La cité et le mensonge
Sur l'axe: Valeur de la vérité · l'ordre commun
Bien des ordres communs reposent sur des récits invérifiables, du mythe fondateur à la fiction officielle : une société doit-elle le vrai à ses membres, ou peut-elle vivre de mythes partagés ?
Justification
La sortie de la caverne est douloureuse, éblouissante, et pourtant seule libératrice : rester parmi les ombres, c'est prendre des reflets pour le réel et vivre enchaîné sans le savoir ; connaître n'est pas un ornement du bonheur mais la conversion de l'âme entière vers ce qui est. Reste que le philosophe-roi administre à la cité un mensonge noble : la primauté du vrai vaut d'abord pour l'âme qui s'éduque, et Platon assume que l'ordre commun puisse, lui, reposer sur un mythe.
République, VII · République, III
Justification
L'argument procède par analogie avec les technai, les arts : on ne confie pas le gouvernail au nombre mais au pilote qui sait, et l'on jugerait fou un navire où l'équipage choisirait son capitaine à la voix. Gouverner est de même un savoir, celui du Bien et de la justice, qui ne s'acquiert qu'au terme d'une longue éducation. Platon en déduit, contre la athénienne qui a condamné , que l'autorité doit revenir à la compétence et non à l'opinion du plus grand nombre. La thèse est d'autant plus tranchante qu'elle s'attaque au régime dominant de sa cité.
République, V, 473c-e · République, VI, 488a-489d (métaphore du navire)
Repères: Platon · Arendt
mène à: Qui doit décider