Néoconfucianisme
Répondre au bouddhisme sur son propre terrain : donner au confucianisme une métaphysique sans quitter le monde.
1017 – 1584 · tradition vivante
Le néoconfucianisme est le grand renouveau de la pensée confucéenne sous les Song et les Ming (XIe-XVIe siècles). Face au et au , qui dominaient la réflexion métaphysique, des penseurs comme , et les frères Cheng dotent l'éthique d'une cosmologie, fondée sur le couple du () et du () ; ils polémiquent contre ces rivaux tout en leur empruntant questions et pratiques. en fait la synthèse et fixe le canon des Quatre Livres, qui sera la base des examens impériaux jusqu'en 1905. , puis , lui opposent une « école de l'esprit » centrée sur la (). Ce débat traverse la tradition, qui connaît en Corée, avec Yi Hwang et Yi I, ses derniers grands rénovateurs retenus ici, gagne le Japon, est lue par et renaît au XXe siècle dans le « nouveau confucianisme ».
Le principe ultime n'est pas hors du monde : il habite chaque chose et se vit dans les relations humaines.
La nature humaine est bonne : le mal n'est que l'obscurcissement d'un principe que chacun porte en soi.
Tout homme peut devenir un , par l'étude et par une pratique où savoir et agir ne font qu'un.
Justification
Le but de l'étude est de devenir un , et ce but est accessible à tous. y conduit par l' (), la lecture méthodique des classiques et la pratique de la quiétude (jingzuo). y conduit par l' : savoir le bien sans le faire, c'est ne pas encore le savoir.
Zhu Xi, Zhuzi yulei, livres 7-14 · Wang Yangming, Chuanxilu, I, 5
Justification
La maxime qui demande de préserver le () et d'éteindre les désirs humains vise les désirs égoïstes, non les besoins naturels, qui relèvent eux-mêmes du principe. Elle fera reprocher au néoconfucianisme sa sévérité, notamment par au XVIIIe siècle.
Zhu Xi, Zhuzi yulei, livre 13 · Dai Zhen, Mengzi ziyi shuzheng
Justification
L' () fait de l'homme de bien un seul corps avec le ciel, la terre et les dix mille êtres, mais elle s'exerce par degrés, des proches vers les lointains. Le néoconfucianisme maintient l' contre le souci impartial des .
Cheng Hao, Shiren pian · Wang Yangming, Daxue wen
Justification
Le n'est pas dans un au-delà : il est présent tout entier en chaque chose, selon la doctrine qui tient le principe pour un et ses manifestations pour multiples (li yi fen shu). Contre le bouddhisme, accusé de tenir le monde pour illusoire et de fuir les relations humaines, les néoconfucéens affirment que la vérité ultime se trouve dans les devoirs des enfants, des parents et des sujets.
Zhu Xi et Lü Zuqian, Jinsilu, I et XIII · Zhang Zai, Ximing
Justification
Dans la lignée de , la nature humaine est bonne, car elle n'est autre que le principe en nous. Le mal vient du souffle trouble qui l'obscurcit et des désirs égoïstes qui s'y greffent, d'où la nécessité de l'étude et de l'effort. , qui jugeait la nature mauvaise, est écarté de la transmission orthodoxe.
Zhu Xi, Commentaire du Mencius, VI A · Cheng Yi, dans le Jinsilu, I
Filiations
Voir sur la friseToutes les filiations↑ Influences reçues
- RéinterprèteConfucianismeLe néoconfucianisme refonde le confucianisme autour des Quatre Livres, dont le Mencius, et d'une lignée de transmission de la Voie (daotong) qui saute les siècles jusqu'aux frères Cheng ; les classiques y reçoivent un…Lire
- RéinterprèteTaoïsmeLe Diagramme du Faîte suprême de Zhou Dunyi, issu des milieux taoïstes, devient la cosmologie du néoconfucianisme : le « sans-faîte » et le yin-yang y sont mis au service d'une morale confucéenne.Lire
- Réagit contreBouddhismeLe néoconfucianisme se définit contre le bouddhisme, accusé de tenir le monde pour vide et de fuir les devoirs familiaux et politiques.Lire