Courants

Néoplatonisme

Tout faire remonter à un principe au-delà de l'être, et faire de la philosophie le chemin du retour vers lui.

v. 244 – v. 529

PorphyreJambliqueProclus

Nom donné par les modernes à la dernière grande forme du antique, qui s'ouvre avec l'enseignement de à Rome à partir de 244. Son disciple édite ses traités sous le titre d'. Avec puis les écoles d'Athènes et d'Alexandrie, la tradition se fait commentaire systématique de et d', qu'elle tient pour accordés. en donne au Ve siècle la synthèse la plus architecturée, les . Les néoplatoniciens se séparent pourtant sur des points décisifs : la part de l'âme qui ne descendrait jamais dans le corps, défendue par Plotin et rejetée par Jamblique et Proclus ; la place de la , ces rites qui doivent unir l'âme aux dieux, à côté de la contemplation. On date conventionnellement la fin de l'école de 529, lorsque Justinien interdit l'enseignement païen à Athènes ; à Alexandrie, l'enseignement se poursuit quelques décennies encore. Sa pensée passe chez , chez le , dans la par la Théologie d'Aristote, puis à la Renaissance avec la traduction de Plotin par (1492).

5 / 80 axescouverture 6%
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Rapport au vraiRapport à soiRapport au mondeComprendre le mondeLe mal a ses raisonsTéléologie-providenceIdéalisme5SUR 80 AXES6% couvert
rayon ∝ engagement◎ position structurante○ bord = non couvert
L'essentielles positions au cœur de ce système de pensée
  1. Le premier principe n'est pas l'être suprême : est au-delà de l'être et de la pensée, et c'est pour cela qu'il peut tout fonder.

    Transcendance98%Où réside le sacrévoir la position →
  2. Le réel est une cascade : tout de l'Un par degrés décroissants, de l' à l'Âme puis jusqu'à la matière, presque non-être.

    Idéalisme100%Nature du réelvoir la position →
  3. Vivre, c'est remonter : le sens d'une vie se mesure à la qui la ramène vers sa source.

    Téléologie-providence100%Le sens de la vievoir la position →
Rapport au vraiCe que l'on peut connaître1/1 positionnés
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Justification

La philosophie y est à la fois science des principes et exercice de purification. Commenter Platon et pratiquer les sont deux étapes d'un même chemin, que la hiérarchie des vertus de ordonne des vertus civiques jusqu'aux vertus contemplatives.

Porphyre, Sentences, 32 · Plotin, Ennéades, I, 2

Rapport à soiQui je suis, comment vivre1/1 positionnés
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Justification

Le mouvement qui fait naître les choses s'inverse en un mouvement de retour, l'. L'âme, tournée vers le corps, s'est oubliée ; elle se retrouve en se détournant du sensible par les , qui purifient l'âme de ses attaches au corps, puis par la dialectique, jusqu'à l' à l'Un, qui dépasse la pensée discursive elle-même. Ce détachement n'est pas un renoncement à un monde sans valeur : il accomplit ce vers quoi tout tend. rapporte que atteignit cette union quatre fois pendant les années où il fut auprès de lui. Pour et , la seule raison ne suffit pas à cette remontée : il y faut aussi la .

Plotin, Ennéades, I, 6 et VI, 9 · Porphyre, Vie de Plotin, 23 · Jamblique, Les Mystères d'Égypte, II, 11

Rapport aux autresCe que nous nous devons0/0 positionnés
— aucune position enregistrée
Rapport au mondeCe qu'il y a3/3 positionnés
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Justification

L'argument part de l'unité. Tout ce qui est, est un ; mais l', qui pense, est déjà double, sujet et objet. Le principe doit donc précéder cette dualité. reprend la thèse de la d'un Bien situé au-delà de l'essence et en fait une thèse sur l'origine. Toute prédication échoue devant l'Un : on ne le désigne que comme cause de ce qui vient de lui, ou par négation, d'où une que reprendra la théologie chrétienne. porte cette à l'extrême : l'Un est même au-delà du nom d'« Un ».

Plotin, Ennéades, V, 4 et VI, 9 · Platon, République, VI, 509b · Proclus, Théologie platonicienne, II

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La répond au problème du passage de l'Un au multiple. Ce qui est parfait déborde sans s'épuiser, comme la lumière rayonne de sa source. L'Intellect naît de l'Un en se tournant vers lui, l'Âme de l'Intellect de la même manière. Cette procession est hors du temps : elle dit une dépendance, non une succession. La matière est le terme où cette puissance s'éteint, non un second principe : le néoplatonisme est un monisme spirituel, non un . Le statut de la matière varie pourtant selon les auteurs : pur manque chez Plotin, elle procède directement du principe chez Proclus.

Plotin, Ennéades, V, 2 et II, 4 · Proclus, Éléments de théologie, prop. 25-35

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Justification

Si tout vient du Bien, le mal ne peut être une réalité positive. l'identifie à la matière, absolue de forme, et défend une providence qui ordonne l'ensemble, comme l'auteur d'une pièce distribue des rôles inégaux. récuse cette identification : la matière, issue elle aussi du principe, ne peut être mauvaise. Il fait du mal une existence parasitaire, née de l'échec des actions particulières. Les deux lectures partagent une même , transposée ici d'un Dieu créateur à une métaphysique du Bien : le mal est un manque, non un principe.

Plotin, Ennéades, I, 8 et III, 2-3 · Proclus, Sur l'existence des maux

↑ Influences reçues

  • SynthétiseAristotélismeLes néoplatoniciens intègrent la logique et la physique d'Aristote dans un cursus qui mène à Platon, en tenant les deux maîtres pour accordés.Lire

↓ Influences exercées

  • transmis parScolastiqueLe néoplatonisme atteint la scolastique par des textes qui en masquent l'origine : le Pseudo-Denys, lu comme un disciple de saint Paul, et le Liber de causis, attribué à Aristote, que Thomas d'Aquin fut l'un des premi…Lire
  • réinterprété parHumanisme de la RenaissanceÀ Florence, Ficin traduit Platon puis Plotin (1492) et en tire une théologie platonicienne de l'âme ; Pic de la Mirandole y puise l'idée d'une concorde de toutes les sagesses.Lire
  • réinterprété parHegelHegel voit dans Plotin et surtout Proclus les sommets de la philosophie antique : leur triade de la demeure, de la procession et du retour annonce à ses yeux le mouvement dialectique de l'Esprit, qu'il veut penser san…Lire