Qui a influencé qui ? Les filiations de la philosophie

217 liens documentés entre philosophes et courants, de l'Antiquité à aujourd'hui et de la Chine à l'Europe : ce qu'ils se sont transmis, ce qu'ils ont contesté. Chaque lien est sourcé, et vous pouvez le retrouver sur la frise de l'Atlas.

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Chaque carte relie deux figures, la plus ancienne à gauche. La hauteur du pont donne l'écart dans le temps, son tracé le type de lien : plein quand une pensée est prolongée, en tirets quand elle est réinterprétée, double pour une synthèse, pointillé pour une transmission, barré quand elle est contestée. « Attesté » signifie que la lecture est documentée ; « indirect », qu'elle passe par d'autres ou reste implicite.

Antiquité

Des présocratiques aux écoles hellénistiques, de Confucius au bouddhisme : les premières filiations, en Grèce, en Chine et en Inde.

  1. Confucianisme contesté par Taoïsme

    Confucianismev. 500 av. J.-C.contemporainscontesté parTaoïsmev. 500 av. J.-C.

    Le se définit en partie contre le : là où celui-ci fonde l'ordre sur le rite et la vertu sociale, le Zhuangzi raille les convenances et oppose le spontané et le non-agir.

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    Sources (1)
    • Zhuangzi ; Laozi, Tao Te King
  2. Taoïsme synthétisé par Bouddhisme

    Taoïsmev. 500 av. J.-C.50 anssynthétisé parBouddhismev. 450 av. J.-C.

    En pénétrant en Chine, le se fond avec la sensibilité : traduit d'abord au moyen du vocabulaire du dao et du wu wei, il donne naissance au Chan, l'ancêtre du Zen, où la méditation indienne épouse le naturel et la spontanéité chers à . La filiation est rarement revendiquée, mais l'école Chan en porte l'empreinte.

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    Sources (1)
    • Heinrich Dumoulin, Zen Buddhism: A History, vol. 1
  3. Confucianisme contesté par Mohisme

    Confucianismev. 500 av. J.-C.70 anscontesté parMohismev. 430 av. J.-C.

    Le naît contre le : contre ses rites coûteux, sa musique de cour, ses longs deuils et surtout son amour gradué, il oppose le critère du bénéfice commun et le souci impartial de tous.

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    Sources (1)
    • Mozi, ch. 39 (« Contre les confucéens »)
  4. Socrate prolongé par Antisthène

    Socrate434 av. J.-C.30 ansprolongé parv. 405 av. J.-C.

    Auditeur de , retient de lui l'ascèse morale et l'autosuffisance de la vertu, qu'il radicalise jusqu'au mépris des conventions, matrice du .

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    Sources (1)
    • Diogène Laërce, Vies et doctrines des philosophes illustres, VI
  5. Parménide réinterprété par Platon

    v. 482 av. J.-C.95 ansréinterprété parPlaton388 av. J.-C.

    hérite de l'exigence d'un être stable et intelligible, socle de sa théorie des Formes ; mais pour rendre compte de l'erreur et du changement, il commet dans le Sophiste un « parricide », admettant contre le maître une part de non-être.

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    Sources (2)
    • Platon, Le Sophiste
    • Platon, Parménide
  6. Socrate prolongé par Platon

    Socrate434 av. J.-C.45 ansprolongé parPlaton388 av. J.-C.

    , disciple de , fait de lui le personnage central de ses dialogues et prolonge son questionnement sur la définition et la vertu, qu'il déploie ensuite en une métaphysique des Idées que Socrate n'avait jamais formulée.

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    Sources (1)
    • Platon, Apologie de Socrate ; Phédon
  7. Antisthène prolongé par Diogène de Sinope

    v. 405 av. J.-C.40 ansprolongé parDiogène de Sinopev. 367 av. J.-C.

    reprend l'idéal d'autarcie d' et le pousse à l'extrême, en une pratique provocatrice de dépouillement et de liberté. La filiation directe maître-élève est traditionnelle mais discutée.

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    Sources (1)
    • Diogène Laërce, Vies et doctrines des philosophes illustres, VI
  8. Platon contesté par Diogène de Sinope

    Platon388 av. J.-C.20 anscontesté parDiogène de Sinopev. 367 av. J.-C.

    définit son cynisme contre : il raille la (« je vois bien la coupe, non la coupéité ») et l'« homme de Platon » qu'il ridiculise avec un poulet plumé, opposant aux abstractions de l'idéaliste un naturalisme nominaliste et corporel.

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    Sources (1)
    • Diogène Laërce, Vies et doctrines des philosophes illustres, VI
  9. Platonisme réinterprété par Scepticisme

    Platonisme387 av. J.-C.20 ansréinterprété parScepticisme365 av. J.-C.

    Le académique naît à l'intérieur même de l'Académie de : , puis Carnéade, retournent la dialectique de l'école contre le , faisant de la suspension du jugement la vraie fidélité à la méthode socratique de l'examen. La recherche platonicienne du savoir se renverse ainsi en art de n'affirmer rien.

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    Sources (1)
    • Cicéron, Académiques ; Sextus Empiricus, Esquisses pyrrhoniennes, I
  10. Platon contesté par Aristote

    Platon388 av. J.-C.35 anscontesté parAristote353 av. J.-C.

    Formé vingt ans à l'Académie, garde de l'exigence de science et de définition, mais rejette la séparation des Idées : la forme n'existe que dans les substances individuelles, pas dans un monde à part.

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    Sources (1)
    • Aristote, Métaphysique, A, 9
  11. Confucius prolongé par Mencius

    Confucius515 av. J.-C.190 ansprolongé parv. 330 av. J.-C.

    prolonge l'éthique de en la dotant d'un fondement : la bonté native du cœur humain, qu'il suffit de cultiver, contre les doctrines de l'intérêt.

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    Sources (1)
    • Mencius (Mengzi)
  12. Mohisme contesté par Mencius

    Mohismev. 430 av. J.-C.100 anscontesté parv. 330 av. J.-C.

    accuse le souci impartial du de nier le père, puisqu'il met les parents d'autrui au rang des siens, et défend contre lui un amour qui s'étend par degrés à partir de la famille.

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    Sources (1)
    • Mencius, III B 9 et VII A 26
  13. Laozi réinterprété par Zhuangzi

    Laoziv. 521 av. J.-C.190 ansréinterprété parZhuangziv. 327 av. J.-C.

    radicalise les thèmes associés au : le dao, le non-agir et la relativité des distinctions, qu'il déploie par paraboles et paradoxes plutôt qu'en maximes.

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    Sources (1)
    • Zhuangzi
  14. Hui Shi réinterprété par Zhuangzi

    v. 340 av. J.-C.15 ansréinterprété parZhuangziv. 327 av. J.-C.

    Ami et principal contradicteur de , lui fournit, par ses paradoxes de l'École des Noms, la matière logique que Zhuangzi retourne en une pensée du relatif et de l'équivalence des points de vue.

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    Sources (1)
    • Zhuangzi, chapitre « Sous le ciel » et dialogues
  15. Diogène de Sinope prolongé par Cratès

    Diogène de Sinopev. 367 av. J.-C.40 ansprolongé parv. 325 av. J.-C.

    Disciple de , reprend le mode de vie cynique mais l'infléchit vers une figure plus douce et philanthrope ; maître de Zénon, il sera le relais vers le stoïcisme.

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    Sources (1)
    • Diogène Laërce, Vies et doctrines des philosophes illustres, VI
  16. Bouddhisme réinterprété par Pyrrhon

    Bouddhismev. 450 av. J.-C.140 ansréinterprété parPyrrhonv. 315 av. J.-C.

    accompagna Alexandre en Inde et y rencontra des « gymnosophistes ». Une parenté entre sa suspension du jugement et la pensée indienne, voire le , est défendue par certains historiens et contestée par d'autres : le lien reste une hypothèse.

    Entre traditionsIndirectFaibleVoir sur la frise
    Sources (2)
    • Diogène Laërce, Vies et doctrines des philosophes illustres, IX, 61
    • Débat entre E. Flintoff (1980), C. Beckwith (2015) et R. Bett
  17. Stoïcisme contesté par Épicurisme

    Stoïcisme300 av. J.-C.5 anscontesté parÉpicurisme307 av. J.-C.

    L', notamment chez , combat la providence et le destin au nom d'un monde sans dessein, né du hasard des atomes et où l'âme est mortelle.

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    Sources (1)
    • Lucrèce, De la nature
  18. Héraclite prolongé par Stoïcisme

    v. 512 av. J.-C.210 ansprolongé parStoïcisme300 av. J.-C.

    Le reprend d' sa physique du feu et du logos : un principe rationnel et divin traverse et ordonne un cosmos en perpétuel devenir, jusqu'à l'embrasement qui le résorbe et le régénère.

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    Sources (2)
    • Cléanthe, Hymne à Zeus
    • Diogène Laërce, Vies et doctrines des philosophes illustres, VII
  19. Socrate prolongé par Stoïcisme

    Socrate434 av. J.-C.130 ansprolongé parStoïcisme300 av. J.-C.

    Le se réclame de comme modèle du sage : la vertu comme savoir, l'unité des vertus et l'idée que nul n'est méchant volontairement passent des dialogues à l'éthique du Portique.

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    Sources (1)
    • Diogène Laërce, VII ; les dialogues socratiques de Platon
  20. Cynisme prolongé par Stoïcisme

    Cynismev. 400 av. J.-C.100 ansprolongé parStoïcisme300 av. J.-C.

    Le naît dans le prolongement du , dont il reprend l'idéal d'autosuffisance, la vie selon la nature et le cosmopolitisme ; mais il en tempère la provocation et l'anticonformisme en l'intégrant à une physique et une logique systématiques, où la vertu n'est plus un défi aux conventions mais l'accord avec la raison qui ordonne le monde.

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    Sources (1)
    • Diogène Laërce, Vies et doctrines des philosophes illustres, livre VII
  21. Platon prolongé par Stoïcisme

    Platon388 av. J.-C.90 ansprolongé parStoïcisme300 av. J.-C.

    La physique puise dans le Timée de l'idée d'un cosmos vivant, ordonné et régi par une providence rationnelle, qu'elle refond en un matérialisme du souffle et du logos immanent.

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    Sources (1)
    • Platon, Timée
  22. Épicurisme contesté par Stoïcisme

    Épicurisme307 av. J.-C.5 anscontesté parStoïcisme300 av. J.-C.

    Rivalité majeure de l'époque hellénistique : de aux dialogues où Cicéron la rapporte, le affûte ses thèses contre l', opposant à la déviation des atomes et au plaisir la providence, le destin et la vertu comme seul bien.

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    Sources (1)
    • Cicéron, Du destin ; Des termes extrêmes des biens et des maux
  23. Cratès prolongé par Zénon de Citium

    v. 325 av. J.-C.25 ansprolongé parv. 298 av. J.-C.

    Avant de fonder le Portique, fut l'élève du cynique : il en reçoit l'idéal d'autosuffisance et la vie selon la nature, socle éthique qu'il refondra en système.

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    Sources (1)
    • Diogène Laërce, Vies et doctrines des philosophes illustres, VII
  24. Stoïcisme contesté par Arcésilas

    Stoïcisme300 av. J.-C.20 anscontesté parv. 278 av. J.-C.

    Le scepticisme académique d' se forge en réfutant l'épistémologie : contre la représentation compréhensive censée garantir le vrai, il oppose la suspension du jugement.

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    Sources (1)
    • Cicéron, Academica ; Sextus Empiricus, Esquisses pyrrhoniennes
  25. Confucius réinterprété par Xunzi

    Confucius515 av. J.-C.240 ansréinterprété parv. 272 av. J.-C.

    se réclame de mais réoriente son héritage vers une nature humaine à redresser : ce sont l'étude et les rites qui fabriquent la vertu, non une bonté innée.

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    Sources (1)
    • Xunzi
  26. Mencius contesté par Xunzi

    v. 330 av. J.-C.60 anscontesté parv. 272 av. J.-C.

    conteste explicitement la thèse de : la nature humaine n'est pas bonne mais mauvaise, et seule la discipline des rites et de l'étude peut la corriger.

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    Sources (1)
    • Xunzi, chapitre « La nature humaine est mauvaise »
  27. Zénon de Citium prolongé par Chrysippe

    v. 298 av. J.-C.55 ansprolongé parv. 242 av. J.-C.

    Reçue par l'intermédiaire de Cléanthe, la doctrine de est systématisée par Chrysippe en logique, physique et éthique, au point qu'on disait dans l'Antiquité sans Chrysippe, pas de Portique.

    IndirectForteVoir sur la frise
    Sources (1)
    • Diogène Laërce, Vies et doctrines des philosophes illustres, VII
  28. Épicure transmis par Lucrèce

    Épicure305 av. J.-C.230 anstransmis parLucrècev. 77 av. J.-C.

    Trois siècles après , transmet au monde romain, dans un grand poème, sa physique atomiste et son éthique de libération de la crainte des dieux et de la mort.

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    Sources (1)
    • Lucrèce, De la nature (De rerum natura)
  29. Épicure réinterprété par Sénèque

    Épicure305 av. J.-C.340 ansréinterprété parSénèquev. 31

    Par-delà la rivalité des écoles, cite et s'approprie comme autorité morale dans ses Lettres, sur la mort, l'amitié et la juste mesure des désirs.

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    Sources (1)
    • Sénèque, Lettres à Lucilius
  30. Chrysippe prolongé par Épictète

    v. 242 av. J.-C.340 ansprolongé parÉpictètev. 93

    fournit le socle doctrinal qu' commente et cite en autorité : l'analyse de l'assentiment et le partage entre ce qui dépend de nous et le reste.

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    Sources (1)
    • Épictète, Entretiens
  31. Bouddhisme réinterprété par Vedānta (Advaita)

    Bouddhismev. 450 av. J.-C.600 ansréinterprété parVedānta (Advaita)v. 150

    L' se forge dans un débat serré avec le : puis reprennent les outils dialectiques de la vacuité et des deux vérités, mais pour les recouler dans le non-dualisme des Upaniṣad, où l'absolu n'est pas vide mais Brahman. La proximité fut telle que les rivaux traitèrent Śaṅkara de bouddhiste masqué.

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    Sources (1)
    • Gauḍapāda, Māṇḍūkya-kārikā ; Śaṅkara, Brahma-sūtra-bhāṣya, II.2 ; R. King, Early Advaita Vedānta and Buddhism
  32. Bouddhisme contesté par Nyāya

    Bouddhismev. 450 av. J.-C.600 anscontesté parNyāyav. 150

    Le mène pendant un millénaire une controverse serrée avec les logiciens du , Dignāga et Dharmakīrti : contre le non-soi, il défend un soi substantiel ; contre la théorie de l' (), des universaux réels ; contre l'instantanéité des choses, leur durée.

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    Sources (2)
    • Uddyotakara, Nyāyavārttika
    • Udayana, Ātmatattvaviveka
  33. Madhyamaka contesté par Nyāya

    Madhyamakav. 150contemporainscontesté parNyāyav. 150

    Le défend les moyens de connaissance contre l'objection de la : ils s'établissent eux-mêmes, comme la lampe s'éclaire en éclairant les objets, et nier toute connaissance valide ruine la négation même.

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    Sources (1)
    • Nyāya-sūtra, II, 1, 8-20, et commentaire de Vātsyāyana
  34. Nyāya contesté par Madhyamaka

    Nyāyav. 150contemporainscontesté parMadhyamakav. 150

    retourne contre le l'exigence de fondement : si les moyens de connaissance valident tout, qu'est-ce qui les valide eux-mêmes ? Il s'attaque aussi à la liste des catégories du débat que le Nyāya avait codifiée.

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    Sources (2)
    • Nāgārjuna, Vigrahavyāvartanī
    • Nāgārjuna, Vaidalyaprakaraṇa
  35. Épictète prolongé par Marc Aurèle

    Épictètev. 9360 ansprolongé parMarc Aurèle151

    reprend d', qu'il cite avec gratitude, la discipline du jugement et la distinction entre ce qui dépend de nous et ce qui n'en dépend pas, exercée chaque jour dans ses notes personnelles.

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    Sources (1)
    • Marc Aurèle, Pensées pour moi-même, I, 7
  36. Pyrrhon transmis par Sextus Empiricus

    Pyrrhonv. 315 av. J.-C.500 anstransmis parSextus Empiricusv. 185

    codifie des siècles plus tard la tradition issue de : suspension du jugement et opposition équilibrée des arguments, dont ses écrits sont la principale source conservée.

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    Sources (1)
    • Sextus Empiricus, Esquisses pyrrhoniennes
  37. Le Bouddha réinterprété par Nāgārjuna

    Le Bouddhav. 440 av. J.-C.640 ansréinterprété parNāgārjunav. 200

    relit l'enseignement du sur la coproduction conditionnée et en fait une doctrine systématique de la vacuité, fondant l'école Madhyamaka et sa voie médiane.

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    Sources (1)
    • Nāgārjuna, Stances du milieu par excellence (Mūlamadhyamakakārikā)
  38. Platon réinterprété par Plotin

    Platon388 av. J.-C.630 ansréinterprété parPlotin237

    relit par ses textes, six siècles après, et en tire le : une métaphysique hiérarchique de l'Un, de l'Intellect et de l'Âme qui dépasse la lettre des dialogues.

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    Sources (1)
    • Plotin, Ennéades
  39. Aristote réinterprété par Plotin

    Aristote353 av. J.-C.590 ansréinterprété parPlotin237

    intègre à son néoplatonisme des pièces majeures d', au premier chef l'Intellect comme pensée qui se pense, tout en refusant les catégories appliquées à l'intelligible.

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    Sources (1)
    • Plotin, Ennéades (V et VI)
  40. Plotin réinterprété par Augustin

    Plotin237160 ansréinterprété par392

    reçoit des néoplatoniciens, au premier chef, une métaphysique de l'intériorité et de l'ascension de l'âme vers l'immatériel, qu'il reconfigure dans la théologie chrétienne.

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    Sources (1)
    • Augustin, Confessions, VII, 9

Moyen Âge

La philosophie grecque passe à l'arabe puis au latin ; l'Inde et la Chine développent leurs grandes écoles.

  1. Platonisme réinterprété par Boèce

    Platonisme387 av. J.-C.890 ansréinterprété parv. 501

    La Consolation de Philosophie de respire le tardif : remontée de l'âme vers le Bien, providence ordonnatrice, mal privé d'être, dans une prose qui christianise l'héritage sans le citer.

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    Sources (1)
    • Boèce, La Consolation de Philosophie
  2. Aristote transmis par Boèce

    Aristote353 av. J.-C.850 anstransmis parv. 501

    se donne pour tâche de traduire et commenter l'Organon d' : il en fera le seul Aristote logique connu du haut Moyen Âge latin.

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    Sources (1)
    • Boèce, traductions et commentaires de l'Organon d'Aristote
  3. Bādarāyaṇa transmis par Śaṅkara

    185540 anstransmis parŚaṅkarav. 725

    Les de sont le texte de base que commente : il les transmet en les lisant de façon non duelle (son Brahma-sūtra-bhāṣya), fondant l' sur cette autorité et y ancrant l'identité de l'âme et du .

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    Sources (1)
    • Śaṅkara, Brahma-sūtra-bhāṣya (Commentaire des Brahma-sūtra)
  4. Gauḍapāda prolongé par Śaṅkara

    v. 66560 ansprolongé parŚaṅkarav. 725

    systématise l' en s'appuyant explicitement sur , dont il prolonge la doctrine de la non-dualité de l'âme et de l'absolu.

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    Sources (1)
    • Śaṅkara, Commentaire des Brahma-sūtra
  5. Platonisme synthétisé par Falsafa

    Platonisme387 av. J.-C.1 200 anssynthétisé parFalsafav. 830

    La lit Aristote à travers et Proclus, dont des paraphrases arabes circulent sous le nom d'Aristote, la Théologie d'Aristote et le Livre des causes. La doctrine néoplatonicienne de l' y fusionne avec la métaphysique aristotélicienne pour donner la cosmologie des intellects d'al-Fārābī et d'Avicenne.

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    Sources (2)
    • Théologie dite d'Aristote (paraphrase des Ennéades IV-VI)
    • Livre des causes (d'après Proclus, Éléments de théologie)
  6. Aristote réinterprété par Avicenne

    Aristote353 av. J.-C.1 350 ansréinterprété par1009

    refonde la métaphysique d' en la néoplatonisant : distinction de l'essence et de l'existence, être nécessaire, hiérarchie des intellects.

    Entre traditionsAttestéForteVoir sur la frise
    Sources (1)
    • Avicenne, Le Livre de la guérison (Kitab al-Shifa)
  7. Confucianisme réinterprété par Néoconfucianisme

    Confucianismev. 500 av. J.-C.1 500 ansréinterprété parNéoconfucianisme1017

    Le refonde le autour des Quatre Livres, dont le Mencius, et d'une lignée de transmission de la Voie (daotong) qui saute les siècles jusqu'aux frères Cheng ; les classiques y reçoivent une lecture métaphysique qu'ils n'avaient pas.

    AttestéForteVoir sur la frise
    Sources (1)
    • Zhu Xi, Sishu zhangju jizhu
  8. Taoïsme réinterprété par Néoconfucianisme

    Taoïsmev. 500 av. J.-C.1 500 ansréinterprété parNéoconfucianisme1017

    Le Diagramme du Faîte suprême de , issu des milieux , devient la cosmologie du : le « sans-faîte » et le yin-yang y sont mis au service d'une morale confucéenne. L'origine taoïste du diagramme, attestée par la tradition, fut d'ailleurs reprochée à Zhu Xi par ses adversaires.

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    Sources (1)
    • Zhou Dunyi, Taijitu shuo
  9. Bouddhisme contesté par Néoconfucianisme

    Bouddhismev. 450 av. J.-C.1 450 anscontesté parNéoconfucianisme1017

    Le se définit contre le , accusé de tenir le monde pour vide et de fuir les devoirs familiaux et politiques. Il lui emprunte pourtant ses questions sur l'esprit, la nature et la méditation, auxquelles il donne des réponses confucéennes.

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    Sources (1)
    • Zhu Xi et Lü Zuqian, Jinsilu, XIII
  10. Augustin prolongé par Anselme de Cantorbéry

    392680 ansprolongé par1071

    prolonge la méthode augustinienne du credo ut intelligam, la foi cherchant l'intelligence, jusqu'à l'argument dit ontologique du Proslogion.

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    Sources (1)
    • Augustin, Confessions ; Anselme, Proslogion
  11. Falsafa contesté par al-Ghazālī

    Falsafav. 830260 anscontesté par1085

    réfute vingt thèses des philosophes de la , notamment l'éternité du monde et la nécessité du lien causal, et en déclare trois incompatibles avec l'islam : l'éternité du monde, la connaissance divine limitée aux universaux et la négation de la résurrection des corps.

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    Sources (1)
    • al-Ghazālī, L'Incohérence des philosophes
  12. Aristote réinterprété par Averroès

    Aristote353 av. J.-C.1 500 ansréinterprété par1162

    , « le Commentateur », fait d' l'axe de sa philosophie et en rédige de grands commentaires visant à restituer la doctrine authentique, contre les lectures néoplatonisantes.

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    Sources (1)
    • Averroès, Grand Commentaire de la Métaphysique d'Aristote
  13. al-Ghazālī contesté par Averroès

    108575 anscontesté par1162

    répond point par point à : nier la causalité naturelle, c'est nier la science elle-même, car connaître une chose, c'est connaître ses causes.

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    Sources (1)
    • Averroès, L'Incohérence de l'Incohérence
  14. Aristote réinterprété par Maïmonide

    Aristote353 av. J.-C.1 500 ansréinterprété par1171

    Le Guide des égarés de entreprend d'accorder la physique et la métaphysique d' avec la Torah, quitte à en limiter la portée sur la création du monde.

    Entre traditionsAttestéForteVoir sur la frise
    Sources (1)
    • Maïmonide, Le Guide des égarés
  15. Kalām contesté par Maïmonide

    Kalāmv. 750420 anscontesté par1171

    expose puis réfute les prémisses des théologiens du (atomisme, recréation continue du monde, possibilité de tout ce qui est imaginable), qu'il juge fondées sur l'imagination et non sur la nature des choses.

    AttestéForteVoir sur la frise
    Sources (1)
    • Maïmonide, Guide des égarés, I, 71-76
  16. Falsafa prolongé par Maïmonide

    Falsafav. 830340 ansprolongé par1171

    pense dans le cadre de la : il recommande avant tout autre auteur et reprend sa conception du prophète comme philosophe doué d'une imagination parfaite.

    AttestéForteVoir sur la frise
    Sources (2)
    • Maïmonide, Lettre à Samuel ibn Tibbon
    • Maïmonide, Guide des égarés, II, 36-38
  17. Nāgārjuna réinterprété par Dōgen

    Nāgārjunav. 2001 050 ansréinterprété par1227

    Par la tradition mahāyāna et chan, hérite d'une compréhension de la vacuité fortement marquée par , qu'il met en œuvre dans sa pensée de l'assise méditative et de l'impermanence.

    IndirectMoyenneVoir sur la frise
    Sources (1)
    • Dōgen, Shōbōgenzō
  18. Aristote synthétisé par Thomas d'Aquin

    Aristote353 av. J.-C.1 600 anssynthétisé parThomas d'Aquin1250

    intègre la physique, la psychologie et la métaphysique d', « le Philosophe », à une vaste synthèse avec le dogme chrétien, faisant de la raison aristotélicienne l'instrument de la théologie.

    AttestéForteVoir sur la frise
    Sources (1)
    • Thomas d'Aquin, Somme théologique
  19. Augustin prolongé par Thomas d'Aquin

    392860 ansprolongé parThomas d'Aquin1250

    hérite d', qu'il cite sans relâche, la conception du mal comme de bien et la défense du libre arbitre face au problème du mal, ainsi que le cadre chrétien d'inspiration platonicienne. Mais il refonde ce legs sur la métaphysique d', déplaçant l'augustinisme vers une théologie de l'être.

    AttestéForteVoir sur la frise
    Sources (1)
    • Thomas d'Aquin, Somme théologique (les nombreuses citations « Augustinus dicit »)
  20. Boèce transmis par Thomas d'Aquin

    v. 501750 anstransmis parThomas d'Aquin1250

    transmet au monde latin le vocabulaire logique et métaphysique (personne, nature, éternité) et la méthode des opuscules théologiques que reprend et commente.

    AttestéForteVoir sur la frise
    Sources (1)
    • Boèce, Opuscula sacra ; La Consolation de Philosophie
  21. Avicenne réinterprété par Thomas d'Aquin

    1009240 ansréinterprété parThomas d'Aquin1250

    reprend d' la distinction réelle de l'essence et de l'existence, mais la recompose : là où Avicenne fait de l'existence un accident qui s'ajoute à l'essence, Thomas la pense comme l'acte d'être () que Dieu confère, corrigeant ainsi son modèle au sein de sa propre métaphysique de l'être.

    Entre traditionsAttestéForteVoir sur la frise
    Sources (1)
    • Thomas d'Aquin, De ente et essentia ; Somme contre les Gentils
  22. Averroès transmis par Thomas d'Aquin

    116290 anstransmis parThomas d'Aquin1250

    Les commentaires d' transmettent au monde latin et façonnent la lecture qu'en fait , lequel combat pourtant la thèse averroïste de l'unicité de l'intellect.

    Entre traditionsAttestéForteVoir sur la frise
    Sources (1)
    • Thomas d'Aquin, De l'unité de l'intellect contre les averroïstes
  23. Maïmonide réinterprété par Thomas d'Aquin

    117180 ansréinterprété parThomas d'Aquin1250

    discute abondamment Rabbi Moïse sur la foi et la raison, la création dans le temps et la théologie négative, tantôt le suivant, tantôt le corrigeant.

    Entre traditionsAttestéMoyenneVoir sur la frise
    Sources (1)
    • Thomas d'Aquin, Somme théologique ; Somme contre les Gentils
  24. Albert le Grand prolongé par Thomas d'Aquin

    124010 ansprolongé parThomas d'Aquin1250

    Maître de à Cologne, l'initie à l'étude systématique d'Aristote et à l'accord de la philosophie naturelle avec la foi.

    AttestéForteVoir sur la frise
    Sources (1)
    • Tradition biographique : Guillaume de Tocco, Vie de saint Thomas d'Aquin

Renaissance et âge classique

De la Renaissance à Leibniz : la redécouverte des Anciens et la naissance de la philosophie moderne.

  1. Lucrèce prolongé par Michel de Montaigne

    Lucrècev. 77 av. J.-C.1 650 ansprolongé parMichel de Montaigne1563

    a lu et annoté le , dont il parsème les de citations. Sa reprise du naturalisme de est sélective : il en retient surtout la mort, la condition charnelle et le refus du dogmatisme, plus qu'un système. La lecture est directe, mais la filiation reste indirecte, faite d'emprunts littéraires sans magistère reconnu.

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    Sources (2)
    • L'exemplaire du De rerum natura annoté de la main de Montaigne (notes marginales conservées)
    • Citations de Lucrèce parmi les plus fréquentes des Essais, surtout sur la mort et la condition charnelle
  2. Sénèque prolongé par Michel de Montaigne

    Sénèquev. 311 550 ansprolongé parMichel de Montaigne1563

    , avec Plutarque, est la grande source morale des Essais : prolonge la méditation sur la mort, la constance et l'examen de soi. Puis il la détend vers une sagesse plus naturelle et fluctuante, fidèle au mouvement plutôt qu'à la fermeté du sage.

    AttestéForteVoir sur la frise
    Sources (2)
    • Montaigne, Essais (notamment les premiers chapitres « stoïciens »)
    • Sénèque, Lettres à Lucilius
  3. Sextus Empiricus réinterprété par Michel de Montaigne

    Sextus Empiricusv. 1851 400 ansréinterprété parMichel de Montaigne1563

    La redécouverte de à la Renaissance arme l'« Apologie de Raymond Sebond » : y reprend l'arsenal du , les modes de suspension du jugement contre les prétentions de la raison. Mais il en fait un doute humain et vécu, le Que sais-je ?, plutôt qu'un système.

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    Sources (2)
    • Montaigne, « Apologie de Raymond Sebond » (Essais, II, 12)
    • Sextus Empiricus en latin (éditions d'Henri Estienne et de Gentian Hervet, 1562-1569)
  4. Aristotélisme contesté par Bacon

    Aristotélisme335 av. J.-C.1 950 anscontesté parBacon1594

    construit sa réforme de la méthode contre l' scolastique, jugé stérile : à la logique syllogistique il oppose un Novum Organum, l'induction fondée sur l'expérience et l'observation.

    AttestéForteVoir sur la frise
    Sources (1)
    • Bacon, Novum Organum (1620)
  5. Rationalisme contesté par Empirisme

    Rationalisme163715 anscontesté parEmpirisme1620

    L' britannique se définit contre le : le premier livre de l' de entreprend de réfuter les principes innés, avant que le second ne fasse dériver toutes nos idées de l'expérience, sensation puis réflexion. À l'ordre des raisons déduites a priori, il oppose la patiente collecte des idées simples.

    AttestéForteVoir sur la frise
    Sources (1)
    • Locke, Essai sur l'entendement humain, livre I
  6. Scepticisme contesté par Descartes

    Scepticisme365 av. J.-C.2 000 anscontesté parDescartes1623

    reprend les arguments du (illusion des sens, rêve, malin génie) mais en renverse l'usage : le doute radical devient méthode pour atteindre une certitude indubitable qui le surmonte.

    AttestéForteVoir sur la frise
    Sources (1)
    • Descartes, Méditations métaphysiques (1641)
  7. Stoïcisme réinterprété par Descartes

    Stoïcisme300 av. J.-C.1 900 ansréinterprété parDescartes1623

    La troisième maxime de la morale par provision de , tâcher toujours plutôt à me vaincre que la fortune, et à changer mes désirs que l'ordre du monde, fait sien le partage entre et ce qui n'en dépend pas. La générosité des Passions de l'âme prolonge cette maîtrise de soi, mais Descartes la refonde sur le plutôt que sur le consentement au destin.

    AttestéForteVoir sur la frise
    Sources (1)
    • Descartes, Discours de la méthode, IIIᵉ partie ; Les passions de l'âme, art. 153 ; lettres à Élisabeth
  8. Augustin réinterprété par Descartes

    3921 250 ansréinterprété parDescartes1623

    Le cogito de a un précédent augustinien fameux, le si fallor, sum : lui lègue la certitude de soi tirée du doute même et le tour vers l'intériorité, que Descartes refond en fondement de la connaissance, sans se reconnaître d'emprunt.

    IndirectMoyenneVoir sur la frise
    Sources (1)
    • Augustin, La Cité de Dieu, XI, 26 ; Descartes, lettre à Colvius (1640)
  9. Anselme de Cantorbéry réinterprété par Descartes

    1071550 ansréinterprété parDescartes1623

    L'argument ontologique d' reparaît, par des relais scolastiques, dans la Ve Méditation de , qui déduit l'existence de Dieu de son essence, sans emprunt reconnu.

    IndirectMoyenneVoir sur la frise
    Sources (1)
    • Descartes, Méditations métaphysiques, V
  10. Aristotélisme contesté par Hobbes

    Aristotélisme335 av. J.-C.1 950 anscontesté par1634

    bâtit son mécanisme contre l' scolastique, dont il raille l'Aristotélité : plus d'essences ni de causes finales, seulement des corps en mouvement, jusque dans la politique.

    AttestéForteVoir sur la frise
    Sources (1)
    • Hobbes, Léviathan, chapitre 46
  11. Épicurisme réinterprété par Hobbes

    Épicurisme307 av. J.-C.1 950 ansréinterprété par1634

    Le matérialisme de l' parvient à par un relais documenté mais indirect, son ami Gassendi, restaurateur d'Épicure dans le cercle de Mersenne : atomes, crainte et pacte y préfigurent sa physique et son contrat.

    IndirectMoyenneVoir sur la frise
    Sources (1)
    • Gassendi, Syntagma philosophicum ; le cercle de Mersenne
  12. Machiavel prolongé par Hobbes

    Machiavel1498140 ansprolongé par1634

    Comme , fonde la politique sur l'homme tel qu'il est, mû par la crainte et l'intérêt, non sur un idéal. Il systématise l'anthropologie sombre en science géométrique de l'État, mais déplace la source de l'ordre du côté du contrat et du souverain absolu, là où Machiavel la voyait dans la virtù du fondateur et le conflit des humeurs.

    IndirectMoyenneVoir sur la frise
    Sources (1)
    • Filiation réaliste classiquement relevée (F. Meinecke, L'Idée de la raison d'État)
  13. Descartes contesté par Hobbes

    Descartes162310 anscontesté par1634

    Dans les Troisièmes Objections aux Méditations, conteste directement : la chose qui pense pourrait bien être corporelle. Sur ce point central du dualisme, la confrontation cristallise son matérialisme contre l'âme immatérielle cartésienne.

    AttestéMoyenneVoir sur la frise
    Sources (1)
    • Descartes, Méditations métaphysiques, Troisièmes Objections et Réponses
  14. Michel de Montaigne contesté par Pascal

    Michel de Montaigne156380 anscontesté par1643

    se construit contre : il admire son portrait de la misère humaine, mais condamne sa nonchalance du salut et sa complaisance . Il retourne le doute de Montaigne vers le pari et la , là où l'essayiste s'y reposait.

    AttestéForteVoir sur la frise
    Sources (2)
    • Pascal, « Entretien avec M. de Sacy sur Épictète et Montaigne »
    • Pascal, Pensées
  15. Stoïcisme réinterprété par Spinoza

    Stoïcisme300 av. J.-C.1 950 ansréinterprété parSpinoza1655

    L'Éthique de reprend le geste thérapeutique du : la servitude naît des passions, la liberté de leur compréhension, et l'on se délivre du trouble en connaissant la nécessité. Mais Spinoza ne prône ni l'indifférence ni le durcissement du cœur : la sagesse culmine pour lui dans la joie active et l'amour intellectuel de Dieu, non dans l' du sage stoïcien.

    IndirectForteVoir sur la frise
    Sources (1)
    • Spinoza, Éthique, III-V ; S. James, « Spinoza the Stoic »
  16. Machiavel réinterprété par Spinoza

    Machiavel1498160 ansréinterprété parSpinoza1655

    salue en un esprit très pénétrant et reprend son réalisme, l'analyse des hommes tels qu'ils sont ; mais il met cette lucidité au service d'une fin inverse, la démocratie et la liberté, non le maintien du prince.

    AttestéMoyenneVoir sur la frise
    Sources (1)
    • Spinoza, Traité politique, ch. V et X
  17. Descartes réinterprété par Spinoza

    Descartes162330 ansréinterprété parSpinoza1655

    reprend l'exigence démonstrative et la méthode de , mais retourne sa métaphysique : au lieu de deux substances et d'un Dieu extérieur, une seule substance infinie dont tout est un mode.

    AttestéForteVoir sur la frise
    Sources (1)
    • Spinoza, Éthique
  18. Hobbes contesté par Locke

    163435 anscontesté parLocke1668

    Sans jamais nommer , construit son contrat contre l'absolutisme hobbesien : mêmes matériaux, l'état de nature et le pacte, mais retournés en un pouvoir limité et révocable. Filiation reconstruite par les historiens.

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    Sources (1)
    • Locke, Deux traités du gouvernement
  19. Néoconfucianisme réinterprété par Leibniz

    Néoconfucianisme1017660 ansréinterprété parLeibniz1681

    lit le de à travers les traités des missionnaires Longobardo et Sainte-Marie, qui y voyaient un matérialisme, et y reconnaît au contraire une théologie naturelle proche de la sienne, preuve à ses yeux que la raison peut atteindre Dieu sans révélation.

    Entre traditionsAttestéMoyenneVoir sur la frise
    Sources (1)
    • Leibniz, Discours sur la théologie naturelle des Chinois (1716)
  20. Descartes réinterprété par Leibniz

    Descartes162360 ansréinterprété parLeibniz1681

    part des problèmes cartésiens de substance et de mécanisme, mais conteste la physique de l'étendue de pour fonder une dynamique des monades, points de force sans parties.

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    Sources (1)
    • Leibniz, Discours de métaphysique
  21. Confucianisme réinterprété par Les Lumières

    Confucianismev. 500 av. J.-C.2 200 ansréinterprété parLes Lumières1685

    Traduit en latin par les jésuites, Confucius devient pour Wolff, Voltaire et Quesnay le modèle d'une morale et d'un gouvernement fondés sur la raison sans révélation : une arme des contre l'autorité de l'Église.

    Entre traditionsAttestéMoyenneVoir sur la frise
    Sources (2)
    • Confucius Sinarum Philosophus (1687)
    • Wolff, Oratio de Sinarum philosophia practica (1721)
  22. Bacon prolongé par Les Lumières

    Bacon159490 ansprolongé parLes Lumières1685

    lègue aux Lumières le programme d'un savoir fondé sur l'expérience et tourné vers l'utilité, « savoir, c'est pouvoir ». et le saluent comme l'inspirateur de l'Encyclopédie, dont le Discours préliminaire dresse sa généalogie des sciences.

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    Sources (1)
    • d'Alembert, Discours préliminaire de l'Encyclopédie (1751)
  23. Rationalisme prolongé par Les Lumières

    Rationalisme163750 ansprolongé parLes Lumières1685

    Du , les Lumières héritent la confiance dans une raison capable de juger seule, et le doute méthodique de comme arme contre les préjugés. Le versant radical du courant prolonge aussi, de façon plus souterraine, le et sa critique des religions révélées.

    IndirectMoyenneVoir sur la frise
    Sources (1)
    • Ernst Cassirer, La Philosophie des Lumières (1932)
  24. Locke prolongé par Les Lumières

    Locke166815 ansprolongé parLes Lumières1685

    L' de donne aux philosophes leur épistémologie, la et la critique des idées innées ; ses et sa leur fournissent les droits naturels, le gouvernement par consentement et la . le célèbre dès les Lettres philosophiques comme le modèle du sage anglais.

    AttestéForteVoir sur la frise
    Sources (2)
    • Voltaire, Lettres philosophiques (1734)
    • d'Alembert, Discours préliminaire de l'Encyclopédie
  25. Newton prolongé par Les Lumières

    1685contemporainsprolongé parLes Lumières1685

    La mécanique de , qui déduit le système du monde de quelques lois mathématiques, devient le paradigme du savoir pour les Lumières : la popularise en France, et le programme d'étendre la « méthode newtonienne » à la morale et à la société traverse tout le siècle.

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    Sources (2)
    • Voltaire, Éléments de la philosophie de Newton (1738)
    • d'Alembert, Discours préliminaire de l'Encyclopédie
  26. Les Lumières prolongé par Libéralisme

    Les Lumières1685contemporainsprolongé parLibéralisme1689

    Le libéralisme politique prolonge les : il y puise les droits naturels de l'individu, la tolérance, le gouvernement fondé sur le consentement et la défiance envers tout pouvoir absolu. ajoute la séparation des pouvoirs comme garantie contre le despotisme. Des Lumières le libéralisme retient l'individu majeur, capable de se conduire par sa propre raison.

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    Sources (2)
    • Montesquieu, De l'esprit des lois (1748)
    • Kant, Qu'est-ce que les Lumières ? (1784)
  27. Locke réinterprété par George Berkeley

    Locke166850 ansréinterprété parGeorge Berkeley1719

    accepte l' de , pour qui toute idée vient de l'expérience, mais le radicalise jusqu'à l'immatérialisme : nier la substance matérielle, n'admettre que des idées perçues et des esprits qui les perçoivent.

    AttestéForteVoir sur la frise
    Sources (1)
    • Berkeley, Principes de la connaissance humaine (1710)
  28. Locke réinterprété par Hume

    Locke166875 ansréinterprété parHume1744

    pousse l'analyse lockéenne des idées issues de l'expérience jusqu'à ses conséquences sceptiques : une théorie associationniste de l'esprit et la dissolution de l'identité personnelle et de la causalité nécessaire.

    AttestéForteVoir sur la frise
    Sources (1)
    • Hume, Traité de la nature humaine (1739)
  29. George Berkeley réinterprété par Hume

    George Berkeley171925 ansréinterprété parHume1744

    hérite de la critique des idées abstraites et le recentrement de toute connaissance sur les perceptions, qu'il étend de la matière à l'esprit lui-même.

    AttestéMoyenneVoir sur la frise
    Sources (1)
    • Hume, Traité de la nature humaine (1739)
  30. Machiavel réinterprété par Rousseau

    Machiavel1498250 ansréinterprété parRousseau1745

    revendique ouvertement Machiavel : sous couleur de donner des leçons aux rois, en donnerait de grandes aux peuples, « le livre des républicains ». Il hérite du Machiavel des , l'amour de la liberté et la méfiance envers les grands, en l'intégrant à sa théorie de la souveraineté populaire.

    AttestéForteVoir sur la frise
    Sources (1)
    • Rousseau, Du contrat social, III, 6 (note)
  31. Hobbes contesté par Rousseau

    1634110 anscontesté parRousseau1745

    renverse l' de : loin d'être une « guerre de tous contre tous », il est paisible, et l'homme y est naturellement bon, mû par l'amour de soi et la , non par la peur et l'orgueil. Hobbes, lui reproche Rousseau, a projeté sur l'homme naturel les passions de l'homme déjà social ; ce n'est pas la nature mais la société qui rend l'homme méchant.

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    Sources (1)
    • Rousseau, Discours sur l'origine de l'inégalité (1755)
  32. Locke réinterprété par Condillac

    Locke166880 ansréinterprété par1747

    radicalise l'empirisme de en sensualisme : par la fiction d'une statue qu'on éveille sens après sens, il entreprend de dériver toutes les facultés de la seule sensation, supprimant la réflexion que Locke tenait pour une source distincte.

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    Sources (1)
    • Condillac, Traité des sensations (1754)

Des Lumières au XIXe siècle

Des Lumières à Nietzsche : la critique, les grands systèmes, et les premières réponses venues d'ailleurs.

  1. Hume contesté par Thomas Reid

    Hume174410 anscontesté par1753

    bâtit sa philosophie du sens commun contre le scepticisme de : si les principes de l'empirisme mènent à douter du monde extérieur et du moi, c'est qu'il faut leur préférer les certitudes premières que la nature impose à tout homme.

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    Sources (1)
    • Reid, Recherche sur l'esprit humain d'après les principes du sens commun (1764)
  2. Stoïcisme prolongé par Smith

    Stoïcisme300 av. J.-C.2 050 ansprolongé par1757

    La Théorie des sentiments moraux fait de la maîtrise de soi, que nomme self-command, la vertu qui couronne les autres, et son spectateur impartial reprend le mouvement de l', l'extension du souci de soi jusqu'à autrui. Smith consacre de longues pages aux stoïciens, tout en jugeant leur apathie trop sévère pour la sympathie qui fonde sa morale.

    AttestéForteVoir sur la frise
    Sources (1)
    • Adam Smith, Théorie des sentiments moraux, parties VI-VII
  3. Hume prolongé par Smith

    Hume174415 ansprolongé par1757

    Ami intime de , prolonge sa morale des sentiments : la sympathie est le ressort du jugement moral. Il la refond toutefois autour du spectateur impartial, tribunal intérieur qui corrige nos partialités.

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    Sources (1)
    • Smith, Théorie des sentiments moraux (1759)
  4. Les Lumières contesté par Burke

    Les Lumières168580 anscontesté par1763

    Dans ses Réflexions sur la Révolution de France, attaque la politique des Lumières : aux droits abstraits et à la rationaliste, il oppose les droits hérités, les préjugés utiles et la sagesse accumulée de la tradition. C'est l'acte fondateur du conservatisme moderne.

    AttestéForteVoir sur la frise
    Sources (1)
    • Burke, Réflexions sur la Révolution de France (1790)
  5. Stoïcisme réinterprété par Kant

    Stoïcisme300 av. J.-C.2 050 ansréinterprété parKant1764

    Lecteur de Cicéron et de Sénèque, recueille de la morale la thèse que la vertu est le seul bien inconditionné, qu'il transpose en bonne volonté, et la discipline du jugement, qu'il mue en devoir accompli par pur respect de la loi. L' devient chez lui maîtrise de soi rationnelle, et le cosmopolitisme du Portique, un droit cosmopolitique. Il ne revendique pourtant jamais cette dette, transmise pour partie par Rousseau et l'école wolffienne.

    AttestéMoyenneVoir sur la frise
    Sources (1)
    • Kant, Fondements de la métaphysique des mœurs ; Doctrine de la vertu (Ak. 6:408-409) ; K. Reich, « Kant et l'éthique grecque »
  6. Stoïcisme contesté par Kant

    Stoïcisme300 av. J.-C.2 050 anscontesté parKant1764

    rompt avec l' antique dont le est le plus haut représentant : faire de la recherche du bonheur le ressort de la vertu, c'est pour lui verser dans l'hétéronomie. Il récuse la thèse que la vertu suffise au souverain bien, et rend au bonheur une place seulement espérée, proportionnée au mérite, jamais un motif moral valable.

    AttestéForteVoir sur la frise
    Sources (1)
    • Kant, Critique de la raison pratique (Dialectique, Ak. 5:111-114 ; 5:126) ; Religion dans les limites de la simple raison, 6:57n
  7. Empirisme synthétisé par Kant

    Empirisme1620140 anssynthétisé parKant1764

    Contre le dogmatisme, retient de l' que toute connaissance commence avec l'expérience ; sa Critique opère la synthèse des deux traditions : sans intuition les concepts sont vides, sans concepts les intuitions sont aveugles.

    AttestéForteVoir sur la frise
    Sources (1)
    • Kant, Critique de la raison pure (1781)
  8. Rationalisme synthétisé par Kant

    Rationalisme1637130 anssynthétisé parKant1764

    reprend du l'exigence d'un savoir a priori, universel et nécessaire, mais la limite aux conditions de l'expérience possible : les concepts purs ne connaissent rien hors des phénomènes.

    AttestéForteVoir sur la frise
    Sources (1)
    • Kant, Critique de la raison pure (1781)
  9. Les Lumières prolongé par Kant

    Les Lumières168580 ansprolongé parKant1764

    porte les Lumières à leur achèvement philosophique : il surmonte la querelle de l' dans le criticisme, et fait de l'autonomie de la raison le cœur de sa morale comme de sa définition des Lumières, « la sortie de l'homme hors de sa minorité ».

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    Sources (2)
    • Kant, Qu'est-ce que les Lumières ? (1784)
    • Kant, Critique de la raison pure (1781)
  10. Hume contesté par Kant

    Hume174420 anscontesté parKant1764

    tire de l'empirisme une conclusion sceptique : aucune impression ne nous livre la connexion nécessaire entre une cause et son effet, seulement une habitude. dit en avoir été tiré de son sommeil dogmatique et bâtit la philosophie critique contre ce scepticisme, en logeant la causalité dans les conditions a priori de l'expérience plutôt que dans les choses.

    AttestéForteVoir sur la frise
    Sources (1)
    • Kant, Prolégomènes à toute métaphysique future (1783)
  11. Rousseau prolongé par Kant

    Rousseau174520 ansprolongé parKant1764

    reconnaît devoir à d'avoir appris à honorer l'homme : il reprend la dignité de la personne et l'autonomie morale, déplaçant le centre de la philosophie de la connaissance vers la liberté pratique.

    AttestéForteVoir sur la frise
    Sources (1)
    • Kant, Fondements de la métaphysique des mœurs (1785)
  12. Kant réinterprété par Idéalisme allemand

    Kant176415 ansréinterprété parIdéalisme allemand1781

    L'idéalisme allemand naît de et contre lui : il reprend son tournant transcendantal, le sujet qui constitue l'expérience, mais refuse la chose en soi inconnaissable où Kant arrêtait la raison. tient cette limite pour une inconséquence et transforme le criticisme en idéalisme absolu, où la raison rejoint la totalité du réel ; il conteste la fixité des oppositions kantiennes, phénomène et chose en soi, en les intégrant au mouvement dialectique de l'Esprit. Kant, lui, avait explicitement récusé ce dépassement.

    AttestéForteVoir sur la frise
    Sources (2)
    • Hegel, Science de la logique
    • Hegel, Encyclopédie des sciences philosophiques (§ sur la philosophie critique)
  13. Épicurisme réinterprété par Utilitarisme

    Épicurisme307 av. J.-C.2 100 ansréinterprété parUtilitarisme1789

    Filiation reconstruite, non revendiquée : l'hédonisme de l', qui mesure le bien au plaisir et à l'absence de trouble, préfigure de loin le calcul des peines et des plaisirs de l', que Bentham refonde toutefois sur le bonheur collectif.

    IndirectFaibleVoir sur la frise
    Sources (1)
    • Bentham, Introduction aux principes de morale et de législation
  14. Les Lumières prolongé par Utilitarisme

    Les Lumières1685100 ansprolongé parUtilitarisme1789

    L' hérite de la morale séculière et réformatrice des Lumières : le principe d'utilité de prolonge la pénalité réformée de et le calcul des peines et des plaisirs déjà présent chez .

    AttestéForteVoir sur la frise
    Sources (1)
    • Bentham, Introduction aux principes de la morale et de la législation (1789)
  15. Hume prolongé par Bentham

    Hume174445 ansprolongé parBentham1790

    rapporte qu'à la lecture de les écailles lui tombèrent des yeux : il y trouve le naturalisme psychologique et l'idée que l'utilité est la mesure du bien, qu'il érige en principe de l'.

    AttestéMoyenneVoir sur la frise
    Sources (1)
    • Bentham, Fragment sur le gouvernement (1776), préface
  16. Beccaria prolongé par Bentham

    176625 ansprolongé parBentham1790

    salue en un maître : sa réforme pénale, qui mesure la peine à l'utilité sociale et non à la vengeance, offre le premier modèle du calcul des peines et des plaisirs que l'utilitarisme érige en principe.

    AttestéForteVoir sur la frise
    Sources (2)
    • Beccaria, Des délits et des peines (1764)
    • Bentham, Introduction aux principes de la morale et de la législation
  17. Spinoza réinterprété par Le romantisme

    Spinoza1655140 ansréinterprété parLe romantisme1795

    réveille , longtemps tenu pour maudit : la querelle du panthéisme (Jacobi, 1785) le remet au centre, et son Dieu-nature unique, immanent et vivant, devient l'âme de la de comme de la piété cosmique de . Les romantiques en font moins le géomètre froid de l'Éthique qu'un mystique de l'unité du tout, « l'homme ivre de Dieu ».

    AttestéForteVoir sur la frise
    Sources (2)
    • F. H. Jacobi, Lettres sur la doctrine de Spinoza (1785)
    • Frederick Beiser, The Fate of Reason (1987)
  18. Les Lumières contesté par Le romantisme

    Les Lumières1685110 anscontesté parLe romantisme1795

    naît en réaction frontale aux Lumières : à la raison universelle, au mécanisme et au culte du progrès, il oppose le sentiment, l'imagination, le génie singulier d'un peuple et le mystère d'une nature vivante. Il prolonge pourtant la sensibilité de , philosophe des Lumières devenu son propre contre-courant : la réaction romantique grandit ainsi de l'intérieur même de ce qu'elle conteste.

    AttestéForteVoir sur la frise
    Sources (2)
    • Isaiah Berlin, Les Racines du romantisme (1965)
    • Herder, Une autre philosophie de l'histoire (1774)
  19. Rousseau prolongé par Le romantisme

    Rousseau174550 ansprolongé parLe romantisme1795

    reconnaît en son précurseur : il reprend et radicalise sa réhabilitation du sentiment contre la raison, son culte de la nature et de l'authenticité du moi, et sa critique de la civilisation. Les Confessions et les Rêveries inaugurent l'exploration romantique de l'intériorité, et la « religion du cœur » du vicaire savoyard annonce le sentiment religieux des romantiques.

    AttestéForteVoir sur la frise
    Sources (2)
    • Ernst Cassirer, Le Problème Jean-Jacques Rousseau (1932)
    • Isaiah Berlin, Les Racines du romantisme
  20. Kant réinterprété par Le romantisme

    Kant176430 ansréinterprété parLe romantisme1795

    La troisième Critique de arme le romantisme : sa théorie du , à qui « la nature donne ses règles à l'art », son analyse du et son imagination productrice deviennent le socle de l'esthétique romantique. Le romantisme prolonge aussi l'élan de l'idéalisme post-kantien, tout en franchissant la limite que Kant imposait à la raison : il prétend rejoindre par l'art et l'intuition cet absolu que Kant déclarait inconnaissable.

    AttestéForteVoir sur la frise
    Sources (2)
    • Kant, Critique de la faculté de juger (1790)
    • Isaiah Berlin, Les Racines du romantisme
  21. Héraclite prolongé par Hegel

    v. 512 av. J.-C.2 300 ansprolongé parHegel1801

    reconnaît en le penseur du devenir et de l'unité des contraires : « il n'est pas une proposition d'Héraclite que je n'aie reprise dans ma Logique », dit-il, faisant du flux héraclitéen un moment de sa propre dialectique de l'être et du néant.

    AttestéMoyenneVoir sur la frise
    Sources (1)
    • Leçons sur l'histoire de la philosophie
  22. Aristote prolongé par Hegel

    Aristote353 av. J.-C.2 150 ansprolongé parHegel1801

    tient pour l'un des plus spéculatifs des penseurs : il lui reprend l'actualité (energeia), la fin immanente et l'universel qui n'existe que dans ses individus, contre l'universel abstrait, et clôt son Encyclopédie sur une citation de la Métaphysique, la pensée de la pensée.

    AttestéMoyenneVoir sur la frise
    Sources (1)
    • Encyclopédie, §577 ; Leçons sur l'histoire de la philosophie
  23. Spinoza réinterprété par Hegel

    Spinoza1655150 ansréinterprété parHegel1801

    tient le spinozisme pour un passage obligé : commencer à philosopher, c'est être spinoziste. Il reprend l'exigence d'un absolu unique, mais reproche à la substance de d'être inerte et la refait sujet.

    AttestéForteVoir sur la frise
    Sources (1)
    • Hegel, Leçons sur l'histoire de la philosophie
  24. Kant prolongé par Hegel

    Kant176435 ansprolongé parHegel1801

    hérite de l'unité du sujet et les antinomies de la raison, mais lui reproche la chose en soi inconnaissable, reste de dualisme, et le caractère seulement subjectif des catégories : ce que Kant tenait pour les limites de la raison, Hegel en fait le moteur dialectique du réel lui-même.

    AttestéForteVoir sur la frise
    Sources (1)
    • Foi et savoir (1802) ; Science de la logique
  25. Fichte prolongé par Hegel

    178815 ansprolongé parHegel1801

    De , retient le Moi comme activité qui se pose elle-même et le primat du pratique ; mais il refuse de laisser le non-Moi, la nature, comme un devoir-être que le Moi ne rejoint jamais, une « mauvaise infinité » : il faut réconcilier les opposés, non les opposer sans fin.

    AttestéMoyenneVoir sur la frise
    Sources (1)
    • Différence des systèmes de Fichte et de Schelling (1801)
  26. Schelling contesté par Hegel

    181515 anscontesté parHegel1801

    Amis et alliés de jeunesse, et rompent en 1807 : Hegel raille l'Absolu schellingien, identité indifférenciée atteinte d'emblée par l'intuition, comme « la nuit où toutes les vaches sont noires », et lui oppose le travail patient du concept, seul chemin vers l'Absolu.

    AttestéForteVoir sur la frise
    Sources (1)
    • Phénoménologie de l'esprit, Préface
  27. Schopenhauer contesté par Hegel

    Schopenhauer182425 anscontesté parHegel1801

    Le mépris de pour fut viscéral et public : à Berlin, il programma ses cours à la même heure que lui, et parla devant une salle vide. Contre l'optimisme d'un sens de l'histoire et la toute-puissance du concept, il oppose une métaphysique de la aveugle, le primat de l'intuition sur le discours, et une histoire sans progrès ni raison.

    AttestéForteVoir sur la frise
    Sources (1)
    • Schopenhauer, Parerga et Paralipomena (1851) ; préface du Monde comme volonté et comme représentation
  28. Bouddhisme réinterprété par Schopenhauer

    Bouddhismev. 450 av. J.-C.2 250 ansréinterprété parSchopenhauer1824

    trouve dans le une confirmation orientale de sa pensée : la centralité de la souffrance, le détachement et la négation du vouloir-vivre comme voie de délivrance.

    Entre traditionsIndirectMoyenneVoir sur la frise
    Sources (1)
    • Schopenhauer, Parerga et Paralipomena
  29. Platon réinterprété par Schopenhauer

    Platon388 av. J.-C.2 200 ansréinterprété parSchopenhauer1824

    nomme et ses deux maîtres. Il reprend les Idées platoniciennes, mais les déplace : elles ne sont plus des réalités intelligibles séparées, elles deviennent les degrés éternels d'objectivation du , que seul le contemple dans l'expérience esthétique.

    AttestéForteVoir sur la frise
    Sources (1)
    • Schopenhauer, Le Monde comme volonté et comme représentation, livre III (1818)
  30. Vedānta (Advaita) réinterprété par Schopenhauer

    Vedānta (Advaita)v. 1501 650 ansréinterprété parSchopenhauer1824

    puise dans les Upaniṣad et le , qu'il vénère, le motif du voile des apparences (Māyā) et l'unité métaphysique derrière la pluralité, qu'il retraduit dans sa philosophie de la volonté.

    Entre traditionsAttestéForteVoir sur la frise
    Sources (1)
    • Schopenhauer, Le Monde comme volonté et représentation (1818)
  31. Kant réinterprété par Schopenhauer

    Kant176460 ansréinterprété parSchopenhauer1824

    adopte le partage kantien entre phénomène et chose en soi, mais identifie cette dernière à la volonté : une poussée aveugle et sans fin dont le monde des représentations n'est que la manifestation.

    AttestéForteVoir sur la frise
    Sources (1)
    • Schopenhauer, Le Monde comme volonté et représentation (1818)
  32. Les Lumières prolongé par Comte

    Les Lumières1685140 ansprolongé par1828

    systématise l'autorité que les Lumières reconnaissaient à la science : sa loi des trois états fait de l'âge « positif » l'aboutissement du progrès de l'esprit esquissé par , qu'il revendique comme son principal devancier.

    AttestéForteVoir sur la frise
    Sources (1)
    • Comte, Cours de philosophie positive (1830-1842)
  33. Hegel contesté par Kierkegaard

    Hegel180135 anscontesté par1834

    définit son projet contre le système de : la médiation dialectique dissout l'existence singulière, alors que l'individu, dans l'angoisse et le choix, ne se laisse pas absorber par l'universel.

    AttestéForteVoir sur la frise
    Sources (1)
    • Kierkegaard, Post-scriptum définitif et non scientifique aux Miettes philosophiques (1846)
  34. Hegel contesté par Ludwig Feuerbach

    Hegel180135 anscontesté par1838

    , hégélien de gauche, retourne contre lui-même : ce que Hegel appelle Dieu ou Esprit absolu n'est que l'essence de l'homme, projetée et aliénée dans un ciel. La théologie doit se renverser en anthropologie, et l'idéalisme reposer sur la nature sensible.

    AttestéForteVoir sur la frise
    Sources (1)
    • Feuerbach, L'Essence du christianisme (1841)
  35. Bentham réinterprété par Mill

    Bentham179050 ansréinterprété parMill1840

    Élevé dans l' de , en conserve le principe mais le réforme : il introduit une hiérarchie qualitative des plaisirs et fait place à la liberté individuelle contre le seul calcul des quantités.

    AttestéForteVoir sur la frise
    Sources (1)
    • Mill, L'Utilitarisme (1861)
  36. Comte prolongé par Mill

    182810 ansprolongé parMill1840

    correspond avec et adopte la méthode positive, l'explication par les lois plutôt que par les causes ultimes, tout en rejetant sa religion de l'Humanité et son mépris de la liberté individuelle.

    AttestéMoyenneVoir sur la frise
    Sources (1)
    • Mill, Auguste Comte et le positivisme
  37. Le romantisme prolongé par Existentialisme

    Le romantisme179550 ansprolongé parExistentialisme1843

    recueille du romantisme l'exaltation de l'individu singulier contre le système et l'universel abstrait, le primat de l', de la passion et de l'angoisse, et l'exigence d'. , lecteur critique du romantisme et de Hegel, en est le relais décisif : le « moi » romantique, irréductible à la raison, devient l'existant qui se choisit.

    IndirectMoyenneVoir sur la frise
    Sources (2)
    • Charles Taylor, Les Sources du moi (1989)
    • Søren Kierkegaard, Le Concept d'ironie (1841)
  38. Phénoménologie prolongé par Existentialisme

    Phénoménologie190055 ansprolongé parExistentialisme1843

    L'existentialisme du XXe siècle hérite de la sa méthode : décrire les phénomènes tels qu'ils se donnent à la conscience, en deçà des théories. Mais il en déplace l'objet, de la conscience constituante vers l'existence concrète, la liberté, l'angoisse et le corps : tire de l'intentionnalité une conscience vouée au néant et au choix, refonde la description en analytique de l'être-au-monde. Les héritiers refaçonnent jusqu'à la méthode elle-même, l'ancrant dans le corps percevant.

    AttestéForteVoir sur la frise
    Sources (3)
    • Husserl, Idées directrices pour une phénoménologie
    • Sartre, L'Être et le Néant
    • Heidegger, Être et Temps
  39. Libéralisme contesté par Marxisme

    Libéralisme1689160 anscontesté parMarxisme1848

    Le se construit comme la critique du : derrière l'égalité formelle des droits et la liberté du marché, dénonce les rapports de production qui asservissent le travail et fait des droits bourgeois l'idéologie d'une classe. Il en retient pourtant l'horizon d'émancipation, qu'il veut porter du droit politique à la vie réelle.

    AttestéForteVoir sur la frise
    Sources (1)
    • Marx, Sur la question juive ; Marx et Engels, Manifeste du parti communiste ; Marx, Le Capital
  40. Hegel réinterprété par Marx

    Hegel180150 ansréinterprété parMarx1851

    conserve la dialectique de mais la remet sur ses pieds : ce n'est plus l'Esprit mais les rapports matériels de production qui meuvent l'histoire, dont l'idéel n'est que le reflet.

    AttestéForteVoir sur la frise
    Sources (1)
    • Marx, Postface à la deuxième édition du Capital (1873)
  41. Marx prolongé par Friedrich Engels

    Marx18515 ansprolongé par1858

    élabore avec , puis après lui, la critique de l'économie politique et la conception matérialiste de l'histoire, dont il assure la formulation systématique et la diffusion.

    AttestéForteVoir sur la frise
    Sources (1)
    • Marx et Engels, L'Idéologie allemande
  42. Schopenhauer prolongé par Léon Tolstoï

    Schopenhauer182445 ansprolongé par1869

    découvre Schopenhauer à l'été 1869 et s'en enthousiasme, jusqu'à faire accrocher son portrait dans son bureau. La crise spirituelle de Ma confession, l'horreur du néant de la mort, la quête d'un renoncement et d'une universelle, doit beaucoup au pessimisme et à l' schopenhaueriens, que Tolstoï réoriente ensuite vers l'Évangile.

    AttestéMoyenneVoir sur la frise
    Sources (1)
    • Tolstoï, correspondance avec Fet (1869) ; Ma confession (1882)
  43. Mill prolongé par Sidgwick

    Mill184030 ansprolongé par1869

    systématise l' après en le rendant plus rigoureux et plus exigeant du point de vue de l'impartialité, cherchant à le concilier avec les intuitions du sens commun.

    AttestéForteVoir sur la frise
    Sources (1)
    • Sidgwick, Les Méthodes de l'éthique (1874)
  44. Empirisme prolongé par Pragmatisme

    Empirisme1620250 ansprolongé parPragmatisme1870

    Le prolonge l' en ancrant le sens et la vérité dans l'expérience, mais déplace le critère vers les conséquences pratiques d'une idée plutôt que vers ses origines sensorielles. James revendique d'ailleurs un empirisme radical.

    AttestéMoyenneVoir sur la frise
    Sources (1)
    • William James, Le Pragmatisme (1907)
  45. Platon réinterprété par Nietzsche

    Platon388 av. J.-C.2 250 ansréinterprété parNietzsche1872

    L'influence ne passe pas par les thèses propres de , mais par son personnage : dans le , Platon met dans sa bouche le droit du plus fort et la dénonciation de la morale des faibles pour mieux les réfuter. réactive cette position immoraliste, que la critique rapproche de sa morale des maîtres, et la retourne contre la morale d'inspiration socratique et platonicienne.

    IndirectMoyenneVoir sur la frise
    Sources (1)
    • Rapprochement classique de la critique (E. R. Dodds, commentaire du Gorgias) ; Nietzsche, La Généalogie de la morale
  46. Platonisme contesté par Nietzsche

    Platonisme387 av. J.-C.2 250 anscontesté parNietzsche1872

    définit sa tâche comme un renversement du platonisme : contre le et son monde vrai qui dévalorise le sensible, il veut rendre à la terre et au corps leur innocence.

    AttestéMoyenneVoir sur la frise
    Sources (1)
    • Nietzsche, Le Crépuscule des idoles ; fragments posthumes
  47. Michel de Montaigne réinterprété par Nietzsche

    Michel de Montaigne1563310 ansréinterprété parNietzsche1872

    salue comme un esprit libre et un modèle : écrire le moi, affirmer le corps et la terre, gagner en gaieté de vivre par sa seule lecture. Il en reprend la franchise de l'essai et la recompose dans sa propre posture généalogique, affirmatrice de la vie.

    AttestéForteVoir sur la frise
    Sources (2)
    • Nietzsche, « Schopenhauer éducateur » (Considérations inactuelles III), éloge de Montaigne
    • Nietzsche, fragments posthumes
  48. Le romantisme réinterprété par Nietzsche

    Le romantisme179575 ansréinterprété parNietzsche1872

    hérite du romantisme plus qu'il ne l'avoue : le dionysiaque de La Naissance de la tragédie, l'art tenu pour « l'activité métaphysique par excellence », la révolte contre la raison socratique et les Lumières viennent de cette source, transmise par et Wagner. Mais il retourne bientôt ces armes contre le romantisme lui-même, qu'il dénonce comme nostalgie, faiblesse et fuite : il en recueille l'énergie pour en rejeter la mélancolie.

    IndirectMoyenneVoir sur la frise
    Sources (2)
    • Nietzsche, La Naissance de la tragédie (1872)
    • Nietzsche, Le Gai Savoir, § 370 (« Qu'est-ce que le romantisme ? »)
  49. Schopenhauer contesté par Nietzsche

    Schopenhauer182450 anscontesté parNietzsche1872

    Jeune, reconnaît en son éducateur et hérite de sa lecture tragique de l'existence et de la centralité de la volonté. Il retourne ensuite l'héritage : contre le pessimisme et la négation du vouloir-vivre, il oppose l'affirmation de la vie et la volonté de puissance.

    AttestéForteVoir sur la frise
    Sources (1)
    • Nietzsche, Schopenhauer éducateur, Considérations inactuelles III (1874)
  50. William Kingdon Clifford contesté par William James

    186215 anscontesté par1876

    « The Will to Believe » de répond frontalement à : contre la maxime qu'il est toujours fautif de croire sans preuve suffisante, James défend le droit, sur les questions vitales que la preuve ne tranche pas, de risquer une croyance.

    AttestéForteVoir sur la frise
    Sources (2)
    • James, La Volonté de croire (1896)
    • Clifford, « L'Éthique de la croyance » (1877)
  51. Charles Sanders Peirce réinterprété par William James

    Charles Sanders Peirce1877contemporainsréinterprété par1876

    popularise et assouplit la maxime pragmatiste de , qui liait le sens d'une idée à ses effets concevables, en l'orientant vers une théorie psychologique et pluraliste de la vérité et de la croyance.

    AttestéForteVoir sur la frise
    Sources (1)
    • James, Le Pragmatisme (1907)
  52. Henri Bergson réinterprété par William James

    190025 ansréinterprété par1876

    salue en un allié contre l'intellectualisme : il reprend sa critique des concepts figés et sa durée mouvante pour nourrir son empirisme radical et son univers pluraliste.

    AttestéMoyenneVoir sur la frise
    Sources (1)
    • James, Un univers pluraliste (1909)
  53. Kant réinterprété par Charles Sanders Peirce

    Kant1764110 ansréinterprété parCharles Sanders Peirce1877

    lit de près et le retravaille beaucoup : il refond la table des catégories et l'architectonique de la première dans sa propre triade (priméité, secondéité, tiercéité) et dans son réalisme des universaux. Kant reste le philosophe à partir duquel il pense, même là où il le corrige.

    AttestéForteVoir sur la frise
    Sources (1)
    • Peirce, Collected Papers (engagement répété avec la Critique de la raison pure)
  54. Nietzsche réinterprété par Max Weber

    Nietzsche187220 ansréinterprété par1892

    , pour qui l'honnêteté d'un penseur se mesure à sa position envers et Marx, transpose en sociologie le soupçon généalogique : l'analyse des valeurs, du ressentiment et du « désenchantement du monde » doit beaucoup au diagnostic nietzschéen.

    AttestéMoyenneVoir sur la frise
    Sources (2)
    • Weber, Le Savant et le politique
    • Weber, L'Éthique protestante et l'esprit du capitalisme
  55. Schopenhauer réinterprété par Sigmund Freud

    Schopenhauer182475 ansréinterprété par1898

    retrouve chez , qu'il dit avoir peu lu, l'intuition d'une volonté aveugle sous la conscience claire : le primat de la pulsion, le refoulement et la sexualité comme force obscure y sont pressentis avant d'être mis au jour par la psychanalyse.

    IndirectMoyenneVoir sur la frise
    Sources (1)
    • Freud, Contribution à l'histoire du mouvement psychanalytique (1914)
  56. Descartes réinterprété par Husserl

    Descartes1623280 ansréinterprété parHusserl1899

    reprend de la quête d'un fondement apodictique enraciné dans l'ego, le retour au je pense comme sol indubitable du savoir. Mais il en récuse le pas décisif : l'ego de la réduction n'est plus une substance pensante isolée du monde, c'est l'ego transcendantal dont l'analyse déploie la vie intentionnelle.

    AttestéForteVoir sur la frise
    Sources (1)
    • Husserl, Méditations cartésiennes
  57. Franz Brentano prolongé par Husserl

    187820 ansprolongé parHusserl1899

    , dont fut l'élève direct, lui transmet la thèse que toute conscience est conscience de quelque chose, l' comme marque du psychique, germe de la phénoménologie. Husserl reconnaît cette dette mais transforme l'intentionnalité descriptive de son maître en structure transcendantale de la conscience constituante.

    AttestéForteVoir sur la frise
    Sources (1)
    • Husserl, Recherches logiques ; sa reconnaissance de Brentano comme son maître

XXe et XXIe siècles

Phénoménologie, philosophie analytique, école de Kyoto : les filiations du XXe siècle à aujourd'hui.

  1. Empirisme prolongé par Philosophie analytique

    Empirisme1620280 ansprolongé parPhilosophie analytique1900

    La philosophie analytique se veut l'héritière de l' britannique, dont elle reprend l'ancrage du savoir dans l'expérience et la défiance envers la métaphysique spéculative. Mais elle le refond en le fusionnant avec la logique moderne : à l'association des idées elle substitue l'analyse logique des propositions, dont est le pont. L'empirisme logique du Cercle de Vienne en radicalise le programme, le vérifiable seul ayant un sens.

    AttestéForteVoir sur la frise
    Sources (2)
    • Russell, Notre connaissance du monde extérieur (1914)
    • Ayer, Langage, vérité et logique (1936)
  2. William James prolongé par John Dewey

    187630 ansprolongé par1906

    prolonge le de , l'accent sur l'expérience et les conséquences des idées, en l'orientant vers la logique de l'enquête, l'éducation et la démocratie.

    AttestéForteVoir sur la frise
    Sources (1)
    • Dewey, Logique : la théorie de l'enquête (1938)
  3. Charles Sanders Peirce prolongé par John Dewey

    Charles Sanders Peirce187730 ansprolongé par1906

    reprend la logique de l'enquête de et sa , qu'il prolonge vers l'instrumentalisme et l'enquête démocratique : la fixation de la croyance devient un processus social et expérimental orienté vers l'action.

    AttestéForteVoir sur la frise
    Sources (1)
    • Dewey, « The Development of American Pragmatism » ; Logic: The Theory of Inquiry
  4. William James réinterprété par Nishida

    187630 ansréinterprété par1908

    L' de part de l'empirisme radical de , qu'il cite dès ses premières pages, mais il en fait le principe unique d'où procèdent sujet et objet, dans une perspective nourrie par le zen.

    Entre traditionsAttestéForteVoir sur la frise
    Sources (1)
    • Nishida, Essai sur le bien (1911), I
  5. Léon Tolstoï prolongé par Gandhi

    186940 ansprolongé par1909

    reconnaît en , avec qui il correspond, un maître de la non-violence : la loi d'amour et le refus chrétien de rendre le mal par le mal, qu'il transpose en méthode d'action politique de masse, la satyagraha.

    Entre traditionsAttestéForteVoir sur la frise
    Sources (2)
    • Tolstoï, Lettre à un Hindou (1908)
    • Gandhi, Autobiographie ou Mes expériences de vérité
  6. Madhyamaka réinterprété par École de Kyoto

    Madhyamakav. 1501 750 ansréinterprété parÉcole de Kyoto1911

    fait de la de la le « champ » où le nihilisme occidental, diagnostiqué par Nietzsche et Heidegger, est traversé et surmonté : une notion bouddhique devient la réponse à une crise de la modernité européenne.

    Entre traditionsAttestéForteVoir sur la frise
    Sources (1)
    • Nishitani, Shūkyō to wa nanika, ch. 4
  7. Heidegger réinterprété par École de Kyoto

    193320 ansréinterprété parÉcole de Kyoto1911

    , et Kuki Shūzō étudient auprès de à Fribourg. L' reprend sa question du néant et sa lecture du nihilisme, pour les porter vers la vacuité bouddhique, là où Heidegger restait dans l'horizon de l'être.

    Entre traditionsAttestéForteVoir sur la frise
    Sources (2)
    • Nishitani, Shūkyō to wa nanika
    • Tanabe, Zangedō to shite no tetsugaku
  8. Machiavel réinterprété par Antonio Gramsci

    Machiavel1498420 ansréinterprété par1914

    reprend Machiavel dans ses Cahiers de prison : le « Prince moderne » n'est plus un homme mais le parti révolutionnaire, prince collectif qui, tel le mythe machiavélien, cristallise et organise la volonté collective. La virtù du fondateur devient l'hégémonie construite par l'organisation.

    AttestéForteVoir sur la frise
    Sources (1)
    • Gramsci, Cahiers de prison, « Notes sur Machiavel » (Le Prince moderne)
  9. Marx réinterprété par Antonio Gramsci

    Marx185165 ansréinterprété par1914

    relit en déplaçant l'analyse de l'infrastructure vers la culture : le concept d'hégémonie explique comment une classe domine par le consentement et la société civile, pas seulement par la force.

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    Sources (1)
    • Gramsci, Cahiers de prison
  10. Schopenhauer réinterprété par Wittgenstein

    Schopenhauer182495 ansréinterprété parWittgenstein1920

    Le jeune lut Schopenhauer, et le Tractatus en garde la trace : le sujet métaphysique comme « limite du monde » et non partie de lui, un solipsisme qui coïncide avec le réalisme, et surtout une éthique et un « mystique » relégués hors de ce qui peut se dire. La schopenhauerienne y devient le lieu d'un sens qui échappe au langage.

    AttestéMoyenneVoir sur la frise
    Sources (1)
    • Wittgenstein, Tractatus logico-philosophicus (1921), §§5.6, 6.4
  11. Léon Tolstoï prolongé par Wittgenstein

    186950 ansprolongé parWittgenstein1920

    Au front, en 1914, lit et relit L'Évangile en abrégé de , qui le porte et qu'il recommande à tous. De là une part de sa gravité éthique et religieuse : la valeur ne s'argumente pas, elle se vit ; ce qui compte, dans le Tractatus, est l'éthique qu'on ne peut dire.

    AttestéMoyenneVoir sur la frise
    Sources (1)
    • Correspondance de guerre ; L'Évangile en abrégé (Tolstoï)
  12. Frege prolongé par Wittgenstein

    188735 ansprolongé parWittgenstein1920

    vint à la philosophie par la logique de , qu'il alla consulter avant que Frege ne l'adresse à . Le Tractatus hérite de son exigence logique, de la distinction du sens et de la référence et du principe de contexte ; le Wittgenstein tardif s'en éloigne en cherchant le sens dans l'usage, non dans une pensée logique idéale.

    AttestéForteVoir sur la frise
    Sources (1)
    • Tractatus logico-philosophicus (Préface) ; Recherches philosophiques
  13. Russell réinterprété par Wittgenstein

    Russell1921contemporainsréinterprété parWittgenstein1920

    Élève de à Cambridge, reçoit de lui la logique nouvelle et l'analyse comme méthode, mais retourne cet héritage : le Tractatus refond l'atomisme logique en une théorie du langage comme image du monde, jusqu'à cette limite où ce qui compte le plus « ne peut que se montrer ». Russell reconnaîtra en retour la profondeur de son ancien élève.

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    Sources (2)
    • Wittgenstein, Tractatus logico-philosophicus (1921)
    • Russell, introduction au Tractatus
  14. Empirisme synthétisé par Russell

    Empirisme1620300 anssynthétisé parRussell1921

    se veut l'héritier de l' britannique, qu'il refonde en le fusionnant avec la nouvelle logique mathématique : les données des sens plus l'analyse logique, au lieu de l'association des idées.

    AttestéForteVoir sur la frise
    Sources (1)
    • Russell, Notre connaissance du monde extérieur
  15. Leibniz réinterprété par Russell

    Leibniz1681240 ansréinterprété parRussell1921

    Le livre de sur (1900) est une matrice de la philosophie analytique : il y montre que la métaphysique leibnizienne repose sur sa logique, programme qu'il retourne en méthode d'analyse.

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    Sources (1)
    • Russell, La Philosophie de Leibniz (1900)
  16. Hegel contesté par Russell

    Hegel1801120 anscontesté parRussell1921

    a été formé dans l'idéalisme néo-hégélien qui dominait Cambridge, et sa philosophie naît de la rupture qu'il datait de 1898 : ce qu'il rejette est la thèse que rien n'est intelligible hors du tout, et que toute relation est interne à ses termes. Son est d'abord ce refus retourné en méthode : un monde de faits indépendants, analysable pièce à pièce. Le règlement de comptes reste polémique : l'Histoire de la philosophie occidentale traite avec une brusquerie que ses lecteurs lui ont souvent reprochée.

    AttestéForteVoir sur la frise
    Sources (1)
    • Russell, Mon évolution philosophique (1959), ch. VI-VII
  17. Mill prolongé par Russell

    Mill184080 ansprolongé parRussell1921

    Filleul laïc de , hérite de son empirisme et de son libéralisme : la connaissance ancrée dans l'expérience et la défense des libertés traversent toute son œuvre publique.

    AttestéMoyenneVoir sur la frise
    Sources (1)
    • Russell, Autobiographie
  18. Frege prolongé par Russell

    188735 ansprolongé parRussell1921

    découvre tard, alors que les sont en chantier, et reconnaît avoir été précédé sur l'essentiel : le projet de dériver l'arithmétique de la logique, et l'appareil de quantificateurs qui le rend possible. C'est en lisant Frege qu'il lui écrit en 1902 le paradoxe qui ruine sa tentative : peut-être la lettre la plus conséquente de l'histoire de la logique. Il le fait ensuite connaître au monde anglophone tout en refusant sa distinction du sens et de la référence, à laquelle il oppose sa propre .

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    Sources (1)
    • Russell, Principia Mathematica, appendice A ; lettre à Frege du 16 juin 1902
  19. Platon réinterprété par Simone Weil

    Platon388 av. J.-C.2 300 ansréinterprété par1926

    lit en mystique : le Bien au-delà de l'être, la conversion du regard hors de la caverne deviennent chez elle attente de Dieu et attention, un platonisme christianisé où le vrai se reçoit plus qu'il ne se conquiert.

    AttestéMoyenneVoir sur la frise
    Sources (2)
    • Weil, La Source grecque
    • Weil, Intuitions préchrétiennes
  20. Wittgenstein réinterprété par Rudolf Carnap

    Wittgenstein192010 ansréinterprété par1931

    Le Tractatus fut le livre de chevet du Cercle de Vienne : et les positivistes logiques y lurent une charte du vérificationnisme, réduisant le sens à la vérifiabilité empirique. Wittgenstein s'en démarqua : ils avaient manqué, disait-il, ce que le livre montrait sans le dire, l'éthique et le mystique. Le malentendu fonde une part de la philosophie analytique.

    AttestéMoyenneVoir sur la frise
    Sources (1)
    • Tractatus logico-philosophicus ; le Cercle de Vienne (Schlick, Carnap)
  21. Russell transmis par Rudolf Carnap

    Russell192110 anstransmis par1931

    Ce qui passe est une maxime de méthode, que place en épigraphe de son entreprise : partout où c'est possible, substituer des à partir d'entités connues aux inférences vers des entités inconnues. La Construction logique du monde (1928) l'applique à la lettre en reconstruisant tous les concepts scientifiques à partir d'une base d'expériences élémentaires. Le programme s'éloigne ensuite de son modèle : Carnap abandonne le réalisme de et l'idée que la métaphysique puisse être vraie ou fausse plutôt que dépourvue de sens.

    AttestéForteVoir sur la frise
    Sources (1)
    • Carnap, La Construction logique du monde (1928), préface et § 3
  22. Le romantisme réinterprété par Heidegger

    Le romantisme1795140 ansréinterprété par1933

    reprend au romantisme sa critique du monde-machine et de la raison calculante, son écoute de la nature et son privilège du poétique comme accès à l'être. Sa lecture de Hölderlin, poète romantique tenu pour celui qui dit le « défaut des dieux » et le danger de la technique, est au cœur de sa pensée tardive : « habiter en poète » prolonge le rêve romantique d'un monde ré-enchanté.

    IndirectMoyenneVoir sur la frise
    Sources (2)
    • Heidegger, Approche de Hölderlin (1944)
    • Heidegger, Essais et conférences (« La question de la technique »)
  23. Nietzsche réinterprété par Heidegger

    Nietzsche187260 ansréinterprété par1933

    consacre d'amples cours à , qu'il lit comme le dernier grand métaphysicien : la volonté de puissance et le nihilisme y deviennent l'achèvement et le destin de la métaphysique occidentale.

    AttestéForteVoir sur la frise
    Sources (1)
    • Heidegger, Nietzsche (cours 1936-1940)
  24. Husserl réinterprété par Heidegger

    Husserl189935 ansréinterprété par1933

    Assistant puis successeur de , déplace la de la conscience transcendantale vers la question de l'être : non plus décrire les vécus, mais l'existence comme être-au-monde.

    AttestéForteVoir sur la frise
    Sources (1)
    • Heidegger, Être et Temps (1927)
  25. Husserl réinterprété par Merleau-Ponty

    Husserl189935 ansréinterprété par1935

    prolonge les analyses du dernier sur le monde de la vie et le corps propre, mais ancre toute la phénoménologie dans la perception incarnée plutôt que dans une conscience pure.

    AttestéForteVoir sur la frise
    Sources (1)
    • Merleau-Ponty, Phénoménologie de la perception (1945)
  26. Heidegger réinterprété par Merleau-Ponty

    1933contemporainsréinterprété par1935

    reprend l'être-au-monde de et le monde pré-théorique, mais les reconduit au corps percevant : c'est la chair, et non l'analytique de l'être, qui ouvre originairement le monde.

    AttestéForteVoir sur la frise
    Sources (1)
    • Merleau-Ponty, Phénoménologie de la perception (1945)
  27. Kierkegaard contesté par Camus

    1834100 anscontesté parCamus1937

    Dans Le Mythe de Sisyphe, qualifie de suicide philosophique le saut de la foi de : l'absurde se définit contre cette échappée religieuse, comme exigence de lucidité sans consolation.

    AttestéMoyenneVoir sur la frise
    Sources (1)
    • Camus, Le Mythe de Sisyphe
  28. Marxisme contesté par Camus

    Marxisme184890 anscontesté parCamus1937

    L'Homme révolté s'écrit contre le comme religion de l'Histoire : refuse que la fin révolutionnaire justifie la terreur et oppose la révolte, qui pose une limite, à la révolution qui l'abolit.

    AttestéForteVoir sur la frise
    Sources (1)
    • Camus, L'Homme révolté
  29. Nietzsche réinterprété par Camus

    Nietzsche187265 ansréinterprété parCamus1937

    lit en héritier critique : il reprend le diagnostic du nihilisme et l'amour du destin, mais les retourne en une éthique de la mesure, l'absurde appelant la révolte plutôt que l'approbation de tout.

    AttestéForteVoir sur la frise
    Sources (1)
    • Camus, Le Mythe de Sisyphe ; L'Homme révolté
  30. Augustin réinterprété par Hannah Arendt

    3921 550 ansréinterprété par1941

    consacre sa thèse à l'amour chez , où elle puise le motif qui traversera son œuvre : l'homme comme « commencement » qui, en naissant, introduit du neuf dans le monde.

    AttestéMoyenneVoir sur la frise
    Sources (1)
    • Arendt, Le Concept d'amour chez Augustin (1929)
  31. Heidegger réinterprété par Hannah Arendt

    193310 ansréinterprété par1941

    Élève de , déplace son analyse de l'existence vers le politique : contre le primat de la mort, elle pense la natalité, la capacité de commencer, et l'action concertée entre les hommes comme lieu propre de la liberté.

    AttestéMoyenneVoir sur la frise
    Sources (1)
    • Arendt, Condition de l'homme moderne (1958)
  32. Kierkegaard prolongé par Sartre

    1834110 ansprolongé parSartre1943

    reprend de les thèmes de l'angoisse, du choix et de la singularité existentielle, en les sécularisant : l'existence précède l'essence, sans le saut de la foi qui les couronnait.

    AttestéForteVoir sur la frise
    Sources (1)
    • Sartre, L'existentialisme est un humanisme (1946)
  33. Husserl réinterprété par Sartre

    Husserl189945 ansréinterprété parSartre1943

    reprend de l'intentionnalité, toute conscience est conscience de quelque chose, mais la radicalise : la conscience, vidée de tout contenu substantiel, n'est que néantisation et liberté.

    AttestéForteVoir sur la frise
    Sources (1)
    • Sartre, La Transcendance de l'Ego (1936)
  34. Heidegger réinterprété par Sartre

    193310 ansréinterprété parSartre1943

    existentialise les analyses de , l'être-au-monde, la facticité, l'angoisse, dans un cadre centré sur la liberté et le projet, que Heidegger récusera comme un contresens humaniste.

    AttestéForteVoir sur la frise
    Sources (1)
    • Sartre, L'Être et le Néant (1943)
  35. Sartre réinterprété par Frantz Fanon

    Sartre1943contemporainsréinterprété par1943

    reprend de , qui préfacera Les Damnés de la terre, la liberté en situation et le rôle du regard d'autrui, pour penser l'aliénation coloniale et la violence libératrice ; il lui reproche pourtant, dès « Orphée noir », de dissoudre l'expérience noire dans une dialectique abstraite.

    AttestéMoyenneVoir sur la frise
    Sources (2)
    • Sartre, préface aux Damnés de la terre (1961)
    • Fanon, Peau noire, masques blancs
  36. Henri Bergson prolongé par Jankélévitch

    190045 ansprolongé par1944

    Grand lecteur de , auquel il consacre son premier livre, prolonge sa pensée de la durée et de l'intuition dans une philosophie de l'instant, de l'irréversible et du « je-ne-sais-quoi ».

    AttestéForteVoir sur la frise
    Sources (1)
    • Jankélévitch, Henri Bergson (1931)
  37. Sartre réinterprété par Beauvoir

    Sartre1943contemporainsréinterprété parBeauvoir1947

    En dialogue constant avec , transforme les catégories de liberté et de situation en une éthique de l'ambiguïté et en analyse de l'oppression sexuée, là où l'existentialisme restait abstrait.

    AttestéForteVoir sur la frise
    Sources (1)
    • Beauvoir, Pour une morale de l'ambiguïté (1947)
  38. Hume contesté par Popper

    Hume1744200 anscontesté par1948

    tient le problème de l'induction de , qu'aucune accumulation d'observations ne justifie une loi, pour insoluble, et le contourne : la science ne vérifie pas, elle réfute ; une théorie ne vaut que si elle est falsifiable.

    AttestéMoyenneVoir sur la frise
    Sources (1)
    • Popper, La Logique de la découverte scientifique (1934)
  39. Heidegger contesté par Jonas

    193315 anscontesté par1948

    Élève de , rompt avec son existentialisme indifférent à la nature pour fonder une ontologie du vivant et une éthique de la responsabilité envers les générations futures.

    AttestéMoyenneVoir sur la frise
    Sources (1)
    • Jonas, Le Principe responsabilité (1979)
  40. Le romantisme réinterprété par Éthique environnementale

    Le romantisme1795150 ansréinterprété parÉthique environnementale1949

    L'éthique environnementale hérite du , souvent sans le dire, sa révolte contre la nature réduite à une machine et à une réserve de matières : la nature vivante, sublime, digne de respect pour elle-même, que l'écologie transforme en valeur morale et non plus seulement esthétique.

    IndirectMoyenneVoir sur la frise
  41. Husserl prolongé par Emmanuel Levinas

    Husserl189950 ansprolongé par1951

    introduit en France et reçoit de lui la méthode descriptive de l'intentionnalité, qu'il réorientera ensuite des objets vers le visage d'autrui et le primat de l'éthique.

    AttestéForteVoir sur la frise
    Sources (1)
    • Levinas, Théorie de l'intuition dans la phénoménologie de Husserl (1930)
  42. Heidegger contesté par Emmanuel Levinas

    193320 anscontesté par1951

    construit sa pensée en contestation serrée de : contre le primat de l'ontologie, il pose l'éthique comme philosophie première, le visage d'autrui précédant toute compréhension de l'être.

    AttestéForteVoir sur la frise
    Sources (1)
    • Levinas, Totalité et Infini (1961)
  43. Nietzsche prolongé par Foucault

    Nietzsche187285 ansprolongé par1955

    reprend de la méthode généalogique : la critique des origines et des prétentions universelles de la vérité et du sujet, qu'il déploie en analyse des rapports entre savoir et pouvoir.

    AttestéForteVoir sur la frise
    Sources (1)
    • Foucault, « Nietzsche, la généalogie, l'histoire » (1971)
  44. Pierre Hadot réinterprété par Foucault

    196610 ansréinterprété par1955

    emprunte à les exercices spirituels antiques et le « souci de soi », qu'il refond en une esthétique de l'existence, self-fashioning que Hadot lui reprochera d'avoir coupé de sa visée universelle.

    AttestéMoyenneVoir sur la frise
    Sources (2)
    • Foucault, Histoire de la sexualité III, Le Souci de soi (1984)
    • Hadot, Exercices spirituels et philosophie antique
  45. Husserl prolongé par Paul Ricœur

    Husserl189960 ansprolongé par1959

    traduit et commente , dont il prolonge la méthode descriptive ; il l'articule ensuite à une herméneutique du symbole et du récit, là où la phénoménologie directe atteint ses limites.

    AttestéForteVoir sur la frise
    Sources (1)
    • Ricœur, traduction et commentaire des Idées directrices I de Husserl (1950)
  46. Popper contesté par Feyerabend

    194810 anscontesté par1959

    se forme au contact de avant de retourner son anti-dogmatisme contre lui : aucune méthode unique ne gouverne la science, et le progrès suppose au contraire un anarchisme épistémologique, tout est bon.

    AttestéForteVoir sur la frise
    Sources (1)
    • Feyerabend, Contre la méthode (1975)
  47. Wittgenstein prolongé par Elizabeth Anscombe

    Wittgenstein192040 ansprolongé par1960

    Élève, traductrice et exécutrice littéraire de , prolonge sa manière : elle porte l'attention au langage ordinaire vers l'action et l'intention, fondant la philosophie de l'action contemporaine.

    AttestéForteVoir sur la frise
    Sources (2)
    • Anscombe, L'Intention (1957)
    • Anscombe, traduction des Recherches philosophiques
  48. Spinoza réinterprété par Arne Næss

    Spinoza1655310 ansréinterprété par1961

    fonde son écologie profonde sur : la Nature comme unique substance dont nous sommes des modes, et la réalisation de soi élargie à l'ensemble du vivant, contre l'homme séparé et maître.

    AttestéMoyenneVoir sur la frise
    Sources (2)
    • Næss, « Spinoza and Ecology » (1977)
    • Næss, Écologie, communauté et style de vie (1976)
  49. Kant prolongé par Rawls

    Kant1764200 ansprolongé par1962

    revendique une reprise politique du constructivisme moral de : la position originelle et le voile d'ignorance reformulent l'exigence kantienne de traiter chacun comme une fin et de fonder des principes universalisables.

    AttestéForteVoir sur la frise
    Sources (1)
    • Rawls, Théorie de la justice (1971)
  50. Transhumanisme contesté par Habermas

    Transhumanisme199025 anscontesté par1964

    conteste l'eugénisme libéral que porte le transhumanisme : un être génétiquement programmé par d'autres ne pourrait plus se vivre comme l'unique auteur de sa vie, ce qui rompt la symétrie et la réciprocité morales entre les personnes et entre les générations.

    AttestéMoyenneVoir sur la frise
    Sources (1)
    • Habermas, L'Avenir de la nature humaine (2001)
  51. Husserl contesté par Derrida

    Husserl189970 anscontesté par1967

    forme la déconstruction au contact de , dont il commente les textes : il y traque le privilège accordé à la présence et à la voix, et montre que le signe et la différance travaillent une conscience que Husserl croyait immédiate à elle-même.

    AttestéForteVoir sur la frise
    Sources (1)
    • Derrida, La Voix et le phénomène (1967)
  52. Rawls contesté par Nozick

    196210 anscontesté par1970

    formule sa théorie libertarienne de l'État minimal en réponse directe à : la justice distributive viole les droits individuels, car toute redistribution dispose des personnes comme de moyens.

    AttestéForteVoir sur la frise
    Sources (1)
    • Nozick, Anarchie, État et utopie (1974)
  53. Rawls contesté par Michael Walzer

    196210 anscontesté par1970

    conteste l'universalisme de : il n'y a pas de principes de justice valables partout, mais des biens sociaux dont chaque communauté fixe le sens ; la justice consiste à respecter les frontières entre ces sphères plutôt qu'à appliquer une formule unique.

    AttestéMoyenneVoir sur la frise
    Sources (1)
    • Walzer, Sphères de justice (1983)
  54. Sidgwick prolongé par Derek Parfit

    1869110 ansprolongé par1980

    tient pour le plus grand des utilitaristes et reprend son « point de vue de l'univers », l'exigence d'impartialité, qu'il approfondit dans une recherche de convergence entre les grandes théories morales.

    AttestéForteVoir sur la frise
    Sources (1)
    • Parfit, On What Matters (2011)
  55. Sidgwick prolongé par Singer

    1869110 ansprolongé par1981

    reprend de l'universalisme impartial, le point de vue de l'univers, et l'étend en éthique pratique : la considération morale doit s'élargir à tout être capable de souffrir.

    AttestéForteVoir sur la frise
    Sources (1)
    • Singer, Questions d'éthique pratique (1979)
  56. Richard Ryder prolongé par Singer

    19755 ansprolongé par1981

    emprunte à le terme de spécisme, le préjugé qui exclut les animaux du cercle moral au seul motif de l'espèce, et en fait le pivot de sa défense de la libération animale.

    AttestéForteVoir sur la frise
    Sources (2)
    • Singer, La Libération animale (1975)
    • Ryder, « Speciesism » (1970)
  57. Aristote prolongé par Martha Nussbaum

    Aristote353 av. J.-C.2 350 ansprolongé par1982

    renoue avec l'éthique d' : le bien humain est l'épanouissement de capacités propres à notre nature. Elle en tire l'approche des capabilités, liste des libertés réelles qu'une société juste doit garantir à chacun.

    AttestéForteVoir sur la frise
    Sources (2)
    • Nussbaum, Femmes et développement humain (2000)
    • Nussbaum, « Non-Relative Virtues: An Aristotelian Approach »
  58. Russell réinterprété par Galen Strawson

    Russell192165 ansréinterprété par1987

    Ce qui est repris est un argument, non une doctrine : la physique ne nous livre que la structure des choses, jamais leur nature intrinsèque, et le vécu est la seule portion du monde que nous connaissions autrement que du dehors. exploite cette place laissée vide dans un sens que n'a pas pris : il la peuple de propriétés expérientielles jusqu'au panpsychisme, là où Russell tenait l'étoffe pour , c'est-à-dire précisément pour ni mentale ni physique. L'étiquette « monisme russellien » recouvre les deux et brouille l'écart : abrite une thèse d'agnosticisme sur l'étoffe et une thèse sur sa nature.

    IndirectMoyenneVoir sur la frise
    Sources (1)
    • G. Strawson, « Realistic Monism: Why Physicalism Entails Panpsychism » (2006)
  59. Transhumanisme contesté par Fukuyama

    Transhumanisme1990contemporainscontesté par1987

    tient le transhumanisme pour « l'idée la plus dangereuse du monde » : en refaçonnant la nature humaine, l'augmentation saperait le socle d'égale dignité sur lequel reposent les droits, et risquerait de fracturer l'humanité en deux. Il oppose au projet une défense de la nature humaine comme limite normative.

    AttestéForteVoir sur la frise
    Sources (2)
    • Fukuyama, Notre avenir posthumain (2002)
    • Fukuyama, « Transhumanism », Foreign Policy (2004)
  60. Transhumanisme contesté par Sandel

    Transhumanisme1990contemporainscontesté par1988

    voit dans l'augmentation l'expression d'une volonté prométhéenne de maîtrise : vouloir tout choisir et tout optimiser ferait perdre le sens du « donné » de la vie, et avec lui l'humilité, la solidarité et la gratitude qui s'enracinent dans ce que nous n'avons pas choisi.

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    Sources (1)
    • Sandel, Contre la perfection (2007)
  61. Bacon prolongé par Transhumanisme

    Bacon1594400 ansprolongé parTranshumanisme1990

    Le transhumanisme prolonge le programme de : faire de la connaissance un pouvoir effectif sur la nature, par la science expérimentale, pour soulager la condition humaine. Il en radicalise la promesse en étendant ce commandement de la nature au corps et à l'esprit humains eux-mêmes.

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    Sources (1)
    • Bacon, Novum Organum ; La Nouvelle Atlantide
  62. Descartes prolongé par Transhumanisme

    Descartes1623370 ansprolongé parTranshumanisme1990

    La formule cartésienne de l'homme « comme maître et possesseur de la nature » fournit au transhumanisme sa devise, dont il efface le prudent « comme » : la maîtrise visée n'est plus analogique mais littérale, et s'applique à la nature humaine elle-même.

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    Sources (1)
    • Descartes, Discours de la méthode, VI
  63. Condorcet prolongé par Transhumanisme

    1769220 ansprolongé parTranshumanisme1990

    avait déjà inscrit dans le progrès des Lumières la perfectibilité indéfinie de l'homme, jusqu'à l'allongement possible de la vie humaine. Le transhumanisme reprend cette espérance et lui donne les moyens des biotechnologies.

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    Sources (1)
    • Condorcet, Esquisse d'un tableau historique des progrès de l'esprit humain (1795)
  64. Nietzsche réinterprété par Transhumanisme

    Nietzsche1872120 ansréinterprété parTranshumanisme1990

    Le transhumanisme se réclame parfois du surhumain de , réinterprété en posthumain biotechnologique. La filiation est largement une surinterprétation : le dépassement nietzschéen est spirituel et tragique, non technique, et Nietzsche serait sans doute très critique de ce désir de contrôle absolu, où il verrait un refus du devenir et de la finitude, une haine de la vie contraire à l'amor fati.

    IndirectFaibleVoir sur la frise
    Sources (1)
    • Sorgner, « Nietzsche, the Overhuman, and Transhumanism » (2009)