Rapport aux autres· Moralenoyaudifficulté
La source de la morale
D'où la morale tire-t-elle son autorité ?
Chacun sent que certaines choses ne se font pas, mais d'où cette exigence tire-t-elle sa force ? Si le bien est fondé en Dieu, une société qui perd la foi risque de perdre aussi la morale, et la formule prêtée à Dostoïevski menace : si Dieu n'existe pas, tout est permis. Si la morale tient à la raison, au sentiment ou à un accord hérité, elle survit à la sécularisation, mais il reste à expliquer pourquoi elle oblige encore celui qui ne veut plus jouer le jeu. Se positionner, c'est dire ce qui soutient réellement nos devoirs, et ce qui en resterait le jour où ce soutien vacille.
Fondée en Dieu
0Le bien tient son autorité de Dieu : c'est parce qu'un Dieu bon veut, ordonne ou incarne le bien que nos devoirs obligent absolument. La raison peut lire la loi morale, mais elle ne la fonde pas ; sans ce garant, il ne resterait que des préférences et des calculs, sans rien qui interdise vraiment.
Explorer cette position →Aucune figure ici, dans ce corpus.
La loi de la raison
1L'obligation morale vaut pour tout être raisonnable : une exigence que la raison découvre ou qu'elle se donne, comme une vérité qui ne dépend d'aucun décret. Croyant ou non, quiconque raisonne se heurte aux mêmes devoirs ; c'est l'universalité de la raison, non une volonté supérieure, qui fait la force de la morale.
Explorer cette position →Voir les positions implicites (1)
Hegelinférable
La question n'est plus ici ce qui rend une action bonne, mais d'où la morale tire son autorité. Contre le commandement d'un Dieu transcendant comme contre la loi purement formelle de la raison, et sans se réduire au sentiment, Hegel enracine l'obligation dans la raison devenue concrète : l'esprit objectivé dans les mœurs et les institutions d'une communauté, les Sitten dont la tire son nom. L'autorité du bien est ainsi immanente et historique, mais rationnelle, non une convention arbitraire et révisable.
Principes de la philosophie du droit, §142-156 (les mœurs, la Sittlichkeit)
Le sentiment moral
0La morale s'enracine dans une sensibilité naturelle : sympathie, pitié, répugnance à voir souffrir. La raison éclaire, compare et corrige, mais elle ne crée pas l'obligation ; c'est le cœur qui distingue d'abord le bien du mal, et une nature humaine partagée explique que les morales, par-delà leurs variations, se ressemblent tant.
Explorer cette position →Aucune figure ici, dans ce corpus.
Une convention tacite
0La morale repose sur un accord tacite, sédimenté par l'histoire d'une société : une tradition de jugements partagés sur ce qui se fait et ne se fait pas. Ni loi d'une raison pure, ni simple élan du cœur, cette convention tient parce que nous la reconduisons ensemble ; son autorité est réelle, mais immanente, située, et donc révisable.
Explorer cette position →Aucune figure ici, dans ce corpus.
Voir la carte des problèmes dans l'Atlas →
- Descriptif QuestionLe dilemme d'Euthyphron
Le bien est-il bien parce que Dieu le veut, ou Dieu le veut-il parce qu'il est bien ? Une branche rend la morale arbitraire, l'autre semble la rendre indépendante de Dieu ; les théologiens cherchent depuis une voie entre les deux.
le rapport de Dieu au bien - Descriptif QuestionSans Dieu, tout est permis ?
Si aucun garant transcendant ne soutient nos devoirs, gardent-ils leur force d'obliger, ou deviennent-ils des choix qu'on peut toujours défaire ? Les sociétés sécularisées mettent la formule à l'épreuve chaque jour.
la morale sans garant
Sous-problèmes creuser la discussion de cet axe
- DescriptifLa toute-puissance et le bien
Si Dieu est tout-puissant, le bien dépend-il de sa volonté au point qu'il aurait pu commander autre chose ? Descartes l'ose pour les vérités éternelles, Ockham pour certains préceptes de la loi morale, et l'arbitraire menace.
la volonté de Dieu - DescriptifUn sentiment peut-il obliger ?
Constater que la nature nous a faits compatissants décrit un fait ; en conclure que nous devons l'être franchit le pas de l'être au devoir. Si la morale n'est qu'un sentiment, que répondre à celui qui ne le ressent pas ?
l'autorité d'un sentiment - DescriptifLa force de la coutume
Une règle qui ne tient qu'à notre accord peut-elle obliger celui qui s'en retire ? La coutume oblige tant qu'on la partage, mais le réformateur qui la conteste semble en appeler à autre chose qu'elle.
la coutume - DescriptifExpliquer la morale, est-ce la détruire ?
Si l'on peut raconter comment nos valeurs ont été fabriquées (histoire, évolution, ressentiment), leur prétention à l'absolu s'effondre-t-elle, ou l'origine d'une norme ne dit-elle rien de sa validité ?
l'histoire de la morale
Problèmes liés élargir vers d'autres axes
- DescriptifD'où la morale tire-t-elle son autorité ?
Qu'est-ce qui rend un critère moral obligatoire pour nous : la raison, la nature, un sentiment partagé, la société, ou Dieu ? Et si rien ne le fonde, la morale a-t-elle encore prise ?
la moraleCritère du juste - PrescriptifMoraleLa morale a-t-elle besoin de Dieu ?
Le bien tient-il sa valeur de la volonté de Dieu, ou est-il bon indépendamment de lui ? Si Dieu n'existait pas, tout serait-il permis ?
la moraleExistence de Dieu - DescriptifTrouvée, imposée, ou construite ?
Une norme est-elle inscrite dans la nature des choses, n'est-elle que la loi du plus fort déguisée en justice, ou la fabriquons-nous par une procédure équitable ? Et une règle seulement construite peut-elle encore obliger ?
la règle moraleStatut des normes (métaéthique)