Des devoirs nés des liens
Sur l'axe: Partialité · les liens
Mes devoirs envers mes enfants ou mes amis naissent-ils du lien lui-même, qui oblige par sa seule existence, ou sont-ils la part qui me revient d'un souci dû également à tous, parce que chacun veille mieux sur les siens ?
Justification
La vertu d'humanité ne tombe pas du ciel d'un principe abstrait : elle pousse à partir de l'affection vécue dans la famille, puis s'étend par cercles concentriques. La xiao (piété filiale) est donc présentée comme la racine même du ren 仁 (l'humanité), et c'est ce qui justifie une faveur graduée plutôt qu'une égale considération pour tous. Le cas du fils qui couvre la faute de son père, où le maître donne raison à la solidarité familiale contre la dénonciation, est l'épreuve délibérée de cette thèse : si l'on coupait l'amour de sa source affective et partiale, on tarirait la moralité elle-même, contre tout impartialisme qui prétend aimer également les inconnus et les siens.
Le droit chemin est là : le père couvre son fils, le fils couvre son père.Entretiens, XIII, 18
Entretiens, I, 2 (la piété filiale, racine de l'humanité) · Entretiens, XIII, 18 (le père couvre le fils, le fils couvre le père)
Repères: Confucius · Mozi · Sidgwick