L'imbécile heureux
Sur l'axe: Valeur de la vérité · une vie
Vaut-il mieux une vie lucide, même troublée par ce qu'elle découvre, qu'une vie heureuse dans l'ignorance ? La vérité est-elle une composante du bien-vivre, ou un instrument qui ne vaut que ce qu'il apporte ?
Justification
Le refus d'échanger les facultés supérieures contre une satisfaction plus facile suggère que le bonheur humain inclut une exigence de dignité et de développement, même au prix de l'insatisfaction ; la préférence pour la lucidité s'en déduit plus qu'elle ne s'y affirme.
Il vaut mieux être un être humain insatisfait qu'un porc satisfait ; il vaut mieux être Socrate insatisfait qu'un imbécile satisfait.L'Utilitarisme, ch. 2
L'Utilitarisme, ch. 2 (1861)
Justification
Contre l'objection ancienne qui ravale l' au rang d'une morale de pourceaux, Mill répond qu'elle se trompe non sur le plaisir mais sur l'homme : nos facultés supérieures réclament un bonheur d'une autre nature. D'où sa rupture avec le calcul purement quantitatif de : les plaisirs diffèrent aussi en qualité, et ceux de l'intelligence, des sentiments et de l'imagination l'emportent intrinsèquement, parce que celui qui connaît les deux ne consentirait pour rien à descendre. Au cœur de l'argument, un sentiment de dignité que blesserait une existence bornée aux satisfactions du corps, ce qui infléchit l'hédonisme millien vers un épanouissement proche de l'.
Il vaut mieux être un être humain insatisfait qu'un porc satisfait ; il vaut mieux être Socrate insatisfait qu'un imbécile satisfait.L'Utilitarisme, ch. 2
L'Utilitarisme, ch. 2 (qualité contre quantité des plaisirs) · L'Utilitarisme, ch. 4 (le bonheur, seule chose désirable comme fin)
Repères: Voltaire · Mill
mène à: Souverain bien (L'imbécile heureux)