Se tromper sur ce qu'on ressent
Sur l'axe: L'énigme de la conscience · sa propre expérience
Je peux me tromper sur le monde, et même sur mes motifs, mais sur ma douleur même ? Elle semble le seul point où paraître et être coïncident. Et si cette évidence était l'illusion la mieux installée, un cerveau se représentant à lui-même une vie intérieure telle qu'il croit l'avoir ?
Justification
Dennett refuse les tels que la tradition les conçoit : des propriétés intrinsèques, ineffables, privées et infaillibles, données à l'introspection. Ce qui existe, ce sont des états cérébraux et les régularités réelles auxquelles nos rapports se rattachent ; l'introspection n'est pas un regard porté sur une scène intérieure mais une source de rapports, souvent confabulés, que sa méthode, l'hétérophénoménologie, traite comme des données à expliquer et non comme des faits acquis. La conscience n'est donc pas niée : c'est l'apparence d'une lueur intérieure qui devient elle-même l'effet à expliquer.
La conscience humaine est à peu près le dernier mystère qui subsiste.La conscience expliquée (1991), chap. 1, première phrase
« Quining Qualia » (1988) · Consciousness Explained (1991)
Repères: Frankish · Dennett