Courants

Yogācāra

Faire de la conscience le lieu de l'illusion comme de la délivrance : ce que nous prenons pour des choses relève de la représentation.

v. 350 – v. 700 · tradition vivante

AsaṅgaVasubandhu

École du bouddhisme mahāyāna dont et , en Inde vers les IVe et Ve siècles, sont les grands systématiseurs, à partir de sources plus anciennes comme le Saṃdhinirmocana sūtra. Son nom signifie « pratique du yoga », c'est-à-dire la discipline contemplative bouddhique, dont elle analyse l'expérience. Elle reprend la enseignée par le et l'articule dans la doctrine des : la nature imaginée (les choses telles que nous les projetons), la nature dépendante (le flux conditionné de la conscience) et la nature accomplie (la dépendante vidée de l'imaginaire). La délivrance consiste à défaire la dualité du sujet et de l'objet, non à faire de la conscience ordinaire une substance ultime. Les logiciens et , souvent rattachés à l'école, renouvellent l'épistémologie indienne. En Chine, la transmet au VIe siècle, puis au VIIe, qui en fonde une école. Son « idéalisme » se lit de deux façons, comme une thèse métaphysique (rien n'existe hors de l'esprit) ou comme une analyse de l'expérience, et le débat divise encore les spécialistes. Elle reste étudiée dans les cursus tibétains.

2 / 80 axescouverture 3%
Rapport à soiRapport au mondeFaisceauIdéalisme2SUR 80 AXES3% couvert
rayon ∝ engagement○ bord = non couvert
Rapport au vraiCe que l'on peut connaître0/0 positionnés
— aucune position enregistrée
Rapport à soiQui je suis, comment vivre1/1 positionnés
1 de plus
inférableMajeur
0
40
0
60
Justification

Pour expliquer la continuité de l'expérience sans soi permanent, l'école pose une (ālayavijñāna) : un flux conditionné où se déposent les traces (vāsanā) des actes, qui assure la continuité causale d'une vie à l'autre sans sujet permanent. Conformément à l', ce flux n'est pas un soi ; c'est la conscience souillée qui le prend à tort pour un moi.

Vasubandhu, Triṃśikā, 2-7 · Saṃdhinirmocana sūtra, V

Rapport aux autresCe que nous nous devons0/0 positionnés
— aucune position enregistrée
Rapport au mondeCe qu'il y a1/1 positionnés
Majeur
0
100
0
Justification

part du rêve : on y voit des objets situés, durables, qui ont des effets, sans aucun objet extérieur. Rien n'oblige donc à poser des choses hors de la conscience. Il ajoute que les atomes, qu'on invoque pour fonder le monde extérieur, sont incohérents : on ne peut les penser ni avec des parties, ni sans. Tout est (vijñaptimātra). La thèse est explicite ; son classement comme idéalisme métaphysique reste discuté.

Vasubandhu, Viṃśatikā, 2-4 (le rêve) et 11-15 (les atomes) · Asaṅga, Mahāyānasaṃgraha, II

↑ Influences reçues

  • RéinterprèteMadhyamakaLe Yogācāra reprend la vacuité de la Madhyamaka mais refuse qu'on la lise comme un pur néant : la doctrine des trois natures distingue ce qui est imaginé, ce qui dépend d'autre chose et ce qui est accompli, et conserv…Lire

↓ Influences exercées

  • transmis parChan / ZenLe premier Chan se réclame du Laṅkāvatāra sūtra, texte proche du Yogācāra, et retient de cette école l'idée que l'éveil consiste à reconnaître la nature de l'esprit.Lire
  • contesté parCandrakīrtiDans le Madhyamakāvatāra, Candrakīrti réfute longuement la thèse du Yogācāra : si l'on nie l'objet extérieur, on doit nier aussi une conscience qui existerait par elle-même.Lire