Philosophes

John Searle

Il tient la conscience pour un fait biologique aussi ordinaire que la digestion : être vécue à la première personne ne la rend pas immatérielle. Ce qui lui vaut d'être rejeté des deux camps qu'il rejette lui-même.

Américain · 1932 – 2025

Philosophe américain de l'esprit et du langage : contre le fonctionnalisme, il tient la conscience pour un phénomène biologique, produit par les pouvoirs causaux propres du cerveau vivant.

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Rapport au mondeÉmergentismePhysicalisme3SUR 80 AXES4% couvert
rayon ∝ engagement○ bord = non couvert
Rapport au vraiCe que l'on peut connaître0/0 positionnés
aucune position enregistrée
Rapport à soiQui je suis, comment vivre0/0 positionnés
aucune position enregistrée
Rapport aux autresCe que nous nous devons0/0 positionnés
aucune position enregistrée
Rapport au mondeCe qu'il y a3/3 positionnés
Majeur
85
0
15
0
0
Justification

Searle tient la conscience pour un phénomène biologique ordinaire, au même titre que la digestion ou la photosynthèse : elle est causée par des processus neuronaux de bas niveau et se réalise dans le cerveau comme une propriété de plus haut niveau. De ce qu'un état est vécu à la première personne, il ne suit pas qu'il soit immatériel : son mode d'existence est subjectif, sa nature reste biologique. Ce naturalisme biologique refuse les deux camps hérités, le qui fait de l'esprit une autre substance, et les qui, pour sauver l'objectivité, finissent par tenir le vécu pour négligeable. Ses critiques répliquent qu'une irréductibilité de principe le rapproche malgré lui du dualisme des propriétés : il conteste en distinguant la réduction causale, qu'il accorde puisque le cerveau produit bien la conscience, de la réduction ontologique, qui supprimerait le point de vue à première personne au lieu de l'expliquer. C'est ce qui décide de sa place ici : l'irréductibilité qu'il maintient est bien celle du caractère subjectif du vécu, qu'il tient pour une ontologie à la première personne, mais elle ne fait pas de la conscience une propriété qui s'ajouterait au cerveau. La conscience est pour lui une manière d'être du cerveau lui-même, à un niveau supérieur, non un ingrédient de plus dans l'inventaire du monde.

« Minds, Brains, and Programs » (1980) · La Redécouverte de l'esprit (1992)

Majeur
0.0
Pas par simple programme
Justification

La : enfermé dans une pièce, Searle manipule des symboles chinois selon un manuel de règles, et ses réponses passent pour celles d'un locuteur, sans qu'il comprenne un mot. Un programme n'est qu'une syntaxe, un jeu de règles portant sur des formes ; comprendre exige en plus une sémantique, un rapport au monde que la manipulation formelle ne fournit jamais. Il n'en conclut pourtant pas que seul le vivant pense : le cerveau est une machine, et un artefact qui reproduirait ses pouvoirs causaux penserait. Ce qu'il refuse n'est donc pas la machine pensante, mais l'idée qu'exécuter le bon programme y suffise.

« Minds, Brains, and Programs » (1980)

Majeur
+0.2
Justification

Searle tient la conscience pour une propriété de haut niveau causée par les processus neuronaux, comme la liquidité de l'eau est causée par le comportement des molécules alors qu'aucune molécule n'est liquide. L'émergence qu'il accepte est celle-là : explicable à partir des parties une fois leur organisation connue. Il refuse en revanche toute propriété qui posséderait des pouvoirs causaux inexplicables à partir des éléments, ce qui reviendrait selon lui à de la magie. Il est donc à peine du côté de l'émergence, et pas du tout du côté d'un tout mystérieux.

La Redécouverte de l'esprit (1992)