Emmanuel Kant
Faire examiner à la raison ses propres pouvoirs : distinguer ce qu'elle peut connaître de ce qu'elle ne peut que penser, sans sacrifier ni la science ni la liberté.
Prussien · 1724 – 1804
Philosophe allemand des , professeur à Königsberg dont il ne sortit jamais, figure pivot de la philosophie moderne entre l' de et l' de , qui dit l'avoir tiré de son sommeil dogmatique. Après une longue période « précritique », il publie tardivement, à près de soixante ans, les trois Critiques où il entreprend de soumettre la raison elle-même à un tribunal, pour mesurer ce qu'elle peut connaître, ce qu'elle doit faire et ce qu'il lui est permis d'espérer. Son œuvre commande tout l' qui le suit () et reste, du néokantisme à , une référence vivante de l'éthique et de la philosophie politique.
Nous ne connaissons jamais les choses telles qu'elles sont en soi, mais seulement les phénomènes : c'est l'esprit qui, par ses formes a priori, constitue l'objet de la connaissance.
Toute connaissance commence avec l'expérience, mais n'en dérive pas tout entière : sans concepts les intuitions sont aveugles, sans intuitions les concepts sont vides.
Une action n'a de valeur morale que par devoir, jamais par ses conséquences : agis seulement d'après une maxime que tu puisses vouloir comme .
Comme phénomène l'homme est entièrement , mais comme il est : « tu dois » implique « tu peux ».
Aucune preuve théorique de Dieu ne tient, mais la morale le requiert : j'ai dû abolir le savoir pour faire place à la foi rationnelle.
Justification
Réveillé de son sommeil dogmatique par , Kant refuse les deux voies opposées : la métaphysique qui prétend connaître l'inconditionné, Dieu, l'âme, le monde comme totalité, se perd dans les antinomies, où la raison se contredit elle-même ; mais le humien, qui dissout la nécessité dans l'habitude, est tout aussi intenable. La voie critique tranche : il existe bien une certitude apodictique, celle des jugements synthétiques a priori, mais elle ne vaut que des phénomènes, les objets tels qu'ils nous apparaissent sous les formes du sujet, non des choses en soi. Certitude nécessaire et universelle, donc, mais payée d'une borne infranchissable.
Je l'avoue franchement, c'est l'objection de David Hume qui, voici bien des années, interrompit mon sommeil dogmatique.Prolégomènes, Préface
Critique de la raison pure, Préfaces et Dialectique transcendantale · Prolégomènes à toute métaphysique future
Justification
Le litige entre et est insoluble tant qu'on demande à un seul terme de tout porter : l'expérience seule ne fournit jamais de nécessité (objection de sur la causalité), la raison seule tourne à vide. Kant en tire la solution du jugement synthétique a priori : il existe des formes a priori de la sensibilité et de l'entendement qui structurent toute expérience possible, de sorte que la connaissance commence avec l'expérience sans en dériver tout entière. C'est le renversement copernicien appliqué à la connaissance, et la raison pour laquelle l'axe se fixe au centre.
Des pensées sans contenu sont vides, des intuitions sans concepts sont aveugles.Critique de la raison pure, A51/B75
Critique de la raison pure, Introduction · Critique de la raison pure, A51/B75
Justification
Oser savoir : sortir de la minorité dont on est soi-même responsable exige de ne s'en remettre qu'à son propre entendement, et partout où une vérité peut être établie, dans le champ de l'expérience possible, elle prime sans partage. Mais la critique borne ce champ : au-delà, la raison ne connaît plus, et prétendre y savoir serait dogmatisme ; la foi rationnelle n'y remplace pas une vérité disponible, elle occupe une place que le savoir ne peut structurellement remplir.
Sapere aude ! Aie le courage de te servir de ton propre entendement : telle est la devise des Lumières.Réponse à la question : Qu'est-ce que les Lumières ?
Qu'est-ce que les Lumières ? (1784) · Critique de la raison pure, préface B (1787)
Justification
La troisième antinomie oppose un sans faille à l'exigence d'une causalité libre, et les deux thèses paraissent également démontrables. Kant la résout par la distinction : le déterminisme régit l'homme comme phénomène, mais rien n'interdit de le penser comme cause au plan nouménal. Le devoir l'exige : « tu dois » implique « tu peux », donc la liberté est un fait de la raison pratique. D'où le rejet explicite du (un misérable subterfuge) ; mais la liberté restant nouménale, jamais constatée dans le monde, le score n'atteint pas l'extrême.
Critique de la raison pure, troisième antinomie · Critique de la raison pratique
Justification
La raison théorique ne peut prouver que l'âme survit au corps, mais la raison pratique le postule : la loi morale commande une perfection que nulle vie finie n'achève, ce qui exige un progrès indéfini, donc l'immortalité de l'âme. Immortalité non démontrée mais postulée, croyance rationnelle adossée à la moralité.
Critique de la raison pratique, Dialectique, II
Justification
Les inclinations ne sont pas mauvaises en soi, mais elles ne sauraient fonder la valeur morale : une action n'a de prix que faite par devoir, indépendamment de tout penchant. Ce désintéressement moral exige que la volonté se rende autonome à l'égard du désir, agissant au besoin contre lui ; sans prôner l'extinction des inclinations, Kant tient à leur endroit une distance qui penche vers le détachement plus que vers leur tri eudémoniste.
Fondements de la métaphysique des mœurs, I-II · Critique de la raison pratique
Justification
« Que m'est-il permis d'espérer ? » est l'une des trois questions cardinales de la philosophie. Les postulats de la raison pratique, liberté, immortalité de l'âme et Dieu, fondent une espérance rationnelle que le souverain bien, l'accord de la vertu et du bonheur, est possible : c'est un principe espérance assumé.
Deux choses remplissent le cœur d'une admiration toujours nouvelle, le ciel étoilé au-dessus de moi et la loi morale en moi.Critique de la raison pratique, Conclusion
Critique de la raison pure, Canon de la raison pure · Critique de la raison pratique, Dialectique
Justification
Rien n'est bon sans restriction qu'une volonté bonne : la moralité, et non le bonheur, est le bien suprême et la condition de toute valeur. Le souverain bien complet inclut cependant le bonheur, mais seulement proportionné à la vertu et comme la couronnant, d'où un poids minoritaire et l'exclusion de l'.
Il n'est rien, nulle part dans le monde et même hors du monde, qu'il soit possible de penser comme bon sans restriction, si ce n'est seulement une volonté bonne.Fondements de la métaphysique des mœurs, section I
Fondements de la métaphysique des mœurs, section I · Critique de la raison pratique, Dialectique, II
4 de plus
Justification
Kant ne fait pas de l'absence de souffrance la fin de la morale : ce qui a un prix inconditionné est la volonté bonne, indépendante du plaisir et de la peine. La souffrance est ainsi moralement indifférente quant à la valeur de la personne, et l'épreuve peut même manifester la fermeté morale. Mais ce détachement se borne d'un devoir de bienfaisance qui commande de soulager la souffrance d'autrui.
Fondements de la métaphysique des mœurs, I-II · Métaphysique des mœurs, Doctrine de la vertu
Justification
Le sens de la vie tient pour Kant à la vocation morale : devenir digne du bonheur en accomplissant la loi que la raison se donne à elle-même, ce qui relève de l'autonomie, non d'une fin reçue. Mais la réalisation du souverain bien excède nos forces et postule un ordre moral du monde garanti par Dieu : une providence rationnellement espérée vient ainsi border l'autonomie d'un horizon téléologique.
Critique de la raison pratique, Dialectique · Idée d'une histoire universelle au point de vue cosmopolitique
Justification
Kant reconnaît à l'homme une nature raisonnable qui n'est pas choisie : c'est l'humanité comme fin en soi, source de la dignité et fondement de la loi morale. Cette essence rationnelle est donnée et universelle ; mais le caractère moral, lui, se conquiert par la liberté, ce qui tempère l'essentialisme sans l'abolir.
Fondements de la métaphysique des mœurs, II · Anthropologie du point de vue pragmatique
Justification
Le « je pense » de l'aperception transcendantale accompagne toutes mes représentations comme unité formelle du sujet, mais Kant refuse, contre les paralogismes, d'en inférer une substance-âme connue : le moi nouménal est postulé sans être un objet de savoir. La pondération mêle donc un substantialisme régulateur à la continuité de la conscience unifiée, le pôle faisceau étant exclu.
Critique de la raison pure, déduction transcendantale (B131-B135) · Critique de la raison pure, Paralogismes de la raison pure
Justification
Rien n'est bon sans restriction qu'une volonté bonne : ni les talents ni le bonheur, qui peuvent servir le mal. Si la valeur morale ne tient ni à l'objet voulu ni aux conséquences, elle ne peut tenir qu'à la forme de la maxime, sa capacité à valoir comme loi pour tous. De là se déduit le : agir seulement d'après une maxime que je puisse vouloir universelle. C'est un déontologisme qui refuse, contre l', de mesurer le devoir au résultat ; la réintroduit les vertus, mais dérivées du devoir, d'où un faible poids résiduel sur ce pôle.
Agis uniquement d'après la maxime grâce à laquelle tu peux vouloir en même temps qu'elle devienne une loi universelle.Fondements de la métaphysique des mœurs, section II
Fondements de la métaphysique des mœurs, sections I et II · Métaphysique des mœurs, Doctrine de la vertu
Justification
La loi morale vaut universellement pour tout être raisonnable, indépendamment des cultures et des inclinations : c'est l'universalisme le plus assumé de la tradition. Un léger poids constructiviste se justifie par l'autonomie : la loi n'est pas découverte dans le monde, la raison se la donne à elle-même.
Fondements de la métaphysique des mœurs, section II · Critique de la raison pratique
Justification
Contre , Kant soutient que la véracité est un devoir inconditionnel, même envers le meurtrier qui demande où se cache son ami : mentir détruirait le fondement de tout droit. C'est le cas d'école du rigorisme véridique.
D'un prétendu droit de mentir par humanité
Justification
Une maxime n'a de valeur morale que si je puis vouloir qu'elle devienne une loi universelle valant pour tout être raisonnable, sans exception en ma faveur ni envers mes proches. L' exclut par construction tout privilège accordé à soi ou aux siens, d'où un impartialisme presque pur.
Fondements de la métaphysique des mœurs, section II
Justification
Le devoir s'impose comme une loi stricte que la raison se donne, et Kant en tire un rigorisme célèbre : l'interdiction de mentir ne souffre aucune exception, même pour sauver une vie. Le moindre fléchissement au profit des circonstances ruinerait l'inconditionnalité de la loi morale, ce qui place fermement Kant du côté du légalisme.
D'un prétendu droit de mentir par humanité · Fondements de la métaphysique des mœurs, section II
Justification
Le droit se déduit a priori de la raison, non de l'utilité ni du seul droit positif : tout homme possède, en vertu de son humanité, un droit inné à la liberté, fondé sur la dignité de la personne comme fin en soi. Une version rationnelle des droits naturels.
Métaphysique des mœurs, Doctrine du droit
Justification
Kant défend un droit cosmopolitique et l'idée d'une fédération d'États libres comme horizon de l'histoire : tout homme a un droit d'hospitalité universelle en tant que citoyen de la terre. L'État national demeure une médiation nécessaire, ce qui nuance le score.
Projet de paix perpétuelle · Idée d'une histoire universelle au point de vue cosmopolitique
Justification
La peine est exigée par la justice elle-même, comme rétribution proportionnée du crime (loi du talion juridique), jamais comme simple moyen d'utilité sociale : punir quelqu'un pour dissuader les autres serait le traiter comme un moyen. C'est le rétributivisme classique.
Métaphysique des mœurs, Doctrine du droit, §49 E
Justification
Kant lit l'histoire comme le déploiement d'un dessein de la nature : à travers l'« insociable sociabilité » des hommes, l'espèce progresse vers une constitution civile parfaite et une fédération pacifique des peuples. C'est une histoire orientée, conçue comme idée régulatrice, non comme contingence pure.
Idée d'une histoire universelle au point de vue cosmopolitique
Justification
Les Lumières sont la sortie de l'homme hors de sa minorité dont il est lui-même responsable. Kant fait du libre usage public de la raison le moteur d'un progrès graduel de l'humanité, ce qui le situe nettement du côté progressiste.
Sapere aude ! Aie le courage de te servir de ton propre entendement : telle est la devise des Lumières.Réponse à la question : Qu'est-ce que les Lumières ?
Réponse à la question : Qu'est-ce que les Lumières ?
Justification
L'état civil repose sur un contrat originaire, non comme fait historique mais comme idée de la raison : le critère de la loi juste est qu'elle aurait pu recevoir l'assentiment de tout le peuple. La légitimité du pouvoir se fonde sur cet accord rationnel, ce qui est un contractualisme assumé.
Sur le lieu commun : il se peut que ce soit juste en théorie, mais en pratique cela ne vaut rien · Métaphysique des mœurs, Doctrine du droit
Justification
Kant affirme un devoir d'obéissance au pouvoir établi et nie tout droit de résistance ou de révolution, même contre un souverain injuste, car renverser la constitution ruinerait l'état de droit lui-même. Le citoyen garde la liberté de critiquer publiquement par sa plume, mais doit obéir.
Raisonnez tant que vous voudrez et sur tout ce que vous voudrez, mais obéissez !Réponse à la question : Qu'est-ce que les Lumières ?
Métaphysique des mœurs, Doctrine du droit, §49 · Réponse à la question : Qu'est-ce que les Lumières ?
2 de plus
Justification
L'exigence morale est élevée : agir toujours par devoir et non par simple conformité, soumettre toutes ses maximes à la loi universelle. Kant tempère toutefois en distinguant les devoirs parfaits, stricts et sans exception, des devoirs imparfaits comme la bienfaisance ou le développement de ses talents, qui laissent une latitude au jugement, ce qui retient d'un maximalisme extrême.
Fondements de la métaphysique des mœurs, section II · Métaphysique des mœurs, Doctrine de la vertu
Justification
Une action n'a de valeur morale que lorsqu'elle est accomplie par devoir et non par inclination intéressée : le respect de la loi prime sur tout amour de soi. Kant ne prêche pourtant pas l'abnégation pure, car chacun a un devoir indirect à son propre bonheur, ce qui place le score du côté de l'altruisme sans l'absolutiser.
Fondements de la métaphysique des mœurs, section I
Justification
Puisque toute connaissance est bornée aux phénomènes, Dieu, qui n'en est pas un, échappe à la preuve : Kant démonte une à une les preuves de l'existence de Dieu (ontologique, cosmologique, physico-théologique), la première ratant le passage du concept à l'existence. Mais ce qui est interdit au savoir est requis par la morale : sans Dieu ni immortalité, l'accord de la vertu et du bonheur (le souverain bien) resterait impensable. Dieu revient donc comme postulat de la raison pratique, objet d'une foi rationnelle et non d'un savoir, ce qui justifie un théisme modéré plutôt qu'affirmé.
Critique de la raison pure, « Idéal transcendantal » · Critique de la raison pratique, Dialectique
Justification
Le jugement de goût est subjectif (il ne repose sur aucun concept de l'objet) mais prétend légitimement à l'universalité. C'est exactement la position médiane nommée de l'axe, l'universalité subjective.
Est beau ce qui plaît universellement sans concept.Critique de la faculté de juger, §9
Critique de la faculté de juger, §6 à §9
Justification
Si l'esprit se réglait sur les objets, on ne saurait jamais rien d'eux a priori ; renversons l'hypothèse, comme Copernic plaça l'observateur au centre, et faisons que les objets se règlent sur notre connaissance. Alors l'espace, le temps et les catégories ne sont pas des traits des choses mais les formes du sujet sous lesquelles seules un objet peut nous apparaître. La conséquence est l'idéalisme transcendantal : nous ne connaissons que des phénomènes, jamais la . Cette borne sauve la science (les lois valent nécessairement pour tout phénomène) sans verser dans l'idéalisme de , car la chose en soi demeure ; le dualisme phénomène / noumène ainsi maintenu interdit le pôle pleinement idéaliste.
Critique de la raison pure, Esthétique transcendantale · Prolégomènes à toute métaphysique future, §13
Justification
La causalité est une catégorie a priori de l'entendement qui structure tout phénomène selon la loi mécanique : la nature connue est un enchaînement d'effets et de causes. La troisième Critique ajoute une finalité, mais Kant la déclare seulement régulatrice, un principe pour juger le vivant, non un mécanisme du monde, d'où un poids finaliste minoritaire.
Critique de la raison pure, Deuxième Analogie de l'expérience · Critique de la faculté de juger, §§61-68
Justification
La raison théorique ne peut ni prouver ni réfuter Dieu, mais la raison pratique postule une foi rationnelle accordée à la morale. Foi et savoir occupent ainsi des domaines distincts, tout en s'harmonisant sous le primat du pratique, avec une nuance fidéiste car la foi reste affaire de besoin de la raison, non de preuve.
J'ai donc dû abolir le savoir afin d'obtenir une place pour la foi.Critique de la raison pure, Préface de la seconde édition (B XXX)
Critique de la raison pure, Préface de la seconde édition (B XXX) · La religion dans les limites de la simple raison
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Justification
Question moderne, étrangère au corpus : on peut toutefois conjecturer que Kant refuserait d'attribuer la pensée à un pur mécanisme, car la pensée exige la spontanéité de l'aperception, et il oppose l'organisme, qui s'auto-organise, à la montre, simple machine. Lecture spéculative, à présenter comme telle.
Critique de la raison pure, déduction transcendantale (B131-B132) · Critique de la faculté de juger, §65
Justification
Kant soutient un : il y a dans la nature humaine une propension à subordonner la loi morale à l'amour de soi, et l'« insociable sociabilité » mêle en chacun un penchant à s'opposer à autrui. Ce diagnostic, tempéré par la prédisposition au bien et la perfectibilité, penche du côté d'un pessimisme anthropologique modéré.
La religion dans les limites de la simple raison, Première partie · Idée d'une histoire universelle au point de vue cosmopolitique, Quatrième proposition
Vrai sans blesserRègleSincérité
Ne jamais dire le faux ; mais ne pas tout dire reste permis.
Pour , mentir, même par bonté, ruine la confiance sur laquelle repose toute parole. Mais dire vrai n'a jamais voulu dire tout dire, ni asséner brutalement. Cette règle tient la véracité au quotidien : devant la tentation du mensonge de confort, on cherche la parole vraie qui respecte l'autre, et l'on garde toujours nettes la frontière entre se taire et tromper. Elle aide à entretenir des relations où votre parole peut être crue, sans pour autant blesser sans raison.
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