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PrescriptifMorale Expérience de pensée

Les conséquences ou l'interdit

Sur l'axe: Critère du juste · un acte

Faut-il juger un acte à ses seules conséquences, quitte à en sacrifier un pour en sauver cinq, ou certains actes restent-ils interdits quoi qu'il en coûte ?

Ce problème est mis en évidence par l'expérience de pensée Le dilemme du tramway :

Un tramway hors de contrôle dévale la pente. Sur la voie, droit devant, cinq personnes travaillent et ne peuvent pas s'échapper à temps. Vous vous trouvez près d'un aiguillage : en l'actionnant, vous pouvez dévier le tramway sur une voie secondaire. Mais sur cette voie travaille une personne, qui sera tuée si vous agissez. Si vous ne faites rien, les cinq meurent ; si vous actionnez l'aiguillage, une seule personne meurt, par votre geste. Vous n'avez que quelques secondes pour décider. Variante : imaginez maintenant qu'il n'y ait pas d'aiguillage, mais une passerelle au-dessus de la voie, et à côté de vous un homme corpulent. Le seul moyen d'arrêter le tramway et de sauver les cinq serait de le pousser sur la voie : son corps stopperait le tramway, mais il mourrait. Le bilan est le même, une vie contre cinq, et pourtant presque tous actionneraient l'aiguillage sans hésiter, mais se refuseraient à pousser l'homme.

Philippa Foot (1967)

Actionneriez-vous l'aiguillage ? Et qu'est-ce qui rend un tel choix juste ou injuste : le nombre de vies sauvées, ou le fait de causer soi-même une mort ?

Réponses possibles

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Positions de philosophes

Mill

Majeur
100
0
0
0
Justification

Mill cherche à fonder la morale sur un fait, non sur une intuition indémontrable : la seule preuve qu'une chose est désirable, soutient-il, est qu'on la désire effectivement, et chacun désire en dernier ressort le bonheur. De là le comme unique critère du juste, et le conséquentialisme qu'il oppose à l'intuitionnisme moral comme au : il reproche à Kant de ne pouvoir, en pratique, écarter une maxime universalisable qu'en invoquant la désirabilité de ses conséquences, réintroduisant ainsi l'utilité qu'il prétendait congédier.

Les actions sont bonnes dans la mesure où elles tendent à promouvoir le bonheur, et mauvaises dans la mesure où elles tendent à produire le contraire du bonheur.L'Utilitarisme, ch. 2

L'Utilitarisme (1863), ch. 2 (la doctrine du plus grand bonheur) · L'Utilitarisme, ch. 1 (critique de l'a priori kantien)

Kant

Majeur
0
90
10
0
Justification

Rien n'est bon sans restriction qu'une volonté bonne : ni les talents ni le bonheur, qui peuvent servir le mal. Si la valeur morale ne tient ni à l'objet voulu ni aux conséquences, elle ne peut tenir qu'à la forme de la maxime, sa capacité à valoir comme loi pour tous. De là se déduit le : agir seulement d'après une maxime que je puisse vouloir universelle. C'est un déontologisme qui refuse, contre l', de mesurer le devoir au résultat ; la réintroduit les vertus, mais dérivées du devoir, d'où un faible poids résiduel sur ce pôle.

Agis uniquement d'après la maxime grâce à laquelle tu peux vouloir en même temps qu'elle devienne une loi universelle.Fondements de la métaphysique des mœurs, section II

Fondements de la métaphysique des mœurs, sections I et II · Métaphysique des mœurs, Doctrine de la vertu

Repères: Mill · Kant