Faire ce qu'on veut, ou se gouverner soi-même ?
Sur l'axe: Liberté de la volonté · la loi qu'on se donne
Être libre, est-ce faire ce dont on a envie sur le moment, ou se gouverner soi-même, au risque que celui qui suit tous ses désirs en devienne l'esclave ?
Justification
La troisième antinomie oppose un sans faille à l'exigence d'une causalité libre, et les deux thèses paraissent également démontrables. Kant la résout par la distinction : le déterminisme régit l'homme comme phénomène, mais rien n'interdit de le penser comme cause au plan nouménal. Le devoir l'exige : « tu dois » implique « tu peux », donc la liberté est un fait de la raison pratique. D'où le rejet explicite du (un misérable subterfuge) ; mais la liberté restant nouménale, jamais constatée dans le monde, le score n'atteint pas l'extrême.
Critique de la raison pure, troisième antinomie · Critique de la raison pratique
Justification
Les inclinations ne sont pas mauvaises en soi, mais elles ne sauraient fonder la valeur morale : une action n'a de prix que faite par devoir, indépendamment de tout penchant. Ce désintéressement moral exige que la volonté se rende autonome à l'égard du désir, agissant au besoin contre lui ; sans prôner l'extinction des inclinations, Kant tient à leur endroit une distance qui penche vers le détachement plus que vers leur tri eudémoniste.
Fondements de la métaphysique des mœurs, I-II · Critique de la raison pratique
Justification
Les appétits forment la partie la plus basse de l'âme et doivent être maîtrisés et réduits sous la conduite de la raison, car l'âme livrée à ses désirs devient « un tonneau percé » que rien ne comble. Platon ne prône pas l'extinction du désir mais sa réorientation : l'éros sublimé devient l'élan qui porte l'âme vers le Beau et le Bien.
Gorgias, 493a-494a · République, IX, 571a-580a
mène à: Rapport au désir (La hiérarchie des désirs)