D'où vient l'idée de cause ?
Sur l'axe: Source de la connaissance · l'idée de cause
L'empirisme veut ramener toute idée à une impression des sens. Mais quand une bille en pousse une autre, nous ne voyons que deux mouvements qui se suivent, jamais la force ni le lien nécessaire entre eux : d'où nous vient alors l'idée de cause ?
Justification
Les perceptions se rangent en deux classes que sépare leur seule force : les impressions, vives et originaires (sensations, passions), et les idées, leurs copies affaiblies dans la pensée. De ce constat Hume tire un principe et un instrument : toute idée simple dérive d'une impression antérieure, donc une idée qui ne renvoie à aucune impression est vide de sens. Plus radical que la de , ce critère ne se borne pas à récuser les : il devient une machine à dissoudre les pseudo-concepts de la métaphysique (substance, connexion nécessaire), qu'il suffit de sommer de produire leur impression d'origine. C'est l' retourné en arme critique, contre le de .
Toutes nos idées ne sont que des copies de nos impressions, ou, en d'autres termes, il nous est impossible de penser quoi que ce soit que nous n'ayons pas auparavant senti.Enquête sur l'entendement humain, sect. II
Enquête sur l'entendement humain, sect. II (de l'origine des idées) · Traité de la nature humaine, I, partie I, sect. 1
Justification
Toute idée doit dériver d'une impression : Hume cherche donc quelle impression nous donne la connexion nécessaire entre une cause et son effet, et n'en trouve aucune. Dans les objets, l'expérience ne livre que succession et conjonction constante ; jamais le lien qui obligerait l'un à suivre l'autre. La nécessité n'est donc pas dans les choses : elle est une habitude (custom) de l'esprit, une attente projetée par la répétition. De là le problème de l' : si rien ne nous fait percevoir le lien causal, aucune inférence du passé au futur n'est rationnellement fondée. C'est l'analyse qui, en sapant la causalité comme nécessité objective, tirera de son sommeil dogmatique. La et la force vitale, faute de toute impression, tombent du même coup.
Après une répétition de cas semblables, l'esprit est porté par l'habitude, dès l'apparition d'un événement, à en attendre le compagnon ordinaire... C'est donc le sentiment ou l'impression d'où nous tirons l'idée de pouvoir ou de connexion nécessaire.Enquête sur l'entendement humain, sect. VII
Enquête sur l'entendement humain, sect. VII (de l'idée de connexion nécessaire) · Traité de la nature humaine, I, partie III, sect. 6 et 14
Justification
Le litige entre et est insoluble tant qu'on demande à un seul terme de tout porter : l'expérience seule ne fournit jamais de nécessité (objection de sur la causalité), la raison seule tourne à vide. Kant en tire la solution du jugement synthétique a priori : il existe des formes a priori de la sensibilité et de l'entendement qui structurent toute expérience possible, de sorte que la connaissance commence avec l'expérience sans en dériver tout entière. C'est le renversement copernicien appliqué à la connaissance, et la raison pour laquelle l'axe se fixe au centre.
Des pensées sans contenu sont vides, des intuitions sans concepts sont aveugles.Critique de la raison pure, A51/B75
Critique de la raison pure, Introduction · Critique de la raison pure, A51/B75
Justification
La causalité est une catégorie a priori de l'entendement qui structure tout phénomène selon la loi mécanique : la nature connue est un enchaînement d'effets et de causes. La troisième Critique ajoute une finalité, mais Kant la déclare seulement régulatrice, un principe pour juger le vivant, non un mécanisme du monde, d'où un poids finaliste minoritaire.
Critique de la raison pure, Deuxième Analogie de l'expérience · Critique de la faculté de juger, §§61-68
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