Un bien hors de ce monde ?
Sur l'axe: Souverain bien · une vie
Le bien suprême est-il accessible ici-bas, ou réside-t-il ailleurs : l'union à Dieu, le salut, une béatitude que ni le plaisir ni la vertu terrestres ne donnent ?
Justification
Reprenant l' d', Thomas accorde que toute action vise une fin dernière, le bonheur ; mais il montre qu'aucun bien fini, ni richesse, ni honneur, ni plaisir, ni même la contemplation philosophique, ne peut combler le désir naturel de l'homme, qui ne s'apaise que dans le bien universel. Or seul Dieu est ce bien sans limite : la béatitude parfaite ne peut donc consister qu'en la , la contemplation de l'essence divine, inaccessible en cette vie et reçue par grâce. L'eudémonisme grec est ainsi conservé mais dépassé, le souverain bien étant rapporté à un perfectionnement que la nature appelle sans pouvoir l'atteindre seule.
La béatitude ultime et parfaite ne peut être que dans la vision de l'essence divine.Somme théologique, Ia-IIae, q. 3, a. 8
Somme théologique, Ia-IIae, q. 1-5
Justification
Le sens de la vie est pour Thomas donné, inscrit dans une qui ordonne chaque être à sa fin : l'homme est créé pour connaître et aimer Dieu, et toute son existence trouve sa direction dans ce retour vers son origine. Une mince part de construction subsiste, puisqu'il revient à chacun de coopérer librement à cette fin par ses actes, mais l'orientation fondamentale n'est ni inventée ni absurde, elle est reçue d'un ordre voulu.
Somme contre les Gentils, III, 25 et 37
Justification
Dieu est pour Thomas radicalement , distinct du monde qu'il crée de rien, et son essence dépasse tout ce que nous pouvons concevoir : nous ne savons de lui par la raison que ce qu'il n'est pas (théologie négative). Pourtant la transcendance n'est pas pure séparation, car Dieu est aussi intimement présent à toute chose comme la cause qui lui donne l'être à chaque instant. Cette articulation se dit par l' : les perfections des créatures (bonté, sagesse) se trouvent en Dieu, mais à un degré éminent et selon un mode qui nous échappe, ni purement identique (univocité) ni purement étranger (équivocité).
Somme théologique, Ia, q. 3 (la simplicité divine) ; q. 13 (les noms divins)
Repères: Augustin · Thomas d'Aquin
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