Rapport au monde· Esprit et consciencedifficulté
L'énigme de la conscience
L'expérience vécue est-elle quelque chose de plus que la structure et le fonctionnement du cerveau ?
La douleur, le rouge que je vois, le goût du café : les sciences cognitives décrivent de mieux en mieux les mécanismes cérébraux qui les accompagnent, mais le vécu se réduit-il à eux ? Se positionner, c'est dire si l'expérience n'est rien de plus que l'organisation du cerveau, si elle y ajoute quelque chose d'irréductible, si elle tient à une intériorité déjà présente dans la matière, ou si l'introspection nous trompe sur son existence même. L'axe suppose un cerveau bien réel : ceux pour qui l'esprit est premier et la matière une apparence se situent sur . Les cinq positions sont présentées en partant de la plus commune, une âme d'une autre nature, chaque pas suivant retirant un ingrédient à l'inventaire du monde, jusqu'à contester au vécu ce qu'il croit être. C'est un chemin de lecture, non une échelle graduée : la distance entre deux positions ne se mesure pas à leur écart dans la liste.
Opinion commune2
Le cerveau n'expliquera jamais entièrement l'expérience, car la conscience n'est pas son produit : elle est une réalité d'une autre nature, l'âme, qui pourrait en principe exister à part. Position spontanée de beaucoup et de nombreuses religions, elle est aussi défendue par des arguments philosophiques : si je peux concevoir mon esprit sans mon corps, les deux ne sont peut-être pas une seule chose.
Explorer cette position →Descartesexplicite
L'argument repose sur un principe : ce que je conçois clairement et distinctement comme pouvant exister à part existe réellement à part, Dieu pouvant le créer ainsi. Or je puis concevoir mon esprit, pure chose pensante (res cogitans), sans rien lui attribuer de corporel, et le corps, pure étendue (res extensa), sans pensée. Mon essence est donc de penser, et l'esprit est réellement distinct du corps, une substance d'une autre nature que le cerveau. Ce dualisme des substances rompt avec l'âme aristotélicienne, forme d'un corps, et libère du même coup la matière pour une physique purement mécaniste ; mais il lègue le problème, que Descartes peinera à résoudre, de leur union et de leur interaction.
Méditations métaphysiques, VI
Platonismeexplicite
Ce qui pense ne peut être de même nature que ce qui est pensé du dehors : l'âme connaît les immatérielles, elle se meut elle-même et survit aux états du corps, autant de traits qu'aucune disposition de la matière ne saurait produire. La conscience relève donc d'un autre ordre que le sensible, antérieur et indépendant de lui, et non d'un agencement corporel qui l'engendrerait. Le platonisme refuse ainsi par avance toute de l'esprit à la matière, là où les feront de l'âme un souffle corporel.
Platon, Phédon ; Phèdre
Arguments et objections (3)
2
Le cerveau est physique, mais il possède des propriétés irréductibles : l'effet que cela fait de voir du rouge ou de souffrir. Le vécu est ici un fait supplémentaire du monde, relié au cerveau par une loi de la nature plutôt qu'identique à lui ; c'est ce qui sépare cette position du physicalisme, qui n'admet rien au-delà du fonctionnement cérébral. Et c'est là le « » de la conscience.
Explorer cette position →Chalmersexplicite
Chalmers sépare les problèmes faciles de la conscience, qui relèvent des mécanismes et que la science résoudra, du : pourquoi ces mécanismes s'accompagnent-ils d'un vécu ? Aucune explication fonctionnelle n'y répond, car décrire ce que fait un système laisse entier l'effet que cela fait de l'être. Il en conclut que les ne sont pas réductibles aux processus physiques mais leur sont liés par des lois de la nature, et qualifie sa position de dualisme naturaliste : la conscience est une donnée fondamentale du monde, comme la masse ou la charge, non une substance séparée. Il explore par ailleurs, sans s'y ranger, une autre voie pour la même intuition : loger l'expérience dans la nature intrinsèque du physique, dont la physique ne décrit que la structure. Cette option, voisine du monisme russellien et du , reste chez lui une piste sérieuse, non la thèse qu'il défend.
« Facing Up to the Problem of Consciousness » (1995) · The Conscious Mind (1996) · « Panpsychism and Panprotopsychism » (2015)
Voir plus (1)
Nagelinférable
Nagel tient qu'un organisme est conscient s'il y a un effet que cela fait d'être cet organisme, et que ce caractère subjectif est lié à un point de vue : c'est ce que met en scène son , en 1974. Toute réduction procède en s'éloignant du point de vue pour gagner en objectivité ; appliquée à l'expérience, la démarche supprime justement ce qu'il fallait expliquer. Il en tire un refus du , mais non un : il soutient que nous n'avons pas les concepts nécessaires, et qu'il ne voit pas comment le physicalisme pourrait être vrai, sans le déclarer faux pour autant. Son essai de 1979 examine, sans y souscrire fermement, l'hypothèse d'une nature intrinsèque commune au mental et au physique, plus proche d'un monisme neutre que d'un dualisme des propriétés assumé ; son livre de 2012 avance une autre conjecture, celle d'une tendance orientée inscrite dans la nature, qu'il donne lui-même pour spéculative.
« Quel effet cela fait-il d'être une chauve-souris ? » (1974) · « Panpsychism » (1979) · Mind and Cosmos (2012)
Arguments et objections (3)
4
Le vécu n'est pas un ingrédient de plus dans le monde, mais l'envers de ce que la physique décrit du dehors : une seule réalité, deux façons de l'atteindre, du dedans par l'expérience, du dehors par la mesure. L'argument tient à ceci que la physique ne dit jamais ce que la matière est, seulement ce qu'elle fait : elle laisse une place vide, et notre propre cerveau est le seul morceau de matière que nous connaissions de l'intérieur. Reste à dire jusqu'où descend ce dedans : le le fait descendre jusqu'aux constituants les plus simples, dont notre conscience serait la composition la plus élaborée ; d'autres n'y logent qu'un précurseur de l'expérience, ou refusent de fixer un seuil. Ce qui sépare ce pôle du dualisme des propriétés, c'est qu'il n'ajoute rien au monde physique, il en réinterprète l'étoffe ; et du physicalisme, qu'il refuse de réduire cette étoffe à la structure et au fonctionnement.
Explorer cette position →Strawsonexplicite
Strawson part d'une certitude qu'il juge plus solide qu'aucune théorie : l'expérience existe, elle est ce dont nous sommes le plus sûrs. Il refuse ensuite l'émergence brute : qu'une matière absolument dépourvue d'intériorité produise du vécu par simple complexification lui paraît non pas mystérieux, mais inintelligible. Si l'on tient par ailleurs que tout est physique, il ne reste qu'une issue : le physique comporte déjà, à son niveau fondamental, quelque chose d'expérientiel. Il présente donc son comme un physicalisme réel, non comme l'ajout d'un esprit à une matière par ailleurs inerte.
« Realistic Monism — Why Physicalism Entails Panpsychism » (2006)
Russellexplicite
Russell refuse les deux camps hérités : ni la matière ni l'esprit ne sont fondamentaux, tous deux sont construits à partir d'une même étoffe neutre, faite d'événements que l'on peut grouper selon les lois de la physique ou selon celles de la psychologie. Il y ajoute une remarque qui a fait fortune : la physique ne nous livre que la structure des choses, jamais leur nature intrinsèque, et la seule portion du monde que nous connaissions autrement que par sa structure est notre propre expérience, qui est justement ce qui se passe dans un cerveau. On appelle depuis la famille de positions qui logent le vécu dans cette place laissée vide, au prix d'un glissement : Russell, qui adopte le monisme neutre en 1921 après l'avoir longtemps combattu, tient l'étoffe pour neutre, c'est-à-dire pour ni mentale ni physique, là où plusieurs de ses héritiers la peuplent de propriétés expérientielles qu'il refusait.
L'Analyse de l'esprit (1921) · L'Analyse de la matière (1927)
Spinozaexplicite
L'esprit et le corps ne sont pas deux choses en relation, mais une seule et même chose exprimée sous deux attributs, l'ordre des idées suivant exactement celui des choses. L'esprit humain est l'idée du corps, ni produit par lui ni capable d'agir sur lui, ce qui dissout la question cartésienne de leur interaction au lieu d'y répondre. Spinoza ajoute que tous les individus sont animés à des degrés divers, la pensée n'étant pas le privilège des cerveaux : c'est la matrice historique du monisme à double aspect, et l'ancêtre reconnu du contemporain.
Éthique, II, prop. 7 et 13 (scolie) · Éthique, III, prop. 2
Voir plus (1)
Schopenhauerinférable
Double thèse : l'intellect est une fonction du cerveau, phénomène second, tardif et fatigable, ce qui a des accents ; mais le fond de toute chose, du minéral à l'homme, est . C'est moins un au sens strict qu'une doctrine de l'objectivation universelle de la Volonté : ce n'est pas l'esprit qui est partout, mais l'aveugle vouloir.
De la volonté dans la nature
Arguments et objections (2)
3
La conscience n'est rien d'autre que l'activité du cerveau : le vécu n'est pas un fait supplémentaire qui s'ajouterait au fonctionnement cérébral, il en fait partie, si difficile soit-il à expliquer. Reste à comprendre comment, ce que la plupart tiennent pour une difficulté de recherche et non pour un mystère de principe. Le pôle réunit plusieurs nuances : la théorie de l'identité, pour qui chaque état mental sera un jour identifié à un état cérébral, et le naturalisme biologique, pour qui la conscience est une propriété du cerveau aussi ordinaire que la digestion, irréductible à une description en troisième personne sans être pour autant un ingrédient de plus dans le monde. Que cette réduction aboutisse se joue sur ; que le support doive être biologique, sur .
Explorer cette position →Smartexplicite
Smart soutient que les sensations ne sont pas seulement corrélées aux processus cérébraux : elles leur sont identiques, comme l'éclair est une décharge électrique. Cette théorie de l'identité repose sur un principe d'économie : si tout le reste du vivant s'explique en termes physico-chimiques, faire de la conscience la seule exception obligerait à admettre des lois pendantes, sans rôle dans l'édifice de la science. On objecte qu'on peut connaître sa propre sensation sans rien savoir du cerveau : il répond par une analyse topiquement neutre, dire « j'ai une image rémanente orange » revenant seulement à dire qu'il se passe en moi quelque chose de semblable à ce qui se passe quand je vois une orange. L'énoncé ne dit rien de la nature de ce « quelque chose », et rien n'interdit qu'il soit un processus cérébral.
« Sensations and Brain Processes » (1959) · Philosophy and Scientific Realism (1963)
Épicurismeexplicite
L'âme est corporelle : un assemblage d'atomes très fins qui se dissout à la mort comme le reste. La pensée et la sensation sont des processus matériels, sans rien d'immortel ni d'immatériel.
Épicure, Lettre à Hérodote ; Lucrèce, De la nature, III
Searleexplicite
Searle tient la conscience pour un phénomène biologique ordinaire, au même titre que la digestion ou la photosynthèse : elle est causée par des processus neuronaux de bas niveau et se réalise dans le cerveau comme une propriété de plus haut niveau. De ce qu'un état est vécu à la première personne, il ne suit pas qu'il soit immatériel : son mode d'existence est subjectif, sa nature reste biologique. Ce naturalisme biologique refuse les deux camps hérités, le qui fait de l'esprit une autre substance, et les qui, pour sauver l'objectivité, finissent par tenir le vécu pour négligeable. Ses critiques répliquent qu'une irréductibilité de principe le rapproche malgré lui du dualisme des propriétés : il conteste en distinguant la réduction causale, qu'il accorde puisque le cerveau produit bien la conscience, de la réduction ontologique, qui supprimerait le point de vue à première personne au lieu de l'expliquer. C'est ce qui décide de sa place ici : l'irréductibilité qu'il maintient est bien celle du caractère subjectif du vécu, qu'il tient pour une ontologie à la première personne, mais elle ne fait pas de la conscience une propriété qui s'ajouterait au cerveau. La conscience est pour lui une manière d'être du cerveau lui-même, à un niveau supérieur, non un ingrédient de plus dans l'inventaire du monde.
« Minds, Brains, and Programs » (1980) · La Redécouverte de l'esprit (1992)
Arguments et objections (3)
1
Le vécu qualitatif que nous croyons saisir par introspection est une illusion que le cerveau se fait sur lui-même. Ce qui est nié, ce ne sont pas nos expériences, mais les qualia tels qu'on les conçoit d'ordinaire, propriétés privées et ineffables : il reste à expliquer, non ces propriétés, mais pourquoi elles nous paraissent si évidentes.
Explorer cette position →Dennettexplicite
Dennett refuse les tels que la tradition les conçoit : des propriétés intrinsèques, ineffables, privées et infaillibles, données à l'introspection. Ce qui existe, ce sont des états cérébraux et les régularités réelles auxquelles nos rapports se rattachent ; l'introspection n'est pas un regard porté sur une scène intérieure mais une source de rapports, souvent confabulés, que sa méthode, l'hétérophénoménologie, traite comme des données à expliquer et non comme des faits acquis. La conscience n'est donc pas niée : c'est l'apparence d'une lueur intérieure qui devient elle-même l'effet à expliquer.
« Quining Qualia » (1988) · Consciousness Explained (1991)
Arguments et objections (2)
Voir la carte des problèmes dans l'Atlas →
- Descriptif Expérience de penséeL'effet que ça fait
Il y a un effet que cela fait d'être moi, et rien de tel, sans doute, pour une pierre. Mais ce « quelque chose » est-il une réalité de plus dans le monde, que la description physique laisse échapper, ou seulement une limite de nous, qui ne pouvons occuper le point de vue d'un autre ?
le point de vue d'un être - Descriptif Expérience de penséeLa chambre de Mary
Une scientifique sait tout ce que la physique peut dire de la couleur, sans jamais en avoir vu : le jour où elle voit du rouge, apprend-elle quelque chose ? Si oui, le vécu serait un fait de plus, que le savoir objectif ne contenait pas ; sinon, il faut dire ce qu'elle gagne sans rien apprendre.
une expérience vécue
Sous-problèmes creuser la discussion de cet axe
- DescriptifLe zombie philosophique
Imaginez un double physiquement identique à vous, qui agit et parle comme vous, mais sans rien ressentir : rien à l'intérieur. Si un tel double est seulement concevable, la matière ne suffit pas à fixer le vécu ; mais ce qu'on peut imaginer prouve-t-il quoi que ce soit sur ce qui est possible ?
un double sans vécu - DescriptifLe nœud de l'esprit et du corps
Ma décision lève mon bras, un verre de vin embrouille ma pensée. Mais si l'esprit n'est pas matériel, comment agit-il sur les muscles ; et si l'ordre physique se suffit à lui-même, le vécu change-t-il quoi que ce soit à ce qui arrive ?
l'action réciproque de l'esprit et du corps - DescriptifMon esprit m'est-il transparent ?
Je crois savoir mieux que personne ce que je pense et ce que je ressens. Mais l'esprit déborde peut-être ce qu'il aperçoit de lui-même : et si l'introspection racontait, après coup, une histoire sur une vie mentale qui lui échappe en grande partie ?
sa propre vie mentale - DescriptifSe tromper sur ce qu'on ressent
Je peux me tromper sur le monde, et même sur mes motifs, mais sur ma douleur même ? Elle semble le seul point où paraître et être coïncident. Et si cette évidence était l'illusion la mieux installée, un cerveau se représentant à lui-même une vie intérieure telle qu'il croit l'avoir ?
sa propre expérience - DescriptifD'autres consciences que la mienne
Je ne perçois jamais l'expérience d'autrui, seulement des corps qui se comportent : comment savoir qu'il y a quelqu'un derrière ? La seule conscience dont j'aie un témoignage direct est la mienne.
l'accès à l'expérience d'autrui - DescriptifOù commence la conscience ?
Un chien souffre-t-il comme moi ? Et un poisson, une huître, un embryon, une plante, un thermostat ? Entre ce qui vit quelque chose et ce qui ne vit rien, y a-t-il un seuil net, une pente continue, ou la question est-elle mal posée ? Qui refuse de généraliser le vécu à toute la matière doit un critère, et le quantifier est une manière de payer cette dette.
la distribution de la conscience dans la nature - DescriptifCe que la physique laisse en blanc
La physique décrit la matière par ce qu'elle fait : une masse résiste, une charge attire. Chaque terme renvoie à un autre et jamais à ce que la chose est en elle-même. Cette place vide attend-elle une réponse, ou la question de l'étoffe du monde est-elle un faux besoin ?
l'étoffe du monde matériel - DescriptifDes consciences qui s'additionnent ?
Si une étincelle d'expérience habite déjà la matière, comment des milliards de micro-vécus font-ils un seul sujet, ma conscience une, plutôt qu'une foule ?
le passage du multiple à l'un - DescriptifCe qui tient l'expérience ensemble
À chaque instant je vois, j'entends et je pense à la fois, mais tout cela m'arrive comme une seule expérience. Qu'est-ce qui la tient ensemble ? Quand on sectionne le pont entre les deux hémisphères, un même cerveau semble abriter deux flux d'expérience qui s'ignorent.
l'unité du champ de conscience - DescriptifL'instrument ou la source
Un verre de vin, une lésion, l'âge : le corps altère la pensée jusqu'au caractère. Cette dépendance prouve-t-elle que l'esprit est corporel de part en part, ou seulement que son instrument est abîmé, comme un musicien devant un violon cassé ?
la dépendance de l'esprit au corps
Problèmes liés élargir vers d'autres axes
- DescriptifÉmerger, est-ce expliquer ?
La réponse la plus courante aujourd'hui : la conscience « émerge » du cerveau comme la vie a émergé de la chimie. Mais nommer une émergence, est-ce expliquer comment du vécu peut naître de ce qui n'en a pas ?
le passage des neurones au vécu - DescriptifEt si l'esprit était premier ?
Tout l'axe demande comment la matière produit l'esprit. Mais on peut renverser la question : et si l'esprit était premier, et la « matière » une apparence en lui ?
l'ordre du réel - DescriptifPenser sans cerveau ?
L'esprit naît, mûrit et défaille avec le corps, s'enivre avec lui, s'éteint sous un choc : ces liaisons prouvent-elles que la pensée meurt avec la chair, ou seulement que l'instrument conditionne l'usage sans être le musicien ?
l'esprit et le cerveauAprès la mort - DescriptifQui décide en moi ?
Suis-je transparent à moi-même quand je choisis, ou des forces que j'ignore décident-elles à ma place sous l'apparence d'un choix libre ?
le moiLiberté de la volonté - DescriptifPenser, ou ressentir
Raisonner est une chose, éprouver en est une autre : une machine pourrait tout calculer sans que « cela fasse quelque chose » d'être elle, la pensée sans la moindre conscience.
le ressenti d'une machineUne machine peut-elle penser - DescriptifLa vie intérieure des bêtes
Tout le débat suppose que les animaux ressentent quelque chose : mais peut-on le savoir ? Descartes voyait en eux des machines sans conscience ; comment être sûr qu'il y a « un effet que cela fait » d'être une chauve-souris ?
la vie mentale d'un animalCercle moral - Descriptif Expérience de penséeCe que seule l'expérience vécue donne
Le savoir objectif, en troisième personne, saisit-il ce que c'est que de voir un rouge, de souffrir, d'aimer ? La science présuppose un monde vécu qu'elle-même ne décrit pas, et l'intuition atteint une durée que la mesure laisse échapper.
ce qui est vécuPlace de la science
Je veux savoir ce que cela fait, pour une chauve-souris, d'être une chauve-souris.Nagel · « Quel effet cela fait-il d'être une chauve-souris ? », The Philosophical Review, vol. 83, n° 4 (1974), p. 439
L'ordre et la connexion des idées sont les mêmes que l'ordre et la connexion des choses.Spinoza · Éthique, II, proposition 7
La conscience humaine est à peu près le dernier mystère qui subsiste.Dennett · La conscience expliquée (1991), chap. 1, première phrase