Courants

Madhyamaka

Une dialectique qui défait toutes les thèses, la sienne comprise, pour délivrer de l'emprise des vues.

v. 150 – v. 1419 · tradition vivante

CandrakīrtiTsongkhapa

La Madhyamaka (la ) est l'école du bouddhisme mahāyāna fondée par vers le IIe siècle, autour de ses Stances du milieu par excellence. Elle radicalise l'enseignement bouddhique de la en doctrine de la . Nāgārjuna la défend surtout en réduisant à l'absurde les positions adverses ; y réintroduit des arguments autonomes, ce que conteste, d'où la distinction, élaborée au Tibet, entre lectures « svātantrika » et « prāsaṅgika ». Avec , dernier grand rénovateur retenu ici, elle devient le sommet du cursus monastique de l'école gelug, qu'elle reste aujourd'hui. Sa controverse avec le sur les a structuré l'épistémologie indienne. Au XXe siècle, elle est reçue de façons diverses, dans le dialogue de l' avec la philosophie occidentale comme dans une partie de la philosophie analytique.

5 / 80 axescouverture 6%
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Rapport au vraiRapport à soiRapport au mondeSe transformer soi-mêmeFaisceauPragmatismeExistentialismeImmanence5SUR 80 AXES6% couvert
rayon ∝ engagement◎ position structurante○ bord = non couvert
L'essentielles positions au cœur de ce système de pensée
  1. Rien n'existe par soi : être, c'est dépendre, et c'est parce que tout est que tout peut changer.

    Existentialisme80%Essence et existencevoir la position →
  2. Il y a , et la plus haute ne se dit pas comme un fait.

    Pragmatisme50%Nature de la véritévoir la position →
  3. Le n'est pas un ailleurs : ultimement, il ne diffère pas du , dont il est l'apaisement.

    Immanence98%Où réside le sacrévoir la position →
Rapport au vraiCe que l'on peut connaître2/3 positionnés
Majeur
10
40
50
Justification

La doctrine des distingue une , celle de l'usage, du langage et des transactions du monde, d'une , la vacuité, qui ne s'énonce pas comme un fait. Sans la vérité conventionnelle on ne peut enseigner l'ultime. Le vrai conventionnel repose sur les conventions du monde et sur une connaissance conventionnellement fiable, que admet à ce niveau ; il ne suppose pas de choses dotées d'une nature propre auxquelles correspondre, d'où la faible part de la correspondance et le poids de la cohérence avec les pratiques et de leur efficacité.

Nāgārjuna, Stances du milieu par excellence, XXIV, 8-10 · Candrakīrti, Madhyamakāvatāra, VI

2 de plus
inférableMajeur
0
0
80
20
Justification

La dialectique madhyamaka vise la () : défaire l'attachement aux vues, source de souffrance, plutôt que construire une doctrine du monde. L'analyse y est une thérapie, d'où la part de la clarification.

Nāgārjuna, Stances du milieu par excellence, dédicace et XXVII, 30

— ça dépend (contextualiste)

Ni dogmatique ni sceptique au sens grec : déclare n'avoir aucune thèse à défendre et retourne contre les l'exigence de fondement, tandis que les admet sur le plan conventionnel. L'axe ne saisit pas cette position.

Rapport à soiQui je suis, comment vivre2/2 positionnés
Majeur
+0.6
Justification

Rien n'a de (), c'est-à-dire une existence qui ne dépendrait de rien d'autre. Une chose dotée d'une telle nature ne pourrait ni naître, ni changer, ni agir ; or tout naît, change et agit. Dire que les choses sont , ce n'est pas dire qu'elles n'existent pas, c'est dire qu'elles n'existent qu'en dépendance. Cette vacuité n'est pas un néant, et met en garde contre qui la saisirait comme une nouvelle thèse.

Nāgārjuna, Stances du milieu par excellence, XV et XXIV, 18

Majeur
0
0
0
100
Justification

Le soi n'est ni identique aux () qui le composent, ni distinct d'eux : c'est une désignation conventionnelle, comme le char n'est rien en dehors de ses pièces et n'est pourtant aucune d'entre elles. La Madhyamaka refuse en outre aux agrégats eux-mêmes toute existence ultime, ce qui la distingue des écoles bouddhiques qui en faisaient les vrais constituants : le faisceau n'est lui-même qu'une désignation.

Nāgārjuna, Stances du milieu par excellence, XVIII · Candrakīrti, Madhyamakāvatāra, VI, 150-165 (l'analyse du char en sept points)

Rapport aux autresCe que nous nous devons0/0 positionnés
— aucune position enregistrée
Rapport au mondeCe qu'il y a1/1 positionnés
Majeur
−0.9
Justification

Pour , il n'y a pas, ultimement, la moindre différence entre le et le : tous deux sont vides de nature propre. Le nirvāṇa n'est donc pas un autre lieu où s'évader, mais l'apaisement de la saisie qui fait le saṃsāra. La distinction demeure pourtant au plan conventionnel, où la voie et la délivrance gardent tout leur sens. Cette immanence radicale sera reprise, de façons diverses, par le zen et l'.

Nāgārjuna, Stances du milieu par excellence, XXV, 19-20

↑ Influences reçues

  • Réagit contreNyāyaNāgārjuna retourne contre le Nyāya l'exigence de fondement : si les moyens de connaissance valident tout, qu'est-ce qui les valide eux-mêmes ?Lire

↓ Influences exercées

  • contesté parNyāyaLe Nyāya défend les moyens de connaissance contre l'objection de la Madhyamaka : ils s'établissent eux-mêmes, comme la lampe s'éclaire en éclairant les objets, et nier toute connaissance valide ruine la négation même.Lire
  • réinterprété parÉcole de KyotoNishitani fait de la vacuité de la Madhyamaka le « champ » où le nihilisme occidental, diagnostiqué par Nietzsche et Heidegger, est traversé et surmonté : une notion bouddhique devient la réponse à une crise de la mod…Lire