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Descriptif

Manque ou puissance

Sur l'axe: Rapport au désir · le désir

Désirer, est-ce manquer de ce qu'on n'a pas, donc souffrir d'un vide à combler, ou est-ce l'expression d'une puissance qui déborde et crée ? Selon la réponse, le désir est à apaiser ou à intensifier.

Positions de philosophes

Platon

Majeur
0
40
60
Justification

Les appétits forment la partie la plus basse de l'âme et doivent être maîtrisés et réduits sous la conduite de la raison, car l'âme livrée à ses désirs devient « un tonneau percé » que rien ne comble. Platon ne prône pas l'extinction du désir mais sa réorientation : l'éros sublimé devient l'élan qui porte l'âme vers le Beau et le Bien.

Gorgias, 493a-494a · République, IX, 571a-580a

Majeur
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Justification

Dans le , Diotime définit l'éros comme désir né du manque : enfant de Pénia (la Pauvreté) et de Poros (l'Expédient), l'amour désire ce qu'il n'a pas et tend à le posséder. Cet élan ascensionnel s'élève des beaux corps jusqu'à la Beauté en soi, ce qui donne un poids résiduel au don.

Banquet, 199c-204c · Phèdre, 244a-257b

Spinoza

Majeur
70
30
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Justification

Chaque chose, comme mode fini de la puissance de Dieu, tend à persévérer dans son être : ce est son essence actuelle. Le désir n'est donc pas un manque à combler, contre toute une tradition platonicienne, mais l'affirmation même de notre être ; la sagesse ne l'éteint pas, elle sélectionne par la raison ce qui accroît la .

Le désir est l'essence même de l'homme, en tant qu'on la conçoit comme déterminée à faire quelque chose par une affection donnée d'elle-même.Éthique, III, définitions des affects, déf. 1

Éthique, III, prop. 9, scolie et définitions des affects (le désir, essence de l'homme) · Éthique, III, prop. 6-7 (conatus)

inférableMajeur
15
25
0
60
Justification

Au fond de l'amour, Spinoza ne voit ni manque ni don mais une joie : aimer, c'est passer à une plus grande perfection, joie rapportée à l'idée de sa cause (, III). L'amour n'est donc pas l'élan d'un vide vers ce qui le comblerait, mais l'effort (conatus) de la puissance vers ce qui l'accroît, ce qui garde un air de parenté avec l' sans en avoir le pathos du manque. Entre les hommes, cet effort culmine dans l'amitié des êtres guidés par la raison, qui s'accordent en nature, se sont mutuellement utiles et ne veulent rien pour eux qu'ils ne veuillent aussi pour autrui : une rationnelle, réciproque et choisie. Au sommet, l' excède tout lien interpersonnel : amour sans retour où le sage n'exige pas d'être aimé en retour, il tient du don désintéressé plus que de la possession.

Qui aime Dieu ne peut faire effort pour que Dieu l'aime en retour.Éthique, V, prop. 19

Éthique, III (définition de l'amour) ; IV, prop. 35-37 et 70-71 (l'amitié des hommes raisonnables) ; V, prop. 19 et 32-37 (l'amour intellectuel de Dieu)

Nietzsche

Majeur
85
10
5
Justification

Contre l'idée que le vivant cherche d'abord à se conserver, Nietzsche pose que toute force veut s'accroître : c'est la . Les pulsions ne sont donc pas à extirper, cette castration que prêche l'idéal ascétique, mais à mettre en forme : donner du style à ses passions, les sublimer au service d'une vie plus intense, plutôt que les éteindre ou s'y abandonner.

Crépuscule des idoles, « La morale comme contre-nature » · Le Gai Savoir, §290

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