Philosophes

Aristote

Des animaux aux constitutions, observer, distinguer et classer : chercher à hauteur d'homme ce qui fait une vie accomplie.

Grec · 384 av. J.-C. – 322 av. J.-C.

Né à Stagire en Macédoine, Aristote rejoint à dix-sept ans l'Académie de , où il étudie une vingtaine d'années avant de devenir précepteur du jeune Alexandre, puis de fonder à Athènes sa propre école, le Lycée. Encyclopédiste de l'Antiquité, il écrit sur la logique, la physique, la biologie, la métaphysique, l'éthique, la politique et la poétique, fondant ou réorganisant la plupart de ces disciplines. Sa méthode part des phénomènes observés et des opinions reçues (les endoxa), recense les difficultés, puis cherche les causes et les principes : une démarche d'enquête patiente, souvent dirigée contre les thèses de son maître. Transmise par les commentateurs grecs, puis arabes et latins, sa pensée devient au Moyen Âge « le Philosophe » par excellence et la charpente de la scolastique, avant d'être combattue par la science moderne et sans cesse relue jusqu'à aujourd'hui.

32 / 80 axescouverture 40%
Voir les 12 citations

WikipédiaWikidata

Rapport au vraiRapport à soiRapport aux autresRapport au mondeComprendre le monde — Le but de la philosophieEmpirisme — Source de la connaissanceCorrespondance — Nature de la véritéDogmatisme — Rapport à la certitudeRéalisme des universaux — Les universauxPrimauté de la vérité — Valeur de la véritéAbolitionnisme — Sens de la souffranceSe libérer de la crainte — La mortEudémonisme — Souverain bien (Position structurante)Téléologie-providence — Le sens de la vieEssentialisme — Essence et existence (Position structurante)Tri raisonné — Rapport au désirTempérance — Plaisirs corporelsLibre arbitre — Liberté de la volontéÉthique des vertus — Critère du juste (Position structurante)Équité-phronèsis — Lettre ou esprit de la règleCommunauté organique — Origine du lien social (Position structurante)Holisme — Individu et sociétéAnthropocentrisme — Cercle moralPartialisme — PartialitéRéalisme politique — Idéal et réelLibertarianisme — Justice distributivePhilia (amitié) — Nature de l'amourHylémorphisme (Aristote) — L'être et le devenirFinalisme — Explication de la nature (Position structurante)Émergentisme — Tout et partiesNécessité, le loisir comme fin — Sens du travailThéisme — Existence de DieuLe primat du sentiment — Statut des émotionsMaîtrise — Place de l'homme dans la natureMimésis — Nature de l'artVérité — Finalité de l'artComprendre le mondeDogmatismeEudémonismeTéléologie-providenceÉthique des vertusPhilia (amitié)Hylémorphisme (Aristote)Finalisme32SUR 80 AXES40% couvert
rayon ∝ engagement◎ position structurante○ bord = non couvert
L'essentielles positions au cœur de ce système de pensée
  1. La nature ne fait rien en vain : tout être tend vers une fin inscrite dans sa forme, et c'est la cause finale, non le seul mécanisme, qui explique ce qui advient.

    Finalisme80%Explication de la naturevoir la position →
  2. La vertu n'est pas un savoir mais une disposition du caractère acquise par l'habitude : on devient juste en faisant des actes justes, et l'on vise en chaque situation le .

    Éthique des vertus90%Critère du justevoir la position →
  3. Le bonheur n'est ni le plaisir ni l'honneur mais : l'activité de l'âme selon la vertu, accomplie sur une vie entière et couronnée par la contemplation.

    Eudémonisme80%Souverain bienvoir la position →
  4. L'essence des choses n'est pas une séparée mais leur forme : toute substance sensible est un composé indissociable de matière et de forme.

    Essentialisme90%Essence et existencevoir la position →
  5. L'homme est par nature un animal politique : la cité n'est pas née d'un pacte mais d'une nécessité naturelle, et qui peut vivre hors d'elle est une bête ou un dieu.

    Communauté organique93%Origine du lien socialvoir la position →
Rapport au vraiCe que l'on peut connaître6/6 positionnés
Majeur
75
0
25
0
Justification

La science première naît de l'étonnement et se recherche pour elle-même, non pour son utilité : comme l'homme libre, elle est à elle-même sa propre fin. Et la vie théorétique, activité de ce qu'il y a de plus divin en nous, est le bonheur le plus haut. Aristote réserve pourtant une part à la visée pratique : l'éthique ne s'étudie pas pour savoir ce qu'est la vertu, mais pour devenir bon.

Cette science est la seule de toutes qui soit libre, car seule elle est à elle-même sa propre fin.Métaphysique, A, 2 (982b)

Métaphysique, A, 1-2 · Éthique à Nicomaque, X, 7-8 · Éthique à Nicomaque, II, 2 (1103b)

Majeur
−0.4
Criticisme
Justification

Contre l' platonicien, la connaissance part de la perception, dont l'induction dégage les principes universels, héritage que la tradition scolastique résumera par la formule « rien n'est dans l'intellect qui n'ait d'abord été dans les sens ». L'empirisme reste modéré, car l'intellect actif saisit ensuite les essences, d'où une position non extrême.

Seconds Analytiques, II, 19 · De l'âme, III, 4-8

Majeur
−0.7
Faillibilisme
Justification

La science (epistēmē) est une connaissance démonstrative : un savoir du nécessaire, dérivé par syllogisme de premiers principes vrais, immédiats et mieux connus que la conclusion. Cette confiance dans une connaissance certaine et fondée range Aristote du côté du , tempéré par l'aveu que le domaine pratique n'admet qu'une exactitude approchée.

Seconds Analytiques, I, 2 · Éthique à Nicomaque, I, 3 (1094b)

Majeur
−0.6
Conceptualisme
Justification

Contre Platon, Aristote refuse des Idées séparées : l'universel est réel, mais il n'existe que dans les individus, comme leur forme. La forme du cheval n'existe pas hors des chevaux singuliers, mais elle est bien réelle en eux. C'est un réalisme immanent.

Métaphysique, Z ; Catégories, 5

85
10
5
Justification

Aristote donne la formulation classique de la correspondance : la vérité d'un énoncé tient à son accord avec ce qui est.

Dire de ce qui est qu'il n'est pas, ou de ce qui n'est pas qu'il est, c'est le faux ; dire de ce qui est qu'il est, et de ce qui n'est pas qu'il n'est pas, c'est le vrai.Métaphysique, Γ (IV), 7 (1011b)

Métaphysique, Γ (IV), 7 (1011b)

−0.7
La vérité qui donne prise
Justification

Le désir de connaître n'est pas un instrument du bonheur : il est constitutif de notre nature, et la contemplation (theōria), l'activité la plus autarcique et la plus continue, réalise ce qu'il y a de plus haut en l'homme ; une vie accomplie culmine dans le connaître, non dans l'utile.

Tous les hommes désirent naturellement savoir.Métaphysique, A, 1, 980a

Métaphysique, A, 1 · Éthique à Nicomaque, X

Rapport à soiQui je suis, comment vivre8/8 positionnés
Majeur
5
80
15
Justification

Si toute action vise une fin, et que les fins s'enchaînent comme moyens, il faut, sous peine de régression à l'infini, une fin dernière voulue pour elle-même et jamais en vue d'autre chose : ce bien suffisant, c'est . Reste à savoir en quoi elle consiste, et c'est l'argument de la fonction propre (ergon) qui tranche : comme le flûtiste a son excellence, l'homme a la sienne, l'activité de la part rationnelle de l'âme accomplie selon la vertu. Le bonheur n'est donc ni le plaisir, ni l'honneur, ni la richesse, mais une activité excellente déployée sur une vie entière, dont la forme la plus haute est la contemplation.

Le bien de l'homme est une activité de l'âme en accord avec la vertu, et s'il y a plusieurs vertus, en accord avec la meilleure et la plus parfaite.Éthique à Nicomaque, I, 7 (1098a)

Éthique à Nicomaque, I, 7 (1097b) · Éthique à Nicomaque, X, 7

Majeur
85
15
0
0
Justification

Du finalisme général découle une conséquence pour l'existence humaine : ce qui vaut pour l'œil ou pour la plante vaut pour l'homme, qui a lui aussi une fonction propre (ergon) inscrite dans sa nature. Le sens de la vie n'est dès lors ni reçu d'ailleurs ni inventé librement : il est à actualiser à partir d'une nature déjà orientée vers sa fin, l'activité rationnelle. C'est pourquoi le profil incline du côté d'un sens donné, tout en réservant à chacun la tâche de réaliser en acte ce qui n'est d'abord qu'en puissance.

Éthique à Nicomaque, I, 7 (l'argument de l'ergon) · Physique, II, 8

Majeur
−0.8
Justification

Aristote retourne contre sa propre exigence d'essence : si l'essence d'une chose est ce qui en fait ce qu'elle est, la loger dans un monde séparé d' la rend incapable d'expliquer la chose sensible, dont elle se trouve coupée. La forme doit donc être à l'individu, comme l'âme l'est au corps : toute substance sensible est un composé de matière et de forme, l'. L'essence n'est plus un modèle céleste mais le quod quid erat esse, ce que la chose est par soi, saisi dans la définition, sans pour autant nier que la forme soit ce qu'il y a de plus réel et de plus connaissable en elle.

Métaphysique, Z (VII), 4 et 17

Majeur
10
80
10
Justification

Aristote ne réprime pas le désir mais l'ordonne : l'appétit (orexis) doit obéir à la raison pratique comme un enfant vit selon l'ordre de son père. La vertu de tempérance vise le , désirer ce qu'il faut, quand il faut et comme il faut, ni ascèse ni affirmation débridée mais sélection raisonnée des désirs.

Éthique à Nicomaque, III, 11-12 ; I, 13 (1102b)

+0.1
Tempérance
Justification

Le plaisir n'est ni le bien ni un mal : il parachève l'activité comme la fleur de l'âge couronne la jeunesse. La vertu de tempérance est le entre l'intempérance et l'insensibilité, ce dernier défaut étant lui aussi un vice, d'où une position à peine au-delà de l'équilibre, du côté d'une célébration mesurée.

Éthique à Nicomaque, X, 4 (1174b) ; III, 11

3 de plus
inférable
+0.3
Indifférence stoïcienne
Justification

Contre l'indifférence stoïcienne, Aristote tient la douleur et le malheur pour des maux réels : les grandes infortunes, comme celles de Priam, peuvent gâter une vie heureuse, car l'eudaimonia requiert aussi des biens extérieurs. La souffrance n'a donc pas de valeur en soi et doit être évitée ; mais le courage consiste à l'endurer noblement quand le bien l'exige, sans pour autant la rechercher.

Éthique à Nicomaque, I, 10-11 · Éthique à Nicomaque, III, 6-9

inférable
45
10
20
25
Justification

Aristote tient la mort pour la plus redoutable des choses, car elle est la fin et prive de tous les biens : c'est un mal réel, non un rien, devant lequel le courage trouve son sens en l'affrontant sans le fuir. L'âme, forme du corps, périt avec lui pour l'essentiel, seul l'intellect (nous) pouvant être tenu pour éternel, mais de façon impersonnelle. D'où une finitude assumée, teintée de la gravité d'une perte.

Éthique à Nicomaque, III, 6 et 9 · De l'âme, III, 5

inférable
−0.3
Compatibilisme
Justification

L'analyse de l'action volontaire et du (prohairesis) suppose que le principe de l'action est en nous : nous sommes responsables de nos actes, dont nous sommes le principe, ce qui fonde l'éloge, le blâme et la punition. Cette défense de la maîtrise de soi penche vers le , sans thématiser le moderne.

Éthique à Nicomaque, III, 1-5

Rapport aux autresCe que nous nous devons9/9 positionnés
Majeur
5
5
90
0
Justification

Contre l'intellectualisme socratique, pour qui nul ne fait le mal volontairement et la vertu se réduit à un savoir, Aristote observe que connaître le bien ne suffit pas à l'accomplir : la vertu n'est pas une science mais une disposition (hexis) du caractère, acquise par la répétition d'actes justes comme on devient citharède en jouant de la cithare. La bonne action ne se déduit donc d'aucune règle générale : elle consiste à viser, en chaque situation, le relatif à nous entre l'excès et le défaut, déterminé par la de l'homme avisé. D'où une morale réglée ni sur les conséquences ni sur une loi, mais sur le type d'homme que l'on devient.

Éthique à Nicomaque, II, 1 et 6

Majeur
+0.8
Justification

L'équité (epieikeia) corrige la loi là où sa généralité la rend défaillante dans le cas singulier : elle en est une rectification. C'est la (phronesis), savoir pratique du particulier, qui juge en situation plutôt qu'en appliquant mécaniquement une règle.

Éthique à Nicomaque, V, 10 (l'équité) · Éthique à Nicomaque, VI, 5 (la prudence)

Majeur
+0.8
Justification

Contre les sophistes qui tenaient la cité pour une pure convention (nomos) opposée à la nature, Aristote la déduit d'une genèse naturelle : du couple naît la famille, des familles le village, des villages la cité, terme qui réalise enfin l'autosuffisance et le bien vivre. La preuve en est le : seul l'homme possède la parole qui distingue le juste de l'injuste, et un tel pouvoir n'aurait pas de fin si l'homme n'était pas fait pour la vie commune. La cité n'est donc pas postérieure à un pacte d'individus déjà constitués, elle est première par nature, et qui peut s'en passer est une bête ou un dieu.

L'homme est par nature un animal politique.Politique, I, 2 (1253a)

Politique, I, 2 (1253a)

Majeur
+0.8
Justification

Le critère de l'antériorité, pour Aristote, n'est pas chronologique mais fonctionnel : est premier ce sans quoi le reste ne peut remplir sa fonction. Or une main séparée du corps n'est plus une main que de nom, faute de pouvoir saisir ; de même l'individu hors de la cité ne peut accomplir sa nature et reste un homme inachevé. La cité est donc par nature antérieure à l'individu comme le tout à la partie, holisme assumé qui n'efface pas pour autant la fin de la cité, le bien vivre de ses citoyens.

La cité est par nature antérieure à l'individu, car le tout est nécessairement antérieur à la partie.Politique, I, 2 (1253a)

Politique, I, 2 (1253a)

Majeur
0
10
0
90
Justification

Contre l' platonicien qui fait de l'amour un désir du beau qu'on n'a pas, Aristote place au sommet non le manque mais le lien : la . Dans les livres VIII et IX de l', il distingue trois amitiés selon leur ressort, l'utile, le plaisant et le bien ; les deux premières sont fragiles, car elles aiment l'autre pour ce qu'il procure. L'amitié parfaite, celle des gens de bien qui se veulent mutuellement du bien pour l'autre lui-même, est stable, rare et réciproque, au point que l'ami compte comme un prolongement de soi ; vouloir son bien pour lui seul, sans rien attendre en retour, y garde une part de don au cœur même de la réciprocité. Loin d'être un supplément à la vie bonne, elle en est une part constitutive : nul, fût-il comblé de tous les autres biens, ne choisirait de vivre sans amis.

L'ami est un autre soi-même.Éthique à Nicomaque, IX, 4

Éthique à Nicomaque, VIII-IX (les trois amitiés ; l'ami comme autre soi-même) · Éthique à Nicomaque, IX, 9 (le bonheur et le besoin d'amis)

90
10
0
0
Justification

L'anthropocentrisme est explicite : les plantes existent pour les animaux et les animaux pour l'homme. Une hiérarchie des âmes (végétative, sensitive, rationnelle) place l'homme au sommet, les autres vivants étant ordonnés à son usage.

Politique, I, 8 (1256b)

+0.7
Cercles concentriques
Justification

L'amitié (philia) est un bien indispensable à la vie bonne, et elle est ordonnée : on doit davantage à ses proches, parents et bienfaiteurs, qu'aux étrangers, et la philia civique tient la cité ensemble. La priorité légitime accordée aux proches inscrit Aristote du côté du partialisme.

Éthique à Nicomaque, VIII-IX ; IX, 2

+0.7
Justification

Aristote rejette la cité idéale de et part des constitutions réelles : le législateur doit viser non le régime absolument meilleur mais le meilleur possible pour des circonstances données. D'où l'éloge du régime mixte (politeia) appuyé sur une large classe moyenne, position réaliste et empirique.

Politique, IV, 1 et 11

1 de plus
inférable
+0.3
Suffisantarisme
Justification

La justice distributive suit une égalité proportionnelle (géométrique) : les biens et les honneurs se répartissent selon le mérite de chacun, non en parts égales. Refuser l'égalité arithmétique au profit de la proportion au mérite incline modérément vers le pôle méritocratique, sans absolutiser la propriété.

Éthique à Nicomaque, V, 3 (1131a) ; Politique, III, 9

Rapport au mondeCe qu'il y a9/10 positionnés
Majeur
0.0
Hylémorphisme (Aristote)
Justification

Contre Parménide, qui rendait le changement impensable (l'être ne saurait venir du non-être), Aristote distingue la puissance et l'acte : le devenir n'est pas surgissement du néant mais actualisation de ce qui était en puissance, dans un substrat qui persiste. La substance dure à travers le changement de ses accidents, la forme se réalise dans la matière : l'être et le devenir cessent d'être des rivaux, le devenir est la voie par laquelle les êtres accomplissent leur forme.

La nature est un principe de mouvement et de changement.Physique, III, 1 (200b)

Physique, I, 8 · Métaphysique, Θ

Majeur
15
80
5
Justification

Pourquoi une chose advient-elle ? Aristote juge incomplète toute réponse qui n'invoque que la matière ou le choc des corps, comme le faisaient les physiciens présocratiques : il faut quatre (matérielle, formelle, efficiente, finale), et c'est la cause finale qui les ordonne. Son argument décisif vient du vivant, où l'observation montre des organes faits en vue d'une fonction : le gland devient chêne, l'œil sert à voir. Il étend cette régularité orientée à toute la nature, qui ne fait rien en vain : la fin n'est pas un projet conscient, mais le terme immanent vers lequel un processus tend par sa forme même.

La nature ne fait rien en vain.Politique, I, 2 (1253a)

Physique, II, 3 et 8 · Métaphysique, A, 3

−0.5
Agnosticisme (Huxley)
Justification

Aristote démontre l'existence d'un , acte pur et cause finale qui meut le monde comme l'aimé meut l'amant, sans être mû. C'est une forme de théisme, mais d'un dieu impersonnel qui ne crée pas, ne gouverne pas la providence et ne connaît pas les particuliers, d'où une valeur retenue loin de l'extrême.

La pensée se pense elle-même en saisissant l'intelligible, et son acte de pensée est pensée de la pensée.Métaphysique, Λ (XII), 9 (1074b)

Métaphysique, Λ (XII), 7 et 9 · Physique, VIII, 6

80
15
5
Justification

La nature ne fait rien en vain et a tout disposé pour une fin : les plantes pour les animaux, les animaux pour l'homme. Cette téléologie hiérarchique ordonne le vivant à l'usage humain, d'où une orientation nette vers la maîtrise anthropocentrique de la nature.

Politique, I, 8 (1256b) ; Physique, II, 8

−0.8
Justification

Pour Aristote, les arts sont des modes d'imitation (mimēsis) : la tragédie, l'épopée et la peinture représentent des hommes en action. L'imitation est naturelle à l'homme et source de plaisir et d'apprentissage, ce qui ancre fermement la conception de l'art comme mimèsis.

Poétique, 1-4 (1447a-1448b)

5 de plus
inférable
+0.7
Justification

L'âme est définie comme la forme d'un corps organisé, son acte premier, et non comme une substance séparable ni comme un simple agrégat de matière. Le vivant et ses fonctions ne se réduisent donc pas à leurs composants : une lecture émergentiste de l' s'impose.

De l'âme (De Anima), II, 1 (412a-b)

inférable
10
10
80
Justification

Le travail manuel et mercenaire est banausique : nécessaire à la vie mais avilissant pour l'âme, il occupe l'esclave et l'artisan afin de libérer le citoyen pour le loisir (scholè), la politique et la contemplation. Le travail relève de la nécessité, non de l'accomplissement.

Politique, I, 5-7 ; VIII, 2

inférable
+0.4
Éduquer ses émotions
Justification

Contre l'intellectualisme socratique, Aristote accorde aux passions un rôle éthique propre : éduquées au , la crainte, la colère ou la pitié ressenties quand il faut et envers qui il faut font partie de la vertu, et le caractère se forme par habituation autant que par raison. L'orientation vers le sentimentalisme reste modérée, la raison gardant la direction.

Éthique à Nicomaque, II, 6 (1106b) ; II, 3

inférable
30
45
25
Justification

La poésie procure du plaisir, mais elle vise surtout le vrai : plus philosophique que l'histoire, elle dit l'universel et le possible plutôt que le particulier. La catharsis des passions, purgation de la crainte et de la pitié par la tragédie, ajoute une fonction transformatrice, d'où un poids partagé que penche du côté de la vérité.

La poésie est plus philosophique et plus noble que l'histoire : elle énonce le général, l'histoire le particulier.Poétique, 9 (1451b)

Poétique, 6 (1449b) et 9 (1451b)

hors champ

Question anachronique : le corpus d'Aristote ne permet pas de le positionner sur la pensée des machines sans extrapolation hasardeuse.

Pratiquesvivre la croyance, que faire
Imiter le prudentRègleInspirée d'Aristote

Que ferait, ici, l'homme prudent ? Imiter son discernement jusqu'à le faire sien.

Pour , faire la part des choses ne s'enseigne par aucune règle : la perçoit le juste dans le cas singulier, et on l'apprend d'abord en observant ceux qui la possèdent. L'action droite, dit-il, est celle que déciderait « l'homme prudent ». Cette règle vous donne une boussole vivante plutôt qu'une recette : quand nulle méthode ne tranche, réglez-vous sur le discernement de ceux que vous admirez, jusqu'à finir par juger comme eux.

Débloquer les pratiques

Le déroulé pas à pas fait partie de l'accès Premium : une contribution modeste qui soutient et encourage le développement de Philoscopia. Tout le contenu encyclopédique reste gratuit et open source, ceci ouvre seulement les pratiques à mettre en œuvre.

Découvrir l'accès Premium

Déjà débloqué sur un autre appareil ? Connectez-vous pour le restaurer.

La charte d'usageExerciceInspirée d'Aristote

L' tient si l'usage est vraiment choisi. Or un outil pensé pour vous retenir incline l'usage sans bruit : la seule bonne volonté ne fait pas le poids. Cet exercice arme le choix par des règles claires et un peu de friction, pour que l'usage que vous décidez soit l'usage que vous avez. le savait : on ne devient pas tempérant par décret, mais en disposant ses actes répétés, car nous sommes ce que nous faisons d'habitude.

Débloquer les pratiques

Le déroulé pas à pas fait partie de l'accès Premium : une contribution modeste qui soutient et encourage le développement de Philoscopia. Tout le contenu encyclopédique reste gratuit et open source, ceci ouvre seulement les pratiques à mettre en œuvre.

Découvrir l'accès Premium

Déjà débloqué sur un autre appareil ? Connectez-vous pour le restaurer.

Le registre de l'étonnementExerciceLe but de la philosophie

C'est l'étonnement qui poussa, comme aujourd'hui, les premiers penseurs aux spéculations philosophiques, écrit dans la : la philosophie commence par l'étonnement, quand on cesse de trouver les choses évidentes. Cet exercice entretient ce commencement : consigner ce qui vous étonne, et suivre régulièrement une de ces questions pour le seul plaisir de comprendre.

  1. Gardez une page, papier ou téléphone, pour vos étonnements : une question sans utilité immédiate qui vous a traversé (pourquoi la lune ne tombe-t-elle pas ? d'où vient ce mot ? pourquoi cette coutume ?). Notez-la telle quelle, sans la juger.
  2. Une fois par semaine, choisissez-en une et donnez-lui trente minutes : lisez, creusez, reformulez, jusqu'à comprendre un peu mieux, sans autre but.
  3. Terminez en notant ce que la réponse a changé pour vous : souvent rien d'utile, et ce n'est pas un échec, c'est la part du comprendre pour comprendre.

au fil de l'eau ; une exploration de 30 minutes par semaine · Inspirée d'Aristote