Le Dieu des philosophes
Sur l'axe: Existence de Dieu · Dieu
« Dieu d'Abraham, Dieu d'Isaac, Dieu de Jacob, non des philosophes et des savants » : le Dieu dont la raison démontre l'existence, premier moteur, fondement ou substance, est-il encore celui que l'on prie, ou la preuve n'atteint-elle jamais qu'un principe impersonnel ?
Justification
Dieu existe nécessairement, mais ce n'est pas le Dieu personnel et transcendant du théisme classique : c'est la substance unique, infinie, identique à la Nature (panthéisme). Sans providence ni volonté anthropomorphe, ce Dieu est si éloigné du théisme courant que Spinoza fut accusé d'athéisme ; d'où une valeur intermédiaire du côté du théisme, qui marque l'affirmation d'un Dieu tout en signalant sa nature impersonnelle.
Tout ce qui est, est en Dieu, et rien ne peut sans Dieu être ni être conçu.Éthique, I, prop. 15
Éthique, I, prop. 11 (Dieu existe nécessairement) · Éthique, I, prop. 15 et 14 (substance unique)
Justification
Aristote démontre l'existence d'un , acte pur et cause finale qui meut le monde comme l'aimé meut l'amant, sans être mû. C'est une forme de théisme, mais d'un dieu impersonnel qui ne crée pas, ne gouverne pas la providence et ne connaît pas les particuliers, d'où une valeur retenue loin de l'extrême.
La pensée se pense elle-même en saisissant l'intelligible, et son acte de pensée est pensée de la pensée.Métaphysique, Λ (XII), 9 (1074b)
Métaphysique, Λ (XII), 7 et 9 · Physique, VIII, 6