Ma mort, ou la mort ?
Sur l'axe: La mort · ma propre mort
Ma mort est-elle ma possibilité la plus propre, celle qui m'individualise et me rend à moi-même, ou une limite absurde venue du dehors, qui met fin à mes possibles sans rien me révéler ?
Justification
La deuxième section d' s'ouvre sur un problème : comment saisir l'existence comme un tout, alors qu'elle n'est jamais achevée tant qu'elle dure ? L'analyse de l' y répond sans attendre une fin, comme on attendrait celle d'un objet. Tout tourne autour d'une phrase ordinaire : « on meurt ». Le « » dit vrai, chacun mourra, mais il fait de la mort un fait qui concerne tout le monde et jamais moi. Or on peut mourir pour autrui, non lui retirer son propre mourir : la mort est la possibilité la plus propre, certaine et indéterminée quant à son moment. L'angoisse révèle ce que le bavardage tranquillise, et le devancement de cette possibilité, joint à la résolution qui répond à l'appel de la conscience, permet d'assumer ses choix comme les siens, à partir de leur finitude : c'est l'existence .
Être et temps, §46-53 · Être et temps, §40 (l'angoisse)
Justification
Sartre récuse explicitement l'être-pour-la-mort de Heidegger : loin d'être ma possibilité la plus propre, qui donnerait sens à ma vie, la mort est un fait absurde et extérieur, la pure suppression de mes possibles. Elle ne s'attend ni ne s'assume comme mienne, elle me livre au regard d'autrui. Le sens vient de la liberté en cours, jamais de la mort, qu'il s'agit moins d'apprivoiser que de ne pas laisser commander la vie.
L'Être et le Néant, IV (Ma mort)