Sauver un proche plutôt qu'un inconnu
Sur l'axe: Critère du juste · un geste pour un proche
On sauve l'être aimé sans hésiter ; mais ce qui rend ce geste bon est-il un calcul, une règle qui l'autorise, un bon caractère, ou le lien lui-même, dont aucune morale ne devrait exiger qu'on le justifie ?
Ce problème est mis en évidence par l'expérience de pensée Sauver un proche plutôt qu'un inconnu :
Un naufrage : deux personnes vont se noyer, et vous ne pouvez en sauver qu'une. L'une est une inconnue, l'autre est votre conjoint. Vous vous élancez, bien sûr, vers celui que vous aimez. Mais un philosophe vous arrête : avez-vous d'abord vérifié que la morale vous y autorisait, qu'aucune raison impartiale ne donnait la priorité à l'inconnue ? répond que celui qui a besoin de cette vérification a déjà « une pensée de trop » : c'est qu'il était votre conjoint, et cela devrait suffire.
Bernard Williams, La fortune morale (1981)
Vous sauvez votre proche, c'est entendu. Mais qu'est-ce qui, au fond, rend ce geste bon ?
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Repères: Bernard Williams
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