16 · Enquête sur les principes de la morale, III, 1
Repères: Hume · Singer
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