Qu'est-ce qui résiste au doute ?
Sur l'axe: Rapport à la certitude · celui qui doute
En poussant le doute jusqu'au bout, rêve, illusion, un trompeur possible, reste-t-il quelque chose qui résiste, ou faut-il admettre qu'aucune certitude ne tient ?
Ce problème est mis en évidence par l'expérience de pensée Le rêve et le malin génie :
Il vous est sûrement arrivé de rêver une scène si vive que, sur le moment, rien ne la distinguait de la réalité. Mais alors, qu'est-ce qui vous assure qu'en cet instant précis vous ne rêvez pas ? Descartes pousse l'épreuve plus loin : imaginez un esprit tout-puissant et trompeur, un malin génie, employant toute sa ruse à vous faire tenir pour vrai ce qui est faux, jusqu'au ciel, à la terre et à votre propre corps. Tant que cette hypothèse n'est pas écartée, presque toutes vos croyances pourraient être fausses sans que vous puissiez le savoir.
Descartes, Méditations métaphysiques (1641)
Face à ce doute, que vous reste-t-il ? Quelque chose résiste-t-il à l'épreuve, ou faut-il admettre qu'aucune certitude définitive n'est à notre portée ?
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Justification
Contre le , Descartes retourne l'arme du doute : il pousse celui-ci jusqu'à l', supposant un malin génie qui le tromperait sur tout, pour voir si quelque chose y résiste. Or l'acte même de douter suppose un sujet qui doute : je puis tout révoquer en doute, sauf que je pense, et donc que je suis. Le cogito n'est pas un dogme posé d'avance mais une certitude conquise par le doute lui-même, point d'appui indubitable d'où l'on peut reconstruire tout le savoir. La conclusion est ainsi fermement : une certitude pleine est atteignable, et le scepticisme se réfute en s'exerçant à fond.
Je pense, donc je suis.Discours de la méthode, IV
Méditations métaphysiques, I et II · Discours de la méthode, IV
Justification
Le témoignage d'Aristoclès, recueilli de , ramène toute la sagesse à trois questions : comment les choses sont-elles par nature, quelle attitude prendre à leur égard, qu'en résulte-t-il pour nous. La réponse à la première fait l'originalité de Pyrrhon : les choses sont indéterminées, instables et indiscernables, si bien que ni nos sensations ni nos opinions ne disent le vrai ou le faux. De ce constat sur l'objet, et non d'un examen des facultés, il tire qu'il ne faut leur accorder aucune confiance et rester . Plus radical que le faillibilisme, qui révise ses croyances, il refuse d'affirmer même que rien n'est connaissable, et se contente de dire que les choses ne sont « pas plus ceci que cela ».
Les choses ne sont pas plus ceci que cela, ni les deux à la fois, ni ni l'un ni l'autre.Aristoclès, cité par Eusèbe, Préparation évangélique, XIV, 18
Aristoclès (d'après Timon), cité par Eusèbe, Préparation évangélique, XIV, 18 · Diogène Laërce, Vies des philosophes, IX, 61-108