Philosophes

Diogène de Sinope, dit le Cynique

Philosopher en actes plutôt qu'en doctrines : par la provocation et le dénuement, mettre à nu les besoins fabriqués et le poids des conventions.

Grec · 412 av. J.-C. – 323 av. J.-C.

Figure la plus célèbre du , Diogène naquit à Sinope, sur le Pont, d'où il fut banni, dit-on, pour une affaire de fausse monnaie, avant de mener à Athènes puis à Corinthe une vie de mendiant philosophe. Il se rattache à Socrate par , dont il radicalisa l'enseignement jusqu'à la provocation : il vécut dans une jarre, ne possédant qu'un manteau, une besace et un bâton, et fit du scandale public sa méthode. l'aurait appelé « un Socrate devenu fou ». Il n'a laissé aucun écrit assuré, et toute notre connaissance de lui passe par les anecdotes (chries) que rapporte trois siècles plus tard Diogène Laërce dans le livre VI de ses Vies des philosophes illustres, ce qui rend la frontière incertaine entre l'homme et la légende. Par son disciple , qui forma , son éthique de la vertu et son cosmopolitisme passèrent au .

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Rapport au vraiRapport à soiRapport aux autresRapport au mondeEmpirisme — Source de la connaissanceCe qui dépend de nous — Périmètre d'action (Position structurante)Vertu / perfectionnisme moral — Souverain bien (Position structurante)Ascétisme — Plaisirs corporelsExtinction-détachement — Rapport au désirPrimat de l'action — IntérioritéLibre arbitre — Liberté de la volontéEssentialisme — Essence et existenceFécondité-rédemption — Sens de la souffranceSe libérer de la crainte — La mortRigorisme véridique — Sincérité (Position structurante)Cosmopolitisme — Appartenance (Position structurante)Altruisme — Intérêt propre et autruiAnarchisme — Rapport à l'autoritéUniversalisme — Statut des normes (métaéthique)Éthique des vertus — Critère du justeImpartialisme — PartialitéNaturalisme — Nature et culture (Position structurante)Primat de l'éthique — Le beau dans la vieÉgalitarisme du goût — Hiérarchie des goûtsAthéisme — Existence de DieuNécessité, le loisir comme fin — Sens du travailEmpirismeCe qui dépend de nousExtinction-détachementRigorisme véridiqueCosmopolitismeNaturalismePrimat de l'éthique22SUR 80 AXES28% couvert
rayon ∝ engagement◎ position structurante○ bord = non couvert
L'essentielles positions au cœur de ce système de pensée
  1. Qui ne désire rien d'extérieur ne dépend de personne : l' rend le plus dénué des hommes plus libre que le plus puissant des rois.

    Ce qui dépend de nous98%Périmètre d'actionvoir la position →
  2. Presque tout ce que les hommes croient devoir à la nature n'est que , convention sans fondement : vivre selon la nature, c'est dépouiller cet artifice jusqu'au seul besoin réel.

    Naturalisme95%Nature et culturevoir la position →
  3. Dire le vrai sans détour, fût-ce aux puissants, et transgresser sans rougir les pudeurs convenues : la prouve par l'acte que la honte sociale n'a pas de fondement naturel.

    Rigorisme véridique98%Sincéritévoir la position →
  4. Aucune cité n'a de droit naturel sur moi : je ne suis citoyen d'aucune patrie particulière mais , citoyen du monde entier.

    Cosmopolitisme98%Appartenancevoir la position →
  5. La vertu seule est un bien, car seule on ne peut nous l'ôter ; et c'est une force qui s'acquiert par l' et se prouve par les actes, non un savoir.

    Vertu / perfectionnisme moral80%Souverain bienvoir la position →
Rapport au vraiCe que l'on peut connaître1/1 positionnés
1 de plus
inférable
−0.5
Criticisme
Justification

Héritier d' et de son nominalisme, Diogène ne reconnaît que les individus sensibles et tient les Idées générales de Platon pour de vains mots : « je vois bien une table et une coupe, disait-on dans cette lignée, mais non la tablité ni la coupéité ». Le savoir qui compte se prend dans l'expérience et l'exercice concret, non dans la contemplation d'essences intelligibles. C'est un empirisme nominaliste, plus polémique que systématique.

Diogène Laërce, Vies, VI, 53

Rapport à soiQui je suis, comment vivre9/9 positionnés
Majeur
−0.9
Faire la part des choses
Justification

On n'est libre qu'à proportion de ce dont on peut se passer : tout besoin est une prise que le monde, la fortune ou les puissants ont sur nous. De là l' (autosuffisance) comme but, vivre de telle sorte que rien d'extérieur ne soit nécessaire et que nul ne détienne donc rien dont nous dépendions. Quand Alexandre, maître du monde connu, lui offrit d'exaucer n'importe quel souhait, Diogène ne demanda qu'à ce qu'il s'écartât de son soleil : l'homme le plus dénué, s'il ne désire rien, est plus invulnérable que le plus puissant des rois, lequel reste à la merci de ce qu'il possède. Les stoïciens reprendront plus tard cette opération sous la forme de la du contrôle, mais Diogène la mène par les actes et le dénuement plutôt que par le jugement intérieur, sans en faire une thèse réglée.

« Demande-moi ce que tu voudras. » « Ôte-toi de mon soleil. »Diogène Laërce, Vies, VI, 38

Diogène Laërce, Vies, VI, 38

Majeur
0
20
80
Justification

Tout ce qui peut être mal employé, ou perdu par un coup du sort, ne saurait être un vrai bien : ni la santé, ni la richesse, ni le plaisir ne passent l'épreuve. Seule la vertu mérite ce nom, parce qu'elle seule profite toujours et ne peut être ôtée ; une fois acquise elle suffit au bonheur. Mais Diogène durcit l'héritage socratique sur un point décisif : la vertu n'est pas un savoir mais une force, qui s'acquiert par l' et se prouve par les actes, non par la définition, contre l'intellectualisme qui ferait du bien une science enseignable en paroles. Une mince part eudémoniste demeure, car cette vie selon la nature est aussi présentée comme la plus heureuse.

Diogène Laërce, Vies, VI, 11 et 104-105

Majeur
−0.7
Tempérance
Justification

L'ascèse de Diogène est radicale : par l' (entraînement), il se contente d'eau, de pain et d'un manteau grossier, s'exerçant au froid et à la faim pour s'endurcir. Voyant un enfant boire dans ses mains, il jeta son écuelle, jugeant qu'un enfant l'avait surpassé en simplicité. La position n'est pourtant pas un pur ascétisme méprisant le corps, et c'est là sa nuance propre : ce qui est conforme à la nature ne fait jamais honte, et Diogène assume en public les fonctions corporelles les plus crues. Le luxe et le raffinement, eux, sont rejetés comme servitudes, non parce que le plaisir serait mauvais, mais parce que le besoin factice asservit. D'où un ascétisme du superflu plus qu'une condamnation du corps.

Diogène Laërce, Vies, VI, 37 et 22-23

Majeur
0
15
85
Justification

Moins on désire, plus on est libre : le désir des choses extérieures est la chaîne même par laquelle le monde nous tient. L' consiste à s'entraîner à n'avoir besoin de rien, de sorte que rien ne puisse manquer ni asservir. Diogène ne vise pas le tri raisonné des plaisirs à la manière d'Épicure, mais une réduction du désir au strict naturel, détaché de tout le reste. La pente est celle de l'extinction des désirs factices, non leur affirmation.

Diogène Laërce, Vies, VI, 105

Majeur
+0.8
Justification

Puisque la philosophie a pour seul objet de bien vivre, et que bien vivre est affaire de conduite, la physique, la logique et la dispute savante sont du temps perdu : on ne devient pas tempérant en définissant la tempérance. De là le primat de la sur la théorie, qui n'est pas inculture mais cohérence. Une thèse se réfute par un acte autant que par un argument : entendant nier le mouvement, Diogène, pour toute réplique, se leva et marcha. Le geste vaut démonstration, et la vie du sage, exposée au public, tient lieu de traité.

Comme on argumentait qu'il n'y a pas de mouvement, il se leva et se mit à marcher.Diogène Laërce, Vies, VI, 39

Diogène Laërce, Vies, VI, 39 et 70-71

−0.8
Indifférence stoïcienne
Justification

L'effort pénible (ponos) est le moyen même de la vertu : Diogène s'entraîne au froid, à la faim et au dénuement pour s'endurcir et se rendre libre, embrassant en hiver les statues couvertes de neige et roulant son tonneau sur le sable brûlant. La souffrance volontairement choisie n'est pas un mal mais une gymnastique de l'âme, qui forge l' et affranchit des coups de la fortune. C'est l'épreuve recherchée, non subie, qui fait le sage.

Diogène Laërce, Vies, VI, 23 et 71

3 de plus
inférable
−0.3
Compatibilisme
Justification

Diogène fait de la liberté (eleutheria) le bien suprême, mais la déplace tout entière du côté pratique : être libre, ce n'est pas trancher une question métaphysique sur le vouloir, c'est se rendre indépendant des désirs, de l'opinion et des coups de la fortune par le dépouillement. La question du libre arbitre ne l'occupe pas ; sa liberté est une conquête existentielle, l'autosuffisance du sage qui n'a besoin de rien. Le positionnement reste donc prudent et inféré, le corpus ne livrant aucune thèse explicite sur le déterminisme.

Diogène Laërce, Vies, VI, 71

inférable
−0.4
Justification

Diogène suppose une condition humaine naturelle, faite de besoins simples et sans honte comme celle des animaux, que la civilisation a recouverte et qu'il faut retrouver : la nature est une norme à dégager, non une identité à inventer. Mais cette nature reste pour lui un critère négatif, ce qui subsiste une fois l'artifice ôté, sans la métaphysique d'une essence fixe ; d'où une position naturaliste modérée plutôt qu'un essentialisme appuyé.

Diogène Laërce, Vies, VI, 70-71

inférable
85
5
10
0
Justification

Diogène affiche une indifférence provocante envers la mort : il demande, dit-on, qu'on jette son cadavre par-dessus le mur pour les bêtes, et raille le soin des sépultures, puisqu'il ne sera plus là pour rien sentir. La crainte de mourir relève des conventions vaines qu'il s'agit précisément de défaire ; la mort n'est rien qui doive troubler le sage autosuffisant. La sérénité rejoint le ton épicurien, sans aucune promesse d'immortalité personnelle.

Diogène Laërce, Vies, VI, 79

Rapport aux autresCe que nous nous devons7/7 positionnés
Majeur
−0.9
Justification

Si la honte sociale n'est que , la taire revient à se faire complice du mensonge collectif sur lequel reposent les conventions. De là deux exigences solidaires. La (franc-parler) commande de dire le vrai sans détour ni flatterie, fût-ce au visage des puissants : interrogé sur ce que les hommes ont de plus beau, Diogène répondit, le franc-parler. L' (impudeur assumée) en est la preuve par l'acte : accomplir en public, sans rougir, ce que la pudeur convenue interdit, c'est démontrer expérimentalement que cette pudeur n'avait aucun fondement naturel. La franchise cynique n'est donc pas grossièreté gratuite, mais une méthode de réfutation qui prend le corps et le scandale pour arguments.

Diogène Laërce, Vies, VI, 69

Majeur
+0.9
Justification

Si les frontières des cités ne sont que , convention sans fondement dans la nature, aucune ne saurait commander l'appartenance d'un être raisonnable : une cité n'a pas plus de droit naturel sur moi que le hasard de ma naissance. De là le mot que Diogène est le premier à se donner, citoyen du monde : non l'amour d'une patrie élargie, mais le refus d'en reconnaître aucune, l'humanité entière prise comme seul horizon. La provocation vise l'orgueil civique grec, qui faisait de l'exilé un déchu : le banni de Sinope retourne sa condition en revendication. Les stoïciens hériteront du mot, mais l'adosseront à une cité cosmique réglée par le ; chez Diogène il reste d'abord un geste de refus, sans cosmologie.

On lui demandait d'où il était : « Citoyen du monde », répondit-il.Diogène Laërce, Vies, VI, 63

Diogène Laërce, Vies, VI, 63

Majeur
5
0
95
0
Justification

La valeur morale tient tout entière dans l'état du caractère, libre et autosuffisant : c'est une éthique de la vertu au sens strict, où nulle règle extérieure ni nul calcul des conséquences ne fonde le bien. La vertu ne s'enseigne pas en paroles mais s'acquiert par l'exercice (), comme un art. Diogène va plus loin que l'éthique de la vertu ordinaire : il en fait une discipline corporelle, un entraînement à la dureté et au manque, plus proche de la gymnastique de l'athlète que de la délibération du sage.

Diogène Laërce, Vies, VI, 70-71

4 de plus
inférableMajeur
+0.8
Constitutionnalisme
Justification

Si les institutions, les magistratures et les honneurs civiques ne sont que , alors aucune autorité établie ne tient un titre naturel à commander : Diogène méprise les puissants, raille les assemblées et ne reconnaît d'ordre qu'à la nature. La défiance va sans projet politique de remplacement : on peut, par analogie, y lire un anarchisme de l'individu autosuffisant plutôt qu'une doctrine de la cité, et la position reste inférée d'anecdotes plus qu'affirmée en thèse. Sa lanterne en plein jour, cherchant un homme, vise d'abord les figures du pouvoir et de la réputation.

Ayant allumé une lanterne en plein jour, il disait : « Je cherche un homme. »Diogène Laërce, Vies, VI, 41

Diogène Laërce, Vies, VI, 41

inférableMajeur
80
10
10
Justification

En opposant la nature au , Diogène suppose un critère du bien indépendant des conventions et valable pour tous : ce qui est conforme à la nature est bon partout, ce qui n'est que coutume locale n'oblige pas. Il juge donc les moeurs au nom d'une norme naturelle universelle, et c'est ce qui autorise le cosmopolitisme. Mais l'arme est à double tranchant : la même critique du nourrit un relativisme de fait, puisque Diogène souligne avec délectation combien les pudeurs et les interdits varient d'un peuple à l'autre, preuve qu'aucun ne tient de la nature. La part relativiste reste secondaire, mise au service d'un naturalisme normatif.

Diogène Laërce, Vies, VI, 70-73

inférable
+0.5
Justification

La fin que Diogène poursuit est d'abord sa propre : il ne prêche pas le dévouement à autrui mais l'affranchissement de soi à l'égard des besoins et de l'opinion. Pourtant son franc-parler se veut un service rendu aux autres, qu'il prétend soigner comme un médecin l'âme malade de la cité, et son cosmopolitisme refuse de hiérarchiser les humains. L'égoïsme y est donc moins éthique que méthodique : se rendre indépendant pour pouvoir dire à tous une vérité utile, sans rien attendre d'eux.

Diogène Laërce, Vies, VI, 30 et 63

inférable
−0.4
Cercles concentriques
Justification

Le cosmopolitisme de Diogène nie tout privilège naturel des proches : la patrie, la famille et la cité n'étant que , elles ne fondent aucune obligation particulière que la nature reconnaîtrait. Tout être raisonnable vaut également, par-delà l'arbitraire de la naissance. La position penche vers l'impartialité, mais reste inférée : Diogène ne théorise pas les devoirs, il dissout les loyautés conventionnelles plus qu'il ne construit une éthique impartiale positive.

Diogène Laërce, Vies, VI, 72

Rapport au mondeCe qu'il y a5/6 positionnés
Majeur
−0.9
Justification

Tout le geste de Diogène repose sur une coupure entre la (la nature), qui fixe à l'homme des besoins simples et un même lot à tous, et le (la convention) des cités, qui surajoute richesses, rangs et pudeurs sans fondement dans les choses. L'homme se rend misérable précisément là où il prend la convention pour la nature, peinant pour des biens factices et rougissant d'actes que nul animal ne juge honteux. Vivre selon la nature, c'est donc défaire ce vernis : non un retour idéalisé à une bonté première, mais un dépouillement qui ramène la conduite au seul besoin réel. La nature n'est pas ici une norme finaliste, mais un critère négatif, ce qui reste quand on a ôté l'artifice.

Diogène Laërce, Vies, VI, 70-71

5 de plus
inférable
+0.8
Justification

Tout ce qui ne sert pas à la vertu, beaux-arts, raffinements, élégance, est tenu pour vanité sociale : la seule oeuvre à façonner est sa propre conduite. Diogène ne vit pas pour la beauté mais pour la rectitude, et raille la culture distinguée comme un masque du . La forme de vie prime de loin sur la forme esthétique, ce qui le range nettement du côté du primat de l'éthique, même si son existence provocante a, par contrecoup, quelque chose d'une performance.

Diogène Laërce, Vies, VI, 24 et 27-28

inférable
+0.8
Justification

Diogène tourne en dérision le raffinement, les arts de luxe et la culture distinguée comme autant de vanités : ce qui passe pour bon goût n'est que , marqueur de statut détaché du besoin naturel. Devant les offrandes dorées d'un temple, devant les colonnes et les statues, il ne voit que prétention. La position est égalitaire, débusquant l'imposture derrière les hiérarchies du goût.

Diogène Laërce, Vies, VI, 24 et 60

inférable
+0.3
Agnosticisme (Huxley)
Justification

Diogène ne professe pas un athéisme théorique mais une irréligion pratique : il raille les rites, les mystères et les oracles, et tient pour vaines les croyances et les peurs religieuses de la cité. Voyant les offrandes des rescapés d'un naufrage, il observait qu'elles seraient bien plus nombreuses si l'on comptait aussi ceux qui ont péri. Indifférent aux dieux du culte, il ramène le divin à la nature et à la vertu, ce qui l'éloigne du théisme sans en faire un athée militant.

Diogène Laërce, Vies, VI, 24, 42 et 59

inférable
15
25
60
Justification

Le seul labeur qui vaille, pour Diogène, est l'effort sur soi (ponos), l'entraînement à la vertu ; le travail rémunéré, l'amassage de richesses et la course aux occupations utiles relèvent de la servitude conventionnelle qui enchaîne aux besoins factices. Mendiant assumé, il tient l'oisiveté studieuse du sage pour la fin, et l'activité affairée pour un moyen au mieux toléré : on ne travaille que pour pouvoir cesser de dépendre. La valeur n'est pas dans la production mais dans la liberté conquise en s'en passant.

Diogène Laërce, Vies, VI, 49 et 56

hors champ

Question anachronique : les anecdotes sur Diogène ne contiennent rien qui permette de le positionner sur la pensée des machines sans extrapolation hasardeuse.

Pratiquesvivre la croyance, que faire
La franchise cynique (parrhêsia)RègleSincérité

Dis le vrai utile, non le flatteur agréable.

pratiquait la , le franc-parler : dire la vérité utile sans servilité, fût-ce devant les puissants. La règle consiste, dans ces moments où l'on serait tenté de complaire, à dire ce qui est vrai et utile plutôt que ce qui plaît, pour dégonfler une prétention ou une illusion. Aujourd'hui, c'est un antidote à la flatterie et au conformisme qui nous font taire l'essentiel.

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L'indifférence à l'opinionAttitudeRapport au désir

Régler sa conduite sur ce qui est, non sur ce qu'on en dira.

faisaient profession de ne rien devoir au regard des autres : ni la honte ni l'éloge ne dictaient leur conduite, seulement ce qu'ils jugeaient conforme à la nature. Tenir cette posture, c'est cesser de mesurer ses actes à l'approbation qu'ils récoltent, et reprendre à la foule le pouvoir qu'on lui avait laissé sur soi. La réputation devient un bien extérieur parmi d'autres, qu'on ne refuse pas mais dont on ne dépend plus.

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Jeter son gobeletExerciceRapport au désir · Périmètre d'action

Avant d'acquérir, demande-toi si un enfant ne s'en passe pas déjà.

Voyant un enfant boire dans le creux de ses mains, jeta son écuelle, le dernier objet qu'il possédait : un enfant venait de le surpasser en simplicité. L'exercice consiste à repérer, de temps à autre, une possession ou une commodité que l'on croit indispensable, et à s'en passer un moment pour découvrir combien peu est vraiment nécessaire. C'est un entraînement à l', qui desserre notre dépendance aux choses et rend plus libre.

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