Qui a influencé qui ? Les filiations de la philosophie
217 liens documentés entre philosophes et courants, de l'Antiquité à aujourd'hui et de la Chine à l'Europe : ce qu'ils se sont transmis, ce qu'ils ont contesté. Chaque lien est sourcé, et vous pouvez le retrouver sur la frise de l'Atlas.
Explorer la frise des influences →Chaque carte relie deux figures, la plus ancienne à gauche. La hauteur du pont donne l'écart dans le temps, son tracé le type de lien : plein quand une pensée est prolongée, en tirets quand elle est réinterprétée, double pour une synthèse, pointillé pour une transmission, barré quand elle est contestée. « Attesté » signifie que la lecture est documentée ; « indirect », qu'elle passe par d'autres ou reste implicite.
Antiquité
Des présocratiques aux écoles hellénistiques, de Confucius au bouddhisme : les premières filiations, en Grèce, en Chine et en Inde.
Confucianisme contesté par Taoïsme
Le se définit en partie contre le : là où celui-ci fonde l'ordre sur le rite et la vertu sociale, le Zhuangzi raille les convenances et oppose le spontané et le non-agir.
Sources (1)
- Zhuangzi ; Laozi, Tao Te King
Taoïsme synthétisé par Bouddhisme
En pénétrant en Chine, le se fond avec la sensibilité : traduit d'abord au moyen du vocabulaire du dao et du wu wei, il donne naissance au Chan, l'ancêtre du Zen, où la méditation indienne épouse le naturel et la spontanéité chers à . La filiation est rarement revendiquée, mais l'école Chan en porte l'empreinte.
Sources (1)
- Heinrich Dumoulin, Zen Buddhism: A History, vol. 1
Confucianisme contesté par Mohisme
Le naît contre le : contre ses rites coûteux, sa musique de cour, ses longs deuils et surtout son amour gradué, il oppose le critère du bénéfice commun et le souci impartial de tous.
Sources (1)
- Mozi, ch. 39 (« Contre les confucéens »)
Socrate prolongé par Antisthène
Auditeur de , retient de lui l'ascèse morale et l'autosuffisance de la vertu, qu'il radicalise jusqu'au mépris des conventions, matrice du .
Sources (1)
- Diogène Laërce, Vies et doctrines des philosophes illustres, VI
Parménide réinterprété par Platon
hérite de l'exigence d'un être stable et intelligible, socle de sa théorie des Formes ; mais pour rendre compte de l'erreur et du changement, il commet dans le Sophiste un « parricide », admettant contre le maître une part de non-être.
Sources (2)
- Platon, Le Sophiste
- Platon, Parménide
Socrate prolongé par Platon
, disciple de , fait de lui le personnage central de ses dialogues et prolonge son questionnement sur la définition et la vertu, qu'il déploie ensuite en une métaphysique des Idées que Socrate n'avait jamais formulée.
Sources (1)
- Platon, Apologie de Socrate ; Phédon
Antisthène prolongé par Diogène de Sinope
reprend l'idéal d'autarcie d' et le pousse à l'extrême, en une pratique provocatrice de dépouillement et de liberté. La filiation directe maître-élève est traditionnelle mais discutée.
Sources (1)
- Diogène Laërce, Vies et doctrines des philosophes illustres, VI
Platon contesté par Diogène de Sinope
définit son cynisme contre : il raille la (« je vois bien la coupe, non la coupéité ») et l'« homme de Platon » qu'il ridiculise avec un poulet plumé, opposant aux abstractions de l'idéaliste un naturalisme nominaliste et corporel.
Sources (1)
- Diogène Laërce, Vies et doctrines des philosophes illustres, VI
Platonisme réinterprété par Scepticisme
Le académique naît à l'intérieur même de l'Académie de : , puis Carnéade, retournent la dialectique de l'école contre le , faisant de la suspension du jugement la vraie fidélité à la méthode socratique de l'examen. La recherche platonicienne du savoir se renverse ainsi en art de n'affirmer rien.
Sources (1)
- Cicéron, Académiques ; Sextus Empiricus, Esquisses pyrrhoniennes, I
Platon contesté par Aristote
Formé vingt ans à l'Académie, garde de l'exigence de science et de définition, mais rejette la séparation des Idées : la forme n'existe que dans les substances individuelles, pas dans un monde à part.
Sources (1)
- Aristote, Métaphysique, A, 9
Confucius prolongé par Mencius
prolonge l'éthique de en la dotant d'un fondement : la bonté native du cœur humain, qu'il suffit de cultiver, contre les doctrines de l'intérêt.
Sources (1)
- Mencius (Mengzi)
Mohisme contesté par Mencius
accuse le souci impartial du de nier le père, puisqu'il met les parents d'autrui au rang des siens, et défend contre lui un amour qui s'étend par degrés à partir de la famille.
Sources (1)
- Mencius, III B 9 et VII A 26
Laozi réinterprété par Zhuangzi
radicalise les thèmes associés au : le dao, le non-agir et la relativité des distinctions, qu'il déploie par paraboles et paradoxes plutôt qu'en maximes.
Sources (1)
- Zhuangzi
Hui Shi réinterprété par Zhuangzi
Ami et principal contradicteur de , lui fournit, par ses paradoxes de l'École des Noms, la matière logique que Zhuangzi retourne en une pensée du relatif et de l'équivalence des points de vue.
Sources (1)
- Zhuangzi, chapitre « Sous le ciel » et dialogues
Diogène de Sinope prolongé par Cratès
Disciple de , reprend le mode de vie cynique mais l'infléchit vers une figure plus douce et philanthrope ; maître de Zénon, il sera le relais vers le stoïcisme.
Sources (1)
- Diogène Laërce, Vies et doctrines des philosophes illustres, VI
Bouddhisme réinterprété par Pyrrhon
accompagna Alexandre en Inde et y rencontra des « gymnosophistes ». Une parenté entre sa suspension du jugement et la pensée indienne, voire le , est défendue par certains historiens et contestée par d'autres : le lien reste une hypothèse.
Sources (2)
- Diogène Laërce, Vies et doctrines des philosophes illustres, IX, 61
- Débat entre E. Flintoff (1980), C. Beckwith (2015) et R. Bett
Stoïcisme contesté par Épicurisme
L', notamment chez , combat la providence et le destin au nom d'un monde sans dessein, né du hasard des atomes et où l'âme est mortelle.
Sources (1)
- Lucrèce, De la nature
Héraclite prolongé par Stoïcisme
Le reprend d' sa physique du feu et du logos : un principe rationnel et divin traverse et ordonne un cosmos en perpétuel devenir, jusqu'à l'embrasement qui le résorbe et le régénère.
Sources (2)
- Cléanthe, Hymne à Zeus
- Diogène Laërce, Vies et doctrines des philosophes illustres, VII
Socrate prolongé par Stoïcisme
Le se réclame de comme modèle du sage : la vertu comme savoir, l'unité des vertus et l'idée que nul n'est méchant volontairement passent des dialogues à l'éthique du Portique.
Sources (1)
- Diogène Laërce, VII ; les dialogues socratiques de Platon
Cynisme prolongé par Stoïcisme
Le naît dans le prolongement du , dont il reprend l'idéal d'autosuffisance, la vie selon la nature et le cosmopolitisme ; mais il en tempère la provocation et l'anticonformisme en l'intégrant à une physique et une logique systématiques, où la vertu n'est plus un défi aux conventions mais l'accord avec la raison qui ordonne le monde.
Sources (1)
- Diogène Laërce, Vies et doctrines des philosophes illustres, livre VII
Platon prolongé par Stoïcisme
La physique puise dans le Timée de l'idée d'un cosmos vivant, ordonné et régi par une providence rationnelle, qu'elle refond en un matérialisme du souffle et du logos immanent.
Sources (1)
- Platon, Timée
Épicurisme contesté par Stoïcisme
Rivalité majeure de l'époque hellénistique : de aux dialogues où Cicéron la rapporte, le affûte ses thèses contre l', opposant à la déviation des atomes et au plaisir la providence, le destin et la vertu comme seul bien.
Sources (1)
- Cicéron, Du destin ; Des termes extrêmes des biens et des maux
Cratès prolongé par Zénon de Citium
v. 325 av. J.-C.25 ansprolongé parv. 298 av. J.-C.Avant de fonder le Portique, fut l'élève du cynique : il en reçoit l'idéal d'autosuffisance et la vie selon la nature, socle éthique qu'il refondra en système.
Sources (1)
- Diogène Laërce, Vies et doctrines des philosophes illustres, VII
Stoïcisme contesté par Arcésilas
Le scepticisme académique d' se forge en réfutant l'épistémologie : contre la représentation compréhensive censée garantir le vrai, il oppose la suspension du jugement.
Sources (1)
- Cicéron, Academica ; Sextus Empiricus, Esquisses pyrrhoniennes
Confucius réinterprété par Xunzi
se réclame de mais réoriente son héritage vers une nature humaine à redresser : ce sont l'étude et les rites qui fabriquent la vertu, non une bonté innée.
Sources (1)
- Xunzi
Mencius contesté par Xunzi
v. 330 av. J.-C.60 anscontesté parv. 272 av. J.-C.conteste explicitement la thèse de : la nature humaine n'est pas bonne mais mauvaise, et seule la discipline des rites et de l'étude peut la corriger.
Sources (1)
- Xunzi, chapitre « La nature humaine est mauvaise »
Zénon de Citium prolongé par Chrysippe
v. 298 av. J.-C.55 ansprolongé parv. 242 av. J.-C.Reçue par l'intermédiaire de Cléanthe, la doctrine de est systématisée par Chrysippe en logique, physique et éthique, au point qu'on disait dans l'Antiquité sans Chrysippe, pas de Portique.
Sources (1)
- Diogène Laërce, Vies et doctrines des philosophes illustres, VII
Épicure transmis par Lucrèce
Trois siècles après , transmet au monde romain, dans un grand poème, sa physique atomiste et son éthique de libération de la crainte des dieux et de la mort.
Sources (1)
- Lucrèce, De la nature (De rerum natura)
Épicure réinterprété par Sénèque
Par-delà la rivalité des écoles, cite et s'approprie comme autorité morale dans ses Lettres, sur la mort, l'amitié et la juste mesure des désirs.
Sources (1)
- Sénèque, Lettres à Lucilius
Chrysippe prolongé par Épictète
fournit le socle doctrinal qu' commente et cite en autorité : l'analyse de l'assentiment et le partage entre ce qui dépend de nous et le reste.
Sources (1)
- Épictète, Entretiens
Bouddhisme réinterprété par Vedānta (Advaita)
L' se forge dans un débat serré avec le : puis reprennent les outils dialectiques de la vacuité et des deux vérités, mais pour les recouler dans le non-dualisme des Upaniṣad, où l'absolu n'est pas vide mais Brahman. La proximité fut telle que les rivaux traitèrent Śaṅkara de bouddhiste masqué.
Sources (1)
- Gauḍapāda, Māṇḍūkya-kārikā ; Śaṅkara, Brahma-sūtra-bhāṣya, II.2 ; R. King, Early Advaita Vedānta and Buddhism
Bouddhisme contesté par Nyāya
Le mène pendant un millénaire une controverse serrée avec les logiciens du , Dignāga et Dharmakīrti : contre le non-soi, il défend un soi substantiel ; contre la théorie de l' (), des universaux réels ; contre l'instantanéité des choses, leur durée.
Sources (2)
- Uddyotakara, Nyāyavārttika
- Udayana, Ātmatattvaviveka
Madhyamaka contesté par Nyāya
Le défend les moyens de connaissance contre l'objection de la : ils s'établissent eux-mêmes, comme la lampe s'éclaire en éclairant les objets, et nier toute connaissance valide ruine la négation même.
Sources (1)
- Nyāya-sūtra, II, 1, 8-20, et commentaire de Vātsyāyana
Nyāya contesté par Madhyamaka
retourne contre le l'exigence de fondement : si les moyens de connaissance valident tout, qu'est-ce qui les valide eux-mêmes ? Il s'attaque aussi à la liste des catégories du débat que le Nyāya avait codifiée.
Sources (2)
- Nāgārjuna, Vigrahavyāvartanī
- Nāgārjuna, Vaidalyaprakaraṇa
Épictète prolongé par Marc Aurèle
reprend d', qu'il cite avec gratitude, la discipline du jugement et la distinction entre ce qui dépend de nous et ce qui n'en dépend pas, exercée chaque jour dans ses notes personnelles.
Sources (1)
- Marc Aurèle, Pensées pour moi-même, I, 7
Pyrrhon transmis par Sextus Empiricus
codifie des siècles plus tard la tradition issue de : suspension du jugement et opposition équilibrée des arguments, dont ses écrits sont la principale source conservée.
Sources (1)
- Sextus Empiricus, Esquisses pyrrhoniennes
Le Bouddha réinterprété par Nāgārjuna
relit l'enseignement du sur la coproduction conditionnée et en fait une doctrine systématique de la vacuité, fondant l'école Madhyamaka et sa voie médiane.
Sources (1)
- Nāgārjuna, Stances du milieu par excellence (Mūlamadhyamakakārikā)
Platon réinterprété par Plotin
relit par ses textes, six siècles après, et en tire le : une métaphysique hiérarchique de l'Un, de l'Intellect et de l'Âme qui dépasse la lettre des dialogues.
Sources (1)
- Plotin, Ennéades
Aristote réinterprété par Plotin
intègre à son néoplatonisme des pièces majeures d', au premier chef l'Intellect comme pensée qui se pense, tout en refusant les catégories appliquées à l'intelligible.
Sources (1)
- Plotin, Ennéades (V et VI)
Plotin réinterprété par Augustin
reçoit des néoplatoniciens, au premier chef, une métaphysique de l'intériorité et de l'ascension de l'âme vers l'immatériel, qu'il reconfigure dans la théologie chrétienne.
Sources (1)
- Augustin, Confessions, VII, 9
Moyen Âge
La philosophie grecque passe à l'arabe puis au latin ; l'Inde et la Chine développent leurs grandes écoles.
Platonisme réinterprété par Boèce
La Consolation de Philosophie de respire le tardif : remontée de l'âme vers le Bien, providence ordonnatrice, mal privé d'être, dans une prose qui christianise l'héritage sans le citer.
Sources (1)
- Boèce, La Consolation de Philosophie
Aristote transmis par Boèce
se donne pour tâche de traduire et commenter l'Organon d' : il en fera le seul Aristote logique connu du haut Moyen Âge latin.
Sources (1)
- Boèce, traductions et commentaires de l'Organon d'Aristote
Bādarāyaṇa transmis par Śaṅkara
Les de sont le texte de base que commente : il les transmet en les lisant de façon non duelle (son Brahma-sūtra-bhāṣya), fondant l' sur cette autorité et y ancrant l'identité de l'âme et du .
Sources (1)
- Śaṅkara, Brahma-sūtra-bhāṣya (Commentaire des Brahma-sūtra)
Gauḍapāda prolongé par Śaṅkara
systématise l' en s'appuyant explicitement sur , dont il prolonge la doctrine de la non-dualité de l'âme et de l'absolu.
Sources (1)
- Śaṅkara, Commentaire des Brahma-sūtra
Platonisme synthétisé par Falsafa
La lit Aristote à travers et Proclus, dont des paraphrases arabes circulent sous le nom d'Aristote, la Théologie d'Aristote et le Livre des causes. La doctrine néoplatonicienne de l' y fusionne avec la métaphysique aristotélicienne pour donner la cosmologie des intellects d'al-Fārābī et d'Avicenne.
Sources (2)
- Théologie dite d'Aristote (paraphrase des Ennéades IV-VI)
- Livre des causes (d'après Proclus, Éléments de théologie)
Aristote réinterprété par Avicenne
refonde la métaphysique d' en la néoplatonisant : distinction de l'essence et de l'existence, être nécessaire, hiérarchie des intellects.
Sources (1)
- Avicenne, Le Livre de la guérison (Kitab al-Shifa)
Confucianisme réinterprété par Néoconfucianisme
Le refonde le autour des Quatre Livres, dont le Mencius, et d'une lignée de transmission de la Voie (daotong) qui saute les siècles jusqu'aux frères Cheng ; les classiques y reçoivent une lecture métaphysique qu'ils n'avaient pas.
Sources (1)
- Zhu Xi, Sishu zhangju jizhu
Taoïsme réinterprété par Néoconfucianisme
Le Diagramme du Faîte suprême de , issu des milieux , devient la cosmologie du : le « sans-faîte » et le yin-yang y sont mis au service d'une morale confucéenne. L'origine taoïste du diagramme, attestée par la tradition, fut d'ailleurs reprochée à Zhu Xi par ses adversaires.
Sources (1)
- Zhou Dunyi, Taijitu shuo
Bouddhisme contesté par Néoconfucianisme
Le se définit contre le , accusé de tenir le monde pour vide et de fuir les devoirs familiaux et politiques. Il lui emprunte pourtant ses questions sur l'esprit, la nature et la méditation, auxquelles il donne des réponses confucéennes.
Sources (1)
- Zhu Xi et Lü Zuqian, Jinsilu, XIII
Augustin prolongé par Anselme de Cantorbéry
392680 ansprolongé par1071prolonge la méthode augustinienne du credo ut intelligam, la foi cherchant l'intelligence, jusqu'à l'argument dit ontologique du Proslogion.
Sources (1)
- Augustin, Confessions ; Anselme, Proslogion
Falsafa contesté par al-Ghazālī
réfute vingt thèses des philosophes de la , notamment l'éternité du monde et la nécessité du lien causal, et en déclare trois incompatibles avec l'islam : l'éternité du monde, la connaissance divine limitée aux universaux et la négation de la résurrection des corps.
Sources (1)
- al-Ghazālī, L'Incohérence des philosophes
Aristote réinterprété par Averroès
, « le Commentateur », fait d' l'axe de sa philosophie et en rédige de grands commentaires visant à restituer la doctrine authentique, contre les lectures néoplatonisantes.
Sources (1)
- Averroès, Grand Commentaire de la Métaphysique d'Aristote
al-Ghazālī contesté par Averroès
108575 anscontesté par1162répond point par point à : nier la causalité naturelle, c'est nier la science elle-même, car connaître une chose, c'est connaître ses causes.
Sources (1)
- Averroès, L'Incohérence de l'Incohérence
Aristote réinterprété par Maïmonide
Le Guide des égarés de entreprend d'accorder la physique et la métaphysique d' avec la Torah, quitte à en limiter la portée sur la création du monde.
Sources (1)
- Maïmonide, Le Guide des égarés
Kalām contesté par Maïmonide
expose puis réfute les prémisses des théologiens du (atomisme, recréation continue du monde, possibilité de tout ce qui est imaginable), qu'il juge fondées sur l'imagination et non sur la nature des choses.
Sources (1)
- Maïmonide, Guide des égarés, I, 71-76
Falsafa prolongé par Maïmonide
pense dans le cadre de la : il recommande avant tout autre auteur et reprend sa conception du prophète comme philosophe doué d'une imagination parfaite.
Sources (2)
- Maïmonide, Lettre à Samuel ibn Tibbon
- Maïmonide, Guide des égarés, II, 36-38
Nāgārjuna réinterprété par Dōgen
Par la tradition mahāyāna et chan, hérite d'une compréhension de la vacuité fortement marquée par , qu'il met en œuvre dans sa pensée de l'assise méditative et de l'impermanence.
Sources (1)
- Dōgen, Shōbōgenzō
Aristote synthétisé par Thomas d'Aquin
intègre la physique, la psychologie et la métaphysique d', « le Philosophe », à une vaste synthèse avec le dogme chrétien, faisant de la raison aristotélicienne l'instrument de la théologie.
Sources (1)
- Thomas d'Aquin, Somme théologique
Augustin prolongé par Thomas d'Aquin
hérite d', qu'il cite sans relâche, la conception du mal comme de bien et la défense du libre arbitre face au problème du mal, ainsi que le cadre chrétien d'inspiration platonicienne. Mais il refonde ce legs sur la métaphysique d', déplaçant l'augustinisme vers une théologie de l'être.
Sources (1)
- Thomas d'Aquin, Somme théologique (les nombreuses citations « Augustinus dicit »)
Boèce transmis par Thomas d'Aquin
transmet au monde latin le vocabulaire logique et métaphysique (personne, nature, éternité) et la méthode des opuscules théologiques que reprend et commente.
Sources (1)
- Boèce, Opuscula sacra ; La Consolation de Philosophie
Avicenne réinterprété par Thomas d'Aquin
reprend d' la distinction réelle de l'essence et de l'existence, mais la recompose : là où Avicenne fait de l'existence un accident qui s'ajoute à l'essence, Thomas la pense comme l'acte d'être () que Dieu confère, corrigeant ainsi son modèle au sein de sa propre métaphysique de l'être.
Sources (1)
- Thomas d'Aquin, De ente et essentia ; Somme contre les Gentils
Averroès transmis par Thomas d'Aquin
Les commentaires d' transmettent au monde latin et façonnent la lecture qu'en fait , lequel combat pourtant la thèse averroïste de l'unicité de l'intellect.
Sources (1)
- Thomas d'Aquin, De l'unité de l'intellect contre les averroïstes
Maïmonide réinterprété par Thomas d'Aquin
discute abondamment Rabbi Moïse sur la foi et la raison, la création dans le temps et la théologie négative, tantôt le suivant, tantôt le corrigeant.
Sources (1)
- Thomas d'Aquin, Somme théologique ; Somme contre les Gentils
Albert le Grand prolongé par Thomas d'Aquin
Maître de à Cologne, l'initie à l'étude systématique d'Aristote et à l'accord de la philosophie naturelle avec la foi.
Sources (1)
- Tradition biographique : Guillaume de Tocco, Vie de saint Thomas d'Aquin
Renaissance et âge classique
De la Renaissance à Leibniz : la redécouverte des Anciens et la naissance de la philosophie moderne.
Lucrèce prolongé par Michel de Montaigne
a lu et annoté le , dont il parsème les de citations. Sa reprise du naturalisme de est sélective : il en retient surtout la mort, la condition charnelle et le refus du dogmatisme, plus qu'un système. La lecture est directe, mais la filiation reste indirecte, faite d'emprunts littéraires sans magistère reconnu.
Sources (2)
- L'exemplaire du De rerum natura annoté de la main de Montaigne (notes marginales conservées)
- Citations de Lucrèce parmi les plus fréquentes des Essais, surtout sur la mort et la condition charnelle
Sénèque prolongé par Michel de Montaigne
, avec Plutarque, est la grande source morale des Essais : prolonge la méditation sur la mort, la constance et l'examen de soi. Puis il la détend vers une sagesse plus naturelle et fluctuante, fidèle au mouvement plutôt qu'à la fermeté du sage.
Sources (2)
- Montaigne, Essais (notamment les premiers chapitres « stoïciens »)
- Sénèque, Lettres à Lucilius
Sextus Empiricus réinterprété par Michel de Montaigne
La redécouverte de à la Renaissance arme l'« Apologie de Raymond Sebond » : y reprend l'arsenal du , les modes de suspension du jugement contre les prétentions de la raison. Mais il en fait un doute humain et vécu, le Que sais-je ?, plutôt qu'un système.
Sources (2)
- Montaigne, « Apologie de Raymond Sebond » (Essais, II, 12)
- Sextus Empiricus en latin (éditions d'Henri Estienne et de Gentian Hervet, 1562-1569)
Aristotélisme contesté par Bacon
construit sa réforme de la méthode contre l' scolastique, jugé stérile : à la logique syllogistique il oppose un Novum Organum, l'induction fondée sur l'expérience et l'observation.
Sources (1)
- Bacon, Novum Organum (1620)
Rationalisme contesté par Empirisme
L' britannique se définit contre le : le premier livre de l' de entreprend de réfuter les principes innés, avant que le second ne fasse dériver toutes nos idées de l'expérience, sensation puis réflexion. À l'ordre des raisons déduites a priori, il oppose la patiente collecte des idées simples.
Sources (1)
- Locke, Essai sur l'entendement humain, livre I
Scepticisme contesté par Descartes
reprend les arguments du (illusion des sens, rêve, malin génie) mais en renverse l'usage : le doute radical devient méthode pour atteindre une certitude indubitable qui le surmonte.
Sources (1)
- Descartes, Méditations métaphysiques (1641)
Stoïcisme réinterprété par Descartes
La troisième maxime de la morale par provision de , tâcher toujours plutôt à me vaincre que la fortune, et à changer mes désirs que l'ordre du monde, fait sien le partage entre et ce qui n'en dépend pas. La générosité des Passions de l'âme prolonge cette maîtrise de soi, mais Descartes la refonde sur le plutôt que sur le consentement au destin.
Sources (1)
- Descartes, Discours de la méthode, IIIᵉ partie ; Les passions de l'âme, art. 153 ; lettres à Élisabeth
Augustin réinterprété par Descartes
Le cogito de a un précédent augustinien fameux, le si fallor, sum : lui lègue la certitude de soi tirée du doute même et le tour vers l'intériorité, que Descartes refond en fondement de la connaissance, sans se reconnaître d'emprunt.
Sources (1)
- Augustin, La Cité de Dieu, XI, 26 ; Descartes, lettre à Colvius (1640)
Anselme de Cantorbéry réinterprété par Descartes
L'argument ontologique d' reparaît, par des relais scolastiques, dans la Ve Méditation de , qui déduit l'existence de Dieu de son essence, sans emprunt reconnu.
Sources (1)
- Descartes, Méditations métaphysiques, V
Aristotélisme contesté par Hobbes
bâtit son mécanisme contre l' scolastique, dont il raille l'Aristotélité : plus d'essences ni de causes finales, seulement des corps en mouvement, jusque dans la politique.
Sources (1)
- Hobbes, Léviathan, chapitre 46
Épicurisme réinterprété par Hobbes
Le matérialisme de l' parvient à par un relais documenté mais indirect, son ami Gassendi, restaurateur d'Épicure dans le cercle de Mersenne : atomes, crainte et pacte y préfigurent sa physique et son contrat.
Sources (1)
- Gassendi, Syntagma philosophicum ; le cercle de Mersenne
Machiavel prolongé par Hobbes
Comme , fonde la politique sur l'homme tel qu'il est, mû par la crainte et l'intérêt, non sur un idéal. Il systématise l'anthropologie sombre en science géométrique de l'État, mais déplace la source de l'ordre du côté du contrat et du souverain absolu, là où Machiavel la voyait dans la virtù du fondateur et le conflit des humeurs.
Sources (1)
- Filiation réaliste classiquement relevée (F. Meinecke, L'Idée de la raison d'État)
Descartes contesté par Hobbes
Dans les Troisièmes Objections aux Méditations, conteste directement : la chose qui pense pourrait bien être corporelle. Sur ce point central du dualisme, la confrontation cristallise son matérialisme contre l'âme immatérielle cartésienne.
Sources (1)
- Descartes, Méditations métaphysiques, Troisièmes Objections et Réponses
Michel de Montaigne contesté par Pascal
se construit contre : il admire son portrait de la misère humaine, mais condamne sa nonchalance du salut et sa complaisance . Il retourne le doute de Montaigne vers le pari et la , là où l'essayiste s'y reposait.
Sources (2)
- Pascal, « Entretien avec M. de Sacy sur Épictète et Montaigne »
- Pascal, Pensées
Stoïcisme réinterprété par Spinoza
L'Éthique de reprend le geste thérapeutique du : la servitude naît des passions, la liberté de leur compréhension, et l'on se délivre du trouble en connaissant la nécessité. Mais Spinoza ne prône ni l'indifférence ni le durcissement du cœur : la sagesse culmine pour lui dans la joie active et l'amour intellectuel de Dieu, non dans l' du sage stoïcien.
Sources (1)
- Spinoza, Éthique, III-V ; S. James, « Spinoza the Stoic »
Machiavel réinterprété par Spinoza
salue en un esprit très pénétrant et reprend son réalisme, l'analyse des hommes tels qu'ils sont ; mais il met cette lucidité au service d'une fin inverse, la démocratie et la liberté, non le maintien du prince.
Sources (1)
- Spinoza, Traité politique, ch. V et X
Descartes réinterprété par Spinoza
reprend l'exigence démonstrative et la méthode de , mais retourne sa métaphysique : au lieu de deux substances et d'un Dieu extérieur, une seule substance infinie dont tout est un mode.
Sources (1)
- Spinoza, Éthique
Hobbes contesté par Locke
Sans jamais nommer , construit son contrat contre l'absolutisme hobbesien : mêmes matériaux, l'état de nature et le pacte, mais retournés en un pouvoir limité et révocable. Filiation reconstruite par les historiens.
Sources (1)
- Locke, Deux traités du gouvernement
Néoconfucianisme réinterprété par Leibniz
lit le de à travers les traités des missionnaires Longobardo et Sainte-Marie, qui y voyaient un matérialisme, et y reconnaît au contraire une théologie naturelle proche de la sienne, preuve à ses yeux que la raison peut atteindre Dieu sans révélation.
Sources (1)
- Leibniz, Discours sur la théologie naturelle des Chinois (1716)
Descartes réinterprété par Leibniz
part des problèmes cartésiens de substance et de mécanisme, mais conteste la physique de l'étendue de pour fonder une dynamique des monades, points de force sans parties.
Sources (1)
- Leibniz, Discours de métaphysique
Confucianisme réinterprété par Les Lumières
Traduit en latin par les jésuites, Confucius devient pour Wolff, Voltaire et Quesnay le modèle d'une morale et d'un gouvernement fondés sur la raison sans révélation : une arme des contre l'autorité de l'Église.
Sources (2)
- Confucius Sinarum Philosophus (1687)
- Wolff, Oratio de Sinarum philosophia practica (1721)
Bacon prolongé par Les Lumières
lègue aux Lumières le programme d'un savoir fondé sur l'expérience et tourné vers l'utilité, « savoir, c'est pouvoir ». et le saluent comme l'inspirateur de l'Encyclopédie, dont le Discours préliminaire dresse sa généalogie des sciences.
Sources (1)
- d'Alembert, Discours préliminaire de l'Encyclopédie (1751)
Rationalisme prolongé par Les Lumières
Du , les Lumières héritent la confiance dans une raison capable de juger seule, et le doute méthodique de comme arme contre les préjugés. Le versant radical du courant prolonge aussi, de façon plus souterraine, le et sa critique des religions révélées.
Sources (1)
- Ernst Cassirer, La Philosophie des Lumières (1932)
Locke prolongé par Les Lumières
L' de donne aux philosophes leur épistémologie, la et la critique des idées innées ; ses et sa leur fournissent les droits naturels, le gouvernement par consentement et la . le célèbre dès les Lettres philosophiques comme le modèle du sage anglais.
Sources (2)
- Voltaire, Lettres philosophiques (1734)
- d'Alembert, Discours préliminaire de l'Encyclopédie
Newton prolongé par Les Lumières
La mécanique de , qui déduit le système du monde de quelques lois mathématiques, devient le paradigme du savoir pour les Lumières : la popularise en France, et le programme d'étendre la « méthode newtonienne » à la morale et à la société traverse tout le siècle.
Sources (2)
- Voltaire, Éléments de la philosophie de Newton (1738)
- d'Alembert, Discours préliminaire de l'Encyclopédie
Les Lumières prolongé par Libéralisme
Le libéralisme politique prolonge les : il y puise les droits naturels de l'individu, la tolérance, le gouvernement fondé sur le consentement et la défiance envers tout pouvoir absolu. ajoute la séparation des pouvoirs comme garantie contre le despotisme. Des Lumières le libéralisme retient l'individu majeur, capable de se conduire par sa propre raison.
Sources (2)
- Montesquieu, De l'esprit des lois (1748)
- Kant, Qu'est-ce que les Lumières ? (1784)
Locke réinterprété par George Berkeley
accepte l' de , pour qui toute idée vient de l'expérience, mais le radicalise jusqu'à l'immatérialisme : nier la substance matérielle, n'admettre que des idées perçues et des esprits qui les perçoivent.
Sources (1)
- Berkeley, Principes de la connaissance humaine (1710)
Locke réinterprété par Hume
pousse l'analyse lockéenne des idées issues de l'expérience jusqu'à ses conséquences sceptiques : une théorie associationniste de l'esprit et la dissolution de l'identité personnelle et de la causalité nécessaire.
Sources (1)
- Hume, Traité de la nature humaine (1739)
George Berkeley réinterprété par Hume
hérite de la critique des idées abstraites et le recentrement de toute connaissance sur les perceptions, qu'il étend de la matière à l'esprit lui-même.
Sources (1)
- Hume, Traité de la nature humaine (1739)
Machiavel réinterprété par Rousseau
revendique ouvertement Machiavel : sous couleur de donner des leçons aux rois, en donnerait de grandes aux peuples, « le livre des républicains ». Il hérite du Machiavel des , l'amour de la liberté et la méfiance envers les grands, en l'intégrant à sa théorie de la souveraineté populaire.
Sources (1)
- Rousseau, Du contrat social, III, 6 (note)
Hobbes contesté par Rousseau
renverse l' de : loin d'être une « guerre de tous contre tous », il est paisible, et l'homme y est naturellement bon, mû par l'amour de soi et la , non par la peur et l'orgueil. Hobbes, lui reproche Rousseau, a projeté sur l'homme naturel les passions de l'homme déjà social ; ce n'est pas la nature mais la société qui rend l'homme méchant.
Sources (1)
- Rousseau, Discours sur l'origine de l'inégalité (1755)
Locke réinterprété par Condillac
radicalise l'empirisme de en sensualisme : par la fiction d'une statue qu'on éveille sens après sens, il entreprend de dériver toutes les facultés de la seule sensation, supprimant la réflexion que Locke tenait pour une source distincte.
Sources (1)
- Condillac, Traité des sensations (1754)
Des Lumières au XIXe siècle
Des Lumières à Nietzsche : la critique, les grands systèmes, et les premières réponses venues d'ailleurs.
Hume contesté par Thomas Reid
bâtit sa philosophie du sens commun contre le scepticisme de : si les principes de l'empirisme mènent à douter du monde extérieur et du moi, c'est qu'il faut leur préférer les certitudes premières que la nature impose à tout homme.
Sources (1)
- Reid, Recherche sur l'esprit humain d'après les principes du sens commun (1764)
Stoïcisme prolongé par Smith
La Théorie des sentiments moraux fait de la maîtrise de soi, que nomme self-command, la vertu qui couronne les autres, et son spectateur impartial reprend le mouvement de l', l'extension du souci de soi jusqu'à autrui. Smith consacre de longues pages aux stoïciens, tout en jugeant leur apathie trop sévère pour la sympathie qui fonde sa morale.
Sources (1)
- Adam Smith, Théorie des sentiments moraux, parties VI-VII
Hume prolongé par Smith
Ami intime de , prolonge sa morale des sentiments : la sympathie est le ressort du jugement moral. Il la refond toutefois autour du spectateur impartial, tribunal intérieur qui corrige nos partialités.
Sources (1)
- Smith, Théorie des sentiments moraux (1759)
Les Lumières contesté par Burke
Dans ses Réflexions sur la Révolution de France, attaque la politique des Lumières : aux droits abstraits et à la rationaliste, il oppose les droits hérités, les préjugés utiles et la sagesse accumulée de la tradition. C'est l'acte fondateur du conservatisme moderne.
Sources (1)
- Burke, Réflexions sur la Révolution de France (1790)
Stoïcisme réinterprété par Kant
Lecteur de Cicéron et de Sénèque, recueille de la morale la thèse que la vertu est le seul bien inconditionné, qu'il transpose en bonne volonté, et la discipline du jugement, qu'il mue en devoir accompli par pur respect de la loi. L' devient chez lui maîtrise de soi rationnelle, et le cosmopolitisme du Portique, un droit cosmopolitique. Il ne revendique pourtant jamais cette dette, transmise pour partie par Rousseau et l'école wolffienne.
Sources (1)
- Kant, Fondements de la métaphysique des mœurs ; Doctrine de la vertu (Ak. 6:408-409) ; K. Reich, « Kant et l'éthique grecque »
Stoïcisme contesté par Kant
rompt avec l' antique dont le est le plus haut représentant : faire de la recherche du bonheur le ressort de la vertu, c'est pour lui verser dans l'hétéronomie. Il récuse la thèse que la vertu suffise au souverain bien, et rend au bonheur une place seulement espérée, proportionnée au mérite, jamais un motif moral valable.
Sources (1)
- Kant, Critique de la raison pratique (Dialectique, Ak. 5:111-114 ; 5:126) ; Religion dans les limites de la simple raison, 6:57n
Empirisme synthétisé par Kant
Contre le dogmatisme, retient de l' que toute connaissance commence avec l'expérience ; sa Critique opère la synthèse des deux traditions : sans intuition les concepts sont vides, sans concepts les intuitions sont aveugles.
Sources (1)
- Kant, Critique de la raison pure (1781)
Rationalisme synthétisé par Kant
reprend du l'exigence d'un savoir a priori, universel et nécessaire, mais la limite aux conditions de l'expérience possible : les concepts purs ne connaissent rien hors des phénomènes.
Sources (1)
- Kant, Critique de la raison pure (1781)
Les Lumières prolongé par Kant
porte les Lumières à leur achèvement philosophique : il surmonte la querelle de l' dans le criticisme, et fait de l'autonomie de la raison le cœur de sa morale comme de sa définition des Lumières, « la sortie de l'homme hors de sa minorité ».
Sources (2)
- Kant, Qu'est-ce que les Lumières ? (1784)
- Kant, Critique de la raison pure (1781)
Hume contesté par Kant
tire de l'empirisme une conclusion sceptique : aucune impression ne nous livre la connexion nécessaire entre une cause et son effet, seulement une habitude. dit en avoir été tiré de son sommeil dogmatique et bâtit la philosophie critique contre ce scepticisme, en logeant la causalité dans les conditions a priori de l'expérience plutôt que dans les choses.
Sources (1)
- Kant, Prolégomènes à toute métaphysique future (1783)
Rousseau prolongé par Kant
reconnaît devoir à d'avoir appris à honorer l'homme : il reprend la dignité de la personne et l'autonomie morale, déplaçant le centre de la philosophie de la connaissance vers la liberté pratique.
Sources (1)
- Kant, Fondements de la métaphysique des mœurs (1785)
Kant réinterprété par Idéalisme allemand
L'idéalisme allemand naît de et contre lui : il reprend son tournant transcendantal, le sujet qui constitue l'expérience, mais refuse la chose en soi inconnaissable où Kant arrêtait la raison. tient cette limite pour une inconséquence et transforme le criticisme en idéalisme absolu, où la raison rejoint la totalité du réel ; il conteste la fixité des oppositions kantiennes, phénomène et chose en soi, en les intégrant au mouvement dialectique de l'Esprit. Kant, lui, avait explicitement récusé ce dépassement.
Sources (2)
- Hegel, Science de la logique
- Hegel, Encyclopédie des sciences philosophiques (§ sur la philosophie critique)
Épicurisme réinterprété par Utilitarisme
Filiation reconstruite, non revendiquée : l'hédonisme de l', qui mesure le bien au plaisir et à l'absence de trouble, préfigure de loin le calcul des peines et des plaisirs de l', que Bentham refonde toutefois sur le bonheur collectif.
Sources (1)
- Bentham, Introduction aux principes de morale et de législation
Les Lumières prolongé par Utilitarisme
L' hérite de la morale séculière et réformatrice des Lumières : le principe d'utilité de prolonge la pénalité réformée de et le calcul des peines et des plaisirs déjà présent chez .
Sources (1)
- Bentham, Introduction aux principes de la morale et de la législation (1789)
Hume prolongé par Bentham
rapporte qu'à la lecture de les écailles lui tombèrent des yeux : il y trouve le naturalisme psychologique et l'idée que l'utilité est la mesure du bien, qu'il érige en principe de l'.
Sources (1)
- Bentham, Fragment sur le gouvernement (1776), préface
Beccaria prolongé par Bentham
salue en un maître : sa réforme pénale, qui mesure la peine à l'utilité sociale et non à la vengeance, offre le premier modèle du calcul des peines et des plaisirs que l'utilitarisme érige en principe.
Sources (2)
- Beccaria, Des délits et des peines (1764)
- Bentham, Introduction aux principes de la morale et de la législation
Spinoza réinterprété par Le romantisme
réveille , longtemps tenu pour maudit : la querelle du panthéisme (Jacobi, 1785) le remet au centre, et son Dieu-nature unique, immanent et vivant, devient l'âme de la de comme de la piété cosmique de . Les romantiques en font moins le géomètre froid de l'Éthique qu'un mystique de l'unité du tout, « l'homme ivre de Dieu ».
Sources (2)
- F. H. Jacobi, Lettres sur la doctrine de Spinoza (1785)
- Frederick Beiser, The Fate of Reason (1987)
Les Lumières contesté par Le romantisme
naît en réaction frontale aux Lumières : à la raison universelle, au mécanisme et au culte du progrès, il oppose le sentiment, l'imagination, le génie singulier d'un peuple et le mystère d'une nature vivante. Il prolonge pourtant la sensibilité de , philosophe des Lumières devenu son propre contre-courant : la réaction romantique grandit ainsi de l'intérieur même de ce qu'elle conteste.
Sources (2)
- Isaiah Berlin, Les Racines du romantisme (1965)
- Herder, Une autre philosophie de l'histoire (1774)
Rousseau prolongé par Le romantisme
reconnaît en son précurseur : il reprend et radicalise sa réhabilitation du sentiment contre la raison, son culte de la nature et de l'authenticité du moi, et sa critique de la civilisation. Les Confessions et les Rêveries inaugurent l'exploration romantique de l'intériorité, et la « religion du cœur » du vicaire savoyard annonce le sentiment religieux des romantiques.
Sources (2)
- Ernst Cassirer, Le Problème Jean-Jacques Rousseau (1932)
- Isaiah Berlin, Les Racines du romantisme
Kant réinterprété par Le romantisme
La troisième Critique de arme le romantisme : sa théorie du , à qui « la nature donne ses règles à l'art », son analyse du et son imagination productrice deviennent le socle de l'esthétique romantique. Le romantisme prolonge aussi l'élan de l'idéalisme post-kantien, tout en franchissant la limite que Kant imposait à la raison : il prétend rejoindre par l'art et l'intuition cet absolu que Kant déclarait inconnaissable.
Sources (2)
- Kant, Critique de la faculté de juger (1790)
- Isaiah Berlin, Les Racines du romantisme
Héraclite prolongé par Hegel
reconnaît en le penseur du devenir et de l'unité des contraires : « il n'est pas une proposition d'Héraclite que je n'aie reprise dans ma Logique », dit-il, faisant du flux héraclitéen un moment de sa propre dialectique de l'être et du néant.
Sources (1)
- Leçons sur l'histoire de la philosophie
Aristote prolongé par Hegel
tient pour l'un des plus spéculatifs des penseurs : il lui reprend l'actualité (energeia), la fin immanente et l'universel qui n'existe que dans ses individus, contre l'universel abstrait, et clôt son Encyclopédie sur une citation de la Métaphysique, la pensée de la pensée.
Sources (1)
- Encyclopédie, §577 ; Leçons sur l'histoire de la philosophie
Spinoza réinterprété par Hegel
tient le spinozisme pour un passage obligé : commencer à philosopher, c'est être spinoziste. Il reprend l'exigence d'un absolu unique, mais reproche à la substance de d'être inerte et la refait sujet.
Sources (1)
- Hegel, Leçons sur l'histoire de la philosophie
Kant prolongé par Hegel
hérite de l'unité du sujet et les antinomies de la raison, mais lui reproche la chose en soi inconnaissable, reste de dualisme, et le caractère seulement subjectif des catégories : ce que Kant tenait pour les limites de la raison, Hegel en fait le moteur dialectique du réel lui-même.
Sources (1)
- Foi et savoir (1802) ; Science de la logique
Fichte prolongé par Hegel
De , retient le Moi comme activité qui se pose elle-même et le primat du pratique ; mais il refuse de laisser le non-Moi, la nature, comme un devoir-être que le Moi ne rejoint jamais, une « mauvaise infinité » : il faut réconcilier les opposés, non les opposer sans fin.
Sources (1)
- Différence des systèmes de Fichte et de Schelling (1801)
Schelling contesté par Hegel
Amis et alliés de jeunesse, et rompent en 1807 : Hegel raille l'Absolu schellingien, identité indifférenciée atteinte d'emblée par l'intuition, comme « la nuit où toutes les vaches sont noires », et lui oppose le travail patient du concept, seul chemin vers l'Absolu.
Sources (1)
- Phénoménologie de l'esprit, Préface
Schopenhauer contesté par Hegel
Le mépris de pour fut viscéral et public : à Berlin, il programma ses cours à la même heure que lui, et parla devant une salle vide. Contre l'optimisme d'un sens de l'histoire et la toute-puissance du concept, il oppose une métaphysique de la aveugle, le primat de l'intuition sur le discours, et une histoire sans progrès ni raison.
Sources (1)
- Schopenhauer, Parerga et Paralipomena (1851) ; préface du Monde comme volonté et comme représentation
Bouddhisme réinterprété par Schopenhauer
trouve dans le une confirmation orientale de sa pensée : la centralité de la souffrance, le détachement et la négation du vouloir-vivre comme voie de délivrance.
Sources (1)
- Schopenhauer, Parerga et Paralipomena
Platon réinterprété par Schopenhauer
nomme et ses deux maîtres. Il reprend les Idées platoniciennes, mais les déplace : elles ne sont plus des réalités intelligibles séparées, elles deviennent les degrés éternels d'objectivation du , que seul le contemple dans l'expérience esthétique.
Sources (1)
- Schopenhauer, Le Monde comme volonté et comme représentation, livre III (1818)
Vedānta (Advaita) réinterprété par Schopenhauer
puise dans les Upaniṣad et le , qu'il vénère, le motif du voile des apparences (Māyā) et l'unité métaphysique derrière la pluralité, qu'il retraduit dans sa philosophie de la volonté.
Sources (1)
- Schopenhauer, Le Monde comme volonté et représentation (1818)
Kant réinterprété par Schopenhauer
adopte le partage kantien entre phénomène et chose en soi, mais identifie cette dernière à la volonté : une poussée aveugle et sans fin dont le monde des représentations n'est que la manifestation.
Sources (1)
- Schopenhauer, Le Monde comme volonté et représentation (1818)
Les Lumières prolongé par Comte
systématise l'autorité que les Lumières reconnaissaient à la science : sa loi des trois états fait de l'âge « positif » l'aboutissement du progrès de l'esprit esquissé par , qu'il revendique comme son principal devancier.
Sources (1)
- Comte, Cours de philosophie positive (1830-1842)
Hegel contesté par Kierkegaard
définit son projet contre le système de : la médiation dialectique dissout l'existence singulière, alors que l'individu, dans l'angoisse et le choix, ne se laisse pas absorber par l'universel.
Sources (1)
- Kierkegaard, Post-scriptum définitif et non scientifique aux Miettes philosophiques (1846)
Hegel contesté par Ludwig Feuerbach
, hégélien de gauche, retourne contre lui-même : ce que Hegel appelle Dieu ou Esprit absolu n'est que l'essence de l'homme, projetée et aliénée dans un ciel. La théologie doit se renverser en anthropologie, et l'idéalisme reposer sur la nature sensible.
Sources (1)
- Feuerbach, L'Essence du christianisme (1841)
Bentham réinterprété par Mill
Élevé dans l' de , en conserve le principe mais le réforme : il introduit une hiérarchie qualitative des plaisirs et fait place à la liberté individuelle contre le seul calcul des quantités.
Sources (1)
- Mill, L'Utilitarisme (1861)
Comte prolongé par Mill
correspond avec et adopte la méthode positive, l'explication par les lois plutôt que par les causes ultimes, tout en rejetant sa religion de l'Humanité et son mépris de la liberté individuelle.
Sources (1)
- Mill, Auguste Comte et le positivisme
Le romantisme prolongé par Existentialisme
recueille du romantisme l'exaltation de l'individu singulier contre le système et l'universel abstrait, le primat de l', de la passion et de l'angoisse, et l'exigence d'. , lecteur critique du romantisme et de Hegel, en est le relais décisif : le « moi » romantique, irréductible à la raison, devient l'existant qui se choisit.
Sources (2)
- Charles Taylor, Les Sources du moi (1989)
- Søren Kierkegaard, Le Concept d'ironie (1841)
Phénoménologie prolongé par Existentialisme
L'existentialisme du XXe siècle hérite de la sa méthode : décrire les phénomènes tels qu'ils se donnent à la conscience, en deçà des théories. Mais il en déplace l'objet, de la conscience constituante vers l'existence concrète, la liberté, l'angoisse et le corps : tire de l'intentionnalité une conscience vouée au néant et au choix, refonde la description en analytique de l'être-au-monde. Les héritiers refaçonnent jusqu'à la méthode elle-même, l'ancrant dans le corps percevant.
Sources (3)
- Husserl, Idées directrices pour une phénoménologie
- Sartre, L'Être et le Néant
- Heidegger, Être et Temps
Libéralisme contesté par Marxisme
Le se construit comme la critique du : derrière l'égalité formelle des droits et la liberté du marché, dénonce les rapports de production qui asservissent le travail et fait des droits bourgeois l'idéologie d'une classe. Il en retient pourtant l'horizon d'émancipation, qu'il veut porter du droit politique à la vie réelle.
Sources (1)
- Marx, Sur la question juive ; Marx et Engels, Manifeste du parti communiste ; Marx, Le Capital
Hegel réinterprété par Marx
conserve la dialectique de mais la remet sur ses pieds : ce n'est plus l'Esprit mais les rapports matériels de production qui meuvent l'histoire, dont l'idéel n'est que le reflet.
Sources (1)
- Marx, Postface à la deuxième édition du Capital (1873)
Marx prolongé par Friedrich Engels
élabore avec , puis après lui, la critique de l'économie politique et la conception matérialiste de l'histoire, dont il assure la formulation systématique et la diffusion.
Sources (1)
- Marx et Engels, L'Idéologie allemande
Schopenhauer prolongé par Léon Tolstoï
découvre Schopenhauer à l'été 1869 et s'en enthousiasme, jusqu'à faire accrocher son portrait dans son bureau. La crise spirituelle de Ma confession, l'horreur du néant de la mort, la quête d'un renoncement et d'une universelle, doit beaucoup au pessimisme et à l' schopenhaueriens, que Tolstoï réoriente ensuite vers l'Évangile.
Sources (1)
- Tolstoï, correspondance avec Fet (1869) ; Ma confession (1882)
Mill prolongé par Sidgwick
systématise l' après en le rendant plus rigoureux et plus exigeant du point de vue de l'impartialité, cherchant à le concilier avec les intuitions du sens commun.
Sources (1)
- Sidgwick, Les Méthodes de l'éthique (1874)
Empirisme prolongé par Pragmatisme
Le prolonge l' en ancrant le sens et la vérité dans l'expérience, mais déplace le critère vers les conséquences pratiques d'une idée plutôt que vers ses origines sensorielles. James revendique d'ailleurs un empirisme radical.
Sources (1)
- William James, Le Pragmatisme (1907)
Platon réinterprété par Nietzsche
L'influence ne passe pas par les thèses propres de , mais par son personnage : dans le , Platon met dans sa bouche le droit du plus fort et la dénonciation de la morale des faibles pour mieux les réfuter. réactive cette position immoraliste, que la critique rapproche de sa morale des maîtres, et la retourne contre la morale d'inspiration socratique et platonicienne.
Sources (1)
- Rapprochement classique de la critique (E. R. Dodds, commentaire du Gorgias) ; Nietzsche, La Généalogie de la morale
Platonisme contesté par Nietzsche
définit sa tâche comme un renversement du platonisme : contre le et son monde vrai qui dévalorise le sensible, il veut rendre à la terre et au corps leur innocence.
Sources (1)
- Nietzsche, Le Crépuscule des idoles ; fragments posthumes
Michel de Montaigne réinterprété par Nietzsche
salue comme un esprit libre et un modèle : écrire le moi, affirmer le corps et la terre, gagner en gaieté de vivre par sa seule lecture. Il en reprend la franchise de l'essai et la recompose dans sa propre posture généalogique, affirmatrice de la vie.
Sources (2)
- Nietzsche, « Schopenhauer éducateur » (Considérations inactuelles III), éloge de Montaigne
- Nietzsche, fragments posthumes
Le romantisme réinterprété par Nietzsche
hérite du romantisme plus qu'il ne l'avoue : le dionysiaque de La Naissance de la tragédie, l'art tenu pour « l'activité métaphysique par excellence », la révolte contre la raison socratique et les Lumières viennent de cette source, transmise par et Wagner. Mais il retourne bientôt ces armes contre le romantisme lui-même, qu'il dénonce comme nostalgie, faiblesse et fuite : il en recueille l'énergie pour en rejeter la mélancolie.
Sources (2)
- Nietzsche, La Naissance de la tragédie (1872)
- Nietzsche, Le Gai Savoir, § 370 (« Qu'est-ce que le romantisme ? »)
Schopenhauer contesté par Nietzsche
Jeune, reconnaît en son éducateur et hérite de sa lecture tragique de l'existence et de la centralité de la volonté. Il retourne ensuite l'héritage : contre le pessimisme et la négation du vouloir-vivre, il oppose l'affirmation de la vie et la volonté de puissance.
Sources (1)
- Nietzsche, Schopenhauer éducateur, Considérations inactuelles III (1874)
William Kingdon Clifford contesté par William James
186215 anscontesté par1876« The Will to Believe » de répond frontalement à : contre la maxime qu'il est toujours fautif de croire sans preuve suffisante, James défend le droit, sur les questions vitales que la preuve ne tranche pas, de risquer une croyance.
Sources (2)
- James, La Volonté de croire (1896)
- Clifford, « L'Éthique de la croyance » (1877)
Charles Sanders Peirce réinterprété par William James
popularise et assouplit la maxime pragmatiste de , qui liait le sens d'une idée à ses effets concevables, en l'orientant vers une théorie psychologique et pluraliste de la vérité et de la croyance.
Sources (1)
- James, Le Pragmatisme (1907)
Henri Bergson réinterprété par William James
190025 ansréinterprété par1876salue en un allié contre l'intellectualisme : il reprend sa critique des concepts figés et sa durée mouvante pour nourrir son empirisme radical et son univers pluraliste.
Sources (1)
- James, Un univers pluraliste (1909)
Kant réinterprété par Charles Sanders Peirce
lit de près et le retravaille beaucoup : il refond la table des catégories et l'architectonique de la première dans sa propre triade (priméité, secondéité, tiercéité) et dans son réalisme des universaux. Kant reste le philosophe à partir duquel il pense, même là où il le corrige.
Sources (1)
- Peirce, Collected Papers (engagement répété avec la Critique de la raison pure)
Nietzsche réinterprété par Max Weber
, pour qui l'honnêteté d'un penseur se mesure à sa position envers et Marx, transpose en sociologie le soupçon généalogique : l'analyse des valeurs, du ressentiment et du « désenchantement du monde » doit beaucoup au diagnostic nietzschéen.
Sources (2)
- Weber, Le Savant et le politique
- Weber, L'Éthique protestante et l'esprit du capitalisme
Schopenhauer réinterprété par Sigmund Freud
retrouve chez , qu'il dit avoir peu lu, l'intuition d'une volonté aveugle sous la conscience claire : le primat de la pulsion, le refoulement et la sexualité comme force obscure y sont pressentis avant d'être mis au jour par la psychanalyse.
Sources (1)
- Freud, Contribution à l'histoire du mouvement psychanalytique (1914)
Descartes réinterprété par Husserl
reprend de la quête d'un fondement apodictique enraciné dans l'ego, le retour au je pense comme sol indubitable du savoir. Mais il en récuse le pas décisif : l'ego de la réduction n'est plus une substance pensante isolée du monde, c'est l'ego transcendantal dont l'analyse déploie la vie intentionnelle.
Sources (1)
- Husserl, Méditations cartésiennes
Franz Brentano prolongé par Husserl
, dont fut l'élève direct, lui transmet la thèse que toute conscience est conscience de quelque chose, l' comme marque du psychique, germe de la phénoménologie. Husserl reconnaît cette dette mais transforme l'intentionnalité descriptive de son maître en structure transcendantale de la conscience constituante.
Sources (1)
- Husserl, Recherches logiques ; sa reconnaissance de Brentano comme son maître
XXe et XXIe siècles
Phénoménologie, philosophie analytique, école de Kyoto : les filiations du XXe siècle à aujourd'hui.
Empirisme prolongé par Philosophie analytique
La philosophie analytique se veut l'héritière de l' britannique, dont elle reprend l'ancrage du savoir dans l'expérience et la défiance envers la métaphysique spéculative. Mais elle le refond en le fusionnant avec la logique moderne : à l'association des idées elle substitue l'analyse logique des propositions, dont est le pont. L'empirisme logique du Cercle de Vienne en radicalise le programme, le vérifiable seul ayant un sens.
Sources (2)
- Russell, Notre connaissance du monde extérieur (1914)
- Ayer, Langage, vérité et logique (1936)
William James prolongé par John Dewey
187630 ansprolongé par1906prolonge le de , l'accent sur l'expérience et les conséquences des idées, en l'orientant vers la logique de l'enquête, l'éducation et la démocratie.
Sources (1)
- Dewey, Logique : la théorie de l'enquête (1938)
Charles Sanders Peirce prolongé par John Dewey
reprend la logique de l'enquête de et sa , qu'il prolonge vers l'instrumentalisme et l'enquête démocratique : la fixation de la croyance devient un processus social et expérimental orienté vers l'action.
Sources (1)
- Dewey, « The Development of American Pragmatism » ; Logic: The Theory of Inquiry
William James réinterprété par Nishida
187630 ansréinterprété par1908L' de part de l'empirisme radical de , qu'il cite dès ses premières pages, mais il en fait le principe unique d'où procèdent sujet et objet, dans une perspective nourrie par le zen.
Sources (1)
- Nishida, Essai sur le bien (1911), I
Léon Tolstoï prolongé par Gandhi
186940 ansprolongé par1909reconnaît en , avec qui il correspond, un maître de la non-violence : la loi d'amour et le refus chrétien de rendre le mal par le mal, qu'il transpose en méthode d'action politique de masse, la satyagraha.
Sources (2)
- Tolstoï, Lettre à un Hindou (1908)
- Gandhi, Autobiographie ou Mes expériences de vérité
Madhyamaka réinterprété par École de Kyoto
fait de la de la le « champ » où le nihilisme occidental, diagnostiqué par Nietzsche et Heidegger, est traversé et surmonté : une notion bouddhique devient la réponse à une crise de la modernité européenne.
Sources (1)
- Nishitani, Shūkyō to wa nanika, ch. 4
Heidegger réinterprété par École de Kyoto
, et Kuki Shūzō étudient auprès de à Fribourg. L' reprend sa question du néant et sa lecture du nihilisme, pour les porter vers la vacuité bouddhique, là où Heidegger restait dans l'horizon de l'être.
Sources (2)
- Nishitani, Shūkyō to wa nanika
- Tanabe, Zangedō to shite no tetsugaku
Machiavel réinterprété par Antonio Gramsci
reprend Machiavel dans ses Cahiers de prison : le « Prince moderne » n'est plus un homme mais le parti révolutionnaire, prince collectif qui, tel le mythe machiavélien, cristallise et organise la volonté collective. La virtù du fondateur devient l'hégémonie construite par l'organisation.
Sources (1)
- Gramsci, Cahiers de prison, « Notes sur Machiavel » (Le Prince moderne)
Marx réinterprété par Antonio Gramsci
relit en déplaçant l'analyse de l'infrastructure vers la culture : le concept d'hégémonie explique comment une classe domine par le consentement et la société civile, pas seulement par la force.
Sources (1)
- Gramsci, Cahiers de prison
Schopenhauer réinterprété par Wittgenstein
Le jeune lut Schopenhauer, et le Tractatus en garde la trace : le sujet métaphysique comme « limite du monde » et non partie de lui, un solipsisme qui coïncide avec le réalisme, et surtout une éthique et un « mystique » relégués hors de ce qui peut se dire. La schopenhauerienne y devient le lieu d'un sens qui échappe au langage.
Sources (1)
- Wittgenstein, Tractatus logico-philosophicus (1921), §§5.6, 6.4
Léon Tolstoï prolongé par Wittgenstein
Au front, en 1914, lit et relit L'Évangile en abrégé de , qui le porte et qu'il recommande à tous. De là une part de sa gravité éthique et religieuse : la valeur ne s'argumente pas, elle se vit ; ce qui compte, dans le Tractatus, est l'éthique qu'on ne peut dire.
Sources (1)
- Correspondance de guerre ; L'Évangile en abrégé (Tolstoï)
Frege prolongé par Wittgenstein
vint à la philosophie par la logique de , qu'il alla consulter avant que Frege ne l'adresse à . Le Tractatus hérite de son exigence logique, de la distinction du sens et de la référence et du principe de contexte ; le Wittgenstein tardif s'en éloigne en cherchant le sens dans l'usage, non dans une pensée logique idéale.
Sources (1)
- Tractatus logico-philosophicus (Préface) ; Recherches philosophiques
Russell réinterprété par Wittgenstein
Élève de à Cambridge, reçoit de lui la logique nouvelle et l'analyse comme méthode, mais retourne cet héritage : le Tractatus refond l'atomisme logique en une théorie du langage comme image du monde, jusqu'à cette limite où ce qui compte le plus « ne peut que se montrer ». Russell reconnaîtra en retour la profondeur de son ancien élève.
Sources (2)
- Wittgenstein, Tractatus logico-philosophicus (1921)
- Russell, introduction au Tractatus
Empirisme synthétisé par Russell
se veut l'héritier de l' britannique, qu'il refonde en le fusionnant avec la nouvelle logique mathématique : les données des sens plus l'analyse logique, au lieu de l'association des idées.
Sources (1)
- Russell, Notre connaissance du monde extérieur
Leibniz réinterprété par Russell
Le livre de sur (1900) est une matrice de la philosophie analytique : il y montre que la métaphysique leibnizienne repose sur sa logique, programme qu'il retourne en méthode d'analyse.
Sources (1)
- Russell, La Philosophie de Leibniz (1900)
Hegel contesté par Russell
a été formé dans l'idéalisme néo-hégélien qui dominait Cambridge, et sa philosophie naît de la rupture qu'il datait de 1898 : ce qu'il rejette est la thèse que rien n'est intelligible hors du tout, et que toute relation est interne à ses termes. Son est d'abord ce refus retourné en méthode : un monde de faits indépendants, analysable pièce à pièce. Le règlement de comptes reste polémique : l'Histoire de la philosophie occidentale traite avec une brusquerie que ses lecteurs lui ont souvent reprochée.
Sources (1)
- Russell, Mon évolution philosophique (1959), ch. VI-VII
Mill prolongé par Russell
Filleul laïc de , hérite de son empirisme et de son libéralisme : la connaissance ancrée dans l'expérience et la défense des libertés traversent toute son œuvre publique.
Sources (1)
- Russell, Autobiographie
Frege prolongé par Russell
découvre tard, alors que les sont en chantier, et reconnaît avoir été précédé sur l'essentiel : le projet de dériver l'arithmétique de la logique, et l'appareil de quantificateurs qui le rend possible. C'est en lisant Frege qu'il lui écrit en 1902 le paradoxe qui ruine sa tentative : peut-être la lettre la plus conséquente de l'histoire de la logique. Il le fait ensuite connaître au monde anglophone tout en refusant sa distinction du sens et de la référence, à laquelle il oppose sa propre .
Sources (1)
- Russell, Principia Mathematica, appendice A ; lettre à Frege du 16 juin 1902
Platon réinterprété par Simone Weil
lit en mystique : le Bien au-delà de l'être, la conversion du regard hors de la caverne deviennent chez elle attente de Dieu et attention, un platonisme christianisé où le vrai se reçoit plus qu'il ne se conquiert.
Sources (2)
- Weil, La Source grecque
- Weil, Intuitions préchrétiennes
Wittgenstein réinterprété par Rudolf Carnap
Le Tractatus fut le livre de chevet du Cercle de Vienne : et les positivistes logiques y lurent une charte du vérificationnisme, réduisant le sens à la vérifiabilité empirique. Wittgenstein s'en démarqua : ils avaient manqué, disait-il, ce que le livre montrait sans le dire, l'éthique et le mystique. Le malentendu fonde une part de la philosophie analytique.
Sources (1)
- Tractatus logico-philosophicus ; le Cercle de Vienne (Schlick, Carnap)
Russell transmis par Rudolf Carnap
Ce qui passe est une maxime de méthode, que place en épigraphe de son entreprise : partout où c'est possible, substituer des à partir d'entités connues aux inférences vers des entités inconnues. La Construction logique du monde (1928) l'applique à la lettre en reconstruisant tous les concepts scientifiques à partir d'une base d'expériences élémentaires. Le programme s'éloigne ensuite de son modèle : Carnap abandonne le réalisme de et l'idée que la métaphysique puisse être vraie ou fausse plutôt que dépourvue de sens.
Sources (1)
- Carnap, La Construction logique du monde (1928), préface et § 3
Le romantisme réinterprété par Heidegger
reprend au romantisme sa critique du monde-machine et de la raison calculante, son écoute de la nature et son privilège du poétique comme accès à l'être. Sa lecture de Hölderlin, poète romantique tenu pour celui qui dit le « défaut des dieux » et le danger de la technique, est au cœur de sa pensée tardive : « habiter en poète » prolonge le rêve romantique d'un monde ré-enchanté.
Sources (2)
- Heidegger, Approche de Hölderlin (1944)
- Heidegger, Essais et conférences (« La question de la technique »)
Nietzsche réinterprété par Heidegger
consacre d'amples cours à , qu'il lit comme le dernier grand métaphysicien : la volonté de puissance et le nihilisme y deviennent l'achèvement et le destin de la métaphysique occidentale.
Sources (1)
- Heidegger, Nietzsche (cours 1936-1940)
Husserl réinterprété par Heidegger
Assistant puis successeur de , déplace la de la conscience transcendantale vers la question de l'être : non plus décrire les vécus, mais l'existence comme être-au-monde.
Sources (1)
- Heidegger, Être et Temps (1927)
Husserl réinterprété par Merleau-Ponty
prolonge les analyses du dernier sur le monde de la vie et le corps propre, mais ancre toute la phénoménologie dans la perception incarnée plutôt que dans une conscience pure.
Sources (1)
- Merleau-Ponty, Phénoménologie de la perception (1945)
Heidegger réinterprété par Merleau-Ponty
1933contemporainsréinterprété par1935reprend l'être-au-monde de et le monde pré-théorique, mais les reconduit au corps percevant : c'est la chair, et non l'analytique de l'être, qui ouvre originairement le monde.
Sources (1)
- Merleau-Ponty, Phénoménologie de la perception (1945)
Kierkegaard contesté par Camus
Dans Le Mythe de Sisyphe, qualifie de suicide philosophique le saut de la foi de : l'absurde se définit contre cette échappée religieuse, comme exigence de lucidité sans consolation.
Sources (1)
- Camus, Le Mythe de Sisyphe
Marxisme contesté par Camus
L'Homme révolté s'écrit contre le comme religion de l'Histoire : refuse que la fin révolutionnaire justifie la terreur et oppose la révolte, qui pose une limite, à la révolution qui l'abolit.
Sources (1)
- Camus, L'Homme révolté
Nietzsche réinterprété par Camus
lit en héritier critique : il reprend le diagnostic du nihilisme et l'amour du destin, mais les retourne en une éthique de la mesure, l'absurde appelant la révolte plutôt que l'approbation de tout.
Sources (1)
- Camus, Le Mythe de Sisyphe ; L'Homme révolté
Augustin réinterprété par Hannah Arendt
3921 550 ansréinterprété par1941consacre sa thèse à l'amour chez , où elle puise le motif qui traversera son œuvre : l'homme comme « commencement » qui, en naissant, introduit du neuf dans le monde.
Sources (1)
- Arendt, Le Concept d'amour chez Augustin (1929)
Heidegger réinterprété par Hannah Arendt
193310 ansréinterprété par1941Élève de , déplace son analyse de l'existence vers le politique : contre le primat de la mort, elle pense la natalité, la capacité de commencer, et l'action concertée entre les hommes comme lieu propre de la liberté.
Sources (1)
- Arendt, Condition de l'homme moderne (1958)
Kierkegaard prolongé par Sartre
reprend de les thèmes de l'angoisse, du choix et de la singularité existentielle, en les sécularisant : l'existence précède l'essence, sans le saut de la foi qui les couronnait.
Sources (1)
- Sartre, L'existentialisme est un humanisme (1946)
Husserl réinterprété par Sartre
reprend de l'intentionnalité, toute conscience est conscience de quelque chose, mais la radicalise : la conscience, vidée de tout contenu substantiel, n'est que néantisation et liberté.
Sources (1)
- Sartre, La Transcendance de l'Ego (1936)
Heidegger réinterprété par Sartre
existentialise les analyses de , l'être-au-monde, la facticité, l'angoisse, dans un cadre centré sur la liberté et le projet, que Heidegger récusera comme un contresens humaniste.
Sources (1)
- Sartre, L'Être et le Néant (1943)
Sartre réinterprété par Frantz Fanon
reprend de , qui préfacera Les Damnés de la terre, la liberté en situation et le rôle du regard d'autrui, pour penser l'aliénation coloniale et la violence libératrice ; il lui reproche pourtant, dès « Orphée noir », de dissoudre l'expérience noire dans une dialectique abstraite.
Sources (2)
- Sartre, préface aux Damnés de la terre (1961)
- Fanon, Peau noire, masques blancs
Henri Bergson prolongé par Jankélévitch
190045 ansprolongé par1944Grand lecteur de , auquel il consacre son premier livre, prolonge sa pensée de la durée et de l'intuition dans une philosophie de l'instant, de l'irréversible et du « je-ne-sais-quoi ».
Sources (1)
- Jankélévitch, Henri Bergson (1931)
Sartre réinterprété par Beauvoir
En dialogue constant avec , transforme les catégories de liberté et de situation en une éthique de l'ambiguïté et en analyse de l'oppression sexuée, là où l'existentialisme restait abstrait.
Sources (1)
- Beauvoir, Pour une morale de l'ambiguïté (1947)
Hume contesté par Popper
tient le problème de l'induction de , qu'aucune accumulation d'observations ne justifie une loi, pour insoluble, et le contourne : la science ne vérifie pas, elle réfute ; une théorie ne vaut que si elle est falsifiable.
Sources (1)
- Popper, La Logique de la découverte scientifique (1934)
Heidegger contesté par Jonas
193315 anscontesté par1948Élève de , rompt avec son existentialisme indifférent à la nature pour fonder une ontologie du vivant et une éthique de la responsabilité envers les générations futures.
Sources (1)
- Jonas, Le Principe responsabilité (1979)
Le romantisme réinterprété par Éthique environnementale
L'éthique environnementale hérite du , souvent sans le dire, sa révolte contre la nature réduite à une machine et à une réserve de matières : la nature vivante, sublime, digne de respect pour elle-même, que l'écologie transforme en valeur morale et non plus seulement esthétique.
Husserl prolongé par Emmanuel Levinas
introduit en France et reçoit de lui la méthode descriptive de l'intentionnalité, qu'il réorientera ensuite des objets vers le visage d'autrui et le primat de l'éthique.
Sources (1)
- Levinas, Théorie de l'intuition dans la phénoménologie de Husserl (1930)
Heidegger contesté par Emmanuel Levinas
193320 anscontesté par1951construit sa pensée en contestation serrée de : contre le primat de l'ontologie, il pose l'éthique comme philosophie première, le visage d'autrui précédant toute compréhension de l'être.
Sources (1)
- Levinas, Totalité et Infini (1961)
Nietzsche prolongé par Foucault
reprend de la méthode généalogique : la critique des origines et des prétentions universelles de la vérité et du sujet, qu'il déploie en analyse des rapports entre savoir et pouvoir.
Sources (1)
- Foucault, « Nietzsche, la généalogie, l'histoire » (1971)
Pierre Hadot réinterprété par Foucault
196610 ansréinterprété par1955emprunte à les exercices spirituels antiques et le « souci de soi », qu'il refond en une esthétique de l'existence, self-fashioning que Hadot lui reprochera d'avoir coupé de sa visée universelle.
Sources (2)
- Foucault, Histoire de la sexualité III, Le Souci de soi (1984)
- Hadot, Exercices spirituels et philosophie antique
Husserl prolongé par Paul Ricœur
traduit et commente , dont il prolonge la méthode descriptive ; il l'articule ensuite à une herméneutique du symbole et du récit, là où la phénoménologie directe atteint ses limites.
Sources (1)
- Ricœur, traduction et commentaire des Idées directrices I de Husserl (1950)
Popper contesté par Feyerabend
194810 anscontesté par1959se forme au contact de avant de retourner son anti-dogmatisme contre lui : aucune méthode unique ne gouverne la science, et le progrès suppose au contraire un anarchisme épistémologique, tout est bon.
Sources (1)
- Feyerabend, Contre la méthode (1975)
Wittgenstein prolongé par Elizabeth Anscombe
Élève, traductrice et exécutrice littéraire de , prolonge sa manière : elle porte l'attention au langage ordinaire vers l'action et l'intention, fondant la philosophie de l'action contemporaine.
Sources (2)
- Anscombe, L'Intention (1957)
- Anscombe, traduction des Recherches philosophiques
Spinoza réinterprété par Arne Næss
fonde son écologie profonde sur : la Nature comme unique substance dont nous sommes des modes, et la réalisation de soi élargie à l'ensemble du vivant, contre l'homme séparé et maître.
Sources (2)
- Næss, « Spinoza and Ecology » (1977)
- Næss, Écologie, communauté et style de vie (1976)
Kant prolongé par Rawls
revendique une reprise politique du constructivisme moral de : la position originelle et le voile d'ignorance reformulent l'exigence kantienne de traiter chacun comme une fin et de fonder des principes universalisables.
Sources (1)
- Rawls, Théorie de la justice (1971)
Transhumanisme contesté par Habermas
conteste l'eugénisme libéral que porte le transhumanisme : un être génétiquement programmé par d'autres ne pourrait plus se vivre comme l'unique auteur de sa vie, ce qui rompt la symétrie et la réciprocité morales entre les personnes et entre les générations.
Sources (1)
- Habermas, L'Avenir de la nature humaine (2001)
Husserl contesté par Derrida
forme la déconstruction au contact de , dont il commente les textes : il y traque le privilège accordé à la présence et à la voix, et montre que le signe et la différance travaillent une conscience que Husserl croyait immédiate à elle-même.
Sources (1)
- Derrida, La Voix et le phénomène (1967)
Rawls contesté par Nozick
196210 anscontesté par1970formule sa théorie libertarienne de l'État minimal en réponse directe à : la justice distributive viole les droits individuels, car toute redistribution dispose des personnes comme de moyens.
Sources (1)
- Nozick, Anarchie, État et utopie (1974)
Rawls contesté par Michael Walzer
196210 anscontesté par1970conteste l'universalisme de : il n'y a pas de principes de justice valables partout, mais des biens sociaux dont chaque communauté fixe le sens ; la justice consiste à respecter les frontières entre ces sphères plutôt qu'à appliquer une formule unique.
Sources (1)
- Walzer, Sphères de justice (1983)
Sidgwick prolongé par Derek Parfit
1869110 ansprolongé par1980tient pour le plus grand des utilitaristes et reprend son « point de vue de l'univers », l'exigence d'impartialité, qu'il approfondit dans une recherche de convergence entre les grandes théories morales.
Sources (1)
- Parfit, On What Matters (2011)
Sidgwick prolongé par Singer
1869110 ansprolongé par1981reprend de l'universalisme impartial, le point de vue de l'univers, et l'étend en éthique pratique : la considération morale doit s'élargir à tout être capable de souffrir.
Sources (1)
- Singer, Questions d'éthique pratique (1979)
Richard Ryder prolongé par Singer
19755 ansprolongé par1981emprunte à le terme de spécisme, le préjugé qui exclut les animaux du cercle moral au seul motif de l'espèce, et en fait le pivot de sa défense de la libération animale.
Sources (2)
- Singer, La Libération animale (1975)
- Ryder, « Speciesism » (1970)
Aristote prolongé par Martha Nussbaum
renoue avec l'éthique d' : le bien humain est l'épanouissement de capacités propres à notre nature. Elle en tire l'approche des capabilités, liste des libertés réelles qu'une société juste doit garantir à chacun.
Sources (2)
- Nussbaum, Femmes et développement humain (2000)
- Nussbaum, « Non-Relative Virtues: An Aristotelian Approach »
Russell réinterprété par Galen Strawson
Ce qui est repris est un argument, non une doctrine : la physique ne nous livre que la structure des choses, jamais leur nature intrinsèque, et le vécu est la seule portion du monde que nous connaissions autrement que du dehors. exploite cette place laissée vide dans un sens que n'a pas pris : il la peuple de propriétés expérientielles jusqu'au panpsychisme, là où Russell tenait l'étoffe pour , c'est-à-dire précisément pour ni mentale ni physique. L'étiquette « monisme russellien » recouvre les deux et brouille l'écart : abrite une thèse d'agnosticisme sur l'étoffe et une thèse sur sa nature.
Sources (1)
- G. Strawson, « Realistic Monism: Why Physicalism Entails Panpsychism » (2006)
Transhumanisme contesté par Fukuyama
tient le transhumanisme pour « l'idée la plus dangereuse du monde » : en refaçonnant la nature humaine, l'augmentation saperait le socle d'égale dignité sur lequel reposent les droits, et risquerait de fracturer l'humanité en deux. Il oppose au projet une défense de la nature humaine comme limite normative.
Sources (2)
- Fukuyama, Notre avenir posthumain (2002)
- Fukuyama, « Transhumanism », Foreign Policy (2004)
Transhumanisme contesté par Sandel
voit dans l'augmentation l'expression d'une volonté prométhéenne de maîtrise : vouloir tout choisir et tout optimiser ferait perdre le sens du « donné » de la vie, et avec lui l'humilité, la solidarité et la gratitude qui s'enracinent dans ce que nous n'avons pas choisi.
Sources (1)
- Sandel, Contre la perfection (2007)
Bacon prolongé par Transhumanisme
Le transhumanisme prolonge le programme de : faire de la connaissance un pouvoir effectif sur la nature, par la science expérimentale, pour soulager la condition humaine. Il en radicalise la promesse en étendant ce commandement de la nature au corps et à l'esprit humains eux-mêmes.
Sources (1)
- Bacon, Novum Organum ; La Nouvelle Atlantide
Descartes prolongé par Transhumanisme
La formule cartésienne de l'homme « comme maître et possesseur de la nature » fournit au transhumanisme sa devise, dont il efface le prudent « comme » : la maîtrise visée n'est plus analogique mais littérale, et s'applique à la nature humaine elle-même.
Sources (1)
- Descartes, Discours de la méthode, VI
Condorcet prolongé par Transhumanisme
avait déjà inscrit dans le progrès des Lumières la perfectibilité indéfinie de l'homme, jusqu'à l'allongement possible de la vie humaine. Le transhumanisme reprend cette espérance et lui donne les moyens des biotechnologies.
Sources (1)
- Condorcet, Esquisse d'un tableau historique des progrès de l'esprit humain (1795)
Nietzsche réinterprété par Transhumanisme
Le transhumanisme se réclame parfois du surhumain de , réinterprété en posthumain biotechnologique. La filiation est largement une surinterprétation : le dépassement nietzschéen est spirituel et tragique, non technique, et Nietzsche serait sans doute très critique de ce désir de contrôle absolu, où il verrait un refus du devenir et de la finitude, une haine de la vie contraire à l'amor fati.
Sources (1)
- Sorgner, « Nietzsche, the Overhuman, and Transhumanism » (2009)