Faut-il suivre la nature ?
Sur l'axe: Place de l'homme dans la nature · l'ordre naturel
La nature est-elle un ordre sage qu'il faut imiter et respecter, ou une puissance aveugle qui broie et affame sans égard pour le bien ? Dire d'une chose qu'elle est naturelle nous apprend-il quoi que ce soit sur sa valeur ?
Justification
La morale stoïcienne est universaliste : il existe une loi naturelle, expression du unique, qui vaut pour tous les êtres rationnels en tout lieu. Le bien et le mal ne dépendent ni des conventions ni des cités : vivre selon la nature, c'est vivre selon cette raison commune à l'humanité entière.
Cicéron, De la République, livre III · Marc Aurèle, Pensées pour moi-même, IV, 4
Justification
Dans « La Nature », Mill récuse l'idée que l'ordre naturel fournisse une norme morale : l'action utile consiste précisément à en corriger le cours spontané, et la nature commet chaque jour ce que nous punirions chez les hommes. Il ne fait pourtant pas de la transformation productive une fin sans limites : cultiver toute terre susceptible de nourrir les hommes, labourer chaque friche fleurie ou pâture naturelle, exterminer les oiseaux et quadrupèdes non domestiqués comme concurrents pour la nourriture, ce serait sacrifier la beauté et la solitude nécessaires à l'épanouissement humain. Sa défense de l'« état stationnaire » associe ainsi amélioration de la nature et préservation d'espaces sauvages, sans poser d'égalité morale entre toutes les formes de vie.
Trois essais sur la religion, « La Nature » (posthume, 1874) · Principes d'économie politique, IV, ch. 6, §2
Justification
Le principe d'utilité vaut comme critère universel du bien, le même pour tous les hommes et tous les temps : Mill ne relativise pas la morale aux cultures. Le bien y est un fait objectif, le bonheur, mesurable par ses effets, ce qui le range du côté d'un naturaliste plutôt que du relativisme.
L'Utilitarisme, ch. 2 et 4 (le principe du plus grand bonheur comme critère universel)
Repères: les stoïciens · Mill
mène à: Statut des normes (métaéthique) (Trouvée, imposée, ou construite ?)