Philosophes

John Locke

D'où viennent nos idées, et d'où vient l'autorité ? Le savoir doit remonter à l'expérience, le pouvoir au consentement de ceux qu'il gouverne.

Anglais · 1632 – 1704

Médecin et philosophe anglais du Siècle des lumières naissant, tenu pour le père de l' classique et du libéralisme politique. Lié au comte de Shaftesbury, mêlé aux luttes contre l'absolutisme des Stuart, il connaît l'exil aux Provinces-Unies et ne publie ses grands ouvrages qu'au retour, après la Glorieuse Révolution de 1688. Son entreprend de mesurer la portée et les limites de la connaissance humaine, contre le de ; ses , écrits contre l'absolutisme, refondent la légitimité du pouvoir, et sa sépare l'Église de l'État. Méthode patiente, attentive à l'usage ordinaire de l'esprit, plus soucieuse de probabilité que de système. Sa postérité est immense : il inspire les Lumières, et ses thèses sur les droits naturels et le consentement nourrissent la révolution américaine comme la Révolution française.

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Rapport au vraiRapport à soiRapport aux autresRapport au mondeEmpirisme — Source de la connaissance (Position structurante)Scepticisme — Rapport à la certitudeRéalisme scientifique — Statut du savoirÉvidentialisme — Éthique de la croyance (Position structurante)Fondationnalisme — Justification de la croyanceAbolitionnisme — Sens de la souffranceTéléologie-providence — Le sens de la vieSe préparer au passage — La mortTri raisonné — Rapport au désirExistentialisme — Essence et existenceContinuité psychologique — Nature du moiLibre arbitre — Liberté de la volontéHédonisme — Souverain bienContractualisme — Origine du lien social (Position structurante)Anarchisme — Rapport à l'autorité (Position structurante)Démocratie radicale — Qui doit déciderLibertarianisme — Justice distributive (Position structurante)Individualisme — Individu et sociétéRéalisme politique — Idéal et réelRigorisme véridique — SincéritéDéontologisme — Critère du justeProgressisme — Tradition et transformationDroits naturels — Nature des droitsHarmonie — Foi et raisonThéisme — Existence de DieuCulturalisme — Nature et cultureDualisme — Nature du réelEmpirismeÉvidentialismeSe préparer au passageContinuité psychologiqueContractualismeDroits naturelsHarmonieThéisme27SUR 80 AXES34% couvert
rayon ∝ engagement◎ position structurante○ bord = non couvert
L'essentielles positions au cœur de ce système de pensée
  1. Il n'existe aucune : l'esprit naît , et la sensation et la réflexion suffisent à former toutes nos idées.

    Empirisme95%Source de la connaissancevoir la position →
  2. Nul ne peut être soumis à un pouvoir politique sans son consentement : le gouvernement n'est qu'un dépôt reçu du peuple, non un ordre imposé d'en haut.

    Contractualisme98%Origine du lien socialvoir la position →
  3. C'est le travail qui crée la propriété : en mêlant mon labeur à une chose commune, je me l'approprie légitimement, avant tout État.

    Libertarianisme83%Justice distributivevoir la position →
  4. Quand un gouvernement trahit les droits naturels qu'il devait protéger, il se met en guerre avec le peuple, qui retrouve un droit de résistance.

    Anarchisme73%Rapport à l'autoritévoir la position →
  5. Il faut proportionner la fermeté de sa croyance aux preuves : croire au-delà de ce que les raisons autorisent est une faute contre la raison.

    Évidentialisme95%Éthique de la croyancevoir la position →
Rapport au vraiCe que l'on peut connaître5/5 positionnés
Majeur
−0.9
Criticisme
Justification

Si une idée était vraiment , elle serait universellement reconnue ; or ni « ce qui est est » ni aucun principe moral ne l'est des enfants, des idiots ou des peuples lointains. Locke retourne ainsi l'argument cartésien du consentement universel contre et l'école rationaliste : l'esprit à la naissance est une , et toute idée se laisse retracer jusqu'à la sensation (les objets extérieurs) ou la réflexion (les opérations de l'esprit sur ses propres idées). Le pari est fort : montrer que ces deux seules sources suffisent à composer tout le contenu de la pensée, jusqu'aux notions les plus abstraites.

Supposons donc que l'esprit soit, comme on dit, un papier blanc, vide de tout caractère, sans aucune idée : comment vient-il à en être pourvu ? ... À cela je réponds d'un seul mot : par l'expérience.Essai sur l'entendement humain, II, ch. 1, §2

Essai sur l'entendement humain, I (contre les idées innées) et II, ch. 1 (sensation et réflexion)

Majeur
+0.4
Faillibilisme
Justification

Locke borne l'entendement : la connaissance certaine et démonstrative est rare, limitée aux mathématiques et à quelques vérités morales ou métaphysiques. Sur les choses existantes et les matières de fait, nous n'avons qu'un savoir probable, fondé sur l'expérience et le témoignage. Sans verser dans le , il prône une défiance mesurée envers nos prétentions à la certitude.

Essai sur l'entendement humain, IV, ch. 2-3 (degrés et étendue de la connaissance) et ch. 15-16 (la probabilité)

Majeur
−0.9
Justification

Puisque notre savoir des faits reste borné au probable, l'usage correct de l'entendement n'est pas de croire fermement, mais de mesurer son assentiment aux preuves : la fermeté de la croyance doit suivre exactement le poids des raisons. D'où une norme proprement évidentialiste, où croire au-delà de ce que les preuves autorisent devient une faute, non contre la prudence, mais contre la raison elle-même. Locke en tire l'arme dirigée contre l'enthousiasme, cette prétention à une lumière intérieure qui dispense de preuve, et fonde sur elle son exigence de tolérance : une conviction non examinée n'autorise personne à l'imposer à autrui.

Le degré de notre assentiment doit être réglé sur les fondements de probabilité de la chose.Essai sur l'entendement humain, IV, ch. 15-16 (la probabilité et les degrés d'assentiment)

Essai sur l'entendement humain, IV, ch. 16 (les degrés d'assentiment) et ch. 19 (l'enthousiasme)

2 de plus
inférable
−0.2
Justification

Locke distingue l'essence réelle d'une chose (sa constitution interne, inconnue de nous) et son essence nominale (l'idée abstraite que nous formons à partir des qualités observables, par laquelle nous la classons). Les genres et espèces sont ainsi en partie l'ouvrage de l'entendement ; mais Locke maintient une réalité indépendante des qualités premières des corps, ce qui ancre sa position du côté d'un prudent plutôt que d'un constructivisme assumé.

Essai sur l'entendement humain, III, ch. 3 et ch. 6 (essence réelle et essence nominale) · Essai sur l'entendement humain, II, ch. 8 (qualités premières et secondes)

inférable
75
15
10
Justification

Tout notre savoir vient de l'expérience : il se compose à partir d'idées simples reçues par sensation et réflexion, auxquelles l'esprit ne peut rien ajouter. Ces idées simples forment le socle sur lequel s'édifie la connaissance, un fondationnalisme empiriste.

Essai sur l'entendement humain, II

Rapport à soiQui je suis, comment vivre8/8 positionnés
Majeur
0
100
0
0
Justification

Locke détache l'identité personnelle de la substance, qu'elle soit matérielle ou spirituelle : ce qui fait de moi la même personne dans le temps, c'est la continuité de la conscience, et notamment la mémoire qui rattache mes actions passées à mon présent. La personne est ainsi un terme forensique, lié à l'imputation : une avant la lettre.

L'identité personnelle s'étend aussi loin que la conscience peut remonter sur une action ou une pensée passée.Essai sur l'entendement humain, II, ch. 27, §9

Essai sur l'entendement humain, II, ch. 27 (« De l'identité et de la diversité »)

30
60
10
Justification

Locke fait du désir une inquiétude (uneasiness), l'aiguillon qui meut l'action vers ce qui manque. Mais l'homme a le pouvoir de suspendre la poursuite d'un désir pour l'examiner et juger s'il mène au vrai bien : la liberté tient à ce délai réflexif, qui trie les désirs au lieu de les suivre aveuglément, sans pour autant les éteindre.

Essai sur l'entendement humain, II, 21

6 de plus
inférable
+0.5
Indifférence stoïcienne
Justification

Dans la psychologie lockienne, la peine est, avec le plaisir, le ressort de toute action : nous fuyons naturellement la douleur, et le bien se mesure pour une part à ce qui en délivre. La souffrance n'a pas de valeur propre, elle est un mal à éviter et à soulager, même si l'horizon chrétien de Locke lui laisse une place dans l'épreuve de cette vie.

Essai sur l'entendement humain, II, 20-21

inférable
65
35
0
0
Justification

Chrétien, Locke tient l'homme pour l'ouvrage et la propriété de Dieu, placé dans le monde pour y accomplir ses fins selon la loi naturelle qu'éclaire la raison. Ce cadre providentiel donne à la vie sa direction ; mais Locke y joint une large part humaine, la libre poursuite du bonheur et le soin de soi, qui n'attend pas son sens d'une révélation.

Traité du gouvernement civil, II · Essai sur l'entendement humain, II, 21

inférable
10
10
80
0
Justification

Chrétien, Locke attend une vie future, mais la fonde sur la résurrection promise plutôt que sur une immortalité naturelle de l'âme, dont il doute (il envisage même une matière capable de penser). C'est Dieu qui ressuscite et récompense, l'au-delà étant un don, non une propriété intrinsèque de l'esprit.

Le Christianisme raisonnable · Essai sur l'entendement humain, IV, 3

inférable
+0.3
Justification

Locke refuse les essences innées : l'esprit naît comme une table rase, et ce qu'une personne devient tient à l'expérience et à l'éducation. En métaphysique, nous n'atteignons que des essences nominales, nos propres classements, non la nature réelle des choses, ce qui ôte à l'essence son rôle déterminant.

Essai sur l'entendement humain, II, 1 et III, 3 · Quelques pensées sur l'éducation

inférable
−0.3
Compatibilisme
Justification

Locke loge la liberté non dans la volonté (la question « la volonté est-elle libre ? » est mal posée) mais dans le pouvoir qu'a l'agent de suspendre la poursuite d'un désir pour examiner et délibérer avant d'agir. Cette capacité d'arrêter et d'évaluer ses désirs penche du côté du , dans une analyse prudente plutôt que dans une métaphysique tranchée.

Essai sur l'entendement humain, II, ch. 21 (« De la puissance », la liberté et la suspension du désir)

inférable
55
45
0
Justification

Locke tient que le bien est ce qui produit du plaisir et le mal ce qui produit de la peine ; le bonheur, somme des plaisirs, est ce que tous recherchent. Mais l'homme prudent, capable de suspendre ses désirs, vise un bonheur durable et bien examiné plutôt que les plaisirs immédiats, ce qui tempère l'hédonisme d'un souci d'épanouissement raisonnable.

Essai sur l'entendement humain, II, ch. 20 (plaisir et peine) et ch. 21, §§51-60 (la poursuite du vrai bonheur)

Rapport aux autresCe que nous nous devons10/10 positionnés
Majeur
−0.9
Justification

Nul n'a par nature autorité sur un autre : tous étant libres et égaux dans l'état de nature, aucun pouvoir politique ne peut être légitime sans le consentement de ceux qui s'y soumettent. De cette prémisse Locke tire un contrat d'un type tout autre que celui de : on ne s'y dessaisit pas de ses droits au profit d'un souverain absolu, on confie au gouvernement un simple dépôt (trust), assorti d'une fin, préserver les vies, les libertés et les biens. Le pouvoir reste donc conditionnel et révocable, alors que le pacte hobbesien était une aliénation sans retour. C'est l'assise du libéralisme politique.

Traités du gouvernement civil, II, ch. 8 (« Du commencement des sociétés politiques »)

Majeur
+0.5
Constitutionnalisme
Justification

Si le pouvoir n'est qu'un dépôt reçu pour préserver les droits naturels, alors il est borné par sa fin même : il ne peut s'étendre au-delà du bien commun, ni gouverner par décrets arbitraires, ni prélever sans consentement. Locke en déduit l'agencement institutionnel (primauté du législatif, séparation des pouvoirs) et, surtout, la conséquence que refusait : le gouvernant qui trahit le dépôt se met lui-même en état de guerre avec le peuple, qui recouvre alors un droit de résistance. Loin d'ouvrir au désordre, ce droit est l'ultime garantie contre la tyrannie, le juge n'étant autre que le peuple lésé.

Traités du gouvernement civil, II, ch. 18-19 (de la tyrannie et de la dissolution du gouvernement)

Majeur
+0.7
Suffisantarisme
Justification

Si la terre est donnée en commun à tous, comment un bien peut-il devenir mien sans le consentement de chacun ? La réponse de Locke part d'un titre antérieur à tout pacte : chacun est propriétaire de sa propre personne, donc du travail de son corps. En mêlant ce travail à une chose commune, j'y incorpore quelque chose qui est déjà mien et l'en retire légitimement, sans devoir l'accord d'autrui. La propriété est ainsi un droit naturel fondé sur le travail, antérieur à l'État, ce qui place Locke du côté de l'axe. Mais la fameuse clause lockéenne, en laisser « assez et d'aussi bon pour les autres », y inscrit d'emblée une limite morale à l'appropriation.

Le travail de son corps et l'ouvrage de ses mains sont proprement à lui : ce qu'il a tiré de l'état où la nature l'avait laissé, il y a joint son travail, et y a ajouté quelque chose qui est à lui.Traités du gouvernement civil, II, ch. 5, §27

Traités du gouvernement civil, II, ch. 5 (« De la propriété », travail et clause lockéenne)

Majeur
−0.8
Justification

L'individu est premier : porteur de droits naturels (vie, liberté, biens) dans l'état de nature, il n'entre en société que par son propre consentement et pour mieux protéger ces droits. La communauté est un agrégat d'individus libres et égaux, non un tout organique qui les précéderait : méthodologique et normatif.

Traités du gouvernement civil, II, ch. 2 (l'état de nature) et ch. 8 (le consentement individuel)

Majeur
90
0
5
5
Justification

L'état de nature n'est pas une licence : il est régi par une loi naturelle que la raison découvre. Comme tous les hommes sont l'ouvrage d'un même Créateur, envoyés au monde par son ordre et pour son service, nul n'a le droit de détruire autrui ni de le réduire à sa merci. De cette égalité originelle Locke déduit, non un simple devoir de ne pas nuire, mais des droits subjectifs corrélatifs, à la vie, à la liberté et aux biens, que chacun porte avant tout gouvernement. Le pouvoir n'est dès lors légitime que pour les garantir ; les violer le rend tyrannique. Ces « droits inaliénables » passeront presque mot pour mot dans la Déclaration d'indépendance américaine.

Second Traité du gouvernement civil, II-V

−0.6
Justification

Une fois la communauté formée par consentement, elle se meut comme un seul corps selon la règle de la majorité : la décision appartient au plus grand nombre, faute de quoi le pacte serait vain. La légitimité du pouvoir vient du peuple et de son assentiment, non d'une compétence réservée à des experts, ce qui place Locke du côté démocratique de l'axe.

Traités du gouvernement civil, II, ch. 8, §95-99 (la règle de la majorité)

4 de plus
inférable
+0.5
Justification

Locke conçoit des institutions praticables, ajustées aux hommes tels qu'ils sont : un état de nature vivable mais incommode, des gouvernements faillibles qu'il faut borner et pouvoir révoquer. Loin d'une cité idéale, il vise des garanties concrètes (séparation des pouvoirs, primauté du législatif, droit de résistance), ce qui relève d'un réalisme politique tempéré par des principes de droit.

Traités du gouvernement civil, II, ch. 9 (les inconvénients de l'état de nature) et ch. 11-13 (l'étendue et les bornes du pouvoir)

inférable
−0.5
Justification

La tolérance de Locke repose sur l'idée que la sincère ne peut être contrainte : l'assentiment intérieur doit suivre la conviction, jamais la dissimulation ou la profession forcée. Cette exigence de véracité intérieure, jointe à sa règle d'évidentialisme, le porte vers un rigorisme de la sincérité, sans qu'il thématise pour autant une casuistique du mensonge.

Lettre sur la tolérance (la foi forcée n'est pas une foi)

inférable
25
60
15
0
Justification

Locke pense une loi naturelle, accessible à la raison et fondée sur la volonté de Dieu, qui prescrit des devoirs (ne pas nuire à autrui dans sa vie, sa liberté, ses biens) : une morale d'obligation, proche du . Il y mêle toutefois la considération des récompenses et peines, et donc des conséquences, qui motivent l'obéissance, d'où un poids conséquentialiste secondaire.

Essais sur la loi de nature (1664) ; Traités du gouvernement civil, II, ch. 2 (la loi de nature)

inférable
+0.4
Justification

En justifiant le droit de résistance et la révocabilité du gouvernement, Locke offre à la Glorieuse Révolution sa théorie et rompt avec l'ordre du droit divin. Sa confiance dans le progrès du savoir par l'expérience et dans la réforme de l'éducation le situe du côté réformateur, sans radicalité révolutionnaire, d'où une valeur modérément progressiste.

Traités du gouvernement civil, II, ch. 19 (la dissolution du gouvernement)

Rapport au mondeCe qu'il y a4/6 positionnés
Majeur
0
75
0
25
Justification

Pour Locke la foi et la raison ne s'opposent pas : le christianisme est raisonnable, et la raison est le dernier juge de ce qui peut compter comme révélation divine. La foi ne contredit jamais les vérités claires de la raison, mais lui ajoute des vérités au-delà de sa portée, qu'elle authentifie : une harmonie avec une part de domaines distincts (le magistrat ne juge pas le salut, la révélation ne renverse pas l'évidence).

Le Christianisme raisonnable (1695) · Essai sur l'entendement humain, IV, ch. 18 (foi et raison, et leurs limites respectives)

Majeur
−0.8
Agnosticisme (Huxley)
Justification

Locke tient l'existence de Dieu pour l'une des rares vérités démontrables : à partir de notre propre existence, il infère, par la causalité, un être éternel, tout-puissant et intelligent. Ce théisme chrétien sous-tend sa morale (la loi naturelle est volonté divine) et sa politique (les droits naturels nous viennent du Créateur).

Essai sur l'entendement humain, IV, ch. 10 (la démonstration de l'existence de Dieu)

Majeur
+0.8
Justification

Conséquence directe de la : ce que devient un homme tient bien plus à l'éducation, à l'habitude et au milieu qu'à une nature donnée d'avance. Locke estime que la quasi-totalité des différences entre les hommes vient de la formation reçue, ce qui fait de lui un tenant fort du .

Des hommes que nous rencontrons, neuf sur dix sont ce qu'ils sont, bons ou mauvais, utiles ou non, par leur éducation.Quelques pensées sur l'éducation, §1

Quelques pensées sur l'éducation, §1 (« neuf hommes sur dix sont ce qu'ils sont par l'éducation »)

3 de plus
inférable
35
0
65
Justification

Locke admet une réalité corporelle dotée de qualités premières (étendue, figure, mouvement) que nos idées copient, mais aussi un esprit pensant ; et il avoue ne pas savoir si Dieu n'aurait pu donner à la matière la faculté de penser. Ce dualisme prudent du corps et de l'esprit, doublé d'un solide réalisme des corps, écarte aussi bien l'idéalisme que le matérialisme strict, d'où des poids partagés entre matérialisme et dualisme.

Essai sur l'entendement humain, II, ch. 8 (qualités premières et secondes) et IV, ch. 3, §6 (la matière pensante)

hors champ

Question anachronique : la comparaison de l'esprit à une machine calculante est postérieure de plusieurs siècles à Locke, qui ne la thématise pas.

hors champ

Locke ne développe pas de position sur la technique comme thème philosophique distinct ; l'axe relève de débats postérieurs.